lundi 7 septembre 2026

Les visages de la physiognomonie

Les visages de la physiognomonie : 1750–1850

Appel à communications

Depuis la publication des Fragments physiognomiques de Johann Caspar Lavater (1775–1778), la physiognomonie a souvent été traitée comme un cas à part — curiosité pseudoscientifique, précurseur embarrassant des dérives racistes et eugénistes ultérieures. Depuis les années 1980, la discipline a connu une véritable renaissance historiographique, entre art, littérature, sciences sociales et neurosciences, tout en restant indissociablement liée aux questions que soulèvent ses usages ultérieurs (Schmölders 1995), des théories raciales du XIXe siècle (Bindman, 2023 ; Meijer, 1999) jusqu'aux dérives de l'époque nazie (Borrmann, 1994).

Ce colloque souhaite s'inscrire dans la continuité de ces travaux et réexaminer l'histoire de la  physiognomonie à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il remontera pour cela avant Lavater lui-même — en commençant par les premiers textes publiés en France, comme le Discours sur la physionomie et les avantages des connoissances physionomiquesd'Antoine-Joseph Pernety (1769) — jusqu'à ses appropriations multiples au cours du XIXe siècle.

Nous partons du constat de Rüdiger Campe et Manfred Schneider (1995–1996), selon lequel la physiognomonie doit être comprise moins comme une discipline isolée que comme un mode de pensée transversal. Elle est ici entendue au sens large, au-delà de sa formalisation par Lavater, comme un ensemble d'outils conceptuels, visuels et méthodologiques qui s'intéressent à la fois aux surfaces des corps et à ce qu'elles révéleraient de leur intériorité. Cela suppose de ne pas traiter la physiognomonie comme un objet historiquement et épistémologiquement homogène, mais comme une technique du regard qui se voit diversement appropriée selon le contexte national, institutionnel ou politique où elle s’inscrit. Nous proposons d'utiliser cette plasticité comme point de départ pour cartographier l'état des savoirs sur l'homme en Europe entre 1750 et 1850 — un moment où plusieurs champs du savoir et pratiques artistiques négocient ensemble la question de la lisibilité du corps.
Cette histoire sera étudiée à travers quatre thématiques.

Thématique 1 : Les conditions d'émergence de la physiognomonie de Lavater

La première thématique interroge l'unité du projet des Fragments physiognomiques (1775–1778) et ses conditions d'émergence : loin d'être la formulation figée d'une doctrine, l'oeuvre se constitue comme un espace de négociation. La définition canonique de Lavater définit la physiognomonie comme « le savoir, la connaissance du rapport de l'extérieur à l'intérieur » (Fragments physiognomiques, vol. 1, p. 13). Goethe, un temps l'un de ses principaux collaborateurs, propose au contraire une conception plus large et plus socialisée des surfaces, que l'oeil du physiognomoniste doit prendre en compte. Il reste à préciser ce que recouvrent exactement ces deux notions. Cette contestation de la physiognomonie lavatérienne ne se limite d'ailleurs pas au cercle des collaborateurs : tant en amont qu'en aval de la publication, les Fragments suscitent une vive controverse. Lichtenberg oppose à Lavater, dans Sur la physiognomonie contre les
physiognomonistes (1778), une alternative qu'il nomme pathognomonie : ce ne seraient pas les traits
fixes et mesurables du visage, mais les mouvements, les gestes et l'expression, qui seraient porteurs
de sens.
Quelles logiques sont à l'oeuvre dans cet espace de négociation ? Si la physiognomonie, comme le propose Johannes Saltzwedel (1993), est une catégorie mentale diffuse propre à toute une génération de l'époque de Goethe — quel rôle ont alors joué les acteurs du Sturm und Drang dans cette orientation ? Quelles alternatives auraient été possibles ? Cette thématique invite ainsi à redessiner le paysage intellectuel dans lequel naissent les Fragments. 

