jeudi 27 janvier 2022

Les troubles mentaux et les premières années de l'Organisation mondiale de la santé

Mad by the Millions: Mental Disorders and the Early Years of the World Health Organization

 Harry Yi-Jui Wu



MIT Press
April 2021
240 pp. | 6 in x 9 in 6 b&w illus.
ISBN: 9780262045384


In 1948, the World Health Organization began to prepare its social psychiatry project, which aimed to discover the epidemiology and arrive at a classification of mental disorders. In Mad by the Millions, Harry Y-Jui Wu examines the WHO's ambitious project, arguing that it was shaped by the postwar faith in technology and expertise and the universalizing vision of a “world psyche.” Wu shows that the WHO's idealized scientific internationalism laid the foundations for today's highly metricalized global mental health system.

Examining the interactions between the WHO and developing countries, Wu offers an analysis of the “transnationality” of mental health. He examines knowledge-sharing between the organization and African and Latin American collaborators, and looks in detail at the WHO's selection of a Taiwanese scientist, Tsung-yi Lin, to be its medical officer and head of the social psychiatry project. He discusses scientists' pursuit of standardization—not only to synchronize sectors in the organization but also to produce a common language of psychiatry—and how technological advances supported this. Wu considers why the optimism and idealism of the social psychiatry project turned to dissatisfaction, reappraising the WHO's early knowledge production modality through the concept of an “export processing zone.” Finally, he looks at the WHO's project in light of current debates over psychiatry and global mental health, as scientists shift their concerns from the creation of universal metrics to the importance of local matrixes.


Représentations littéraires francophones de la folie

Représentations littéraires francophones de la folie

Appel à communications


Session affiliée du CIÉF à la Convention de la MLA,

San Francisco, 5-8 janvier 2023.


La folie est un concept qui a perpétuellement fascinés et inspiré les intellectuels et les savants de tous temps. Sous l’appellation expansive de la folie peut se recouper aussi bien l’idée de trouble, de désordre, d’aliénation que celle des souffrances sociales et de la maladie mentale. D’où la production culturelle d’une abondante littérature critique sur ce sujet par Frantz Fanon, Édouard Glissant, Michel Foucault, et plus récemment Robert Berthelier et Sander Gilman, pour n’en citer qu’un nombre très limité. Mais que nous dévoile la littérature sur ce même sujet ? Cette session propose d’investiguer les représentations littéraires francophones de la folie (dans sa conception physique, mentale, spirituelle et/ou métaphorique). Nous nous intéressons particulièrement à des propositions qui défient et élargissent la conception occidentale de la folie. Qui, dans les sociétés caribéennes, nord-africaines et sub-sahariennes, est considéré comme fou/folle et pourquoi ? En quoi les normes culturelles respectives de chaque région peuvent-elles jouer un rôle dans cette détermination ? La science a-t-elle son mot à dire ? Nous recherchons à intégrer des formes diverses de représentations qui peuvent inclure des expériences humaines liées au traumatisme, à la colonisation, à l’immigration, aux catastrophes naturelles, aux guerres, au magico-religieux, à la politique, etc.


Proposition de communication (300 à 500 mots, en français) à envoyer d’ici le 1er mars 2022 à Linsey Sainte-Claire (Middlebury College) à l’adresse lsainteclaire@middlebury.edu.

Veuillez y inclure votre nom, votre affiliation universitaire et votre adresse électronique.

mercredi 26 janvier 2022

Histoire globale du bouddhisme et de la médecine

A Global History of Buddhism and Medicine


C. Pierce Salguero

Columbia University Press
2022
ISBN: 9780231185271

Medicine, health, and healing have been central to Buddhism since its origins. Long before the global popularity of mindfulness and meditation, Buddhism provided cultures around the world with conceptual tools to understand illness as well as a range of therapies and interventions for care of the sick. Today, Buddhist traditions, healers, and institutions continue to exert a tangible influence on medical care in societies both inside and outside Asia, including in the areas of mental health, biomedicine, and even in responses to the COVID-19 pandemic. However, the global history of the relationship between Buddhism and medicine remains largely untold.

