vendredi 1 mai 2026

La vie sociale des catégories psychiatriques

La vie sociale des catégories psychiatriques : théories et pratiques d’une épistémologie en mouvement (XVIIIe – XXIe)


Appel à contributions 

Volume spécial des Cahiers François Viète
(Volume III-24, parution mars 2028)

Éditrices : Audrey Higelin-Cruz (Sophiapol, Université Paris Nanterre et Centre Hospitalier Guillaume Régnier) et Agathe Meridjen-Manoukian (Institut des Sciences sociales du Politique, Université Paris Nanterre et Archives départementales du Val-de-Marne).


« Il est intéressant de remarquer que les psychiatres contemporains ont opéré dans leur propre discipline une rectification et une mise au point des concepts de normal et de pathologique, dont il ne paraît pas que les médecins et les physiologistes se soient bien soucié de tirer une leçon en ce qui les concerne. » Ainsi débute l’« Introduction au problème » de la thèse de Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique (2013 [1943], p. 89). Cette proposition fondatrice inaugure une analyse des sciences attentive à la contextualisation historique et conceptuelle des catégories médicales, tout en s’inscrivant dans une réflexion critique sur les fondements des savoirs médicaux et psychiatriques. Canguilhem souligne notamment la capacité particulière de la psychiatrie à redéfinir ses propres concepts et à intégrer ces mouvements de redéfinition au coeur de son épistémologie. À la même période, Michel Foucault, dans une perspective également critique, propose dans La naissance de la clinique d’interroger les dispositifs et les conditions de possibilité de la pratique clinique : les instruments, les cadres théoriques préexistants, ainsi que les relations sociales qui structurent la production des savoirs, entre pairs comme dans l’interaction avec les patients.

A la suite des travaux issus et nuançant ces deux auteurs, nous affirmons que la psychiatrie (s’)est fondée et développée par la proposition régulière de catégories pour définir et délimiter la folie. La constitution des nosographies (Goldstein, 1987 ; Quetel, 2012) a nécessairement occupé une partie des travaux, souvent joins à une réflexion sur leur légitimité plus ou moins opérantes comme politiques publiques ou dans le corps social (Foucault, 1972 ; Castel, 1976 ; Gauchet et Swain, 2007). L’observations de ces catégories au fil du temps nous permet également de voir comme elles sont également des enjeux et des outils de questionnements voire de modifications de la discipline, par des mouvements politiques internes (Lantéri Laura, 1995 ; Papiau, 2017 ; Minard et Perrier, 2010), par une pression sociale externe (Fauvel, 2002) ou par résultante de nouvelles formes d’organisation médicale (Gay, 2018 ; Tartour, 2021).
L’histoire des classifications est soucieuse d’histoire sociale (Guillemain, 2018). Ces catégories se développent en lien avec des outils et techniques qui ont aussi leur histoire, méthode clinique faite d’observations et de notes soigneuses (Hess et Mendelsohn, 2010) et d’outils de mesure visant sans cesse à plus d’exhaustivité quantitative et de précision qualitative (Cases et Salines, 2004 ; Desrosières, 2010). Ces derniers vont de la chronométrie des tests cognitifs (pensons au test du « quotient intellectuel ») jusqu’à l’exploration microscopique du cerveau pour construire une matérialité mesurable de la santé mentale (Renneville, 2020 [2000] ; Fournier, 2012 ; Dupont et Cherici, 2015). Historiens et sociologues s’intéressent à ces classifications prises pour objets dans des approches aussi chronologiques que diachroniques (Henckes et Majerus, 2022 ; Autès, 2020). La production de ces catégories ne se limite cependant pas à un travail conceptuel : elle implique leur inscription dans des dispositifs classificatoires et dans des pratiques d’observation, de mesure et d’enregistrement qui contribuent à stabiliser les savoirs psychiatriques.


