jeudi 20 mai 2021

Le regard du handicap

The Disability Gaze: Material and Visual Approaches


Call for papers




University of Delaware, April 29-30, 2022

Submission Deadline: September 15, 2021

The Center for Material Culture Studies (CMCS) at the University of Delaware invites proposals for its third biannual conference, “The Disability Gaze: Material and Visual Approaches.”

Confirmed keynote speaker is Riva Lehrer, artist, writer, and curator who powerfully addresses the socially-challenged body across her works from painted portraits to her award-winning memoir Golem Girl.

“The body of the artist leaks into the body of the subject.” — Riva Lehrer, Golem Girl (2020)

How does being disabled change the ways people view the world and the things they create? What generative possibilities does disability provoke? Valuable scholarship has explored disabled people as objects of vision and charted the phenomenon of staring which historically cast them as “curiosities,” “freaks,” and as “other.” “The Disability Gaze” will address the opposite phenomenon, considering disabled people as subjects and the power of their gazes as they claim and assert their own performance, identity, and even citizenship. Such assertions happen across representational forms, and this conference asks how physical and mental conditions inform the work of artists, designers, authors, performers, and prosthetic users. In what ways have disabled people shaped representations of themselves in images, objects/artifacts, and literature? What kinds of subjecthood have been produced at the intersections of disability and materiality? How have artists incorporated assistive devices or prostheses in their framing of self? We ask participants to consider how the disability gaze creates objects of visual and material culture and in doing so asserts disabled people’s subjectivity. This conference seeks, through an interdisciplinary and material culture approach, to reclaim the disability gaze as it extends into lived experience.

Topics/Areas may include but are not limited to:
  • how disabled people have portrayed themselves
  • negotiated modes of picturing disability in art and literature
  • creation of empathy through representation
  • designed objects and artifacts of technology
  • advertisements and ephemera targeted at disabled users
  • contemporary and performance artists’ responses to disability
  • theoretical frameworks of the “disability gaze”
  • decolonizing disabled stories and identities

We invite submissions from graduate students, emerging, and established scholars in all disciplines—including art history, consumer studies, design history, disability studies, history, history of science, technology and medicine, media studies, literary studies, material culture studies, and visual culture studies. We welcome proposals from any historical period and national/linguistic tradition; we also invite creative and collaborative submissions.

The symposium will take place on April 29-30, 2022, virtually and in-person at the University of Delaware. Please send abstracts of max. 300 words (up to two relevant images are welcome), with a brief CV of no more than two pages, by September 15, 2021 to disabilitygaze@gmail.com

Organized by Professors Jaipreet Virdi (History) and Jennifer Van Horn (Art History and History).

Psychologisation de l'oppression

Psychologisation de l'oppression
 
Appel de textes
 
Recherches féministes, Vol. 36 n°1 – 2023
Sous la direction de Marie Mathieu et Stéphanie Pache

