mardi 17 avril 2018

Les études psychédéliques

Études psychédéliques : approche historique de la construction d’un champ disciplinaire

Journée d’étude 

Le 9 mai 2018, de 9h à 18h, au Muséum national d’Histoire naturelle, amphithéâtre Rouelle, 57 rue Cuvier, 75005, Paris

Organisée par la Société psychédélique française (Vittorio Biancardi, Zoë Dubus, Élise Grandgeorge, Sara Velimirovic, Vincent Verroust)

Contact : Vincent Verroust (vincent.verroust@ehess.fr)

Le champ des Psychedelic Studies s’affirme et s’autonomise aujourd’hui, en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. La journée d’étude Études psychédéliques : approche historique de la construction d’un champ disciplinaire souhaite présenter les travaux de chercheurs en sciences humaines qui étudient les usages des substances psychédéliques au XIXe et au XXe siècle. Elle constitue la première du genre en France, en ce qu’elle a pour objet spécifique le champ d’étude ouvert par la découverte de substances psychoactives dites “psychédéliques”, selon le terme forgé en 1956 par le psychiatre britannique Humphry Osmond. Dans une approche interdisciplinaire, ces travaux interrogent les usages de ces substances, que ceux-ci soient liées à des activités scientifiques, artistiques, politiques ou encore à une quête de performance. Certaines de ces recherches analysent les processus qui amènent à leur rejet ou à leur acceptation. D’autres encore interrogent leur potentiel créatif. Enfin, la conférence de Robin Carhart-Harris, emblématique de la “renaissance psychédélique”, permettra la mise en perspective de la documentation historique et des recherches contemporaines menées avec la psilocybine en thérapeutique.

Si la recherche sur ces substances, longtemps influencée par des représentations défavorables, est en train d’évoluer depuis une vingtaine d’années dans de nombreux pays étrangers (États-Unis, Angleterre, Suisse, Espagne, Israël…) la France reste quant à elle significativement en retrait. Une législation nationale restrictive y contribue sans doute ; le manque d’information disponible en langue française est certainement aussi un frein important à la diffusion des travaux étrangers. Il apparaît par conséquent nécessaire d’œuvrer à une meilleure réception des travaux sur les psychédéliques en France, de manière à enrichir et stimuler les questionnements des chercheurs, notamment dans le domaine de la santé. Cette journée offrira donc l’opportunité d’une discussion entre histoire, médecine, pharmacie, anthropologie et philosophie.

Les conférences auront lieu au Muséum national d’Histoire naturelle, établissement de recherche historique où virent le jour les premiers travaux sur les champignons à psilocybine, dès 1953, avec les investigations de Roger Heim. La journée d’étude Études psychédéliques : approche historique de la construction d’un champ disciplinaire constitue la première d’une série de rencontres sur la thématique, organisées par un groupe de chercheurs d’affiliations académiques diverses, réunis en association, pour promouvoir les études psychédéliques.


Programme

Matinée :

• Introduction, par Sara Velimirovic (SSDP) et Vincent Verroust (CAK, IHM)

• “Une science est née”. Roger Heim et la découverte des champignons divinatoires du Mexique
Vincent Verroust (CAK, IHM) :

o À partir de l’étude historique de la découverte des champignons divinatoires du Mexique par le Professeur Roger Heim du Muséum national d’Histoire naturelle, suite à sa collaboration avec les époux Wasson, un couple d’ethnologues extra-académiques états-uniens, nous verrons comment un dialogue pionnier et fécond s’établit entre des disciplines jusque là disjointes telles que : la mycologie, l’ethnologie, la biologie culturale, la psychiatrie, l’archéologie l’histoire de l’art et même la parapsychologie. Nous verrons aussi comment la découverte des champignons divinatoires peut être analysée comme la rencontre de savoirs et savoir-faire scientifiques avec ceux des amérindiens mazatèques. À partir des écrits de Roger Heim, notamment de sa correspondance, nous pourrons examiner comment fut domestiqué un type d'expérience psychique alors jusque là quasiment inconnu de la science et quelles ont été les conséquences de cette rencontre sur l’intellection d’un savant.