De ces catégories en mouvements cohabitent et se concurrencent conséquemment une multiplicité de « styles » thérapeutiques différents au sein d’une discipline « psychiatrie » (Haliday et Demailly, 2023), et tout un spectre épistémologique de catégories (Arminjon, Cherici et Méthot, 2022). On entendra ici par catégorie psychiatrique, de manière non exhaustive et pouvant être discutée au sein du numéro, un outil de regroupement et d’interprétation de différents ensembles de symptômes, de comportements ou d’expériences psychiques, considérés a priori distincts mais qui sont justement réunis au sein d’une même catégorie de pensée. Cette catégorie psychiatrique,
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qui prend souvent la forme d’une nosographie médicale, se construit entre des pratiques cliniques, scientifiques et sociales et peut être redéfinie voire délaissée.
C’est sur cette tension, ou cette complémentarité, entre la nécessité épistémologique de constituer des catégories englobantes d’une part et la multiplicité théorique et pratique de ces catégories d’autre part, qu’insiste ce numéro. Nous proposons d’étudier ces interactions et vies mouvantes des catégories dans le temps. Méthodologiquement, nous n’opposons pas directement théorie et pratique, ni savoir et savoir-faire, mais invitons l’enquête à se concentrer sur les allers et retours entre les deux, en précisant sur le cas psychiatrique certaines pistes issues d’un numéro antérieur1. Surtout, nous considérons la catégorisation comme une pratique en soi qui peut s’observer comme telle par des méthodes ethnographiques et plus largement soucieuses des environnements sociaux autour de la production scientifique (Bowker et Star, 2023). Plus précisément, ce ne sont pas tant les catégories isolées qui nous intéressent, le numéro ne visant pas à enrichir l’énumération des catégories psychiatriques, mais plutôt l’analyse de leur vie sociale, clinique et scientifique : comment les catégories sont-elles développées, appliquées, dupliquées, abandonnées, en interaction entre les savoirs constitués et le quotidien psychiatrique ? Qu’est-ce que l’analyse de la vie sociale des catégories nous permet de conclure sur l’épistémologie de la psychiatrie étudiée comme objet propre, historicisé et en mouvement ?

A la suite de cette interrogation générale, nous proposons trois axes : la psychiatrie à l’épreuve du terrain (i), le temps des savoirs (ii), de la leçon clinique à la concurrence (des) pratique(s) (iii).

1. La psychiatrie à l’épreuve du terrain
Ce premier axe vise à penser les usages de théories sur le terrain psychiatrique (qui n’est pas réduit aux murs de l’ancien hôpital) pour étudier comment leur application structure, restructure ou déstructure les catégories médicales. Il s’agit de penser ces savoirs mis à l’épreuve du terrain, en étudiant non seulement les finalités et modifications possibles mais aussi le processus qui confronte et articule théorie et pratique. Nous proposons de le faire dans un in situ psychiatrique qui doit être précisément analysé dans ses influences possibles sur les catégories et leurs usages et au fil du temps (Klein, Guillemain et Thifault, 2018). En ceci, l’axe propose d’éprouver au cas psychiatrique des approches développées dans un numéro antérieur des Cahiers François Viète sur les milieux de savoirs (Dumas Primbault et al, 2021) et des réflexions plus générales sur la réalité sociale, matérielle et charnelle des théories scientifiques (Waquet, 2015; Bert et Lamy, 2021) empreintes d’histoire sociale et de sociologie des sciences.
Les résultats de cette mise à l’épreuve empirique peuvent aussi être questionnés : loin d’être inévitables et d’être une réponse naturelle au terrain, il est pertinent de se demander de quoi les modifications ou non-modifications des catégories sont la construction. Que permettent-elles de saisir du psychiatre ou de la psychiatrie, et d’un horizon des possibles qui est aussi un univers scientifique pour l’étude ? Ici, des analyses réflexives des notions « d’échec » ou « d’impasse » cliniques sont particulièrement intéressantes pour nuancer un récit souvent positiviste des modifications théoriques par les pratiques.