This book is a wide-ranging and accessible account of the interplay between Buddhism and medicine over the past two and a half millennia. C. Pierce Salguero traces the intertwining threads linking ideas, practices, and texts from many different times and places. He shows that Buddhism has played a crucial role in cross-cultural medical exchange globally and that Buddhist knowledge formed the nucleus for many types of traditional practices that still thrive today throughout Asia. Although Buddhist medicine has always been embedded in local contexts and differs markedly across cultures, Salguero identifies key patterns that have persisted throughout this long history. This book will be informative and invaluable for scholars, students, and practitioners of both Buddhism and complementary and alternative medicine.

ABOUT THE AUTHORC. Pierce Salguero is associate professor of Asian history and religious studies at Pennsylvania State University’s Abington College. He is the editor of Buddhism and Medicine: An Anthology of Premodern Sources(Columbia, 2017) and Buddhism and Medicine: An Anthology of Modern and Contemporary Sources (Columbia, 2019), among other works.

Le patrimoine de l’hygiène en France

Le patrimoine de l’hygiène en France


Appel à contributions



Ce numéro d’In Situ a ainsi pour objectif de rassembler des recherches originales et récentes sur ce sujet en se positionnant dans l’histoire culturelle. Ce domaine n’est évidemment pas vierge et il faut se référer aux travaux de Jean-Pierre Goubert1, Georges Vigarello2 et plus récemment de Thomas Leroux qui travaille sur les pollutions, la santé au travail et les risques.

Par ailleurs, deux expositions ont été consacrées en 2013 à l’eau, l’une aux Archives départementales de Seine-Maritime, l’autre aux Archives départementales de l’Oise, chacune comportant un volet sur ce thème. Signalons également des études entreprises en 2018 afin de valoriser et présenter au public les Bains Pommer situés en Avignon. De nombreux équipements collectifs ont déjà été protégés au titre de la loi sur les Monuments historiques telles la piscine Molitor et celle de la Butte-aux-Cailles à Paris, la piscine Saint-Georges à Rennes, ainsi que de nombreux bains-douches, lavoirs et fontaines. L’Inventaire de la région Île-de-France a mené en 2017-2018 une enquête sur les bains-douches municipaux de Paris. Une exposition permanente sur l’histoire de la propreté à Paris, installée au Centre Eugène-Poubelle – lieu de formation des personnels municipaux de la propreté –, qui permet à ces personnels d’inscrire leur métier dans une profondeur temporelle, devrait à terme être accessible au public. À Paris encore, la rénovation en cours de la Visite publique des égouts, autre « musée » professionnel municipal, permet de sensibiliser le public à un patrimoine méconnu.

Il apparaît particulièrement opportun de rassembler les études les plus récentes sur ce domaine du patrimoine de l’hygiène en le considérant dans toutes ses dimensions historiques et culturelles. Ainsi, l’ambition de ce numéro d’In Situ est double : il vise d’une part à réunir l’hygiène des personnes et celle de l’espace public, et d’autre part à dresser un état des lieux de la prise de conscience de l’importance patrimoniale des objets et constructions de ce domaine.

À ces fins, les études attendues peuvent relever d’une approche chronologiquement très large – de l’Antiquité à nos jours – en France, et aussi bien en milieu urbain que rural. À travers les thématiques esquissées ci-dessous, qui distinguent le rapport au corps dans son intimité et à l’espace public, on espère des propositions concernant aussi bien le patrimoine bâti – architecture et ouvrages d’art – que les objets – de l’archéologie au design –, mais aussi les théories (législations, communication…) et les pratiques. Elles viseront également à mettre en valeur plusieurs exemples de patrimonialisation du domaine : découvertes, prises en compte de l’importance collective du domaine et réhabilitations architecturales ont montré le fort potentiel de succès vis-à-vis du public qui apprécie sa valeur monumentale (ouvrages d’art) ou est touché par son intimité (objets de toilette, voire objets fétiches). Inventaire, collecte et conservation d’objets, expositions, réhabilitations architecturales, protections au titre des Monuments historiques de sites, édifices ou objets, etc. sont autant de manières différentes de dresser un panorama du patrimoine de l’hygiène sous ses multiples facettes.

