jeudi 19 juin 2014

L’Anonyme de Londres

L’Anonyme de Londres. Un papyrus médical grec du Ier siècle

Édition et traduction d’Antonio Ricciardetto 

Presses universitaires de Liège
ISBN : 978-2-87562-047-7
Année de publication : 2014
Prix : 55.00€ HTVA
Pages : 264

Acquis en 1889 par le British Museum, l’Anonyme de Londres est, à ce jour, le plus long papyrus médical grec conservé. Daté du Ier siècle de notre ère et provenant peut-être d’Hermopolis, en MoyenneÉgypte, il contient un texte autographe où sont exposées et discutées de nombreuses théories nosologiques, étiologiques et physiologiques, qui ont pour auteurs au moins vingt-cinq médecins et philosophes, dont peu sont postérieurs au IVe siècle avant notre ère et dont plusieurs sont inconnus par ailleurs.
Après une introduction générale sur l’Anonyme de Londres, où sont notamment étudiés les circonstances relatives à la découverte et à l’étude du papyrus, ainsi que ses caractéristiques matérielles et son contenu, le livre présente l’édition critique, accompagnée de la première traduction française, des textes grecs du recto et du verso de ce témoin exceptionnel pour notre connaissance de la médecine et de la librairie antiques. Il est complété par deux bibliographies, l’une, relative aux textes du papyrus, l’autre, générale, par des index, en français et en grec, et par un fascicule de planches.


Antonio RICCIARDETTO est titulaire d’une Maîtrise en Langues et Littératures Classiques de l’Université de Liège et Aspirant du Fonds National de la Recherche Scientifique. Il prépare actuellement une thèse de doctorat sur les papyrus documentaires grecs de médecine. Poursuivant des recherches dans les domaines de la papyrologie et de l’histoire de la médecine, il est membre du Centre de Documentation de Papyrologie Littéraire (CEDOPAL) de l’Université de Liège, où il collabore à plusieurs projets.

Les chirurgiens et l'organisation sanitaire contre la peste à Marseille

Les chirurgiens et l'organisation sanitaire contre la peste à Marseille, 17e-18e siècles.

Soutenance de thèse de Jamel El Hadj (Centre Norbert Elias, EHESS, Marseille)


Vendredi 20 juin 2014 à 14h00, salle A
EHESS, Centre de la Vieille Charité, 
2 rue de la Charité, 13002 Marseille, 
salle de réunion, 3e étage


Jury :
M. Jean Boutier, directeur d'études à l'EHESS, directeur de thèse
Mme Brigitte Marin, Professeur à Aix-Marseille Université, directrice d'études à l'EHESS
Mme Christelle Rabier, maître de conférences à l'EHESS
M. Frédéric Sebag, professeur de chirurgie, Aix-Marseille Université
Mme Rachida Tlili Sellaouti, professeur à l'Université de Tunis la Manouba

mercredi 18 juin 2014

L'hystérie avant Freud


'Hysteria Beyond Freud': Nineteenth-Century Nerves

Call for participation (Roundtable)

How are we setting new ground for our cultural and literary approaches to hysteria, or revisiting and problematizing previous conceptions? This roundtable invites redefinitions of the representation and use of hysteria in long nineteenth-century literature, medical texts, and art. Presenters may explore the intersection of hysteria with the national body, gender ideology, form or genre, political affinity, iconic cultural discourses, etc. Please create a username at the following NeMLA site to submit your 300-400 word abstract by September 30, 2014: https://nemla.org/convention/2015/cfp.html#cfp15087.

NeMLA's 2015 conference will be held at the Fairmont Royal York hotel in Toronto, Ontario from April 30th through May 3rd, 2015.

Melissa Rampelli
St. John's University
St. John's Hall, English Department
Email: melissa.rampelli@gmail.com
Visit the website at http://nemla.org/convention/2015/cfp.html#cfp15087

Mondialisation de la génétique médicale

Appel à candidatures pour une thèse de sciences sociales portant sur la mondialisation de la génétique médicale


Financement : projet ERC GLOBHEALTH

à réaliser au
CERMES3 (UMR CNRS, Inserm, EHESS, UPD), Villejuif/Paris

Le CERMES3 lance un appel à candidatures pour une thèse  de sciences sociales portant sur la mondialisation de la génétique médicale,  à réaliser à l’EHESS et financée par un contrat de recherche de trois ans dans le cadre du projet ERC « From international to global. Knowledge, diseases and the postwar government of health ».

