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dimanche 30 août 2026

La santé gynécologique depuis les marges

La santé gynécologique depuis les marges


Appel à articles 

numéro thématique de la revue Genre, sexualité & société

Coordination : Lise Laudren, Anne-Charlotte Millepied, Margaux Nève


Cet appel invite à penser la santé gynécologique à partir des marges. Il s’organise autour de trois axes thématiques : (1) les processus de médicalisation et les catégorisations « gynécologiques » ; (2) les pratiques de soin et logiques professionnelles ; (3) les parcours et expériences intimes de la santé gynécologique que font celles et ceux qui dérogent aux normes majoritaires.

Si la politisation des questions corporelles, sexuelles et reproductives n’est pas nouvelle, nous assistons depuis quelques années à une « extension des thématiques corporelles et sexuelles » au sein des mobilisations féministes (Quéré, 2022). En particulier, les expériences relatives à la santé gynécologique font l’objet d’une problématisation croissante, comme en témoignent la construction de l’endométriose comme enjeu de santé publique, les débats autour du remboursement des protections périodiques et du congé menstruel, ou bien les mouvements de dénonciation des violences gynécologiques et obstétricales. Ces derniers ont tout particulièrement conduit à politiser les rapports de domination qui traversent les consultations gynécologiques, alors même qu’en France les gynécologues ont longtemps été considéré·es comme les allié·es des femmes (Quéré 2016 ; Koechlin, 2021). Au-delà de la sphère militante, qu’il s’agisse de l’évolution du cadre légal de l’aide médicale à la procréation, de la constitutionnalisation de l’avortement, de la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, ou encore des inquiétudes gouvernementales face à la « crise de la natalité », la santé des femmes fait l’objet d’une attention politique nouvelle qui interroge les sciences sociales.

Depuis une dizaine d’années, les recherches en sociologie portant sur des expériences corporelles relatives à la sphère gynécologique se sont multipliées (notamment Charlap, 2015 ; Fonquerne, 2021 ; Roux, 2022 ; Mathieu et Thizy, 2023 ; Thomé, 2024 ; Costa, en cours), certaines interrogeant en particulier le suivi gynécologique ordinaire et sa contribution à l’intériorisation et au maintien de l’ordre du genre (Guyard, 2010 ; Ruault, 2015 ; Koechlin, 2022). Ces recherches permettent de penser l’encadrement médical des expériences corporelles associées à la sphère gynécologique, la construction des savoirs médicaux à leur sujet, ainsi que leurs dimensions ordinaires, expérientielles et professionnelles. En revanche, elles éclairent principalement les parcours et expériences des femmes cisgenres, hétérosexuelles, blanches et de classes moyennes et supérieures. Les recherches sur la gynécologie ont ainsi moins pensé d’autres contextes, qui sortent de la norme majoritaire, et dont ce numéro propose de se saisir.

En effet, peu de travaux investiguent ce qui est en jeu dans le (non) suivi gynécologique ordinaire des minorités de genre et sexuelles, dans leurs expériences de grossesse, ou dans leurs trajectoires de soin liées à des pathologies dites gynécologiques1. De même, si quelques travaux abordent les rapports sociaux de race dans les relations de soins en obstétrique et en santé périnatale (Nacu, 2011 ; Prud’homme, 2016 ; Sauvegrain, 2012, 2013 ; Virole, 2022), peu abordent la gynécologie sous cet angle. Par ailleurs, la santé gynécologique des personnes résidant dans des lieux d’enfermement reste peu explorée. Ainsi, la sociologie portant sur le milieu carcéral s’est jusqu’ici peu intéressée à l’accès des détenues à la santé gynécologique – du moins jusqu’à très récemment (Travagli-Chanal, en cours). De plus, à côté de rares travaux portant sur le contrôle de la sexualité et de la fécondabilité des femmes handicapées en institution (Veyron-Lacroix 2025), le suivi gynécologique dans les établissements médico-sociaux et les hôpitaux psychiatriques demeure très peu pensé.

Ce dossier entend donc contribuer aux réflexions portant sur la santé gynécologique, en déplaçant le regard vers ses marges. Comme le rappelle Nassira Hedjerassi, « [p]enser en termes de centre(s) et de marge(s) permet une réflexion sur les inégalités, sur les rapports de pouvoir, sur les hiérarchisations » (2021). Dans notre cas, nous faisons le pari qu’étudier la gynécologie depuis les marges peut permettre une meilleure compréhension des mécanismes de marginalisation, mais aussi rendre compte de la complexité et de la diversité des expériences de la gynécologie, voire révéler des formes de résistance à l’encadrement médical des corps. En effet, si les marges constituent un site d’oppression, elles peuvent aussi être un lieu de résistance, de changements ainsi que de remises en question des normes et des savoirs (Ibid.).