• Les programmes expérimentaux impliquant l’usage de psychédéliques avec des artistes dans les années 1950 et 1960
Élise Grandgeorge (HAR) :

o Au cours des années 1950-1960 plusieurs protocoles expérimentaux de substances psychédéliques (LSD et psilocybine principalement) en psychiatrie et en psychologie ont intégré dans leur cadre des artistes. Des expérimentations quantitatives et qualitatives sont menées. Dans certains cas, le questionnement qui motive l’expérimentation est celui d’un possible accroissement de la créativité provoqué par la substance ingérée. Dans d’autres cas, face au constat partagé de la difficulté de rendre compte par le moyen du langage de l’expérience psychédélique, le recours à l’artiste permet d’espérer une communication plus entière et subtile de l’expérience vécue. Dans ces mêmes années, hors du cadre du laboratoire certains artistes ont souhaité transmettre au plus près l’expérience psychédélique. Allant au delà des productions linguistiques et visuelles, un art psychédélique émerge alors, qui au recours de la technologie et par l’intermédiaire de la machine, propose au spectateur de vivre une expérience pensée comme étant comparable, si ce n’est identique, à celle des hallucinogènes. Proches du biofeedback training, conceptualisé dans le champ scientifique dans les années 1970, ces œuvres souhaitent modifier très directement l’état de conscience de celui qui l’expérimente.

• Psychédéliques, créativité et flexibilité cognitive
Martin Fortier (IJN, Stanford University) :

o Dans les années 1960 et 1970, lorsque la recherche sur les psychédéliques battait son plein, de nombreuses expériences furent menées afin d’explorer le potentiel créatif de ces substances. En raison de leur manque de rigueur méthodologique, ces travaux furent toutefois peu concluants. Je me propose ici d’explorer à nouveaux frais la question des psychédéliques et de la créativité. Je me reposerai pour ce faire non seulement sur des travaux classiques, mais également et avant tout sur série d’études récemment parues. Je poserai dans un premier temps quelques distinctions conceptuelles importantes tirées des modèles bayésiens de la cognition (par ex. la différence entre la créativité procédant d’un affaiblissement des hypothèses a priori et celle procédant d’un élargissement de l’espace d’hypothèses). Ces clarifications faites, j’évaluerai le potentiel créatif des psychédéliques en les comparant à d’autres substances psychoactives (comme la kétamine et les agents antimuscariniques) ainsi qu’à la cognition éminemment flexible des jeunes enfants. Je me demanderai par ailleurs si la flexibilité introduite par les psychédéliques opère aussi bien dans le domaine de la cognition que dans celui de la perception.

• Projection du film Entrée libre - champignons et hallucinations, émission de télévision produite en 1966 par l’ORTF et réalisée par Jean Lallier (30’43’’)

o Consacrée à la prise de champignons hallucinogènes, traitée sous l'angle historique, ethnologique mais aussi clinique et thérapeutique, l’émission alterne des extraits commentés du film Les champignons hallucinogènes du Mexique, réalisé par Pierre Thevenard en 1963, et un entretien avec le professeur Roger Heim du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle constitue un document précieux sur les investigations interdisciplinaires sur l’expérience psychédélique en France.

• Table ronde de la matinée, présidée par Claude Blanckaert, historien des sciences (CAK, CNRS). Discutants :
o Jelena Martinovic, chercheure post-doctorante en histoire de la médecine et de la santé publique (IAS, UCL, IHM)
o Pascal Rousseau, professeur d’histoire de l’art (UP1PS, HiCSA)
o Éléonore Willot, chercheure en art et esthétique (UB, CGC)

Après-midi :