Autour du fil conducteur qu’est l’apport en eau courante, vecteur majeur de l’hygiène, deux axes de réflexion sont envisagés, qui ne s’articulent pas entre domaine privé et domaine public, mais selon la nature de l’objet entretenu – associé à l’espace public ou à la personne : 


1. Hygiène de l’espace public

Sous cette thématique, sont attendues des études autant sur la création et l’entretien des réseaux d’alimentation et d’assainissement, que sur la mise à disposition de l’eau au public. Architectes et ingénieurs ont façonné les territoires ruraux comme l’espace des villes avec des équipements techniques aujourd’hui remarquables et inégalement reconnus pour leur valeur patrimoniale – canaux, aqueducs, fontaines, lavoirs, châteaux d’eau, égouts, usines de traitement…

Cette section propose de s’interroger également sur les questions de la gestion, de la prévention et de la communication sur l’hygiène des espaces collectifs, c’est-à-dire sur les moyens mis en œuvre pour entretenir et nettoyer l’espace public – le mobilier urbain, les campagnes d’affichage ou les machines de nettoiement par exemple forment de nouveaux corpus d’étude et de patrimonialisation. 


2. Hygiène du corps

Bien que relevant le plus souvent du domaine privé, le domaine de l’hygiène corporelle est intimement lié à celui de l’espace public. En bien des occasions, les deux se rencontrent : bains publics, lavoirs, équipements sanitaires des immeubles de rapport, etc.

Dans cette partie sont attendues des propositions plus spécifiquement liées aux réponses architecturales posées par les enjeux de l’hygiène corporelle – qu’elle soit individuelle ou collective. On pensera aux lieux et aux objets de la toilette dans la sphère privée des demeures (urbaines ou rurales, aristocratiques ou populaires), comme aux équipements progressivement imposés aux lieux de vie en collectivité (hôpitaux, prisons, établissements d’enseignement, congrégations, maisons closes, entreprises, etc.).

Par le biais des pratiques individuelles, un patrimoine mobilier de la propreté s’est développé (toilettes d’orfèvrerie, objets de design, objets de la vie quotidienne, équipements sanitaires, etc.), mais également un patrimoine industriel sans doute moins connu (manufactures de produits d’hygiène, puis de beauté qui ont pu marquer un territoire). 


Coordination scientifique du numéro
Claudine Cartier, conservateur général honoraire du patrimoine
Nicolas Courtin, Archives de Paris
Miriam Simon, responsable de la Mission patrimoine professionnel de la Ville de Paris 


Modalités de soumission

Les articles proposés devront contenir une part inédite de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour ; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un article déjà paru. Il est souhaité qu’ils soient largement illustrés, y compris par des exemples sonores et/ou audiovisuels.

Si vous souhaitez contribuer à ce numéro, nous vous remercions d’envoyer avant le 1er mars 2022 un résumé de votre proposition de 1500 signes au maximum, ainsi qu’un court CV par courriel insitu.patrimoines@culture.gouv.fr ou par voie postale : Ministère de la Culture Direction générale des Patrimoines Revue In Situ à l’attention de Nathalie Meyer, 6 rue des Pyramides, 75001 Paris

Envoyer une copie de votre proposition à :
Claudine Cartier : claudine.cartier@orange.fr
Nicolas Courtin : nicolas.courtin@paris.fr
Miriam Simon : miriam.simon@paris.fr

Les textes des articles correspondant aux propositions retenues sont attendus pour le 1er septembre 2022. Vous pourrez rédiger votre article en français ou dans votre langue d’usage. Ils seront publiés dans leur version originale et dans leur traduction française. La taille des articles sera comprise entre 15 000 et 35 000 signes espaces et notes compris.

Les recommandations aux auteurs concernant le nombre de pages ou d’images, les droits de l’iconographie, l’insertion de notes et de liens, etc., sont consultables sur le site de la revue


Notes

1 Jean-Pierre Goubert, La Conquête de l’eau. L’avènement de la santé à l’âge industriel, Paris, Robert Laffont, coll. « Les hommes et l’histoire », 1986.