Le présent appel de textes invite les spécialistes la recherche qui s’intéressent à la psychologie et aux psychologues, à leurs pratiques et aux savoirs qu’elles ou ils produisent, à soumettre leurs écrits à la revue. L’objectif est de remettre en question tant les usages de la psychologie dans l’analyse des mécanismes et des effets du genre que la manière dont cette discipline contribue à l’oppression de différents groupes sociaux, et tout particulièrement de la classe des femmes. Sont attendues des propositions s’appuyant sur des travaux empiriques issues de chercheuses et de chercheurs des différents champs disciplinaires, qui explorent la place de la psychologie et des psychologues dans la (re)production comme dans la subversion des rapports sociaux et qui s’inscrivent dans l’un des axes suivants :
1) les savoirs psychologiques et leur appropriation : la production et la diffusion d’une analyse et d’un vocabulaire psychologique sur les oppressions sociales, ce que désigne l’expression « psychologisation des rapports sociaux », se déploient depuis des lieux variés et emploient des médias divers. Les savoirs psychologiques peuvent être également reformulés et réappropriés par les actrices et les acteurs visés. Cet axe documente et analyse ces savoirs et la façon dont des expériences communes dans la vie des femmes sont façonnées par ce langage psychologique;
2) les interventions et les thérapies : l’analyse des comportements et des mécanismes psychiques fait dorénavant partie de la formation des professionnelles et des professionnels dans de multiples espaces du social (organismes communautaires, associations, cabinets, hôpitaux et cliniques, etc.). La mise en pratique des savoirs psychologiques peut contribuer à une dépolitisation des rapports sociaux, mais la confrontation de ces savoirs aux réalités sociales peut également conduire à développer une approche féministe de leur prise en charge. Pour interroger les modes d’intervention et les grilles d’analyse sous-jacentes, cet axe accueillera des travaux empiriques sur ces interventions, y compris des textes réflexifs
de plusieurs professionnelles et professionnels touchés par ces questions;
3) le genre des psychologues : si la psychologie est une discipline qui s’est historiquement structurée autour de « grands Pères fondateurs », elle est aujourd’hui une filière à dominante féminine. Il importe donc d‘interroger à l’aune du genre les parcours étudiants et professionnels, tout comme les transformations au cours du temps de la division sexuée du travail au sein de ce secteur d’activité. Le caractère traditionnel de la formation des psychologues pouvant contribuer au renforcement de normes de genre conservatrices, cela amène également à penser les appropriations différenciées des savoirs transmis, les résistances développées et les hybridations opérées par les personnes formées en psychologie.
Les textes permettront de soumettre à la critique féministe les liens entre psychologie et rapports sociaux et d’ouvrir un dialogue entre la psychologie et les sciences sociales. Il s’agira de rendre compte tant de la porosité existante entre ces disciplines que de leurs épistémologies spécifiques dans l’analyse des rapports sociaux de sexe et de leur reconfiguration.
Les propositions (300 mots) doivent parvenir à la revue avant le 1er juillet 2021. Les manuscrits (7 000 mots) doivent être soumis au plus tard le 15 juin 2022 et respecter le protocole de publication (www.recherchesfeministes.ulaval.ca/). Ils doivent être transmis au secrétariat de la revue Recherches féministes (revuerecherchesfeministes@ccb.ulaval.ca) et à Stéphanie Pache  (pache.stephanie@uqam.ca).

mercredi 19 mai 2021

Les Bordelais face à la peste

Préservez-nous du Mal ! Les Bordelais face à la peste. XIVe- XVIIIe siècles 


Stéphane Barry et Marie Fauré



Éditions Memoring
2021

 

Mai 1348, une maladie inconnue frappe Bordeaux : c’est la peste. Elle y restera jusqu'au XVIIe siècle, alternant périodes de poussées et d'accalmies et menacera la cité jusqu'au XVIIIe siècle.

Pour une histoire décentrée des Plannings familiaux

Pour une histoire décentrée des Plannings familiaux : état des lieux documentaire et historiographique


Appel à communication pour une journée d’études 

 

Dates : mercredi 15 et jeudi 16 septembre 2021
L’événement se tiendra exclusivement en visioconférence.
 

Organisatrices:
Irène Favier (LARHRA/UGA): irene.favier@univ-grenoble-alpes.fr
Amélie Nuq (LARHRA/UGA): amelie.nuq@univ-grenoble-alpes.fr
 


Il y a soixante ans ouvrait la première permanence du Planning familial en France, sur la place de l’Etoile à Grenoble. Au sein de l’association iséroise, la demande sociale est aujourd’hui forte pour mieux connaître la genèse et les débuts du mouvement, et pour entendre une histoire à parts plus égales. Il s’agit d’une part d’éclairer le rôle des militant.es anonymes et de proposer d’autre part un récit plus « râpeux », laissant une place aux dissensions et aux conflits. C’est dans cette perspective que Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel ont placé leur « histoire des féminismes de 1789 à nos jours » : la notion de « nébuleuses contestataires féministes », qu’elles mobilisent, recouvre des choix politiques et stratégiques, des sensibilités politiques, identitaires, culturelles et des enjeux sociaux hétérogènes, qui sont tant la traduction de dissensus que de forces de convergences permettant de forger un mouvement social et politique autour de grandes causes communes (Pavard, Rochefort, Zancarini-Fournel, 2020, p. 7). Le 60ème anniversaire du « Planning » de Grenoble est l’occasion, 15 ans après la tenue du colloque du 8 mars 2006 qui avait marqué les 50 ans de la naissance de la Maternité heureuse, de faire un état des lieux historiographique et documentaire sur un mouvement occupant une place particulière au sein des féminismes et, plus largement, de la société française.