Thématique 2 : Que révèle la physiognomonie ?
La deuxième thématique interroge la nature de ce que le regard physiognomonique prétend rendre visible : une identité morale, un caractère, une maladie, une identité sociale ? Le titre même que Daniela Bohde a donné à son article sur Lavater — « Die Physiognomik Johann Caspar Lavaters, oder der Versuch das Unsichtbare sichtbar zu machen » (2014) — pointe la difficulté : selon l'objet visé, ce n'est pas la même forme de vérité, ni le même régime de preuve, qui est requis.
La physiognomonie lavatérienne, qui vise une intériorité stable et durable, se distingue ainsi d'une physiognomonie plus ancienne, centrée sur les passions et leur expression momentanée, qui remonte à Charles Le Brun et reste vivace en France jusqu'au milieu du XVIIIe siècle (Percival, 1999). À ces deux régimes s'ajoute encore un régime plus tardif, celui d'une physiognomonie médicale des signes de la maladie (la physiognomonie du malade, que systématisera Karl Heinrich Baumgartner), qui déplace la question du caractère moral vers le symptôme somatique.
Cette diversité de régimes épistémologiques renvoie plus largement aux différents champs du savoir qui se servent des outils de la physiognomonie ou en sont influencés, et qui prétendent déterminer la vérité de l'homme à partir de la tête. La physiognomonie de Lavater, centrée sur le visage, se voit concentrée, chez son contemporain Petrus Camper, en un critère de mesure fondé sur l'ostéologie du crâne, l'angle facial — ce qui ouvre la voie à toute une famille de formes de savoir qui déplacent l'objet de la lecture vers d'autres échelles et d'autres reliefs du crâne (comme la craniologie de Blumenbach ou la phrénologie de Gall).
Il s'agit alors d'interroger la finalité propre à chacun de ces déplacements d'objet : servent-ils des dispositifs institutionnels d'identification, dans lesquels le visage devient un élément traité, comparé et mis en fonctionnement au sein d'une procédure (Meyer, 2019) ? Nourrissent-ils des usages plus diffus, quotidiens — par exemple comme technique populaire d'orientation dans un monde social devenu illisible, à l'échelle de la simple rencontre de visage à visage, dans le contexte de l'urbanisation et de l'industrialisation du XIXe siècle (Pearl, 2010) ? Cette thématique invite ainsi à interroger les tensions entre ces différents régimes de dévoilement, ainsi que les formes d'expertise, de preuve ou de légitimité que chacun revendique, mais aussi les usages individuels ou collectifs, singularisants ou classificateurs, auxquels ce regard porté sur le corps est destiné. Enfin, cette diversité des régimes de vérité est liée à un impensé qui les traverse presque tous : la physiognomonie s'intéresse, tant dans ses figures fondatrices que dans son corpus d'exemples, d'abord et avant tout à l'homme — le sujet observateur, le visage observé, le canon de référence sont majoritairement masculins. Que devient alors la vérité physiognomonique lorsqu'elle est appliquée aux femmes ? Se transpose-t-elle simplement à l'identique, ou mobilise-t-elle d'autres critères, d'autres attentes, d'autres limites ?

Thématique 3 : Les matériaux de la physiognomonie
La troisième thématique est consacrée aux médias de la physiognomonie : portrait, silhouette, gravure. Loin de se réduire à un texte, la physiognomonie s'appuie toujours, directement ou indirectement, sur l'image — au point qu'on a proposé de la penser plutôt comme une véritable technique culturelle transmédiale que comme une doctrine écrite (Arburg, Tremp et Zimmermann, 2016). Elle entretient dès l'origine une relation étroite avec l'histoire de l'art, à laquelle elle emprunte de nombreux exemples comme matériau, et en particulier avec l'art du portrait. Norbert Borrmann a retracé cette perméabilité sur la longue durée, de l'Antiquité à la modernité (1994).

Cette perméabilité s'accompagne aussi d'une ouverture vers des théories esthétiques qui traitent de
la question des lignes et des surfaces et de leur signification. La pureté de la ligne est, chez Lavater,
médiatisée par les silhouettes, l'entité visuelle la plus fiable et la plus révélatrice pour l'oeil du
physiognomoniste.