Le projet de thèse devra porter sur les processus qui ont amené l’inscription de la génétique médicale — que ce soit du point de vue de la recherche, de l’intervention clinique ou des choix politiques — à l’agenda de la santé publique internationale, et en particulier de l’Organisation Mondiale de la Santé. Le projet pourra être de nature historique, sociologique ou anthropologique.  Il devra s’inscrire dans la problématique de l’ERC, en particulier ce qui se rapporte aux processus et outils de l’expertise ainsi qu’aux liens entre santé et développement. On accordera un intérêt particulier aux propositions liant analyse locales et exploration des réseaux et acteurs internationaux et s’appuyant sur une enquête de terrain.


Le/la candidat/e devra être titulaire, au moment de son inscription en thèse, d’un master recherche (ou équivalent) et avoir une formation dans l’une ou plusieurs de ces disciplines : sociologie, histoire, anthropologie, sciences politiques. Elle/il devra faire preuve d’expérience dans la réalisation de travail de terrain impliquant le recours aux archives, aux entretiens et/ou aux observations ethnographiques. Elle/il être familiarisé/e avec la littérature en sciences sociales de la santé et/ou en études sociales des sciences et des techniques. Une excellente maîtrise de l’anglais, oral comme écrit, est indispensable.

Les candidats/tes feront parvenir par courrier électronique, avant le 15 juillet 2014 , un dossier comportant les pièces suivantes :

· un curriculum vitae

· une lettre de motivation

· un projet de thèse de 5 à 10 pages, en précisant notamment le contexte, la problématique, les objectifs, l’intérêt, la méthodologie et la faisabilité de la recherche

· un ou plusieurs textes de leur production (articles, mémoire...)

Le dossier complet devra être transmis par email à l’adresse gaudilli@vjf.cnrs.fr en mentionnant « Génétique Médicale ERC GLOBHEALTH » dans l’intitulé du message.

Les candidats/tes seront informés/ées à la fin juillet 2014 des résultats de la sélection, qui se fera sur dossier.
Une description du centre, et des projets de recherche en cours, sont disponibles sur http://www.cermes3.fr. La présentation du projet ERC est accessible sur http://www.globhealth.vjf.cnrs.fr

mardi 17 juin 2014

Histoire du corps vieillissant

Au coeur du vieillissement ? Regards croisés sur le corps

Appel à communication


Colloque Interdisciplinaire et International organisé par le groupe « Vieillissements » du Réseau des Jeunes Chercheurs Santé et Société et le Réseau Thématique 7 « Vieillesses, vieillissement et parcours de vie »
de l’Association Française de Sociologie