En 2006 justement, Christine Bard appelait de ses voeux un colloque sur les Plannings départementaux et régionaux (Bard, 2006, p.12). Elle déplorait alors que les recherches fussent trop nationales et pas assez comparatives, prenant trop peu en compte la diversité régionale et ne reliant pas assez le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) à son environnement, à ses partenaires institutionnels notamment. D’un point de vue documentaire, elle estimait qu’on était alors au milieu du gué. Certes, on connaissait les archives rassemblées au siège du Planning, dans le 11ème arrondissement de Paris, les fonds Simone Iff et Catherine Valabrègue conservés à la Bibliothèque Marguerite Durand ou la documentation qu’hébergeait le Centre des archives du féminisme à Angers. Mais aujourd’hui encore, il n’existe pas d’inventaire des sources relatives aux liens avec l’International Planned Parenthood Federation (IPPF) ou des archives locales, si tant est que celles-ci aient partout été conservées. L’écriture de l’histoire du Planning et des Plannings oblige ainsi à poursuivre l’« incessante quête des sources », bien connue de l’histoire des femmes et du genre (Ripa, 2020, p.728). Mais la présente journée d’études s’inscrit aussi dans le chemin tracé, depuis le début des années 2010, par les études qui déplacent l’histoire des idées féministes vers l’histoire de celles et ceux qui les ont portées en cartographiant les différents espaces géographiques et temporels, ainsi que les différents courants qui ont fait et font le féminisme (cf Bard et Chaperon, 2017). Il s’agit ainsi de déplacer la focale vers des mouvements locaux, l’historiographie de l’histoire du féminisme ayant longtemps été « parisiano-centrée ». 

Cette journée d’études vise ainsi à interroger l’histoire des Plannings familiaux dans leurs diverses échelles et leurs réseaux. Le cas grenoblois invite à cette approche géo-historique, notamment à travers la rivalité nouée entre la ville et Paris. Au début des années 1960, les tournées réalisées depuis le « national » sont mal perçues à Grenoble, qui répond par une « Lettre des arriérées de province ». Le collectif grenoblois semble en effet posséder une capacité d’influer sur l’agenda politique national. Par exemple, on forme à Grenoble à la méthode Karman, une méthode d’avortement par aspiration, et non dans le seul appartement parisien de Delphine Seyrig. Grenoble devient aussi la caisse de résonance d’affaires qui prennent rapidement une ampleur nationale (cf Annie Ferrey-Martin). Trompeuse, cette rivalité tend à éclipser tout un tissu de relations inter-régionales nouées entre les Planning nationaux, où les militantes s’observent, correspondent, circulent. L’analyse gagne aussi à prendre en compte d’autres espaces : dans l’agglomération grenobloise, plusieurs centres de planification sont créés, qui développent des formes d’action originale. Ainsi à Saint-Egrève est mise en place, sous l’impulsion de Claude Cros, puéricultrice de formation, une action centrée sur la parentalité qui est déjugée depuis la « maison-mère » de Grenoble, où l’intimité familiale des militant.es reste volontairement non interrogée. Les réseaux comptent aussi, tant les engagements additionnels - politiques (Gauche prolétarienne, Parti socialiste, Les Verts), religieux (protestantisme, catholicisme) ou associatifs (MLAC, GIS) - semblent avoir influé sur la trajectoire des actrices.eurs.

Selon ces prismes (multiscalaire, interscalaire et réticulaire), la journée d’étude souhaiterait accueillir des communications portant à la fois sur les Planning familiaux, sur des structures investies dans les questions sexuelles et reproductives (telles qu’AIDES, par exemple), mais aussi sur d’autres structures associatives. La JE s’organise en effet avec le soutien de l’Institut français du monde associatif (IFMA)1, dont les objets invitent à la comparaison.

Dans un deuxième temps, cette manifestation scientifique souhaite ouvrir la discussion à un état des lieux documentaire, les perspectives historiographies précédemment mentionnées requérant une appréciation de la faisabilité de certaines études. Déjà entamée lors d’un colloque international tenu à Angers en 20182, la constitution d’un aperçu des sources disponibles selon une focale plus resserrée sur les échelles locales apparaît nécessaire. Cette journée d’études est dès lors ouverte à des communications issues de professionnel.les des archives, de la documentation et de la muséographie.


Dans cette double perspective, scientifique et documentaire, la journée d’études souhaiterait aborder les thèmes suivants :


Cartographie de l’action des Plannings familiaux locaux…et de leurs angles morts

La mise en regard d’études à plus grandes échelles sur les Plannings familiaux vise à produire un début de cartographie (métropolitaine a priori à ce stade, mais d’autre propositions seront bienvenues) de leurs actions. Elle a aussi pour but de s’interroger sur les angles morts, autrement dit sur les territoires marqués par le phénomène de non-recours : certaines régions sont peut-être sous-représentées, les territoires ruraux étant moins « couverts » par l’action de certains Plannings faute de moyens.