2 Georges Vigarello, Le Propre et le sale. L’hygiène du corps depuis le Moyen Âge, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L’univers historique », 1985.

mardi 25 janvier 2022

Les épidémies en Bretagne

Les épidémies en Bretagne : Moyen Âge - XXe siècle
 

Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie en Bretagne, juin 2021, tome XCIX



Bruno ISBLED – Avant-propos : un volume de Mémoires exceptionnel pour un centenaire contrarié

Dominique LE PAGE – Introduction

Benjamin FRANCKAËRT – Les Bretons et la peste de Justinien (VIe-VIIIe siècles)

André-Yves BOURGÈS – Épidémies, pandémies et endémies en Bretagne au Moyen-Âge : des sources hagiographiques très discrètes

Julien BACHELIER – « Contagion, pestilance et mortalitez » aux XIVe et XVe siècles en Bretagne

Dominique LE PAGE, Jean-Luc BLAISE, Gilles FOUCQUERON, Marc JEAN – Le port de Saint-Malo face aux épidémies à l’époque moderne

Alain J. LEMAÎTRE – La lutte contre les épidémies en Bretagne au XVIIIe siècle

Guy SAUPIN – La municipalité nantaise face à la peste de Marseille : réactivité ans l’élaboration d’une politique de protection (1720-1721)

Françoise CASSIGNEUL-COHAN – De la pratique spirituelle à l’appropriation civique : la confrérie Saint-Roch, matrice de la politique sanitaire à Dinan au XVIIIe siècle

Isabelle GUÉGAN – Malades des villes et malades des champs. Gestion différenciée d’une épidémie de typhus à Brest et dans les campagnes bretonnes (1757-1758)

Thierry FILLAUT –Indications bibliographiques et sources relatives à l’histoire contemporaine des maladies infectieuses en Bretagne

Thierry FILLAUT – Une épidémie opportune : Henri Monod et le choléra dans le Finistère (1885-1886)

Fañch BROUDIC – Choléra : l’affiche bilingue du préfet Henri Monod

Jacqueline SAINCLIVIER – La grippe infectieuse dite « espagnole » en Bretagne, 1918-1919

Yves POINSIGNON, Alain CAUBET, Cédrick PRESLE – L’épidémie de variole à Vannes et à Brest en 1954 et 1955

Fañch POSTIC – La peste d’Elliant

Nelly BLANCHARD – Kou le Corbeau de Tanguy Malmanche (1875-1983) ou la peste autre qu’elle paraît

Varia

Julie LÉONARD, Charles QUIMBERT – Le patrimoine culturel immatériel. De l’UNESCO à la Bretagne : itinéraire d’une catégorie patrimoniale

Christine JABLONSKI, Jean-Jacques RIOULT – Le Quillio (Côtes-d’Armor). Église Notre-Dame-de-Délivrance. Nouvelles découvertes sur l’édifice médiéval

COMPTES RENDUS BIBLIOGRAPHIQUES
Assemblée générale ordinaire de 2020

Liste des membres

Thierry HAMON – In Memoriam Marie-Yvonne Crépin (1941-2020)

Publications des sociétés historiques de Bretagne en 2020

Ce volume, d'un au prix de 40 € (montant correspondant à celui de la cotisation annuelle pour adhérer à la SHAB), peut être commandé par courrier postal adressé à :

SHAB – Archives départementales d'Ille-et-Vilaine 1, rue Jacques-Léonard 35000 Rennes

Il est également possible de contacter la SHAB par mail : contact@shabretagne.com

Faire de l’histoire avec les documents du for privé

Faire de l’histoire avec les documents du for privé. Les anonymes ont-ils une histoire ?

Appel à communications

 

Doctoriales 2022 du Centre d’histoire du XIXe siècle (CRHXIX)

Les doctoriales du Centre d’histoire du XIXe siècle constituent une occasion de réunir les doctorant·es du centre pour échanger sur des thématiques communes. Elles accueillent aussi volontiers des communications de doctorant·es extérieur·es, dans la limite des places disponibles. Elles se structurent en deux demi-journées, consacrées respectivement à une interrogation méthodologique et à une interrogation thématique. Pour l’édition 2022, les sujets retenus sont les suivants : « Faire de l’histoire avec les documents du for privé » et « Les anonymes ont-ils une histoire ? ».