Paris, 12-13 Novembre 2014




Depuis une vingtaine d’années, il est admis que le vieillissement ne se réduit pas à la dégradation physiologique, tout comme la vieillesse n’est pas synonyme de maladie. Les sciences humaines et sociales sont à l’origine de ces changements de paradigmes. Ces disciplines insistent, par exemple, sur le fait que le vieillissement est un processus tant biologique que psychologique ou social (Lock, 1993), qui affecte l’ensemble des mondes sociaux (travail, famille, santé, loisirs, etc.) (Caradec, 2001, 2004 ; Lalive-d’Epinay et al., 2008). Elles défendent également l’idée que la vieillesse et le vieillissement ne relèvent pas tant d’une question d’âge numérique que d’un remaniement des positionnements au sein de la société, vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis d’autrui (Bourdelais, 1993 ; Caradec, 2004). La mise en évidence des dimensions sociales du vieillissement a conduit les chercheurs à délaisser la question du corps, et en particulier du corps vieillissant. Pourtant, le corps apparaît comme un lieu privilégié de cristallisation des luttes de domination, des processus d’identification et des logiques de recompositions identitaires (Bourdieu, 1977), en reflétant et en dénonçant en même temps les clivages entre le biologique et le social. Ce sont les fragilisations du corps vieillissant qui mobilisent aujourd’hui tout particulièrement les politiques publiques de la vieillesse (Renault, 2004 ; Brechat et al., 2008) – en termes d’aménagement des soins, de l’habitat ou des transports – et la silver economy en pleine expansion. Enfin, le corps comme réceptacle de l’empreinte du temps et marqueur des signes du vieillissement est aujourd’hui plus que jamais au centre des enjeux du « bien vieillir » (Crignon-De Oliveira, 2010) et de ses controverses. Ainsi, si le corps s’affirme comme une réalité biologique du vieillissement, c’est une réalité construite et normée par le social.
Dans la volonté de réaffirmer la place du corps dans le processus de vieillissement comme objet d'études pour les sciences humaines et sociales, nous souhaitons mener une réflexion à la fois sur les effets des métamorphoses du corps au cours de l’avancée en âge et sur la production sociale d’un corps vieillissant. A l’inverse des théories naturalistes, nous opterons pour un questionnement des effets du social sur les théories/représentations/appréhensions du biologique (dans la ligné des travaux de Gardey et Löwy, 2000) et soulignerons les articulations qui existent entre le social et le biologique. Comment le processus de vieillissement (pris au sens large) travaille-t-il le corps, dans ses dimensions biologiques, sociales, physiologique, politiques, etc. ? Autrement dit, il ne s’agit plus simplement d’aller dans le sens d’une déconstruction de la réalité naturelle et biologique du corps (tel que l’ont proposée des auteurs comme M. Mauss, 1934), mais de réfléchir également aux déterminations biologiques qui sont elles-mêmes (on le voit dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, par exemple) informées socialement (Vincent, 2008).
Au travers de trois axes de travail, il s'agira :
1. d'une part, de définir le « corps vieillissant » et la manière dont il peut être appréhendé dans nos recherches. Cette définition est problématique car dans nos sociétés, aucun rite de passage ni âge précis ne marque le début des processus de vieillissements ni l’entrée dans la(es) vieillesse(s). Néanmoins c’est le corps qui bien souvent porte les marques de la vieillesse, et par conséquent fait l’objet d’enjeux de contrôle et de maîtrise de la part des individus vieillissants ou des médecins (Bourdelais, 1993 ; Drulhe, 2003) ;
2. d'autre part, de saisir les normes d’usages sociaux de ce corps vieillissant, leur production dans la tension entre le biologique et le social, et les conséquences de ces normes sur le vécu individuel des processus de vieillissements ;
3. enfin, un dernier axe s'attachera à décrire les pratiques du corps vieillissant – celles de la vie quotidienne - et leurs évolutions au fur et à mesure que le corps se transforme ainsi que celles causant des transformations du corps vieillissant. Il conviendra de revenir notamment sur les processus de recomposition biographique et de redéfinition de soi impulsés par les transformations corporelles au cours du vieillissement. Il paraît ainsi indispensable d’analyser non seulement les pratiques, institutionnalisées et individualisées, par lesquelles le ralentissement d’une dégradation physique et mentale est recherché, que les manières, socialement distribuées, dont les transformations corporelles sont perçues, accompagnées, appropriées, et sur le sens qu’elles prennent pour les personnes qui en font l’expérience.
Nous avons pour ambition d’articuler dans chacun de ces axes, trois niveaux d'analyse : l'expérience des personnes vieillissantes ; celle de leur entourage (sociabilités familiale, amicale, professionnelle...) ; et la manière dont les pouvoirs publics appréhendent chacune des questions abordées dans ce colloque.