A qui rend-on des comptes ? Financeurs et interlocuteurs institutionnels

Les communications pourront porter sur les modes de financement des Plannings, les  stratégies de négociation et les éventuels frottements qu’ils impliquent avec le tissu politique local. Elles pourront également mettre en lumière les modes d’engagement, bénévole ou salarié, des militant.es des Plannings, et les débats auxquels ces modèles ont pu donner lieu.


Rivalités, complémentarités : jeux d’échelles

Certain.es militant.es ont pu trouver dans les divers niveaux géographiques qu’offraient le MFPF une ressource ; d’autres une source d’antagonisme ou de controverse quant aux modèles et stratégies à suivre. Les communications pourront examiner l’articulation entre ces diverses échelles, qu’elle soit propice à tension ou bénéfique aux acteur.rices concerné.es.


Petites mains et grandes figures

L’échelle individuelle est une focale que la JE aimerait aborder avec attention, tant une des implications de l’enrichissement multi scalaire de l’approche par le national consiste en la survenue dans le récit d’acteur.rices et de points de vue peut-être moins connus. Quelle polyphonie, quelles dissonances la prise en compte d’acteur.rices locaux suscite-t-elle?


Données personnelles recueillies lors des enquêtes : quel régime juridique? Quelles procédures en vigueur ?

L’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) en 2018 est venu renforcer l’attention des chercheur.ses quant aux modalités du recueil et au maniement des données personnelles produites lors des enquêtes, ethnographiques comme archivistiques. De quelles ressources les chercheur.ses ont-ils/elles pu bénéficier dans leurs diverses institutions de rattachement ? Quels protocoles ont-ils/elles mis en oeuvre afin d’offrir des garanties aux interrogé.es tout en s’inscrivant de façon cohérente dans leurs lignes scientifiques ?


Stockage et conservation des sources : quels choix locaux?

Les Planning conservent-ils leurs archives ? Si oui, sous quelles modalités ? Vers quelles institutions partenaires se tournent-ils pour mener à bien ce travail ? Qu’en attendent-ils, en termes patrimoniaux comme scientifiques ?


Diffusion et valorisation : quelle muséographie pour les questions sexuelles et reproductives ?

Les communications pourront enfin aborder des expériences - finalisées ou en cours, menées à bien ou inachevées - de mise en valeur et de présentation au public d’objets et/ou sources relatifs aux questions sexuelles et reproductives. Comment et par quels biais raconter visuellement et à l’oral cette histoire ?


Les propositions de communication pourront provenir de disciplines telles que l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la géographie, la muséographie, les archives. Elles seront envoyées au plus tard le lundi 14 juin 2021 aux organisatrices sous la forme de courts textes de 500 mots maximum, accompagnés d’une courte présentation de l’auteur.e.