Nous proposons pour ce dossier une appréhension large des marges. Outre les enjeux déjà mentionnés (liés aux positions de genre et de sexualité, de race et de migration, ainsi qu’à la vie en institution fermée), des travaux portant sur les expériences minorisées à l’aune d’autres rapports sociaux ou situations de déviance et domination, tels que la classe, l’âge, la religion, le handicap, la corpulence, ou encore au prisme des inégalités territoriales, sont les bienvenus. Nous invitons ainsi à porter une attention aux populations pour qui la notion même de santé gynécologique ou la norme d’un suivi gynécologique régulier ne constituent pas une évidence. De plus, ce dossier entend penser la santé gynécologique comme dépassant le seul suivi dit ordinaire pour inclure également les expériences de maladies relatives à la sphère gynécologique, y compris lorsqu’elles ne débouchent pas sur une prise en charge médicale. Étudier les marges de la santé gynécologique a ainsi pour objectif de saisir les variations et évolutions de l’encadrement des sexualités, des fécondités, et plus généralement des corps par les savoirs et pratiques gynécologiques.

Axe 1 – Processus de médicalisation et catégorisations « gynécologiques »
Ce premier axe propose d’interroger les processus concourant à l’émergence et à la catégorisation des situations et pathologies dites « gynécologiques » et de leurs traitements, ainsi que les catégories sociales concernées ou non par cette nosologie médicale.

Certains travaux ont montré que les expériences corporelles des femmes – comme l’accouchement ou la ménopause – sont davantage susceptibles d’être médicalisées que celles des hommes (Riessman, 1983 ; Barker, 1998 ; Bell, 1987 ; Caplan et al, 1992). A contrario, d’autres expériences corporelles féminines, comme celles des règles douloureuses, ont longtemps été ignorées par le regard médical (Hudson, 2021). Les contributions pourront ici proposer des analyses s’inscrivant dans une perspective d’études sociales des sciences et de la médecine. Dans quelle mesure les processus de définition des problèmes de santé gynécologiques sont-ils façonnés par des interrogations d’ordre étiologique autant que par des propositions de solutions, thérapeutiques ou politiques, afin d’y remédier ? Quelles controverses ces processus suscitent-ils ? Comment la définition médicale de certains problèmes peut-elle contribuer à marginaliser d’autres schémas de compréhension ou d’autres expériences corporelles ?

Les contributions pourront également s’attacher à éclairer les processus d’émergence des catégories depuis la sociologie des problèmes publics. Les articles pourront ainsi interroger les différentes formes de mobilisations dans le champ de la santé gynécologique ainsi que les expériences corporelles que celles-ci contribuent à politiser ou au contraire à invisibiliser, qu’elles soient portées par les professionnel·les du monde médical ou par les profanes, et qu’elles viennent plutôt en appui ou au contraire en contestation des processus de médicalisation. Par-delà ces mobilisations, cet axe invite à interroger l’implication croissante des pouvoirs publics dans l’inscription à l’agenda politique de la santé gynécologique, et en particulier de l’infertilité.

Plus généralement, cet axe invite à penser conjointement les processus de production de connaissance et d’ignorance, permettant de montrer comment le développement des catégories et des innovations médicales est indissociable des rapports de pouvoir2. Ainsi, les contributions pourront analyser comment les rapports sociaux de genre, de classe et de race, mais aussi le handicap, l’âge, ou encore les inégalités territoriales, participent à la médicalisation accrue des expériences corporelles de certaines catégories sociales ou, au contraire, à un désintérêt pour d’autres, avec des conséquences qui ne sont pas mécaniquement à l’avantage ou au détriment des populations concernées.

Axe 2 – Pratiques de soin et logiques professionnelles différenciées
Cet axe invite à documenter la manière dont, dans les pratiques ordinaires des professionnel·les de la santé gynécologique, s’opèrent des processus de marginalisation, des différenciations et des discriminations fondées sur des rapports sociaux de domination.