I. Penser le corps vieillissant
Cet axe interrogera les représentations d’un corps transformé par le temps qui passe. Plusieurs questions pourront être discutées. Tout d’abord, notre travail s’attachera à déconstruire et à dénaturaliser le corps vieillissant. Il s’agira ici de questionner les définitions socialement construites de la vieillesse et du vieillissement corporel. Les seuils d’âge définissant l’entrée et la progression dans le vieillissement seront analysés du point de vue du vécu subjectif et des types d’institutionnalisation.
D’où l’intérêt d’une réflexion située à un niveau anthropologique pour saisir les dimensions culturelles du vieillissement et les représentations sociales qu’elles produisent. En effet, selon les sociétés observées, le poids des années peut forger différemment les corps : un corps répugnant, décrépi, affaibli ou, au contraire, un corps anobli par l’âge, un corps de sorcier puissant qui force le respect, incarne la sagesse, le savoir, le pouvoir (Arcand, 1982). De la même manière, la dimension historique est particulièrement intéressante : comment les évolutions démographiques et sociales influent-elles sur les images de corps vieillissant ? Comment les perceptions des âges de la vie (entre respect pour les aînés, généralisation du jeunisme, ou encore, attitudes et jugements âgistes) à des époques différentes structurent-elles les représentations sociales des corps ? Comment la médicalisation contemporaine et la professionnalisation du soin accompagnant l’avancée en âge ont-elles modifié l’image profane d’un corps vieillissant par rapport aux époques précédentes ?
Le corps marqué par le temps et la vieillesse soulève également des questions d’ordre philosophiques et éthiques. Il s’agit alors de penser le corps en fin de vie, sa prise en charge (soins palliatifs, acharnement thérapeutique, droits des patients…). Autant d’aspects qui exacerbent la tension entre les dimensions biologiques et sociales des corps situés à la frontière entre la vie et la mort.
Plus généralement, il s’agit d’appréhender les trajectoires de métamorphoses du corps, prises dans leurs contextes, afin de comprendre les divers processus sociaux engagés par l’avancée en âge. Peut-on parler d’une trajectoire type du vieillissement corporel ? Quels sont les moments charnières à travers lesquels ces métamorphoses se révèlent (par exemple, la ménopause, l’andropause…) ? Quelle est la place du corps dans la définition de la dépendance et de l’autonomie ? Sur quelles définitions du corps reposent-elles implicitement ?
Généralement, le corps en sciences humaines et sociales est pris dans sa dimension globale et entière. Cependant, l’appréhension de l’unité bio-psycho-sociale de l’individu et de son corps est souvent perdue au profit d’une dimension privilégiée. Ce type de clivage, perceptible dans la recherche, se fait fortement ressentir en écho sur le terrain, auprès des professionnels comme auprès des personnes interrogées. Nous questionnerons les conditions de possibilité d’un rapprochement multidisciplinaire autour de ce problème.
Enfin, il sera nécessaire de situer les définitions et les images du corps vieillissant qui émergent dans des contextes sociaux différents. Nous proposons de nous attarder ici sur les métiers dans lesquels le corps constitue le principal outil de travail, comme les métiers qui engagent fortement l’esthétique du corps (mannequins, comédiens) ou la force physique (ouvriers, artisans, sportifs, militaires).

II. « Encadrer » le corps vieillissant
Dans cette partie, nous proposons d’analyser les normes corporelles liées aux différentes étapes du processus de vieillissement, leur production, leurs conséquences sur les expériences individuelles.
Qu’est-ce que le « bien vieillir » ? Quelle place occupe le corps dans la conceptualisation du vieillissement réussi ? Que nous apprend l’encadrement hygiéniste des corps vieillissants ? Quel regard portent les individus sur ce discours médiatique ? Dans quelle mesure ce discours contribue à forger un rapport à un corps vieillissant ?
Nous souhaitons également interroger les effets des normes sociales différenciées sur les transformations du corps avec l’âge. L’empreinte du temps sur le corps a-t-elle le même effet pour tous (selon l’âge, le genre, le niveau de diplôme, la profession, le niveau de revenu et le milieu social en général) ? Comment prendre en compte cette diversité de normalisation des métamorphoses corporelles au cours du vieillissement ? Quelles modalités de réponses appelle-t-elle ? La question du genre se présente également comme incontournable (Arber, Ginn, 2002). Ilana Löwy (2006) questionne ainsi la persistance d’inégalités de genre au cours du vieillissement, qui introduisent un traitement social différencié du corps masculin et du corps féminin.
Par ailleurs, les politiques publiques de différents niveaux s’orientent vers la prévention des risques spécifiques liés à l’avancée en âge (chutes, fragilité face à la canicule, maladies chroniques, grippe, etc.). En quoi consistent ces dispositifs ? A qui s’adressent-ils ? Quelles en sont les conséquences sur la vie quotidienne, tant au niveau des pratiques médicales, alimentaires, sportives, etc.?