Bibliographie :
BARD Christine, DIZIER-METZ Annie, NEVEU Valérie et FAU-VINCENTI Véronique, Guide des
sources de l’histoire du féminisme : de la Révolution française à nos jours, Rennes, France, Presses universitaires de Rennes, 2006, 442 p.
BARD Christine (ed.), Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle, Paris, PUF, 2017,
1700 p.
BARD Christine, CENTRE DE RECHERCHES HISTORIQUES DE L’OUEST, CENTRE D’HISTOIRE DE SCIENCES PO et ASSOCIATION ARCHIVES DU FEMINISME, Les féministes de la deuxième vague [colloque « Les féministes de la 2e vague, actrices du changement social », Maison des sciences humaines-Confluences, Université d’Angers, 20-22 mai 2010, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, 260 p.
BLANC-TAILLEUR Marion, A la recherche d’un profil associatif original : quelques spécificités du planning familial de Grenoble (1975-2000), Université Pierre-Mendès-France, Grenoble, 2005, 140 p.
BLANC-TAILLEUR Marion, Le planning familial à travers l’exemple de Grenoble, de la loi Neuwirth à la loi Veil (1967-1975), Université Pierre-Mendès-France, Grenoble, 2004, 201 p.
CHAPERON Sylvie, Les années Beauvoir : 1945-1970, Paris, Fayard, 2000.
CHAPERON Sylvie, ROUCH Marine et ZELLER Justine, « Introduction au dossier : Les années 1968,
la décennie féministe et homosexuelle en région », Les Cahiers de Framespa. Nouveaux champs de l’histoire sociale, 1 novembre 2018, no 29.
CONTAMIN Jean-Gabriel et DELACROIX Roland, « Les transformations des formes d’engagement
au prisme du local », Politix, 30 mars 2009, n° 85, no 1, p. 81-104.
CREMEL Sophie et SPINELLA Rose, Le Planning Familial et le féminisme à Grenoble : ou la lutte des femmes des années soixante aux années quatre-vingt, IEP Grenoble, Grenoble, 1988, 98 p.
DEVREUX Anne-Marie, « De la dissuasion à la normalisation. Le rôle des conseillères dans
l’entretien pré-IVG - Persée », Revue française de sociologie, 1982, no 23-3, p. 455-471.
FILLIEULE Olivier, BEROUD Sophie, MASCLET Camille et SOMMIER Isabelle, Changer le monde,
changer sa vie : enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France, Arles, Actes Sud, 2018, 1118 p.
FLAHAULT Érika, « Le Planning familial et la professionnalisation du conseil conjugal et familial :
reproduire la norme de genre au nom de la subversion ? », Cahiers du Genre, 5 décembre 2013, n° 55, no 2, p. 89-108.
FRIEDMANN Isabelle Éditeur scientifique, MOSSUZ-LAVAU Janine et MOUVEMENT FRANÇAIS
POUR LE PLANNING FAMILIAL, Liberté, sexualités, féminisme : 50 ans de combat du Planning pour les droits des femmes, Paris, La Découverte, 2006.
GIACINTI Margot, Le Planning Familial de Grenoble (1960-1972) : genèse d’une lutte féministe dans
l’illégalité, IEP Lyon, Lyon, 2016, 219 p.
GIRAUD Pierre-François, Un nouveau regard sur le planning : l’association vauclusienne de planning familial : 1962-1986, Mémoire de maîtrise, Université d’Avignon, 2001.
GODARD Patricia, POREE Lydie et COSNIER Colette Préfacier, Les femmes s’en vont en lutte ! : histoire et mémoire du féminisme à Rennes (1965-1985), Rennes, Éditions Goater, 2014, 235 p.
JABOULEY Esther, La création du PF à Lyon, Mémoire de maîtrise, Lyon 2, 1997.
LEVY Marie-Françoise, « Le Mouvement français pour le planning familial et les jeunes »,
Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2002, n° 75, no 3, p. 75-84.
MASCLET Camille, Sociologie des féministes des années 1970 : analyse localisée, incidences biographiques et transmission familiale d’un engagement pour la cause des femmes en France, Thèse de doctorat, Université de Paris VIII, France, 2017.
MORE Caroline, « Sexualité et contraception vues à travers l’action du Mouvement français pour
le Planning familial de 1961 à 1967 », Le Mouvement Social, 2004, n° 207, no 2, p. 75-95.
MORE Caroline, Les débuts du Planning Familial à Grenoble 1961-1967, Université Pierre-Mendès-
France, Grenoble, 2000, 212 p.
MOSSUZ-LAVAU Janine, BARD Christine (dir.), Le Planning familial, histoire et mémoire 1956-2006,
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006.
MOUVEMENT FRANÇAIS POUR LE PLANNING FAMILIAL (ed.), D’une révolte à une lutte : 25 ans d’histoire du planning familial, Paris, Editions Tierce, 1982.
PAVARD Bibia, « Du Birth Control au Planning familial (1955-1960) : un transfert militant »,
Histoire@Politique, 6 novembre 2012, n° 18, no 3, p. 162-178.
PAVARD Bibia, Si je veux, quand je veux, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.
PAVARD Bibia, ROCHEFORT Florence et ZANCARINI-FOURNEL Michelle, Ne nous libérez pas, on
s’en charge: une histoire des féminismes de 1789 à nos jours, Paris, La Découverte, 2020, 510 p.
POREE Lydie, « Mobilisations féministes pendant les années 1970 à Rennes, un mouvement
particulier ? », Les Cahiers de Framespa. Nouveaux champs de l’histoire sociale, 1 novembre 2018, no 29.
RIPA Yannick, Histoire féminine de la France : de la Révolution à la loi Veil (1789-1975), Paris, France, Belin, 2020, 765 p.
RUAULT Lucile, Le spéculum, la canule et le miroir. Les MLAC et mobilisations de santé des femmes, entre appropriation féministe et propriété médicale de l’avortement (France, 1972-1984), Thèse de doctorat, Lille 2, 2017.
SANSEIGNE Francis, « Le Planning familial face à la loi (1956-1967) : entre arrangements et
transformation », Nouvelles Questions Féministes, 2010, Vol. 29, no 1, p. 16-31.
SANSEIGNE Francis, « Médicaliser l’action en faveur de la contraception : le Planning Familial, du
scandale à la stratégie de l’objectivité », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, 5 janvier 2009, no 68, p. 49-60.
SERRE Nathalie, Le PF de Marseille (1961-92), Mémoire de maîtrise, Aix-Marseille 1, 1993.
TILLIER Annick, Des sources pour l’histoire des femmes : guide, Paris, France, Bibliothèque Nationale de France, 2004, 203 p.
ZANCARINI-FOURNEL Michelle, « Histoire(s) du MLAC (1973-1975) », Clio. Femmes, Genre,
Histoire, 1 novembre 2003, no 18, p. 241-252.