Des recherches montrent par exemple que les rapports sociaux de race façonnent de manière significative le traitement différencié de la douleur (Pryma, 2017; Coisy et al. 2024), mettant en évidence la moindre prise en charge de la douleur (Denny, 2017) et le soupçon quant à l’exagération des symptômes des personnes racisées (Labainville, 2025). Comment ces catégorisations racialisées sont-elles mobilisées dans le domaine de la santé gynécologique et comment interagissent-elles avec d’autres rapports sociaux ? Au-delà de la douleur, les travaux sur la contraception ont mis en lumière les différenciations des pratiques professionnelles en matière d’information et de prescription, en fonction de l’âge (Ruault, 2015) et des appartenances de classe et de race des patientes (Bretin, 2004 ; Bretin et Kotobi 2016). Ces exemples invitent à poursuivre la réflexion sur les manières dont les pratiques professionnelles fabriquent des injustices sanitaires et reproductives, dans le cadre du suivi gynécologique ordinaire, comme de la prise en charge de pathologies gynécologiques spécifiques. En particulier, comment les pratiques diagnostiques et thérapeutiques, ainsi que les processus de psychologisation et de biologisation à l’oeuvre dans le travail médical (Koechlin, 2023 ; Millepied, 2024 ; Nève, 2025) se déclinent-ils de façons différenciées en fonction des caractéristiques (réelles ou supposées) des patientes et de leur « valeur sociale » (Paillet, 2021) ? Comment le travail clinique des professionnel·les est-il travaillé par l’orientation sexuelle, l’âge ou encore la corpulence des patientes ?
Nous invitons ici les contributions à rendre compte de la manière dont ces formes de différenciation et de discrimination observables dans les pratiques médicales sont rendues possibles par des logiques professionnelles ou par des structures organisationnelles. Dans cette optique, il serait intéressant d’analyser les différences de pratiques, de discours ou de postures des soignant.es selon le moment de la trajectoire professionnelle et de la position occupée, ainsi que selon les spécialités d’appartenance (Ventola, 2016 ; Perrin, 2024). Il convient ici de rappeler que la santé gynécologique est un espace partagé par plusieurs professions : gynécologues médicales, gynécologues obstétricien·nes (chirurgien.es), sage-femmes et médecins généralistes. Comment les pratiques varient-elles en fonction de la place occupée par les soignant.es au sein de cet espace contrasté, mais aussi en fonction du contexte d’exercice (notamment hospitalier ou libéral) ? Finalement, cet axe invite à questionner les éventuels processus réflexifs suscités par les critiques de la gynécologie (qu’elles proviennent des mouvements sociaux mais aussi des sciences sociales) chez les professionnel·les de soin. Dans quelle mesure ce contexte favorise-t-il la reconnaissance des rapports de pouvoir et de marginalisation à l’oeuvre dans leur activité, voire l’évolution des pratiques de soin (Mesnil, Morel, 2026) ?

Axe 3 – Les parcours et expériences intimes de la santé gynécologique
Enfin, une dernière façon d’appréhender la santé gynécologique depuis ses marges est de prendre pour objet les expériences qu’en font celleux qui sortent des normes majoritaires définissant le suivi gynécologique ordinaire. Depuis l’étude des trajectoires et expériences individuelles, cet axe propose ainsi de porter le regard vers les appropriations ou modalités de contestation de l’encadrement des corps par la gynécologie, ainsi qu’aux inégalités sociales de santé auxquelles ces suivis ou leur absence peuvent aboutir.
Puisque le recours aux soins de santé met en jeu des rapports au corps et à la médecine incorporés depuis l’enfance et inégalement distribués (Boltanski, 1971 ; Arborio et Lechien, 2019 ; Mennesson et al, 2021; Laudren 2026), les effets des socialisations corporelles tout au long de la vie sur l’adhésion ou sur la mise à distance de la norme gynécologique pourront être investigués. A titre d’exemple, des travaux francophones montrent l’exclusion des femmes lesbiennes du suivi gynécologique ordinaire (Eched, 2026) – le début de la sexualité hétérosexuelle conditionnant majoritairement l’entrée dans la carrière gynécologique (Ruault, 2015 ; Koechlin, 2022). Comment les examens et les technologies médicales, qui peuvent former autant de « technologies de genre » (Coville, 2018), contribuent-elles à l’évitement ou au morcellement des parcours gynécologiques de celleux en marge de la sexualité majoritaire ? Au contraire, dans le cadre des parcours de transition, les corps des personnes trans font l’objet d’un encadrement médical accru, qui peut inclure des techniques de préservation de la fertilité ou l’injection de certaines hormones (Rivest et Pignedoli, 2025 ; Raia, 2025 ; Mesnil et Morel, 2026 ; Delanous, en cours).
Dès lors, comment la sexualité, la mobilité de genre, ou encore la position dans les rapports sociaux de race façonnent-elles, tout au long de la vie, l’entrée ou l’évitement de la carrière gynécologique, ainsi que les étapes de celles-ci ? L’avancée en âge, qui peut être caractérisée par un accroissement des injonctions à l’adoption de techniques préventives ou par le commencement de la ménopause, peut-elle donner lieu à une (ré-)entrée dans la carrière gynécologique ? En intersection avec le genre et l’âge, que produisent les expériences de migration, de précarité, ou encore du sans-domicilisme (Peñafiel, 2024) sur la santé gynécologique ?