Argumentaire

Les Doctoriales du Centre d’Histoire du XIXe siècle (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Sorbonne Université) auront lieu le samedi 11 juin 2022. Si elles constituent une occasion de réunir les doctorant.e.s du Centre pour échanger sur des thématiques communes, elles accueillent aussi volontiers des communications de doctorant.e.s extérieur.e.s, dans la limite des places disponibles. Elles se structurent en deux demi-journées, consacrées respectivement à une interrogation méthodologique et à une interrogation thématique. Pour l’édition 2022, les sujets retenus sont les suivants : « Faire de l’histoire avec les documents du for privé » et « Les anonymes ont-ils une histoire ? ».
Sujet méthodologique : Faire de l’histoire avec les documents du for privé.

Des journaux intimes aux films familiaux, les documents du for privé constituent des sources multiples, riches et diverses se révélant complexes à traiter pour l’historien. Cachés, interdits, pieusement transmis dans les cercles familiaux ou bien à disposition dans les centres publics d’archives, ils permettent tout à la fois de renouer avec la vie des « gens ordinaires », viennent compléter des analyses se fondant sur d’autres types de documents mais constituent aussi des objets matériels aux usages multiples.

Comment l’historien traite-t-il des documents du for privé ? Dans quelle mesure ces derniers enrichissent-ils l’écriture historienne, notamment dans le cadre du développement des usages du numérique et de la multiplication des supports d’expression de l’intime ? Viennent-ils en complément des sources plus “classiques” ou sont-ils les fils authentiques dont l’histoire est tissée ?
Sujet thématique : Les anonymes ont-ils une histoire ?

En 1998, Alain Corbin restituait l’histoire d’un monde disparu, celui d’un parfait inconnu : Louis-François Pinagot, modeste sabotier du Perche qui vécut de la toute fin du XVIIIe siècle au début de la Troisième République. Il attirait ainsi l’attention sur les conditions de possibilité d’une histoire des individus morts sans laisser d’autres traces archivistiques que celles qui les visent comme éléments d’un groupe (listes électorales, registres matricules, registres d’état civil etc.) et qui sont sécrétées par un Etat bureaucratique avide d’enquêtes en tous genres. Le récit magistral d’Alain Corbin contribua à sortir Pinagot de l’anonymat dans lequel sa condition l’avait relégué. Il témoigne aussi du “retour” - repéré au même moment par Jacques Le Goff - de l’approche biographique dans l’historiographie.

Dans le sillage de ce livre qui a fait date pour l’originalité de ses questionnements, le sujet thématique propose de réfléchir à l’écriture d’une histoire des anonymes, considérés individuellement ou saisis collectivement, quel que soit leur sexe et leur position dans le champ social, qu’ils aient choisi ou non d’effacer la trace de leur présence. Comment se construisent ces différentes formes d’anonymat – recherchées (par exemple chez les “mauvais garçons et filles perdues” selon la formule de Dominique Kalifa) ou non ? Comment l’historien fait-il parler les “sans-voix” (femmes, colonisés, paysans etc.) ? Comment peut-il écrire une histoire d’anonyme(s) ? 


Modalités de participation

La durée de chaque communication est fixée à 20 minutes. La participation aux Doctoriales du 11 juin 2022 donnera lieu à une publication dans la revue des doctorant.e.s du Centre, Page 19.

Les propositions doivent comprendre :
Un titre (même provisoire)
Un résumé de 4 000 signes maximum
Une présentation de quelques lignes, mentionnant l’université, le laboratoire de recherche et accompagnée, le cas échéant, d’un lien vers une page personnelle. 

 
Calendrier

28 février 2022 : Date butoir pour adresser les propositions de communication à pagedixneuf@gmail.com (fichier .odt, .doc ou .docx).
7 mars 2022 : Réponse aux auteur-e-s.
11 juin 2022 : Journée d’études des Doctoriales
30 juin 2022 : Date butoir pour adresser les communications écrites (40 000 signes espaces compris + bibliographie de 10 titres + présentation de l’auteur-e). Début des navettes de relecture.
automne-hiver 2022 : Publication en ligne sur le carnet du Centre d’Histoire du XIXesiècle

 
Comité scientifique
Jacques-Olivier Boudon (Sorbonne-Université), professeur des universités et co-directeur du CRH XIX.
Bertrand Tillier (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), professeur des universités et co-directeur du CRH XIX. 