mardi 18 mai 2021

Proust et le corps malade d'amour

Proust : le corps malade d'amour



Bernard Andrieu



Kimé
2021


A l’occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l’œuvre. Car l’asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d’amour que de la maladie physique, à moins que la première n’ait déclenchée la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d’apercevoir qu’il n’était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d’une critique de la médecine comme science du corps objet à l’avènement du thème de la guérison. En effet alors que la médecine s’évertue à guérir les maladies du corps, Proust révèle que le corps humain peut être malade d’amour. Proust dépasse là le simple statut de la métaphore, que nous avons mis au jour à propos de la comparaison avec le modèle médical. Il pratique la collusion entre amour et maladie au point de définir l’amour comme le type de la maladie humaine. Fomentée par l’angoisse de perdre l’aimée, alimentée par un doute permanent sur l’Autre dont aucune garantie, pas même la parole, ne certifie l’authenticité de son discours, la jalousie prend la forme d’une pathologie : fièvre, nervosité, maux de ventre, fébrilité… L’écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l’amour en vécu phénoménologique dégageant l’essence de l’amour. Forme d’exorcisme, l’écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.


Numéro spécial du JHK

Journal for the History of Knowledge - Special Issue Summer 2023

Call for Proposals

The Journal for the History of Knowledge includes an annual special issue, compiled by guest editors, which explores a theme central to the journal’s scope.
We are currently accepting proposals for the Summer 2023 Special Issue.

Proposals should contain the following:
• A description of the proposed theme (1500-2000 words) highlighting its significance for the history of knowledge
• A table of contents (typically 8-12 articles of 8000 words)
• Abstracts of the articles
• Two-page CVs of the editors; short biographies of the contributors
• An outline of the production process up to manuscript submission. All manuscripts must be submitted to the journal by early summer 2022.

Please send your proposal to all three editors:
Sven Dupré (s.g.m.dupre@uu.nl),
Renée Schilling (renee.schilling@huygens.knaw.nl), and
Geert Somsen (g.somsen@maastrichtuniversity.nl).

Proposal deadline: 30 June 2021
Notification of acceptance: by 30 September 2021

After submission, all manuscripts will go through a process of peer-review, author’s revisions, and copy-editing. JHoK is an Open Access journal, in principle at no charge to the authors.

Details of the journal's scope and a full list of the editorial team and advisory editorial board is available on the journal's website: https://journalhistoryknowledge.org/





lundi 17 mai 2021

Médecine et altérité

Les miroirs d’Hippocrate. Médecine et altérité du Moyen-âge à nos jours


Journée d’étude

Journée d'étude co-organisée par Guillaume Linte, post-Doctorant, Roberto Poma, Enseignant-Chercheur et Sofia Zuccoli, Doctorante, membres du laboratoire LIS à la faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines de l'UPEC.