Cet ancrage dans le portrait comme genre pictural ne va pourtant nullement de soi pour Lavater ; il s'en méfie presque autant qu'il en dépend. Il est profondément sceptique à l'égard des portraitistes, dont il considère le travail comme trop dépendant du talent individuel, de l'interprétation, et donc de la distorsion. C'est précisément cette méfiance envers la main de l'artiste qui le conduit à promouvoir la silhouette obtenue au moyen d'une « machine sûre et commode » — anticipation du physionotrace, un dispositif mécanique qui cherche à automatiser le geste du dessinateur afin d'obtenir un contour jugé plus objectif que ce que pourrait produire la main faillible et subjective.
Cette méfiance invite à interroger le rôle du support et de sa fabrication technique dans la
production de la vérité physiognomonique : la fiabilité revendiquée du dispositif technique
(silhouette, machine à contours) suffit-elle à garantir la vérité qu'il est censé produire, ou ne fait-elle
que déplacer vers l'outil une subjectivité qu'elle prétendait pourtant éliminer de la main de l'artiste ?

Thématique 4 : Les autres physiognomonies
Les quatre volumes publiés par Lavater entre 1775 et 1778 font de la physiognomonie, conformément à la tradition remontant au Pseudo-Aristote, une science qui ne s'occupe exclusivement que des visages et de leur capacité à révéler l'intimité des âmes et le caractère des individus.

Pourtant, la physiognomonie comme savoir — ou du moins comme mot — concerne des objets bien plus divers : Humboldt emploie le terme dans ses Ideen zu einer Physiognomik der Gewächse (1806) et l'applique à la végétation et au paysage ; Carl Gustav Carus l'applique aux montagnes dans ses ndeutungen zu einer Physiognomik der Gebirge (1831), puis plus tard, dans sa propre théorie de la constitution, au corps humain ; Herder enfin l'emploie dans ses Ideen zur Philosophie der Geschichte der Menschheit (1784–1791) — notamment comme méthode de comparaison des langues elles-mêmes, capable de saisir le « caractère » d'un peuple aussi bien par sa langue que par son visage.

Au-delà de la désignation physiognomonique elle-même, la littérature critique a parfois montré des emprunts à cette méthode chez des auteurs qui ne revendiquent pourtant pas eux-mêmes ce vocabulaire. C'est le cas de Caspar David Friedrich, dont l'oeuvre tardive — rochers, arbres, bouquets d'arbres isolés — est analysée par Amstutz comme une véritable « physiognomie de la nature » (2020). Le même type de lecture rétrospective peut s'appliquer aux théories raciales de la fin du XVIIIe siècle : la théorie de l'angle facial de Petrus Camper ou la craniologie de Johann Friedrich Blumenbach sont généralement analysées par l'historiographie comme des déplacements du geste physiognomonique — l'idée d'une lisibilité du caractère et de l'intelligence directement dans la forme du crâne ou du visage — vers un nouvel objet, la « race » (Meijer, 1999 ; Bindman, 2023). De quelle physiognomonie est-il donc ici question ? La diversité des objets auxquels elle peut s'appliquer modifie-t-elle le regard qu'elle porte sur eux ? Existe-t-il un domaine du savoir traitant de lignes et de surfaces, comme l'architecture ou la géologie, qui fournirait à la physiognomonie une matrice ? Une physionomie suffit-elle à constituer une physiognomonie ?

 

Informations pratiques
Dates : 27–28 novembre 2026
Lieu : Goethe-Universität, Francfort-sur-le-Main
Organisatrices : Léna Pican (EHESS / IFRA-SHS) et Prof. Dr. Mechthild Fend (Goethe-
Universität Frankfurt)
Soumission : Merci d'envoyer avant le 30 septembre 2026 un résumé (300–500 mots) ainsi qu'une
courte biographie (100 mots maximum) à fend@kunst.uni-frankfurt.de et lena.pican@ehess.fr
Langues du colloque : allemand et français ; l'anglais est possible en cas de besoin.
 