• Substances psychédéliques au quotidien : une histoire sociale de la “bonne dose” de 1943 à aujourd'hui
Vittorio Biancardi (CRH) :

o Mon propos consiste en une analyse en deux temps d'une pratique qui apparaît aujourd'hui de plus en plus répandue au sein de la communauté des consommateurs de substances psychoactives : la consommation de substances psychédéliques à doses perçues comme subliminales (sub-threshold ou sub-perceptual doses) ou presque. Premièrement, je présenterai une histoire de l'usage de drogues psychédéliques à faible dose de 1943 jusqu'à présent, en particulier à partir des groupes de la contre-culture italienne dans la période 1960-1980. Dans un deuxième temps, je présenterai les premiers résultats d’une enquête fondée sur des entretiens avec des usagers, l’analyse de forums et de questionnaires en ligne, afin de cartographier l'utilisation contemporaine des psychédéliques à faible dose. Il s’agira de définir une pratique en progression et qui pourrait, par hypothèse, constituer une modalité d'utilisation thérapeutique nouvelle.

• La morphinophobie comme modèle des savoirs naïfs empêchant l'utilisation médicale des psychédéliques
Zoë Dubus (UMR Telemme)

o La prise en charge de la douleur par la morphine a mis presque deux siècles à s’installer dans les pratiques médicales en France . Le développement de son usage dans la deuxième moitié du XIXe siècle aurait pu laisser croire que l’analgésie deviendrait courante au XXe siècle. En réalité, la peur de la morphinomanie, qui apparait dans les années 1870 et la loi de 1916 l’assimilant à un stupéfiant, provoquèrent une telle méfiance des professionnels de santé que ces problématiques ne refirent réellement surface qu’aux alentours des années 1990. La morphinophobie, idée selon laquelle la morphine serait une substance trop dangereuse pour être utilisée, pèsera lourdement sur la pratique médicale française. Sa réhabilitation nous permet d’utiliser la morphine comme substance « type » caractérisant le traitement réservé aux autres psychotropes en médecine. La communication visera donc à montrer, à travers le cas de la morphine, comment la pratique médicale peut être durablement influencée par des croyances liées à des savoirs naïfs sur les psychédéliques dont l’utilité thérapeutique est pourtant désormais reconnue.

• Mechanisms of action and therapeutic potential of psychedelic drugs
Robin Carhart-Harris (Centre for Neuropsychopharmacology, Imperial College of London) :

o Première conférence en France de Robin Carhart-Harris, neuropsychopharmacologue administrant de la psilocybine à des patients et des volontaires dans le cadre de ses recherches biomédicales. L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle a permis des avancées significatives sur la compréhension de l’expérience psychédélique, dont il s’avère qu’elle possède des propriétés thérapeutiques sous certaines conditions qu’il convient de comprendre.

• Table ronde de l’après-midi, présidée par Bernard Bodo, Professeur de chimie des substances naturelles (MNHN). Discutants :
o Pierre Champy, Professeur de pharmacognosie (faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry)
o Alessandro Stella, historien (CRH, CNRS)
o Christian Sueur, psychiatre (Centre hospitalier Le Vinatier)

lundi 16 avril 2018

Histoire de la Faculté de médecine de l'Université Laval

Histoire de la Faculté de médecine de l'Université Laval

Denis Goulet


Éditeur : Septentrion
Code Dimedia : 000175555
Format : Broché
Pages : 336
En librairie le 10 avril 2018
EAN : 9782894489468


Cet ouvrage abondamment illustré retrace la longue histoire de la première faculté de médecine francophone en Amérique du Nord. De ses débuts au centre-ville de Québec en 1851 à son déménagement à Sainte-Foy en 1957, cette faculté a subi de nombreuses transformations et s’est peu à peu déployée grâce à l’évolution des savoirs et des pratiques. Denis Goulet décrit les événements de sa fondation, présente les principaux acteurs qui ont présidé à son développement et expose les créations successives des départements, l’apparition des spécialités, les réformes pédagogiques novatrices et les services à la collectivité qu’elle a rendus à la population du Québec. L’auteur souligne aussi la contribution remarquable de la Faculté de médecine de l’Université Laval au développement de la recherche biomédicale au Québec à partir des années 1960.