III. « Faire avec » le corps vieillissant
Ce dernier axe sera focalisé sur les pratiques, celles des acteurs vieillissants et de leur entourage informel et institutionnel.
Si la société d’aujourd’hui peut être qualifiée de réflexive (Giddens, 1991), les individus sont incités à se projeter dans l’avenir. Comment, dès lors, les personnes vieillissantes entrevoient-elles ce dernier ? La dégradation corporelle est-elle perçue comme inévitable ? Quelles stratégies anticipatrices et défensives mobilisent-elles ? Dans quelles mesures les trajectoires biographiques orientent-elles l'appréhension du corps vieillissant et son évolution au fil de l'âge ?
Dans cette perspective, nous nous interrogerons sur les rapports au corps des personnes vieillissantes, en fonction de leur genre mais également de leur âge. Comment travaillent-elles leur corporéité au fil des années ? Nous nous pencherons également sur la place du corps vieillissant dans les transformations de la sexualité des personnes âgées (Bessin, Blidon, 2011) et les normes qui lui sont prescrites.
Les fragilisations du corps survenant au cours du vieillissement posent la question des aménagements de l’environnement proximal du sujet vieillissant. Comment les « adaptations » plus ou moins majeures du cadre de l'habitat (domicile, habitat intermédiaire, établissement médicalisé) qui accompagnent les pertes de mobilités/fonctionnalités transforment les habitudes de vie du sujet ? Mais aussi comment les personnes vieillissantes s’adaptent à des environnements inadaptables ou inadaptés ? Quelles stratégies, logiques sont mises en oeuvre afin que les corps puissent continuer à se mouvoir ? Finalement, comment ces diverses modalités d’habiter médiatisent les relations que la personne entretient avec son corps et son espace de vie (Mallon, 2004) ? Comment les pratiques individuelles d’adaptation s’inscrivent-elles (si elles le font) dans les cadres conçus dans les institutions responsables des logements ? Enfin, il s’agira d’analyser les effets du lieu de vie sur la santé et l’autonomie fonctionnelle des résidents. En quoi ces habitats définissent, du fait de leurs configurations spécifiques, différentes figures de parcours de vieillissement corporel ?
Au-delà de l’environnement matériel, comment les relations avec les proches, mais également avec les professionnels, influencent-elles à la fois l’appréhension du corps et le « travail de soi » (Darmon, 2003) des personnes âgées ? Comment les aspects physiques du vieillissement sont-ils travaillés, c’est-à-dire soulignés, mis en scène, minimisés voire effacés, tant par les personnes âgées que par les professionnels ou par les proches, qui les aident, les accompagnent, les conseillent ? Comment ce travail varie-t-il selon les trajectoires de vie, les milieux sociaux, les contextes institutionnels des personnes âgées ? Des professionnels ? Des proches ? Comment l’appréhension du vieillissement physique de l’autre, des défaillances du corps, des douleurs, mais également des transformations de la présentation de soi, contribue-t-elle à donner un âge, à qualifier la vieillesse et le vieillissement, dans un rapport dialectique avec les âges numériques, les représentations sociales des âges et les normes qui leur sont attachées ?
Des stratégies compensatrices peuvent être développées afin de faire face à des limitations fonctionnelles. Nous invitons les intervenants à questionner les inégalités susceptibles d’intervenir dans ces stratégies et les façons dont elles se mettent en oeuvre. Et sans parler de limitations fonctionnelles, l’avancée en âge peut engendrer un processus de « déprise » de certaines activités au profit d’autres qui sont plus accessibles aux sujets, tout en conservant celles qui sont à leurs yeux les plus signifiantes (Barthe, Clément, Drulhe, 1988 ; Caradec, 2004). Nous souhaiterions questionner le rôle du vécu du corps vieillissant dans ces « déprises », ainsi que les limites qu’il impose aux choix des relations et des pratiques à maintenir ou à cesser. Comment « faire avec » son corps vieillissant dans un contexte où l’individu a de moins en moins de prise sur celui-ci ? Lorsque, par exemple, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, le rapport au corps, à soi, à l’esprit échappe à l’individu, se fait plus labile. Comment faire « avec » un corps qui ne rend pas visible une pathologie qui affecte l’un de ses organes moteurs ? Mais, plus généralement, comment les individus vieillissants « jouent-ils » avec leur corps, ou, au contraire, affichent-ils leur vieillissement et l’assument ? Quel « travail du vieillir » se révèle dans les pratiques des individus vieillissants ?