 Nous invitons également des contributions portant sur les incidences des contextes d’enfermement sur la santé gynécologique de celles qui y résident. Quelques travaux ont montré que la contraception injectable a été historiquement imposée à certaines catégories, notamment les femmes en situation de handicap et patientes en hôpital psychiatrique (Bretin, 2004). Les contributions pourront prolonger ces réflexions : l’enfermement produit-il une entrée manquée dans la carrière gynécologique ou un décrochage de celle-ci ou, au contraire, est-il à l’origine d’une surveillance accrue de la fécondabilité et de la santé gynécologique des recluses ? Dans quelle mesure et par quelles techniques les femmes vivant dans des institutions fermées résistent-elles à l’encadrement médical de leurs corps ? 

Finalement, cet axe invite à porter attention à l’expérience des violences gynécologiques depuis les marges. A cet égard, la récente étude produite par l’association « Tant que je serai noire » documente les discriminations et violences indissociablement racistes et sexistes rencontrées par les femmes noires dans le cadre médical3. Dans quelle mesure les personnes minorisées subissent-elles, durant leurs trajectoires gynécologiques, des violences médicales à la fois spécifiques et intersectionnelles ? Comment ces expériences de violences durant les consultations gynécologiques peuvent-elles façonner des processus de politisation4 individuels, voire, pour certain·es, aboutir à l’engagement militant ?
Ce dernier point relatif aux violences gynécologiques soulève des enjeux méthodologiques et éthiques transversaux aux trois axes que les auteurices sont invité·es à prendre en considération. Comment saisir dans l’enquête les violences et pratiques discriminantes ou génératrices
d’inégalités5 ? Comment décrire et analyser des situations dont la qualification de « violentes » ne va pas de soi (que ce soit pour les chercheur·ses, les soignant·es ou les patient·es) et quelle posture adopter en tant qu’ethnographe face à des pratiques qui nous mettent mal à l’aise ou nous paraissent condamnables ? Qu’est-ce que nos positions, situées depuis le centre ou la marge, produisent sur la récolte et l’analyse de nos données ?

 

1 On peut toutefois mentionner les recherches récentes ou en cours sur ces questions. Sur la santé gynécologique des lesbiennes, voir Eched, 2026 ; sur les grossesses queer, se référer à Deverly, en cours ; et sur les parcours d’endométriose des lesbiennes et personnes trans’, consulter Nève, 2025.

2 Ces rapports de pouvoir structurant la production des savoirs sont par exemple perceptibles dans les conceptions de l’endométriose, historiquement définie comme une maladie des femmes blanches de classes supérieures (Seear, 2014), dans l’élaboration de la pilule contraceptive, tributaire de l’expérimentation sur les femmes portoricaines (Briggs, 2010), ou encore dans l’imbrication entre le développement de la gynécologie états-unienne et le contexte de l’esclavage (McGregor, 1998 ; Owens, 2017). Dans le contexte français, Myriam Paris montre que, dans les années 1960 et 1970, des politiques publiques de régulation des naissances à la Réunion aboutissent à un contrôle racialisé de la fécondité des femmes (2020). 

3 Ce rapport est disponible sur le site de l'association.

4 Concernant les processus de politisation depuis l’expérience de douleurs sexuelles chroniques, voir : Hemet (2025).

5 Au sujet des enjeux méthodologiques en lien avec l’étude des rapports sociaux de race, le dossier thématique dirigé par Bédinadé et Mayenga (2023) peut être consulté. Au sujet des catégories d’analyses et des démarches d’enquête concernant l’étude des violences fondées sur le genre à l’encontre de groupes minorisés, voir le numéro de revue coordonné par Delage et al. (2025).