Bibliographie
Amstutz, Nina. Caspar David Friedrich: Nature and the Self. Londres: Yale University Press, 2020.
Arburg, Hans-Georg von. Alles Fassade: "Oberfläche" in der deutschsprachigen Architektur- und
Literaturästhetik 1770–1870. Munich: Wilhelm Fink, 2008.
Arburg, Tremp, Zimmermann (dir.). Physiognomisches Schreiben, 2016.
Avanessian, Armen. Menninghaus, Winfried; Völker, Jan (dir.). Vita aesthetica: Szenarien
ästhetischer Lebendigkeit. Zurich: diaphanes, 2009.
Bancel, Nicolas. David, Thomas; Thomas, Dominic (dir.). L'Invention de la race: Des
représentations scientifiques aux exhibitions populaires. Paris: La Découverte, 2016.
Beetz, Manfred. Garber, Jörn; Thoma, Heinz (dir.). Physis und Norm: Neue Perspektiven der
Anthropologie im 18. Jahrhundert. (Das achtzehnte Jahrhundert – Supplementa, 14). Göttingen:
Wallstein, 2007.
Belting, Hans. Faces: une histoire du visage. Trad. Nicolas Weill. Paris: Gallimard, coll.
« Bibliothèque des Histoires », 2017.
Bindman, David. Ape to Apollo: Aesthetics and the Idea of Race in the Eighteenth Century.
Londres: Reaktion Books; Ithaca: Cornell University Press, 2002.
Bindman, David. "Race is Everything": Art and Human Difference. Londres: Reaktion, 2023.
Bohde, Daniela. Kunstgeschichte als physiognomische Wissenschaft: Kritik einer Denkfigur der
1920er bis 1940er Jahre. Berlin: Akademie Verlag, 2012.
Bohde, Daniela. Die Physiognomik Johann Caspar Lavaters oder der Versuch das Unsichtbare
sichtbar zu machen, in: Jürgen Kaufmann, Martin Kirves, Dirk Uhlmann (Hg.): Sichtbarkeit und
Unsichtbarkeit um 1800. Visualität in Wissenschaft, Literatur und Kunst um 1800 (Laboratorium
Aufklärung, 24) Paderborn 2014, S. 159-183.
Borrmann, Norbert. Kunst und Physiognomik: Menschendeutung und Menschendarstellung im
Abendland. DuMont, 1994.
Campe, Rüdiger, et Schneider, Manfred (dir.). Geschichten der Physiognomik: Text, Bild, Wissen.
Rombach, 1995–1996.
Carus, Carl Gustav. Grundzüge einer neuen und wissenschaftlichen Kranioskopie, 1841.
Casati, Roberto. Cavanagh, Patrick. The Visual World of Shadows. Cambridge, Mass.: The MIT
Press, 2019.
Cowling, Mary. The Artist as Anthropologist: The Representation of Type and Character in
Victorian Art. Cambridge: Cambridge University Press, 1989.
Crary, Jonathan. Techniques of the Observer: On Vision and Modernity in the Nineteenth Century.
Cambridge, Mass.: The MIT Press, 1990.
Décultot, Élisabeth. Fulda, Daniel (dir.). Die Bilder der Aufklärung. Paderborn: Wilhelm Fink/Brill,
2024.
Freund, Amy. Portraiture and Politics in Revolutionary France. University Park, PA: Pennsylvania
State University Press, 2014.
Garber, Jörn. Thoma, Heinz (dir.). Zwischen Empirisierung und Konstruktionsleistung:
Anthropologie im 18. Jahrhundert. (Hallesche Beiträge zur Europäischen Aufklärung). Tübingen:
Niemeyer, 2004.
Garber, Marjorie. Character: The History of a Cultural Obsession. New York: Farrar, Straus and
Giroux, 2020.
Gray, Richard T. About Face: German Physiognomic Thought from Lavater to Auschwitz. Detroit:
Wayne State University Press, 2004.
Griener, Pascal. La République de l'oeil: L'expérience de l'art au siècle des Lumières. Paris: Odile
Jacob, 2010.
Guédron, Martial. Peaux d'âmes. Interprétation physiognomique des oeuvres d'art. Paris: Éditions
Kimé, 2001.
Guédron, Martial. L'art de la grimace. Cinq siècles d'excès de visage. Paris: Éditions Hazan, 2011.
Hagner, Michael. Geniale Gehirne: Zur Geschichte der Elitegehirnforschung. Göttingen: Wallstein
Verlag, 2004.
Herder, Johann Gottfried. Ideen zur Philosophie der Geschichte der Menschheit, 1784–1791.
Humboldt, Alexander von. Ideen zu einer Physiognomik der Gewächse, 1806.
Kanz, Roland. Dichter und Denker im Porträt: Spurengänge zur deutschen Porträtkultur des 18.
Jahrhunderts. (Kunstwissenschaftliche Studien, 59). Munich: Deutscher Kunstverlag, 1993.
Kaufmann, Sebastian. Ästhetik des "Wilden": Zur Verschränkung von Ethno-Anthropologie und
ästhetischer Theorie 1750–1850, mit einem Ausblick auf die Debatte über "primitive" Kunst um
1900. Bâle: Schwabe Verlag, 2019.
Krems, Eva-Bettina. Ruby, Sigrid (dir.). Das Porträt als kulturelle Praxis. Munich/Berlin:
Deutscher Kunstverlag (DKV), 2016.
Kunsthaus Zug; Haldemann, Matthias (dir.). Linea: Vom Umriss zur Aktion. Die Kunst der Linie
zwischen Antike und Gegenwart. Catalogue d'exposition (Kunsthaus Zug, 21 nov. 2010 – 27 mars