Bibliographie
Arber S., Ginn J. (eds.), Connecting Gender and Ageing, Buckingham-Philadelphia: Open University press, 2002 (1995).
Arcand B., “La construction culturelle de la vieillesse”, Anthropologie et Sociétés, 1982, vol. 6, n° 3, pp. 7-23.
6
Barthe J.-F., Clément S. et Drulhe M., « Vieillesse ou vieillissement. Les processus d’organisation des modes de vie chez les personnes âgées », Les Cahiers de la Recherche sur le Travail Social, 1988, n° 15, pp. 11-31.
Bessin M., Blidon M., « Déprises sexuelles : penser le vieillissement et la sexualité », Sexualité & Société, n°6, 2011.
Bourdelais P., L'âge de la vieillesse. Histoire du vieillissement de la population, Editions Odile Jacob, 1993.
Bourdieu, Algérie 60 : structures économiques et structures temporelles, Les Editions de Minuit, 1977. Bréchat P.-H., Vogel T., Bérard A., Lonsdorfer J., Kaltenbach G., Berthel M., « Quelles actions de prévention et quelles organisations pour un vieillissement réussi ? » // Santé publique, 2008, vol. 20, n° 5, pp. 475-487.
Caradec V., Sociologie de la vieillesse et du vieillissement, Armand Colin, 2001.
Caradec V., Vieillir après la retraite. Approche sociologique du vieillissement, PUF, 2004.
Crignon-De Oliveira C., « Qu’est-ce que « bien vieillir » ? Médecine de soi et prévention du vieillissement » // Les Cahiers du Centre Georges Canguilhem, 2010, Vol. 1, n°4, pp. 177 – 191. Darmon M., Devenir anorexique. Une approche sociologique, Paris: La Découverte, 2003.
Drulhe M., “Vieillir: un autre regard” in Vieillir entre proches et professionnels, EMPAN, n°52, Toulouse : Érès, 2003, pp. 9-11.
Gardey D., Löwy I., L’invention du naturel : Les sciences et la fabrication du masculin et du féminin, archives d’Histoire Contemporaine, 2000.
Giddens A, Modernity and Elf-Identity. Self and Society in the Late Modern Age, Stanford University Press, 1991.
Lalive-d’Epinay C. et al., Les années fragiles. La Vie après 80 ans, Presses de l’Université de Laval, 2008.
Lock M., Encounters with Aging : Mythologies of Menopause in Japan and North America, University of California Press, 1993.
Löwy I., L’emprise du genre : masculinité, féminité, inégalité, La Dispute, 2006.
Mallon I, Vivre en maison de retraite. Le dernier chez-soi, Presse Universitaire de Rennes, 2004.
Mauss M., 1934, « Les techniques du corps », reproduit dans Sociologie et anthropologie, Paris, 1993, pp. 365-386. Peatrik A-M., « Vieillir ailleurs et ici : l’exemple des Meru du Kenya », Retraite et Société, 2001, n°34, pp. 152-165.
Renaut, S., « Du concept de fragilité et de l’efficacité de la grille Aggir », Gérontologie et société, 2004, n° 109 (2), pp 83–107.
Vincent J.A., « The cultural construction old ages a biological phenomenon: Science and anti-aging technologies », Journal of aging Studies, n°22, 2008.