Comité de rédaction
Solène Amice,
Antoinette Ferrand,
Solène Monnier,
Marc Taverdet


Escalier C, 3e étage - 17 rue de la Sorbonne
Paris, France (75)




lundi 24 janvier 2022

Les sages-femmes de Suisse romande

Les sages-femmes de Suisse romande au coeur d'une politique de contrôle. Une intrusion masculine dans un domaine féminin (1750-1850)


Mélanie Huguenin-Virchaux


Éditeur Éditions Alphil
Support Livre broché
Nb de pages 178 p. 
ISBN-13 9782889304493


En septembre 1850, Élise Bovay, une jeune domestique de 23 ans, comparait devant un tribunal pour infanticide après la découverte du corps d'un nouveau-né au fond de la cave de son père. En filigrane de la situation de cette jeune femme du milieu du xixe siècle, c’est toute l’évolution de l’encadrement autour de la femme lors de son accouchement qui est représentée.
Cet ouvrage est une plongée dans le quotidien des femmes – matrones, sages-femmes et filles-mères – et leurs rapports au corps, à l’intime et à une société fortement attachée aux moeurs. En écho aux débats actuels sur la place des femmes et de leurs aspirations légitimes à pouvoir user
de leur corps librement, ce livre fait ressurgir un passé résolument actuel.
Alors que traditionnellement, l’accouchement était un acte essentiellement féminin, encadré par des matrones et des voisines, qui permettait aux femmes de la communauté de se retrouver et d’échanger, il se met en place une nouvelle politique de contrôle des naissances au cours du xixe siècle.
Par crainte d’une dépopulation, les autorités régionales mettent en place un encadrement législatif et une formation professionnelle de sages-femmes dans le but de sauver les femmes en couches et leurs nouveau-nés.
L’homme prend le contrôle des naissances et la sage-femme devient un agent de surveillance pour les autorités qui dénonce les grossesses et les accouchements illégitimes. Cette nouvelle position rompt les rapports jusqu’alors privilégiés qui existaient dans le monde des accouchements. Les
filles-mères, enceintes sans être mariées, en sont les premières victimes.

Castrations

Castrations. Entre histoire et études de genre


Appel à communications


Le colloque international Castrations. Entre histoire et études de genre qui se tiendra les 17 et 18 janvier 2022 à l’université d’Angers invite à penser, dans un temps long allant de l’Antiquité à la période contemporaine, une histoire des castrations renouvelée par les perspectives des études de genre. S’il valorise une appréhension diachronique de ce phénomène, le colloque est ouvert à une pluralité de regards disciplinaires permettant d’analyser la castration comme un phénomène à la fois vécu et représenté. Il s’agit, sans se limiter non plus à une aire socioculturelle spécifique, d’interroger la manière dont la castration questionne les normes de genre des sociétés où elle est pratiquée, participant ainsi à leurs (re)définitions.


Argumentaire

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la castration humaine – qui dans sa définition large concerne une ablation totale ou partielle des organes sexuels et reproducteurs – a fait l’objet de travaux historiques allant des castrations antiques assyriennes ou de la dynastie Chang aux castrations chimiques contemporaines. Des figures singulières ont émergé, comme celle des eunuques ottomans, des castrats italiens ou encore des Skoptzy, témoignant de la grande diversité des pratiques et des motivations, mais aussi de la nature même de la castration opérée.

À la suite de ces premiers travaux – qui ont documenté les dimensions religieuses, politiques, culturelles, socioéconomiques, artistiques, scientifiques ou pénales de la castration –, ce colloque invite à penser, dans un temps long allant de l’Antiquité à la période contemporaine, une histoire des castrations renouvelée par les perspectives des études de genre. S’il valorise une appréhension diachronique de ce phénomène, le colloque est ouvert à une pluralité de regards disciplinaires permettant d’analyser la castration comme un phénomène à la fois vécu et représenté. Il s’agit, sans se limiter non plus à une aire socioculturelle spécifique, d’interroger la manière dont la castration questionne les normes de genre des sociétés où elle est pratiquée, participant ainsi à leurs (re)définitions.

Une des approches peut être celle de revisiter les historiographies de la castration concernant la psychanalyse par exemple ou des figures très commentées – telles que l’eunuque oriental –, à partir d’une lecture genrée et volontiers intersectionnelle invitant à saisir les rapports de pouvoir en jeu, les dimensions symboliques tout comme les capacités d’action ou de contrainte que la castration présuppose. La castration féminine, finalement marginale dans les productions historiques, mérite également d’être pensée, au même titre que les effets de la castration masculine sur les rapports sociaux de sexe.