Médecine, santé, société dans l'Occident médiéval

Médecine, santé, société (Occident médiéval, XIIe-XVe siècles)

Appel à candidatures

Contrat doctoral de l’Université d’Avignon
Ecole Doctorale 537 (Culture & Patrimoine)
2018-2021

Proposition de sujet du CIHAM-UMR 5648
Directeur de thèse : Madame Marilyn Nicoud
Adresse mail : marilyn.nicoud@univ-avignon.fr
Co-directeur (éventuel) : possibilité de co-tutelle et de co-direction
Date limite de dépôt des dossiers de candidatures : 21 mai 2018
Auditions : 4 juin 2018
Informations complémentaires : http://univ-avignon.fr/recherche/la-formation-doctorale/

Profil du candidat :
Le/la candidat(e) devra être titulaire d’un Master 2 (ou diplôme équivalent) en histoire médiévale. Il/elle devra faire montre de connaissances en latin et en paléographie, qui le/la rendent apte à travailler, le cas, échéant, sur des sources inédites.
Présentation du sujet :
Le contrat doctoral proposé par l’ED 537 est adossé à l’UMR 5658-CIHAM (CNRS, Université Lumière-Lyon 2, EHESS, UAPV, ENS de Lyon, Université Lyon 3) spécialisée en histoire, archéologie et littérature des mondes chrétiens et musulmans médiévaux. Il vise à promouvoir des recherches doctorales en histoire de la médecine et de la santé qui ont vocation à s’incrire dans l’axe 3 du laboratoire (« Construction et communication des savoirs au Moyen Age »), dans l’axe 4 (« Ecritures, livres, translations ») ou encore dans l’axe transversal (« Humanités numériques »).
Porté par les acquis récents de l’historiographie qui ont souligné le rôle des médecins et des savoirs médicaux dans de nombreuses dimensions de la vie des individus et des collectivités (aussi bien politiques, sociales, économiques que culturelles), le sujet proposé, volontairement large, laisse toute latitude au candidat/e de choisir son objet d’enquête et les sources qu’il envisage d’étudier.
Ces dernières peuvent être de nature variée : littérature médicale, écrits pragmatiques de diverses sortes (statuts de métiers, contrats notariés, correspondances, délibérations communales, documentation judiciaire…), mais aussi des sources issues d’autres domaines disciplinaires (droit, théologie).

Les objets d’études retenus peuvent concerner :
- l’analyse d’un milieu professionnel, curial, urbain, universitaire (à l’image de de la cour pontificale d’Avignon ou de la cité de Bologne par exemple)
- les rapports entre médecine et environnement (à travers par exemple l’essor d’un thermalisme médical ou l’évolution des facteurs « non naturels » dans le discours médical)
- des monographies d’auteurs ou des éditions d’ouvrages inédits (y compris sous format numérique)
- les formes du livre médical (manuscrit et/ou imprimé) et leur diffusion
- les rapports entre patients et médecins, à travers la prise en charge individuelle des malades ou des problèmes de santé publique
- la formation d’une éthique médicale dans la pensée médiévale.
En croisant divers types de sources et d’approches, il s’agit de mieux saisir le rôle des savoirs médicaux, des praticiens et des pratiques dans les sociétés occidentales de la fin du Moyen Age, la manière dont les besoins et les questions de santé modifient les discours savants, et de rendre compte de l’importance de la santé et de la maladie sur le devenir des individus et des collectivités.