 

Soumettre une proposition :
Les propositions d’article, d’environ 500 mots, doivent comprendre un titre, une présentation de l’article, les objets et les méthodes, ainsi que les nom, prénom, statut, rattachement institutionnel et email de l’auteur·ice. Elles doivent être envoyées avant le 1er décembre 2026 aux trois coordinatrices du dossier (margauxnevedm@gmail.com ; annecharlotte.millepied@yahoo.fr ; lise.laudren@ens.psl.eu) ainsi qu’au comité de rédaction de la revue Genre, sexualité & société (revuegss@gmail.com).

Les auteur·ices seront avisé·es de l’acceptation de leur proposition pour le 18 décembre 2026. Les articles, inédits (35.000 à 60.000 signes), devront être envoyés le 1er avril 2027 au plus tard. Les instructions pour la rédaction des articles sont disponibles en ligne (https://journals.openedition.org/gss/747). Suivant la politique éditoriale de la revue, chaque article fera l’objet d’une double évaluation anonyme. L’acceptation de la proposition ne signifie donc pas acceptation automatique de l’article. Les articles retenus seront publiés dans le numéro thématique à paraître en 2028.

Références bibliographiques :
Arborio, A. M., & Lechien, M. H. (2019). La bonne volonté sanitaire des classes populaires : Les ménages employés et ouvriers stables face aux médecins et aux normes de santé. Sociologie, 10(1), 91-110.
Barker, K.K. (1998) A ship upon a stormy sea: the medicalization of pregnancy, Social Science & Medicine, 47, 8, 1067–76.
Bédinadé, D., Mayenga E. (2023). Les conditions raciales de l’enquête en sciences Sociales. Marronnages : Les questions raciales au crible des sciences sociales, 2 (1):8-15.
Bell, S.E. (1987) Changing ideas: the medicalization of the menopause, Social Science & Medicine, 24, 6, 535–42.
Boltanski, L. (1971), Les usages sociaux du corps. Annales. Economie, sociétés, civilisations, vol. 26, no1, p. 205-233.  
Bretin, H., Kotobi, L. (2016). Inégalités contraceptives au pays de la pilule. Agone, 58(1), 123-134.
Bretin, H. (2004). Marginalité contraceptive et figures du féminin : une expérience de la contraception injectable hormonale en France. Sciences sociales et santé, 22(3), 87-110.
Briggs, L. (2010). The Pill in Puerto Rico and Mainland United States: Negotiating Discourses of Risk and Decolonization. In Reed, L., Saukko, P. (ed.). Governing the female body : Gender, health, and networks of power. Albany, State University of New York Press.
Caplan, P.J., McCurdy-Myers, J. and Gans, M. (1992). Should ‘premenstrual syndrome’ be called a psychiatric abnormality? Feminism & Psychology, 2, 1, 27–44.
Charlap, C. (2015). La fabrique de la ménopause : Genre, apprentissage et trajectoires. Thèse de doctorat. Université de Strasbourg.
Coisy, F. et al. (2024). Do emergency medicine health care workers rate triage level of chest pain differently based upon appearance in simulated patients?. European Journal of Emergency Medicine, 31(3), 188-194.
Costa, R. (En cours). La trajectoire française du traitement hormonal de la ménopause (1950 – 2020) : entre médicalisation et démédicalisation. Thèse de doctorat. EHESS.
Coville, M. (2018). Rendre visible le corps et ses douleurs : Les technologies de l’endométriose. Journal d’un diagnostic. FemTech. Approches féministes des sciences et des technologies (en ligne).
Delanous, J. (en cours). L’accès à l’hormonothérapie dans les parcours de transition de genre en France. Thèse de sociologie. Nantes université.
Denny, E. (2017). Pain : A sociological introduction. Londres, Polity Press.
Deverly, A. (en cours). Trouble dans la grossesse ? Être enceint·e et queer : expériences individuelles, dispositifs de prise en charge, mobilisations collectives. Thèse de doctorat en sociologie. EHESS.
Eched, Y. (2026). Produire l’ignorance de la santé lesbienne. Perception du risque en santé sexuelle et pratiques de prévention au prisme du genre. Thèse de doctorat. EHESS.
Fonquerne, L. (2021). (Faire) Avaler la pilule. Une sociologie des prescriptions et des usages d’une contraception en" crise". Thèse de doctorat, Université Toulouse-Jean Jaurès.
Guyard, L. (2010). Chez la gynécologue : Apprentissage des normes corporelles et sexuelles féminines. Ethnologie française, 40(1), 67-74.
Hedjerassi, N. (2021). Théoriser depuis les marges. In A. Choulet-Vallet, P. Clochec, D. Frasch, L. Védie, M. Giacinti et L. Védie-Bretêcher. Théoriser en féministe, Hermann, 95-113.
Hémet, C. M. (2025). Politiser la sexualité endolorie. Genre, sexualité & société. 33.
Hudson, N. (2021). The missed disease? Endometriosis as an example of ‘undone science’. Reproductive Biomedicine & Society Online, 14, 20-27.
Koechlin, A. (2023). Construire un corps hormonal pour suivre les patientes. In Thizy L. et al. Biologisation(s), Lyon, ENS Éditions.
Koechlin, A. (2022). La norme gynécologique. Ce que la médecine fait au corps des femmes, Paris, Amsterdam.
Koechlin, A. (2021). Suivre et être suivie. L’émergence, la consolidation et la déstabilisation de la norme gynécologique en France (1931-2018). Thèse de doctorat en sociologie, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