Au fil des siècles, la castration a été investie, mobilisée et travaillée par divers champs de connaissances et de pratiques (scientifiques, religieuses, juridiques, artistiques…) dont il s’agira de restituer à la fois la diversité et les points de rencontre. La façon dont la castration change de nom et acquiert ou perd en légitimité en fonction de celles et ceux qui la réalisent ou sur qui elle est réalisée, constitue un angle d’approche particulièrement heuristique.

On s’intéressera donc autant aux castrations humaines qu’à celles qui touchent les autres animaux, mais aussi les végétaux. La manière dont la castration participe à la (re)définition des frontières entre espèces constitue effectivement un questionnement important. Qu’y a-t-il de commun entre la castration du maïs, la stérilisation du chat et l’orchidectomie ou l’ovariectomie pratiquées dans le champ médical ? En quoi ces usages et les représentations associées mobilisent-elles le genre, mais témoignent aussi d’autres rapports sociaux imbriqués ?

On prêtera également une attention particulière aux motivations de la castration et à la place des individus concernés : la castration est-elle subie, attendue, désirée ? Quels effets produit-elle ? Est-elle appréhendée comme une violence, une libération, une transformation du corps et de ses potentialités ? On s’intéressera donc autant aux pouvoirs de contrainte – notamment présents pour la stérilisation forcée des personnes en situation de handicap ou dans les usages génocidaires – qu’aux dynamiques émancipatoires que peuvent receler des pratiques liées à la spiritualité ou à des parcours de transition (chirurgie génitale).

Outre les questionnements larges déployés ci-dessus, les propositions de communication pourront se référer à un ou plusieurs de ces angles d’analyse :

  • Usages et justifications : modes de justification ou discours d’opposition à la castration; controverses et mobilisations ; usages thérapeutiques, juridiques, criminels, religieux et spirituels, politiques, littéraires, psychanalytiques, métaphoriques ; impositions ou émancipations…
  • Castration, reproduction et sexualité :  normes de genre, masculinités et féminités post-castration ; représentations érotiques ; politiques eugénistes ; pratiques génocidaires ; stérilité ; biopolitiques ; usages et gestion du vivant ; domestication/domination et castration…
  • Matérialités: devenir des organes ; rituels et ritualisation ; mises à distance ; traces et mémoire de la castration ; incidences physiques et morales…
  • Acteurs et actrices : professionnel·les ou non de la castration(chirurgiens, bourreaux, vétérinaires, barbiers, soignantes, tortionnaires, auto-castrations…) ; méthodes de castration (symbolique, chirurgicale, chimique…) ; représentations métaphoriques des castratrices et castrateurs et des castré·es…
  • Expériences : expériences subjectives de la castration ; trajectoires sociales post-castration ; manières de (se) nommer ; perception de soi et rapports aux normes de genre ; modes de présentation au monde ; stratégies de contournement ou de subversion ; prérogatives sociales ou discriminations…

Modalités de soumission 

Les propositions de communication sont attendues pour le 31 mars 2022 à l’adresse suivante : nahema.hanafi@univ-angers.fr

Elles devront comporter une brève notice bio-bibliographie ainsi qu’une présentation de la communication envisagée précisant l’ancrage (pluri)disciplinaire, les enjeux historiographiques, l’approche méthodologique ainsi que les matériaux mobilisés (800 à 1000 mots).

À l’issue du colloque, des publications sont envisagées, moins sous la forme d’actes de colloque que de numéros de revue thématiques et/ou d’un ouvrage pensé collectivement.

Les retours du comité scientifique auront lieu à la fin du mois d’avril 2022.

Le colloque aura lieu les 17 et 18 novembre 2022 à l’Université d’Angers.

Comité d’organisation

Nahema Hanafi, Nathalie Branchu

Comité scientifique 

  • Jean-Christophe Abramovici,
  • Francesca Arena,
  • Anne Carol,
  • Hervé Guillemain,
  • Nahema Hanafi,
  • Cynthia Kraus,
  • Rafael Mandressi,
  • David Niget,
  • Elodie Serna.