Bibliographie succincte :
J. Chandelier, Avicenne et la médecine en Italie. Le Canon dans les universités (1200-1350),
Paris, 2017
Etre médecin à la cour (France, Italie, Espagne, XIIIe- XVIIIe siècle), éd. E. Andretta, M. Nicoud,
Florence, 2013
Histoire de la pensée médicale en Occident, vol. 1: Antiquité et Moyen Âge, éd. M.D. Grmek,
trad. fr., Paris 1995
D. Jacquart, La médecine médiévale dans le cadre parisien (XIVe-XVe siècles), Paris, 1998
D. Jacquart, F. Micheau, La médecine arabe et l’Occident médiéval, Paris, 1990
M. Nicoud, Le Prince et les médecins. Pensées et cultures médicales à Milan (1402-1476), Rome,
2014
A. Paravicini Bagliani, Le corps du pape, trad. fr., Paris, 1997
A. Paravicini Bagliani, Medicina e scienze della natura alla corte dei papi del Duecento,
Spolète, 1991
T. Pesenti, Marsilio Santasofia tra corti e università. La carriera di un monarcha medicinae del
Trecento
, Trévise, 2003
Practical Medicine from Salerno to the Black Death, éd. L. García-Ballester, R. French, J.
Arrizabalaga, A. Cunningham, Cambridge, 1993
N. G. Siraisi, Medieval and Early Renaissance Medicine : An Introduction to Knowledge and
Practice
, Londres, 1990
N. G. Siraisi, Taddeo Alderotti and his Pupils. Two Generations of Italian Medical Learning,
Princeton, 1981
M. Lindmann, Medicine and Society in Early Modern Europe, Cambridge, 1999.
Medicine from the Black Death to the French Disease. The History of Medicine in Context, éd. R.
French, J. Arrizabalaga, A. Cunningham, L. García Ballester, Aldershot, 1998

dimanche 15 avril 2018

Sociologie des transidentités

Sociologie des transidentités


Arnaud Alessandrin




Les figures trans sont partout. Dans les clips, la mode, les séries, les faits divers… Pourtant, cette visibilité ne s’accompagne pas toujours d’une plus grande acceptation. Tour à tour caricaturé, psychiatrisé, dans le meilleur des cas ignoré, dans le pire rejeté, le fait transidentitaire pose problème. A l’image de l’homosexualité, les peurs et les tabous demeurent.
C’est sur la base de ce constat que ce livre propose un bilan des savoirs sur « les » questions trans, en insistant sur les différents fronts, de l’espace médical à l’espace social, en passant par les arènes juridiques et scientifiques. Laissant de côté la question du « pourquoi » (« pourquoi est-on trans ? » ou « pourquoi le devient-on ? »), l’auteur s’intéresse à la question du « comment » et des logiques sociales à l’œuvre dans les controverses transidentitaires.


Sommaire

INTRODUCTION
Pour une sociologie des transidentités
Quelques pièges à éviter

HISTOIRE DU « TRANSSEXUALISME » EN FRANCE
Avant le « transsexualisme »
Anachronismes conceptuels
Travestissement et sexes intermédiaires
L’invention du « transsexualisme »
L’instant définitionnel
Les résistances de la psychanalyse
Institutionnalisation du « transsexualisme » en France
Casablanca et les premières opérations
Les protocoles français
La Société française d’étude et de prise en charge du transsexualisme

DÉCONSTRUCTION DU « TRANSSEXUALISME »
Controverses psychiatriques
Du « transsexualisme » à la « dysphorie de genre »
Redéfinitions psychiatriques récentes
Controverses dans le droit
En Europe : la CEDH contre la France
En France : la lente reconnaissance des transidentités
Déliaison des parcours
Mondialisation des parcours
Multiplication des parcours et des nominations
L’identité de genre et ses ramifications

LES MOUVEMENTS TRANS
Les premières associations
Explosion associative des années 2000
Mondialisation des mouvements trans
Manifestations trans

TRANSPHOBIE(S)
Définir la transphobie
Une approche juridique
Une approche sociologique
Panorama général de la situation en France
Santé trans et discriminations
École
L’épreuve scolaire
Prise en charge des mineurs trans entre famille, médecine et école
Travail
Emploi, précarité et discriminations
Transidentité et travail du sexe