Labainville, I. (2025). Le « syndrome méditerranéen » : les ressorts d’une catégorie racialisante à l’hôpital. Genèses, 138(1), 14-36.
Laudren, L. (2026). Apprendre à souffrir en silence. L’incorporation du genre à l’adolescence à travers la socialisation familiale et médicale aux douleurs menstruelles. Nouvelles Questions Féministes, 45(1), 86-103.
Mathieu, M. et Thizy, L. (2023). Sociologie de l’avortement. Paris, La Découverte.
McGreggor, D. K. (1998). From Midwives to Medicine: The Birth of American Gynecology. Rutgers University Press.
Mennesson, C., Nicaise, S., Bertrand, J. et Court, M. (2021). Des corps de classe ? Stratégies éducatives familiales et inscription corporelle des inégalités sociales. In A. Dupuy, avec C. Mennesson, M. Kelly-Irving et C. Zaouche-Gaudron. Socialisation familiale des jeunes enfants Erèsm 63-74.
Mesnil, M., Morel, S. (2026). La préservation de fertilité des personnes trans en France : trajectoire morale d’une pratique médicale. Genre, sexualité & société, 35.
Millepied, A-C. (2024). Composer avec l’endométriose : parcours de femmes et travail médical aux prises avec une entité problématique, Thèse de doctorat en sociologie, EHESS et Université de Genève.
Nacu, A. (2011). À quoi sert le culturalisme ? Pratiques médicales et catégorisations des femmes « migrantes » dans trois maternités franciliennes. Sociologie du travail, 53(1), 109-130.
Nève, M. (2025). Le genre rend-il malade ? Expériences situées de malades et objectivation médicale de l’endométriose, Thèse de doctorat en sociologie, Paris, EHESS.
Owens, D. C. (2017). Medical bondage: Race, gender, and the origins of American gynecology. University of Georgia Press.
Paillet, A. (2021). Valeur sociale des patient·e·s et différenciations des pratiques des médecins Redécouvrir les enquêtes de Glaser & Strauss, Sudnow et Roth. Actes de la recherche en sciences sociales, 236-237(1), 20-39.
Paris, M. (2020). La racialisation d’une politique publique : le contrôle de la natalité à La Réunion (années 1960-1970). Politix, 131(3), 29-52.
Peñafiel, B. (2024). Vivre les menstruations à la rue. Se débrouiller de l’intime. Revue des sciences sociales, 72, 90-97.
Perrin, R. (2024). Les médecins et l’avortement. Sociologie de la domination médicale. Sociologie. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Prud’homme, D. (2016). Du « soin global » au traitement discriminatoire : La prise en charge de patientes identifiées comme roms dans un service de gynéco-obstétrique parisien. Terrains & travaux, 29(2), 85-104.
Pryma, J. (2017). “Even my sister says I'm acting like a crazy to get a check”: Race, gender, and moral boundary-work in women's claims of disabling chronic pain. Social Science & Medicine, 181, 66-73.
Quéré, L. (2022). Repousser les frontières des normes corporelles et sexuelles. Sociétés contemporaines, 126(2), 93-119.
Quéré, L. (2016). Luttes féministes autour du consentement. Héritages et impensés des mobilisations contemporaines sur la gynécologie. Nouvelles Questions Féministes, 35(1), 32-47.
Raia L. (2025). L’automédication transféminine comme déploiement de l’offre médicale. Les cahiers du CEDREF, 28, en ligne.
Riessman, C. K. (1983). Women and medicalization: a new perspective. Social Policy. 14(1):3-18.
Rivest, P. et Pignedoli, C. (2025). De la clinique du transsexualisme à la clinique du VIH : la catégorisation des sexualités transmasculines au prisme des expériences vécues. Sciences sociales et santé, 43(2), 15-43.
Roux, A. (2022). Pilule : Défaire l’évidence. Paris, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme.
Ruault, L. (2015). La force de l’âge du sexe faible. Gynécologie médicale et construction d’une vie féminine. Nouvelles questions féministes, 34(1), 35-50.
Sauvegrain, P. (2012). La santé maternelle des « Africaines » en Île-de-France : racisation des patientes et trajectoires de soins. Revue européenne des migrations internationales, 28(2), 81-100.
Sauvegrain, P. (2013). Les parturientes « africaines » en France et la césarienne : analyses sociologiques d’un conflit de quatre décennies avec les équipes hospitalières. Anthropologie et Sociétés, 37(3), 119–137.
Seear K. (2014). The Makings of a Modern Epidemic: Endometriosis, Gender and Politics. Londres. Routlegde.
Thomé, C. (2024). Des corps disponibles. Comment la contraception façonne la sexualité hétérosexuelle. Paris, La Découverte.
Travagli-Chanal, C. (en cours). Santé et prison : accès à la santé reproductive et sexuelle pour les femmes incarcérées en France. Thèse de sociologie. Université de Picardie Jules Vernes.
Ventola, C. (2016). Le genre de la contraception : représentations et pratiques des prescripteurs en France et en Angleterre. Cahiers du genre, 60(1), 101-122.
Veyron-La Croix, E. (2025). Femmes avec handicap intellectuel en institution : de la gestion du quotidien à l’organisation de la stérilité. Thèse de psychologie, Université Lumière - Lyon II.
Virole, L. (2022). Genre, race et classe en éducation pour la santé périnatale. Enquête sociologique au sein de dispositifs d’éducation pour la santé dédiés aux femmes enceintes étrangères en France. Recherches sociologiques et anthropologiques, (53-1), 1-25.
 