2011). Ostfildern: Hatje Cantz, 2010.
Kurbjuhn, Charlotte. Kontur: Geschichte einer ästhetischen Denkfigur. (Quellen und Forschungen
zur Literatur- und Kulturgeschichte, 81 [315]). Berlin/Boston: De Gruyter, 2014.
Lacher, Reimar F. (dir.), Helmut Börsch-Supan, Doris Schumacher. Von Mensch zu Mensch:
Porträtkunst und Porträtkultur der Aufklärung. Catalogue d'exposition, Gleimhaus Halberstadt, 29
août – 20 novembre 2010. (Schriften des Gleimhauses Halberstadt, 7). Göttingen: Wallstein, 2010.
Lavater, Johann Caspar. Physiognomische Fragmente, 1775–1778.
Lichtenberg, Georg Christoph. Über Physiognomik wider die Physiognomen, 1778.
Löffler, Petra. Affektbilder: Eine Mediengeschichte der Mimik. Bielefeld: transcript Verlag, 2004.
Lowengard, Sarah. The Creation of Color in Eighteenth-Century Europe. New York: Columbia
University Press (Gutenberg-e), 2006.
Mayer, Andreas. The Science of Walking. Investigations Into Locomotion in the Long Nineteenth
Century. Chicago : University of Chicago Press, 2020.
Meijer, Miriam Claude. Race and Aesthetics in the Anthropology of Petrus Camper (1722–1789).
Amsterdam: Rodopi, 1999.
Meyer, Roland. Operative Porträts: Eine Bildgeschichte der Identifizierbarkeit von Lavater bis
Facebook. Wallstein, 2019.
Niehr, Klaus. Schmitt-Maaß, Silvia (dir.). Welfen und Porträt: Visuelle Strategien höfischer
Repräsentation. Vienne/Cologne/Weimar: Böhlau Verlag, 2023.
Pearl, Sharrona. About Faces: Physiognomy in Nineteenth-Century Britain. Cambridge, Mass.:
Harvard University Press, 2010.
Percival, Melissa. The Appearance of Character: Physiognomy and Facial Expression in
Eighteenth-Century France. Londres: MHRA, 1999.
Pernety, Antoine-Joseph. Discours sur la physionomie et les avantages des connoissances
physionomiques, 1769.
Petherbridge, Deanna; Jordanova, Ludmilla. The Quick and the Dead: Artists and Anatomy.
Catalogue d'exposition itinérante (Royal College of Art, Londres, 1997; Mead Gallery, Coventry,
1998; Leeds City Art Gallery, 1998). Londres: Hayward Gallery/South Bank Centre, 1997.
Pinotti, Andrea; Somaini, Antonio. Culture visuelle: images, regards, médias, dispositifs. Trad.
Sophie Burdet et Marine Aubry-Morici. (Perceptions). Dijon: Les presses du réel, 2022.
Pointon, Marcia. Hanging the Head: Portraiture and Social Formation in Eighteenth-Century
England. New Haven, CT/Londres: Yale University Press, 1993.
Ratcliff, Marc J. The Quest for the Invisible: Microscopy in the Enlightenment. Farnham: Ashgate,
2009.
Revue germanique internationale, n° 10 (2009) : L'Anthropologie allemande entre philosophie et
sciences, des Lumières aux années 1930. Paris: CNRS Éditions, 2009.
Saltzwedel, Johannes. Das Gesicht der Welt: Physiognomisches Denken in der Goethezeit. Munich:
Wilhelm Fink Verlag, 1993.
Scholke, Horst; Gleimhaus Halberstadt (éd.). Der Freundschaftstempel im Gleimhaus zu
Halberstadt: Porträts des 18. Jahrhunderts: Bestandskatalog. Leipzig: E. A. Seemann, 2000 (2e éd.
2004).
Schmälzle, Christoph. « Schiller als Heros und Heiliger der Deutschen », in Maatsch, Jonas;
Schmälzle, Christoph (dir.), Schillers Schädel: Physiognomie einer fixen Idee. Catalogue
d'exposition, Klassik Stiftung Weimar. Göttingen: Wallstein, 2009.
Schmölders, Claudia. Das Vorurteil im Leibe: Einführung in die Physiognomik. 3e éd. 2007. Berlin/
Boston: Akademie Verlag, 1995.
Schmölders, Claudia (dir.). Der exzentrische Blick: Gespräch über Physiognomik. 2e éd. Berlin:
Akademie Verlag, 1996.
Schütz, Anna Christina. Charakterbilder und Projektionsfiguren: Chodowieckis Kupfer, Goethes
Werther und die Darstellungstheorie in der Aufklärung. (Das achtzehnte Jahrhundert ·
Supplementa, 26). Göttingen: Wallstein Verlag, 2019.
Vuillemin, Nathalie. « Seeing and Telling the Invisible: Problems of a New Epistemic Category in
the Second Half of the Eighteenth Century. » Intellectual History Review, vol. 34, n° 2, 2023.
Wise, M. Norton. « What’s in a Line? » p. 61–102, in Epple, Moritz; Zittel, Claus (dir.), Science as
Cultural Practice, Vol. I: Cultures and Politics of Research from the Early Modern Period to the
Age of Extremes. Berlin: Akademie Verlag/De Gruyter, 2010.
Woodall, Joanna (dir.). Portraiture: Facing the Subject. Manchester: Manchester University Press,
1997.
Yonan, Michael. Messerschmidt's Character Heads: Maddening Sculpture and the Writing of Art
History. Londres: Routledge, 2018.