En visioconférence

26 mai 2021 de 9h30 à 16h30

inscription par mail : miroirs.hippocrate@gmail.com

9h30 : Introduction - « L’altérité en question »
Sofia Zuccoli et Guillaume Linte

Passion(s) et genre
Modération : Sofia Zuccoli (UPEC - LIS)

9h45 - Marie-Frédérique Pellegrin (Université Lyon III - IHRIM) : « Femmes et pauvres : les mêmes vices de tempérament ? Connaître les hommes et définir le caractère des passions chez Cureau de la Chambre (1594-1669) »

10h15 - Nadia Pla (Université Paris Nanterre - MéMo) : « Le miroir d’Aristote : la place du discours médical dans la vision fantasmée des menstrues au Moyen Âge »

10h45 - Jérôme Laubner (Université de Bâle - Sorbonne Université) : « Les vérolés sont-ils des malades comme les autres ? La maladie vénérienne au prisme de l’altérité dans les traités médicaux français (XVIe-XVIIe siècles) »

11h15 - Roberto Poma (UPEC - LIS) : « Pathologies du genre et genre des pathologies : une étude de cas (XVIe-XVIIe siècles) »

12h00-13h00 : pause déjeuner


Médicaliser la race : entre pratiques et représentations
Modération : Guillaume Linte (Université de Genève - iEH2)

13h - Edoardo Pierini (Université de Genève - iEH2) : « Drogues et stéréotypes raciaux à l’époque moderne : le curieux cas de l’opium »

13h30 - Saida Barkat Daoud (EHESS - IIAC) : « Fabrique médicale du corps Noir altéré : pathologisation et racialisation de  la clitoridectomie (XVIe-XIXe siècles, France) »

14h - Costanza Bonelli (Université de Rome « La Sapienza ») : « Physiologie tropicale. Représentations du corps de l’autre dans la médecine coloniale italienne (fin du XIXe siècle - moitié du XXe siècle) »

14h30 : pause café

La fabrique de la normalité
Modération : Roberto Poma (UPEC - LIS)

14h45 - Ruby Faure (Université de Paris - UMR LEGS) : « La rébellion des anus dilatés : quand les médecins français mettent la main sur (dans) les corps pédérastes (1849-1896) »

15h15 - Eliza Toledo (Casa de Oswaldo Cruz - Fiocruz) : « Egas Moniz, physiologie, pathologie et la construction du modèle de la différence sexuelle »

15h45 - David Simard (UPEC - LIS) : « La santé sexuelle positive comme normalité d’excellence, ou la complétude dés-altérée »

16h30 : fin des travaux

La contagion

Contagion. Knowledge, Practices and Experiences from the Late Middle Ages to the Twenty- First Century

Call for Papers

 

«Genesis. Journal of the Italian Society of Women Historians », 1/2022, edited by Giulia Calvi
and Francesca Arena

http://www.societadellestoriche.it/


Within the context of the current global sanitary crisis which has triggered different ways of controlling SRAS-CoV-2, the Italian Association of Women Historians (SIS) has launched a debate on the theme of contagion from a gendered and intersectional perspective. In the light of these first reflections, “Genesis”, the refereed journal of the SIS, is welcoming  contributions for a special issue on Contagion. Forms of Knowledge, Practices, and Experiences from the Late Middle Ages to the Twenty-First Century.
 

Abstracts of unpublished articles c.400 words long - in Italian, French, English or Spanish- should be submitted to the two editors: Giulia Calvi (giulia.calvi@eui.eu) and Francesca Arena (Francesca.Arena@unige.ch) by May 31, 2021 at the latest. Please include an indication of the sources
employed and key bibliographical references. Do also add a brief biobibliography of the author.
 

Authors will be informed of the outcome of the abstract selection by June 30, 2021.


Articles should not be longer than 8000 words including footnotes and should be submitted to the editors by October 30, 2021. A limited number of articles can be submitted and published in English, French or Spanish. The articles will be internally refereed and externally peer reviewed. The issue 1/2022 will appear in June 2022.


The word contagion has multiple meanings beyond the most obvious one, i.e., disease transmission. Contagion means contact, and therefore interaction, communication, exchange. During the bouts of epidemic of early modern times, the word contagion was often associated to revolution and soon acquired political overtones. Contagion, the circulation of knowledge, of social practices and experiences are therefore set in a broader political framework, hence the need to acknowledge the asymmetries of power, gender, class, age, and sexuality.


The second keyword of our title is KNOWLEDGE. At an institutional level, this implied governing the epidemic through the gradual construction of public healthcare. The action of Health Boards in Italy
and then Europe from the fifteenth century onwards ushered in what Foucault defined as biopolitics. Societies learned to protect themselves from epidemic owing to social discipline and bodily control and this gradually created a shared consciousness of belonging to a wellregulated government, responsible for the healthcare in its territory and the well-being of its inhabitants. In 1851 the need to safeguard
commercial exchange in times of epidemic (cholera, yellow fever and plague) encouraged eleven European states and the Ottoman Empire to organize the first International Health Conference to regulate quarantine measures: therefore, the political control of public health became one of
the ways in which empires were governed.