Outre l’observation du retour à la théorie après la pratique, les analyses pourront également se maintenir à l’échelle du terrain et insister justement sur ce que les changements de pratiques nous permettent de saisir du terrain psychiatrique. A commencer par définir ce qu’est un terrain psychiatrique (un lieu ? des acteurs ? des objectifs ?) et dans quels cas empiriques quelles catégories sont déployées et éprouvées, par des modifications discrètes débattues localement : en ce cas, ce serait l’empirie même qui serait la catégorie à l’épreuve de la psychiatrie. Des enquêtes portant sur des terrains modifiés selon les catégories sont aussi pertinentes, tout comme l’inertie des catégories au-delà du premier terrain psychiatrique (Goffman, 1975).
Enfin, les objets et sujets de la psychiatrie peuvent être étudiés comme agissants dans la construction des catégories cliniques, volontairement ou non : pensons aux catégories coloniales et post-coloniales (Fanon, 2015 ; Wang, 2017 ; Metzl, 2020 ; Peiretti-Courtis, 2021 ; Marquis, 2021 ; Scarfone, 2021 ; Edwards-Grossi, 2021), catégories de genre (Arena, 2016 ; Edelman, 2003 ; Löwy, Gardey, 2000) ainsi que par exemple l’influence des revendications féministes en psychiatrie (Pache, 2023) , ou encore celles propres aux militaires (Young, 1995 ; Derrien, 2015 ; Guillemain, Tison et Lemire 2013).

2. Le temps des savoirs
Cet axe propose d’étudier des thèmes récurrents de l’historiographie scientifique, médicale et en particulier psychiatrique : les innovations, les retards, les obsolescences, et toutes nuances synonymiques évoquant de près ou de loin un fondement chronologique des savoirs. C’est cette chronologie induite qui est l’objet de l’analyse dans ses liens avec les catégories : comment leurs usages et modifications peuvent être influencés ou justifiés par un rapport au temps (Guillemain, 2020) ? Y a-t-il par exemple des phénomènes de « mode » en psychiatrie dans l’adoption ou l’abandon de certaines catégories ? Comment s’opèrent des « retours en arrière » qui défendent ou occultent les réusages d’anciennes approches ? A l’inverse, comment se construisent et se présentent des nouveautés (Young, 1995 ; Morgiève et Briffault, 2014) – et dans quelles mesures sont-elles nouvelles (Carroy, 1991 ; Chazal, 2002 ; Dupont et Cherici, 2015 ; Guillemain, 2017 ; Klein, 2019) ? En somme, nous proposons d’étudier la construction d’une mesure temporelle en psychiatrie, des conditions sociales et cliniques de cette mesure, et de ces influences réciproques avec les catégories.

C’est aussi une histoire du quotidien des catégories psychiatriques que nous proposons de développer. La banalité des usages ou non-usages des catégories n’est pas le temps mort de leur étude, qui ne peut se résumer aux faits plus brusques (invention, adoption, abandon). Pour comprendre les usages et appropriations des catégories, le temps long et répétitif du quotidien est nécessaire. Ce temps a priori univoque permet de conforter à chaque instant certains usages, ou de déceler de subtiles nuances qui permettent d’analyser plus précisément les changements plus visibles, ou encore ouvre certaines possibilités de méthodes comparatistes. La question de l’innovation médicale et des « nouveautés » déjà étudiée (Edgerton, 1998 ; Von Bueltzingsloewen, 2010 ; Demailly et Haliday, 2022) continue de nous intéresser par l’axe des conditions catégoriques de leur émergence ou concernant directement les catégories, en plus d’attendre des contributions portant sur des corolaires plus discrets comme des pratiques à la fois considérées théoriquement désuètes mais néanmoins maintenues. (Guillemain, 2006).

3. De la leçon clinique à la concurrence (des) pratique(s).Les catégories psychiatriques sont des entreprenariats scientifiques qui peuvent remporter l’adhésion ou l’opposition dans un « marché des classifications » (Ahnich, 2021). Même les projets de synthèse et de conciliation cliniques restent des tentatives supplémentaires d’affirmation de certaines classifications par rapport à d’autres (Demazeux 2013 ; Gratreau 2023). Le numéro s’intéresse aux luttes et enjeux derrière l’avènement, le déclin ou la non-prise de certaines catégories, aux niveaux théoriques comme pratiques, dans des découpages chronologiques qui sont propres à leur objet.