TRANSIDENTITÉS ET REPRÉSENTATIONS
Au cinéma
Multiplication progressive des représentations
2011-2016 : cinq années cinématographiques trans
Invisibilité FtM
A la télévision
Maltraitance médiatique
Du dégout à l’autoreprésentation, explosion récente des modèles : l’exemple des séries
Visibilités trans : une arme à double tranchant

CONCLUSION : Questions actuelles autour des transidentités
Un nouvel horizon transféministe
Perspectives en trans studies

Cartographies de la souffrance et de la santé mentale en Amérique latine

Cartographies of Suffering and Mental Health in Latin America. A Century of the ‘Social Question’

Call for papers

International Workshop, London, 5th and 6th October 2018

Inequality, instability and vulnerability has shaped daily life in contemporary Latin America. In this context, discomfort and suffering have become more present for individuals. The ‘mental health’ field has thus become the political locus of new concerns and demands. The extended use of diagnostic categories such as depression, stress, anxiety, and addiction, as well as therapeutic and
medical techniques, have been used as conceptual, moral and political tools to understand and intervene complex social realities.
In the early 20th century, Latin America faced the emergence of a process that was named the ‘social question’. This expression was imported from industrialised countries in North America and Europe and it summarised the diverse challenges imposed by modernisation and urbanisation processes. The social question pointed to urban poverty, overcrowding, epidemics, and high rates of child mortality. The term also referred to a ‘moral crisis’ in Latin American societies, a decay in ethical principles. The social question was addressed by States through a set of policies directed to improve health and quality of life, while at the same time grass roots movements flourished.
One century later, the Latin American academic and political debate has returned to the term, pointing to the existence of a ‘new social question’. Despite the different approaches to this issue in the 20th and 21st century, current debate has continued to focus on the existence of a mismatch between economic and technological advances and the conditions of vulnerability and poverty experienced by the population. The new social question can be viewed in the emergence of a new dynamic of organisation in labour markets and the social support system, the transformation of social structure, the implementation of new economic models and the accelerated demographic and epidemiologic transition. Thus, the discussion about the new social question has led to a redefinition of the limits between social and sanitary issues.
The aim of the PLASMA Workshop #2 is to map these tensions and to study the boundaries between
social suffering and mental health from a historical, sociocultural and political perspective. The discussion around realities in Latin America will contribute to the development of a contemporary and integrated view on the region’s challenges in the field of mental health. This invitation is a continuation of PLASMA
Workshop #1: Mapping new voices: towards a Latin American perspective on global mental health, that took place in Paris in June 2017. At this meeting, the debate focused on the position and the role of Latin America and the social sciences in the development of the contemporary global mental health agenda.
On this occasion, we propose new questions:
• What are the historical and sociocultural roots of contemporary suffering in Latin America? What are the continuities and divergences between current issues and those of the early 20th century? What are the forms of discomfort and suffering in Latin America today?
• In what way are psychiatry and the field of mental health redirecting the social and political response to poverty, exclusion and suffering? How do the different languages and technologies of psychiatry and mental health redefine the imaginaries on the so called ‘new social question’?
• How do health institutions, user organisations, academia, and other public and private actors in the mental health interplay in current contexts in Latin America? What challenges does the so called ‘new social question’ pose to mental health-related institutions, actors and organisations?
Key Themes
(1) Historical and epistemological approaches to suffering and mental health in Latin America.
(2) Inequality, instability, vulnerability and mental health in Latin America.
(3) Social research methods on suffering and mental health in Latin America.
(4) Public and private institutions, social policies and mental health in Latin America.
‘Psy’, medical and ‘neuro’ knowledge and practices have transformed the vocabulary in public policy, redefining the questions about the subjective effects of poverty, inequality and vulnerability. Thus, a twofold challenge ensues the region: (1) thinking about new societal dynamics in terms of individual trajectories, resources and capacities and, (2) thinking about the field of intervention in mental health in relation to heterogeneous institutions and territories. 

