samedi 28 mars 2026

Minorités diabolisées

Minorités diabolisées ? Construire l’autre dans l’Europe médiévale

Appel à communications

Journée d’étude CUSO médiévale - 19 mai 2026, Université de Neuchâtel


« Otherness offered the reader or beholder an ambiguous representation, a deeply equivocal
image of social meanings contrary to the concept of clear division or firm limit. Precisely
because alterity, I argue, was not always reducible to the terms of the self-same, perceptions
of the same in the different gave way to perceptions of the different in the same. In the
images of alterity […], the transformative power of otherness reveals the extent to which
social and individual bodies continually interchange with the world across porous
boundaries. » – UEBEL Michael, « Introduction: The Uses of Medieval Alterity », in :
Ecstatic Transformation: On the Uses of Alterity in the Middle Ages, New York : Palgrave
Macmillan US, 2005, p. 2.


Dans l’Europe médiévale, la construction des normes sociales s’accordait à l’autorité du
christianisme. En effet, le discours théologique occupait une place prépondérante parce qu’une
grande majorité du savoir médiéval – philosophique et scientifique – était produit dans un contexte
religieux, mais également parce que la recherche, constituée d’une élite intellectuelle chrétienne
mâle, englobait la quasi-totalité des connaissances du monde. Pour asseoir son pouvoir grandissant,
l’Église s’oppose à d’autres groupes troublant un ordre social idéalisé, ces autres établis comme leurs
opposants : considérés comme des communautés minoritaires dans les sources, ils peuvent être des
groupes religieux, mais également sexuels ou de genre, ou encore raciaux. Cette lutte contre l’altérité
se diffuse dans la culture par le biais de textes ou d’images. Comment sont désignés et caractérisés
ces autres ? Pourquoi minoriser certains groupes en particulier ? La thématique de l’autre peut être
déclinée de bien des façons, en questionnant par exemple la définition de l’autre à travers le Moyen
Âge. Comment se construit-il durant l’Antiquité tardive ? Est-ce que l’autre est toujours le même
durant l’entièreté du Moyen-Âge ? Cette journée d’étude sera consacrée à une approche
interdisciplinaire autour de l’autre imaginé par les discours occidentaux dominants : sa construction,
son image, sa considération, sa transmission dans la culture et sa réception dans l’Europe médiévale.

Les doctorant·e·s des sciences humaines et sociales (historien·ne·s, historien·ne·s de l’art,
historien·ne·s de la littérature, historien·ne·s des religions, anthropologues, ethnologues, etc…)
travaillant sur la période médiévale sont donc encouragé·e·s à proposer des communications sur
les thématiques suivantes :

  • Les groupes sexisés (par exemple les femmes, personnes intersexes, homosexuel·le·s, personnes transgenres, prostitué·e·s, …)
  • Les groupes sociaux racisés (les personnes non-blanches)
  • Les communautés religieuses (par exemple les hérétiques, cathares, sarrazins, musulmans, juifs, polythéistes…)

Les communication dureront 20 à 25 minutes et seront suivies d’une discussion commune puis une
table ronde avec les deux intervenants invités : Dr. Clovis Maillet (EHESS) et Prof. Frédéric Amsler
(UNIL). Les propositions de communications devront être envoyées avant le 1er avril 2026 à
l’organisateur·ce de la journée, à savoir Inès Rieille (ines.rieille@unine.ch). Chaque candidature
devra comprendre un résumé de la communication (env. 300 mots), ainsi qu’un CV académique
synthétique (1 page maximum).

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