dimanche 6 septembre 2026

Folie, possession et diagnostic dans l'Europe médiévale

Deprived of Sense and Intellect. Insanity, Possession, and Diagnosis in Medieval Europe
 

Leigh Ann Craig



University of Michigan Press
Hardcover : 9780472133710, July 2026
Ebook : 9780472222612, July 2026


Medieval saints were thought to be able to provide miraculous cures for a wide variety of illnesses, and about one-tenth of their miracles involved the restoration of sanity to those who had lost their minds. Deprived of Sense and Intellect explores 460 of these stories written across Latin Christendom between 1240 and 1500. The study uses the lens of critical disability studies to bridge the gap between discussions of demonic possession and naturally arising somatic conditions, treating all these narratives about disability and miraculous healing not as documentation of changes to the function of an individual person, but instead as evidence of substantial and intrusive interpersonal tensions in medieval communities.

While medieval communities assigned these tensions to a malfunction of consciousness in a single person, medieval miracle texts also reveal how the function and malfunction of consciousness was named and classified. In studying these texts, Leigh Ann Craig explores the terminology and rhetoric used to diagnose a loss of mind as either from natural causes or as an effect of demonic predation, tracing the use of Latin vocabulary in medical compendia, law, and theology. Deprived of Sense and Intellect finds that since diagnoses were difficult and frequently subject to doubt, they varied based on regional cultures of disability in northern and southern Europe, the influences on the development of community consensus in Latin Europe in the Middle Ages, and assumptions based on gender, material evidence, and self-diagnosis.

samedi 5 septembre 2026

David B. Baker Fellowship

The David B. Baker Fellowship in the History of Psychology

Call for applications

 

Dr. David Baker, a historian of psychology and Emeritus Director of the Cummings Center for the History of Psychology, has served as an important mentor for students interested in studying history. Throughout his career, he encouraged students to engage with history by making use of the vast collections of the Archives of the History of American Psychology.