Etudier la trajectoire propre des catégories permet de suivre les conditions de circulation et de réception de ces catégories, y compris dans les cas de non-réception, de variations d’usages ou de mauvaise traduction : comment une catégorie peut-elle être appliquée différemment ? Les corpus scientifiques sont un terrain d’études féconds pour penser les réceptions réussies ou manquées (Afresne, 2021 ; Tesnière, 2021 ; Lemerle, 2024), les phénomènes d’hybridité ou de porosité avec d’autres disciplines (Darmon, 2005 ; Moutaud, 2012) voire les vies propres des classifications dans d’autres champs - par exemple les classifications psychiatriques dans le champ judiciaire (Guignard 2006; Walin 2023). Outre les disciplines reconnues dans les milieux académique ou institutionnels, les appropriations, concurrences et articulations des savoirs peuvent aussi permettre de réinterroger la dualité traditionnelle entre savoirs experts et profanes (Hazif-Thomas, Hanon, 2015) : pensons aux savoirs accusés de charlatanisme (Edelman, 2017 ; Guillemain, 2017 ; Faure et Guillemain, 2019), aux revendications et apprentissages militants (Gelly et Pavard ; 2016 ; Ruault, 2021), aux savoirs niés puis absorbés pendant la colonisation (Boumediene, 2016).
Cet axe est également l’occasion d’élargir le champ d’étude, de décloisonner la psychiatrie (Von Bueltzingsloewen 2015) pour saisir les catégories dans des contextes politiques et sociaux plus larges (Henckes, 2007 ; Brodiez-Dolino, Von Bueltzingsloewen, Eyraud, Laval et Ravon (dir.), 2014 ; Tartour, 2021). Le poids des décisions budgétaires dans l’administration de l’hôpital en général et dans la psychiatrie en pratique constitue déjà un corpus conséquent où le devenir des catégories peut être étudié spécifiquement (Tournay, 2007 ; Juven, 2016 ; Gelly et Spire, 2021 ; Gingras et Khelfaoui, 2021). Si le reste de l’appel insistait sur les contextes cliniques et donc notamment les catégories nosographiques, toutes les catégories peuvent aussi être pensées : les catégories médicales peuvent être proprement explicatives et non plus diagnostic, et surtout l’appel invite à articuler et à élargir aux différentes catégories en jeu dans l’espace psychiatrique, y compris les catégories administratives. Ces dernières peuvent être internes à la structure ou imposées par des décisions extérieures, et interagir entre elles par des processus de concurrence, d’hybridation ou d’appui. Elles peuvent aussi circuler d’un espace à l’autre, par exemple de la clinique à l’administratif. La normalisation et règlementation des catégories est enfin un objet pertinent, liant acteurs administratifs et médicaux, et construisant aussi de nouvelles catégories hybrides : les enquêtes médicales aux critères à l’intersection des médecins et d’autres agents (Delmaire, Nobi et Tortosa, 2022) ou les statistiques exigées par les autorités (Génard, Simoni, 2018 ; Martin, 2020 ; Lalanne Berdouticq, 2022).
 

1 « La classification comme pratique scientifique », dir. François Lê et Anne-Sandrine Paumier, Cahiers François Viète, 2016, III-1.
2 Numéro III-10 des Cahiers François Viète paru en 2021. 

CALENDRIER
Les contributions pourront être proposées en français ou en anglais. Le recueil des contributions se déroulera en trois temps :
- Avant le 15 juin 2026 : envoi aux éditeurs du dossier (agathe.meridjen@gmail.com et a.higelin@ch-guillaumeregnier.fr ) d’un document d’intention. Ce texte (.doc ou .odt) expliquera en 5 000 signes (espaces compris) le contenu de l’article en se référant aux termes et aux axes de l’appel à contribution. Il permettra une pré-sélection des articles Les auteur·e·s seront informé·e·s de la recevabilité de leur proposition d’ici le 15 juillet 2026.
- 1er décembre 2026 : pour les propositions acceptées, envoi par les auteur·e·s des articles (entre 30 000 et 50 000 caractères, espaces compris, liste de références non comprise). Il est demandé aux auteur⋅e⋅s de prendre connaissance de la charte de publication des Cahiers François Viète et de suivre les consignes éditoriales de la revue. Pour rappel, les articles seront expertisés par deux rapporteur·e·s selon la procédure en double aveugle.
- 1er novembre 2027 : remise des articles finalisés pour publication en ligne et papier en mars 2028.
 

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