Coordinatrices :
Lise Laudren, doctorante en sociologie, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, CMH et Cermes3. Contact : lise.laudren@ens.psl.eu
Anne-Charlotte Millepied, postdoctorante en sociologie, Université de Genève, Institut des Etudes Genre. 

Contact : annecharlotte.millepied@yahoo.fr
Margaux Nève, postdoctorante en sociologie, Université du Québec à Montréal. Contact : margauxnevedm@gmail.com

vendredi 3 juillet 2026

Féminicide

Féminicide

Appel à contributions

« traverse » Zeitschrift für Geschichte. Revue d’histoire 1/2028
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Le féminicide est la forme la plus grave de violence sexiste : le meurtre d’une femme du simple fait qu’elle est une femme. Les féminicides ne sont pas des cas isolés, ils s’inscrivent dans le continuum de la violence à l’égard des femmes et se produisent partout où existent des structures patriarcales. Ce numéro thématique part du principe que le « féminicide » ne doit pas être abordé uniquement au cas par cas, mais dans le cadre d’un « continuum féminicidaire » : le féminicide est rendu possible par les structures patriarcales – il convient d’en tenir compte d’un point de vue historique, notamment pour ne pas perdre de vue la responsabilité masculine dans les féminicides.


Argumentaire

Le féminicide est la forme la plus grave de violence sexiste : le meurtre d’une femme du simple fait qu’elle est une femme. Les féminicides ne sont pas des cas isolés, historiques ou régionaux. Ils s’inscrivent dans le continuum de la violence à l’égard des femmes et se produisent partout où existent des structures patriarcales.