The David B. Baker Fellowship in the History of Psychology supports student research at the Archives of the History of American Psychology. The Fellowship supports travel expenses for one graduate or undergraduate student whose research will benefit from access to the Archives’ collections. One Fellowship of up to $2500 will be awarded annually. The main criteria for choosing a fellow is a clear explanation of what archival resources will be used and why they are important to the applicant's project.


Eligibility

All applicants must be currently enrolled in a graduate or undergraduate program
conduct onsite research at the Archives for 1 to 4 weeks, as the scholar deems necessary
be engaged in research that will directly benefit from use of the Archives’ collections

How to Apply

Applicants should submit:

  • A project description, including a clear and detailed statement of how the Archives will be helpful to your research (500 words max)
  • A current CV
  • One letter of support for your application


Submit these materials by December 18, 2026 to the Center’s Executive Director Cathy Faye at cfaye@uakron.edu. The successful applicant will be notified by January 30, 2027. All onsite research must be completed by January 30, 2028. 

More Information To learn more about the Archives, explore the website or contact our reference archivist.
Contact cfaye@uakron.edu with any questions.
View past fellowship recipients

vendredi 4 septembre 2026

Géographie de la faiblesse d'esprit

“The Geography of Feeblemindedness”: Environmental Purity, the Maritime Pastoral, and the Atlantic Eugenics Movement

Lecture by Anne Bardaglio, University of Maine at Augusta and Orono

Comment: C. Ian Stevenson, Boston University

Thursday, September 24
5:00 PM (ET)
Free, Virtual Event - hosted by the Massachusetts Historical Society

Register

In June 1912, the State of Maine forcibly evicted a multiracial community from Malaga Island, which lies just off the coast of Phippsburg. The community was dismantled, residents’ homes were burned, and eight islanders were institutionalized in the Maine Home for the Feebleminded. Drawing on a survey of more than a hundred newspaper articles published between 1860–915, this chapter traces how pastoral and environmental ideals converged with eugenic ideology to justify the violent reshaping of both the space of Malaga Island and the lives of its residents.


The Environmental History Seminar invites you to join the conversation on Thursday, September 24 at 5:00 PM (ET). The seminar brings together a diverse group of scholars and members of the public to discuss aspects of American environmental history from prehistory to the present day. Presenters come from a variety of disciplines including history, urban planning, and environmental management.

Register above to attend, and you will receive a confirmation message with instructions for attending the session. Please check your junk mail if you do not see this message, or contact the MHS for assistance.

Subscribers for the current year may now log in to access the paper for this session. All others who register will receive the paper by email the day before the seminar.


jeudi 3 septembre 2026

Santorio Residential Fellowship 2027

Santorio Residential Fellowship 2027 

Call for applications



This scheme supports mid-career and senior scholars with a fully funded one-month residency in Koper-Capodistria, Santorio Santori’s birthplace, to conduct archival research or organise a scientific event.

Fellowship Conditions

The scheme offers a fully funded one-month residency in Koper for scholars working on any aspect of the history of science, medicine, and technology across the Mediterranean. The fellowship is worth €2.000 and it is open to mid-career (6 years after the PhD) and senior researchers whose work would benefit from access to archival resources in the Veneto, Istrian, or Balkan regions, or who wish to organise a scientific event in collaboration with the Science and Research Centre (ZRS Koper).

Fellows will be hosted at ZRS facilities in Palazzo Tiepolo-Gravisi and provided with a private apartment (worth of €1.500), access to research facilities, and will receive a contribution toward travel or sustenance (€500).

Applications must include a cover letter outlining the project or event (max. 2,000 words), a recent CV, and the names and contacts of at least two referees.