Les propositions de communication (2000 à 3000 caractères) sont à envoyer avant le 30 juillet 2014 à l’adresse : colloque2014@vieillissementsetsociete.org
Le colloque est co-organisé par le groupe « Vieillissements » du Réseau des Jeunes Chercheurs Santé et Société et le RT7 de l’Association Française de Sociologie, avec le soutien du Centre Max Weber (UMR 5283). Il vise à rassembler des contributions ne relevant pas nécessairement de la sociologie du vieillissement.
Pour toutes questions, veuillez vous adresser à : colloque2014@vieillissementsetsociete.org
Nous annoncerons les propositions retenues le 1er septembre 2014. Nous réceptionnerons les textes des communications le 1er novembre 2014.

Comité scientifique: 
Frédéric Balard
Nathalie Burnay
Vincent Caradec
Sylvie Carbonnelle
Michel Castra
Aline Chamahian
Veronika Duprat-Kushtanina
Antoine Gérard
Fabrice Gzil
Rose-Marie Lagrave
Ilana Löwy
Isabelle Mallon
Pearl Morey
Florence Ollivier
Céline Racin
Valérie Souffron
Benoît Verdon

Les métiers du corps de l’Antiquité à nos jours


Les métiers du corps de l’Antiquité à nos jours

Appel à communications


Université Paris Diderot-Paris 7 ; USPC ; Université d’Orléans



Depuis une vingtaine d’années, le concept de « technique du corps » forgé par Marcel Mauss a été régulièrement mobilisé par les historiens pour analyser les pratiques corporelles des sociétés du passé, dans la double dimension qu’il avait définie, c'est-à-dire lorsque le corps lui-même se fait le dispositif central d’une technique ou bien lorsqu’il reçoit une technique. Pour autant, les métiers du corps, qu’il s’agisse des professionnels qui confectionnent les objets et les produits grâce auxquels le corps devient technique, ou qu’il s’agisse de tous ceux qui modèlent leur propre corps, n’ont pas suscité le même intérêt. Ce programme de recherche leur est consacré, dans une perspective comparatiste, pluridisciplinaire et diachronique. Il sera décliné suivant trois axes. Le premier sera consacré aux métiers dédiés à la fabrication des parures du corps et autres objets voués à son entretien, à son bien-être, à son embellissement voire à sa transformation et à ceux qui manipulent le corps ou prodiguent des conseils en vue de sa modification et/ou de son perfectionnement : parfumeurs, barbiers, miroitiers, fabricants d’éventails, de cosmétiques, de masques, de perruques, couturiers, « modistes », tatoueurs, prothésistes, chirurgiens esthétiques, coachs, entraîneurs, diététiciens, etc. Le second s’attachera aux métiers qui s’exercent à partir du corps lui-même et/ou qui reposent sur une performance corporelle : prostitué(e)s, courtisanes, acteurs, chanteurs, sportifs, etc. Le troisième, enfin, propose de déplacer le regard vers les lieux de l’exercice des professionnels du corps (échoppes, ateliers, boutiques, officines, maisons closes, gymnases, théâtres, etc.), en analysant leur inscription dans le paysage ou le tissu urbain et leur rôle comme lieux de sociabilité.


La première journée d’étude aura lieu fin mars 2015 (probablement le 21 mars), la seconde fin mars 2016. Les voyages et le logement seront pris en charge par nos institutions le cas échéant.


Les propositions de communication ne doivent pas excéder une vingtaine de lignes. Elles sont à envoyer à Florence Gherchanoc (fgherchanoc@free.fr), Catherine Lanoé (catherine_lanoe@hotmail.com) et Maaike van der Lugt (vanderlugt@univ-paris-diderot.fravant le 21 septembre 2014 en vue de l’établissement d’un programme définitif au plus tard à la fin du mois d’octobre.

Le comité scientifique est composé de : Anna Caiozzo ; Florence Gherchanoc ; Catherine Lanoé ; Liliane Pérez ; Maaike van der Lugt.

lundi 16 juin 2014

Psychédélique et psychothérapie

Psychedelics and Psychotherapy: A Historical Workshop


Saturday, 26 July 2014, 14:30 to 21:30




UCL Centre for the History of Psychological Disciplines
Arts and Humanities Common Room (G24), Foster Court, Malet Place
University College London


2:30 pm- 2:45 Registration

2:45- 3:00 Introduction

3:00- 3:45 Matei Iagher “LSD Psychotherapy in Britain: Ronald Sandison’s case.”