Knowledge is also part of scientific culture and of its circulation. In Italy, in the mid-sixteenth century, the medical doctor Fracastoro elaborated the theory of contagium vivum. It took centuries for his contagionist theory to prevail over the miasmatic notion that dominated scientific debates up to the nineteenth century. These three levels of knowledge – administrative, political, and scientific- on which European systems of public healthcare were built came into tension with other spheres of knowledge. Within the hierarchy of scholarly disciplines, European science and medicine became the leading model in opposition to other traditions. A Western medical tradition, supposedly free from other intellectual biases, outweighed magical practices, religious, and popular forms of wisdom, seen as archaic. One of the issues we would like to investigate concerns ‘tensions’ and ‘hybridity’ among these traditions,
also in the light of European colonization, which created a further hierarchy between modern Western and traditional ‘indigenous’ knowledge.


From a cultural perspective, disease and death are part of a symbolic system of opposites - pure/impure, clean/dirty, order/disorder – that affect and at the same time embody social, racial and gender categories.


Attention to these issues allows us to address the multifarious processes leading to the historical construction of disease and the ways it was governed.


We have chosen to take into account different spatial scales of epidemics: the local, national, global levels of circulation and control within specific contexts. We have chosen to consider a very long timespan, ranging from the Late Middle Ages to the present. This very broad timeframe allows us to analyze continuities within specific intersectional dynamics and to reflect on turning points that introduced new ways of conceptualizing and treating disease. In the name of scientific progress and hygiene, many types of disease were naturalized and objectified on the basis of nineteenth-century scientific criteria, mostly elaborated by men in positions of power. These criteria that form the basis of modern epidemiological categories are therefore also embedded in discourses that promote intersectional stereotypes. Scientists have often used the fear of contagion to redefine ‘Otherness’ and bring it to silence.


The third keyword in the title is PRACTICES: therapies, pharmacopoeia, bodily manipulations belonging to different schools and traditions that refer to specific views of internal or external etiologies. Where does contagion come from? Who spreads it? In many societies and up to the present, women have been considered dangerous not only because of their social, marginal position, but especially for their physiological ‘impurities’. In the case of syphilis, the epidemic could be blamed on uterine discharges and menstruation. Likewise, puerperal fever was still considered a disease of the uterus even after scientists had proved that it was caused by bacterial infection.


The issues we would like to address include the ways in which scientific discoveries have conceptualized both contagion and its treatment. Since the end of the nineteenth century, Pasteur’s view that one microbe equals one disease became dominant, and increasingly so in the twentieth century. However, medical practice offers a more complex picture. The history of vaccines is a concrete example: set within a positivist teleological narrative of great male protagonists, the dynamics that led from inoculation to vaccination are in fact far more complex and reflect also the health practices of subaltern men and women. In a historiographical perspective, connecting the history of health to gender and intersectional dynamics, and to colonial history appears mandatory in order to explore the history of therapies that were often experimented in colonial contexts.


The symbolic dimension and the representations of masculinity, femininity, and otherness in visual, religious and artistic productions are crucial to our understanding of the ways in which disease was thought of, imagined and exorcised.


In the field of health, symbolic representations could interact with the construction of medical knowledge and practice, activating intersectional dynamics. We also welcome papers that address these issues.

EXPERIENCE is the last word of our title, but perhaps the most important.
 

Leaving aside forms of knowledge, representations, and practice how is contagion experienced? What are the narratives, perceptions and life stories of men and women? How do gender and intersectional differences affect the conservation of primary sources and the construction of archives about epidemics? As biopolitical norms become more rigid, where are transgressions and marginality played out?
We encourage proposals for papers based on original research in a long time span (from the Late Middle Ages to the present), on Italian, European and non-Western geo-political contexts. The history of epidemics and pandemics is an ever-growing and broad research field.


Therefore, we have chosen to focus our analysis on issues of intersectionality, i.e. on the ways in which disease has historically been represented, treated and experienced through the lens of class, gender and race, so as to shed light on connections and tensions that at times exacerbated these differences. The intersectional dimension of contagion is one aspect of various asymmetries of power. We encourage contributors to approach power dynamics not through the simple binary opposition command/subalternity, but alert to the mediation and circulation occurring within specific contexts. Traditions of knowledge, too, are part of such circulation, which stimulates hybridity and crossfertilization.


This is a crucial aspect of our research agenda.