Date: 5th and 6th October 2018 | Venue: London School of Hygiene and Tropical Medicine, London, England.
Register: This event is free of charge and open to all who would like to attend.
Submission of proposals: Contributions from graduate students and early researchers are especially
welcomed. Those wishing to submit an abstract or express an interest in contributing please email
emailplasma@gmail.com. Abstracts should be written in English and have an extension of 500-600 words.
Abstracts should contain a brief and precise title of the work, the background of the study, the method used, a discussion of the findings and main conclusions. Additionally, abstracts must contain the names of the authors, their institutional affiliation and level of degree. Abstracts will be reviewed by a scientific committee and evaluated based in criteria of quality and pertinence. All contributions should be submitted before April 30th, 2018.
Abstract notifications: Corresponding authors will be notified by e-mail about the status of their submitted abstract due to June 10th, 2018.
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Keynote Speakers: Francisco Ortega (Universida de do Estado do Rio de Janeiro); Angela García (StanfordUniversity); David Orr (University of Sussex).
Special participation: Nikolas Rose (King’s College London)
Organizing Committee: Gabriel Abarca (King’s College London), Sofía Bowen (King’s College London), Elaine Flores (London School of Hygiene and Tropical Medicine), Álvaro Jiménez (Millennium Institute for Research inDepression and Personality, Chile), Cristián Montenegro (London School of Economics and Political Science), Claudio Maino (Université Paris Descartes), Felipe Szabzon (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris), Norha Vera (King’s College London).
To register and for further information about Plasma, please visit our Website:
https://blogplasma.wordpress.com/

samedi 14 avril 2018

Histoire de l'inflammation

La flamme salvatrice. "Il était une fois l'inflammation"


Jean-Marc Cavaillon


Editeur : Editions Docis (2017)
ISBN-10: 2855254043
ISBN-13: 978-2855254043


Dans cet ouvrage, l'auteur cherche à faire découvrir au lecteur la fascinante histoire de l'inflammation, sa beauté quand elle rime avec immunité et protection contre les infections, sa laideur quand elle rime avec maladies, voire avec mort. Au gré de ses recherches bibliographiques, l'auteur emmène le lecteur de l'âge des dinosaures aux découvertes les plus récentes du XXIe siècle. Il nous détaille les nombreux paramètres qui influencent la qualité de la réponse inflammatoire, le stress, le sexe, la vieillesse, le système nerveux... de l'effet placébo à l'effet nocébo. Il décrypte les étapes qui permirent de faire le lien entre miasmes, microbes et maladies infectieuses. Il évoque les luttes contre ces dernières, et salue les précurseurs de l'hygiène. Il s'incline devant la tombe du scientifique inconnu, rend hommage aux pionniers célèbres ou oubliés, aux savants qui déchiffrèrent les mécanismes de l'inflammation, à ceux qui proposèrent de nouvelles thérapies, ou mirent fin à des approches thérapeutiques millénaires inutiles telle que la saignée.

Contextes du changements technologiques en médecine


vendredi 13 avril 2018

La pensée de la race en Italie

La pensée de la race en Italie. Du romantisme au fascisme
Archives de l'imaginaire social n° 33

Aurélien ARAMINI et Elena BOVO (dir.)

Éditeur : Presses universitaires de Franche-Comté
avril 2018 -
278 pages - format : 16 x 24 cm
ISBN : 978-2-84867-621-0 
L’importance de la pensée italienne de la race a été longtemps sous-estimée. Cependant, en Italie autant qu’en France ou en Allemagne, nombre d’œuvres littéraires ou de discours scientifiques mobilisent le concept de race dans une perspective aussi bien théorique que politique. Des premières décennies du XIXe siècle à la période fasciste, trois moments – philologie romantique, anthropologie positiviste et idéologie fasciste – constituent les jalons d’une archéologie de la pensée italienne de la race dont l’étude révèle un usage spécifique qui engage non seulement le rapport que la Péninsule entretient avec l’autre mais aussi le rapport qu’elle entretient avec elle-même.