3:45- 4:30 Sarah Marks “Psychedelic Psychiatry under Communism: The Prague LSD Psychotherapy Projects.”

4:30- 4:45 Tea & Coffee

4:45- 5:30 Jelena Martinović “Bootstrappers seeking to understand creativity:

Psychotherapy and experimental science in the 1960-80s.”

5:30- 6:30 Roundtable with Prof. Sonu Shamdasani

6:30- Wine


Cost: £25

Registered students (bring proof of ID): £15

UCL staff/students: free

To register, click here.

For further details, contact: Matei Iagher, matei.iagher.10@ucl.ac.uk

La toxicité de l'environnement

Living in a Toxic World (1800-200) : Experts, Activism, Industry and Regulation


Call for Papers 


8TH EUROPEAN SPRING SCHOOL ON HISTORY OF SCIENCE AND POPULARIZATION

Maó (Menorca), 15-17 May 2015
Organized by: José Ramón Bertomeu Sánchez and Ximo Guillem-Llobat

In recent decades, studies on experts and environmental history have become blooming areas of research placed at the crossroad of many academic traditions including history of science, technology and medicine. Studies on expertise and experience were once dubbed as the “third wave of science studies” (Collins and Evans, 2003). Numerous workshops and meetings have been organized around the problems of legitimation, authority, credibility and extension of expert knowledge in different social and cultural environments: criminal investigation departments, patent and tort litigation, advisory committees, think tanks, international organizations, industry, etc. A large number of papers, collective publications and monographs have been published on these topics during the last decade from a broad variety of perspectives ranging from Collins and Evans (2007) to Oreskes and Conway (2010). Enviromental history has also experienced an outstanding growth in the last decade, as can be clearly perceived throughout the numerous and successful initiatives promoted from the American and the European Societies for Environmental History. Many of the studies focus on the interaction among the actors (experts, activists, NGOs, stakeholders, industry, government, etc.) involved in the process of regulating toxic products.

The workshop “Living in a Toxic World (1800-2000)” is addressed to postgraduate students and young scholars interested in topics related to environmental history, risk management, experts and toxics. Papers are expected to cover issues related to the regulation of toxics, public controversies, activism, public health, toxic torts and so on. They may be focused on a particular substance or group of products: chemicals, drugs, tobacco, cosmetics, pesticides, fumes, air and water pollution, fertilizers, asbestos, food adulterants and additives, genetic modified organisms, nanomaterials, criminal poisons, etc. Participants are expected to address historiographical problems concerning toxicants, for instance:

• Regulation: definitions, approaches and standardization
• Risk: assessment, management and control.
• Experts: authority, legitimacy and extension.
• Money: Industry, agriculture, science and economy
• Public health: diseases, proofs and regulations.
• Law: toxic torts, lawyers and litigation
• Activism: Social groups, litigation and experts
• Controversies: Academic and public debates
• Circulation: Toxics in a global world.
• Academics: activists, litigation and historical research


Proposals of approximately 500-600 words summarizing the contents of the paper, historical actors, main focus and general approach, accompanied by a brief CV (one page) of the author(s), are due by October 1, 2014. A limited number of grants (covering lodging and meals) might be available for those presenting papers. Please direct proposals or queries to Ximo Guillem (ximo.guillem@uv.es) and José Ramón Bertomeu-Sánchez (bertomeu@uv.es). Further details are provided at the website: http://www.uv.es/bertomeu/8Springschool/

As in previous years, the School is structured in three key-note lectures and a research workshop. The keynote lectures will be delivered by three outstanding scholars covering three particular toxics (fumes, pesticides and lead) from the beginning of nineteenth century to the end of the twentieth century.

Thomas Le Roux (Centre de Recherches Historiques, CNRS/EHESS) Fumes: the great shift of risk management (France, Great Britain, 1750-1850)
Nathalie Jas (RiTME Research Unit, INRA) Pesticides. How and why regulating "unruly technologies"? An historical analysis.
Gerald Markowitz (John Jay College and Graduate Center, CUNY) Lead Wars: The Politics of Science and the Fate of Children