Eligible events include conferences, workshops, symposia, and exhibitions. Applicants are encouraged to contact Dr Tilen Glavina, Head of ZRS historical research unit, before applying.

Fellows will contribute a report or article to the joint CSMBR and ZRS Blog and are expected to participate in the academic life of both institutions. Scientific outcomes from this Fellowship may be considered for publication in PSMEMM or Sudhoffs Archiv.



Application Deadline: 15 September 2026





Further Info and Application
https://csmbr.fondazionecomel.org/grants-and-awards/santorio-residential-fellowship/

mercredi 2 septembre 2026

Harvey Karman et sa méthode d'avortement

La douleur et le soin. Enquête sur Harvey Karman et sa méthode d'avortement
 

Bibia Pavard

La découverte
2026 


La vie d'Harvey Karman, l'homme qui a donné son nom à une méthode d'avortement simple, peu coûteuse et sûre, est digne d'un véritable roman d'aventures. Mais s'intéresser à ce parcours permet de comprendre comment une nouvelle technique médicale a pu circuler à travers le monde et contribuer à faire émerger une idée révolutionnaire : l'avortement peut être non traumatique.

Dans les années 1970, la " méthode Karman " accompagne la légalisation progressive de l'avortement. Simple, peu coûteuse, reposant sur l'aspiration à l'aide de seringues et de canules en plastique souple, elle matérialise un idéal inédit : celui d'un avortement " en douceur ", rompant radicalement avec les pratiques et les imaginaires de l'époque.
L'itinéraire d'un homme, encore méconnu, sert de fil conducteur à cette histoire. Promoteur infatigable de la méthode qu'il a contribué à mettre au point, Harvey Karman passe tour à tour de criminel à militant de l'avortement libre, de héros sauvant des femmes violées à ennemi des féministes. Son parcours et celui de ses canules reflètent les contradictions de la révolution médicale et politique que constitue l'accès des femmes à l'avortement.
À travers une enquête minutieuse, cet ouvrage plonge dans une histoire à la fois matérielle et globale, où un petit dispositif portable colporté par un avorteur, puis adapté par des médecins et des militant.es, a circulé dans le monde entier. Au cœur de rapports de pouvoir quotidiens comme d'enjeux géopolitiques, la diffusion de la méthode Karman a accompagné l'une des grandes révolutions sensibles du XXe siècle : la transformation de l'avortement en soin.

mardi 1 septembre 2026

Art, nature et médecine dans les communautés médiévales

Environments of Healing: Art, Nature, and Medicine in Medieval Communities, East and West



Call for Papers



International Medieval Congress, Leeds, UK

5–8 July, 2027


This panel will explore the relationships between art, medicine, and nature in western and eastern communities across the Middle Ages. Medieval art historians have studied medical images for as long as the discipline has existed, but scholarship has often treated medical art as merely representing natural and cosmological phenomena. Moving beyond iconography, this panel invites papers that consider how images and objects actively mediated bodies, environments, and medical practices. 

The connection between medieval healers and nature was complex; nature inflicted illnesses but also provided cures. Visual art played a central role in communicating and negotiating this fraught relationship. Art was used to teach and record medical knowledge, but art objects were also employed as apotropaic, protective, and powerfully curative in themselves. 

Potential themes include, but are not limited to: 

  • Cosmological medical diagrams
  • Illustrated herbal manuscripts
  • Apotropaic and curative amulets, stones, and scrolls
  • Natural materials and motifs in hospitals and pharmacies
  • Animals and insects in medical manuscripts
  • Depictions of healers, patients, and remedies



Submissions are due on Friday, September 11, 2026, to zka5@case.edu and ceh160@case.edu

Please ensure your submission includes: 

  • Your name
  • Your current affiliation
  • Paper title
  • Abstract (max 250 words)
  • An updated CV




Decisions will be announced by Monday, September 28. If accepted, this session will take place in person at the International Medieval Congress at Leeds, 2027.


Questions and concerns can be directed to the co-coordinators:

Zoe Appleby, zka5@case.edu, Doctoral Candidate, CWRU

Claudia Haines, ceh160@case.edu, Doctoral Candidate, CWRU