Bien qu’il y ait eu auparavant des tentatives pour définir les meurtres de femmes liés au genre, le concept de féminicide n’a été élaboré qu’à la suite du Tribunal international des crimes contre les femmes, qui s’est tenu à Bruxelles en mars 1976 (Giacinti 2025). Diana H. Russell, une participante à cet événement, a ensuite coécrit avec Jill Radford l’ouvrage fondateur Femicide : The Politics of Woman Killing (1992). Dans les années 1990 également, Karen Stout a démontré que le danger mortel pour les femmes provenait principalement de leurs partenaires et des membres masculins de leur famille au sein de leur propre foyer (« intime femicide »). Au cours des dix dernières années, le terme « féminicide » a finalement trouvé une place plus large dans le paysage médiatique, dans les débats pénaux et politiques, mais aussi dans les sciences historiques. Le collectif féministe « Ni una menos » a joué un rôle décisif à cet égard : depuis 2015, il descend dans la rue en Argentine pour lutter contre le « feminicidio » systémique, tout en soulignant le rôle historique et actuel de l’État (en particulier de la junte militaire) dans l’histoire de la violence sexiste à l’égard des femmes.

Ce numéro thématique part du principe que le « féminicide » ne doit pas être abordé uniquement au cas par cas, mais dans le cadre d’un « continuum féminicidaire » (Taraud 2022) : le féminicide est rendu possible par les structures patriarcales – il convient d’en tenir compte d’un point de vue historique, notamment pour ne pas perdre de vue la responsabilité masculine dans les féminicides. En effet, les recherches historiques et sociologiques ont réfuté l’idée selon laquelle le féminicide serait simplement l’expression d’un élan émotionnel ou un « meurtre passionnel ». D’un point de vue historique, la violence à l’égard des femmes a toujours été attisée et légitimée par les stéréotypes (par exemple, la sorcellerie, l’hérésie), la discrimination (par exemple, la prostitution, l’avortement) et les rapports de force inégaux (par exemple, le droit matrimonial, le droit successoral, l’accès à l’éducation, la participation politique, etc.).

Les contributions à ce numéro aborderont, sous plusieurs perspectives, différents contextes historiques dans lesquels des féminicides ont eu lieu. On peut par exemple penser au cadre familial, aux institutions étatiques, à l’expansion coloniale, aux guerres, aux soins de santé, à l’éducation, aux médias ou à la culture populaire. Les contributions peuvent s’interroger sur la manière dont les représentations sociales, économiques, culturelles ou religieuses, telles que celles de la « propriété », du « sacrifice », de « l’honneur » ou de la « passion », ont influencé la reconnaissance de la violence sexiste, ainsi que sur leurs conséquences en matière de sanction, d’atténuation de la peine, voire d’impunité. La question des acteurs historiques et des actes eux-mêmes revêt également une importance particulière. Enfin, nous recherchons des contributions qui abordent le féminicide dans une perspective historique en mettant en lumière ses imbrications intersectionnelles complexes avec d’autres formes de discrimination (racisme, colonialisme, transphobie, classisme, capacitisme, âgisme, etc.). Fondamentalement, les articles devront d’une part discuter de la manière dont les féminicides peuvent être abordés sous un angle historique et (trans)périodique, et d’autre part interroger les conditions historiques qui ont permis l’émergence récurrente de ce phénomène systémique et persistant de violence sexiste envers les femmes.
Modalités de contribution

Le dossier thématique sera publié dans le numéro 1/2028 de traverse. La première version des manuscrits devra être soumise pour le 15 janvier 2027. Les articles ne doivent pas dépasser 30’000 caractères (espaces compris) et seront soumis à une procédure de double-blind peer review. Pour les directives formelles et les instructions éditoriales, voir https://revue-traverse.ch/fr/proposer-un-article/formale-vorgaben-fuer-traverse/.

Nous invitons les personnes intéressées à envoyer un abstract (environ 400 mots), une notice biographique d’une demi-page maximum et leur liste de publications avant le 1er septembre 2026 à Pauline Milani, Matthias Ruoss et Isabelle Schürch. 


Coordination du numéro 1/28 PD 

Dr Matthias Ruoss, Université de Fribourg matthias.ruoss@unifr.ch
Prof. Isabelle Schürch, Universität Wien isabelle.schuerch@univie.ac.at
PD Dr Pauline Milani, Université de Fribourg pauline.milani@unifr.ch 


Références citées

Giacinti Margot, Le commun des mortelles : faire face au féminicide, Quimperlé 2025.

Radford Jill et Russell Diana E. H. (éds.), Femicide : the politics of woman killing, New York 1992.

Taraud Christelle (éd.), Féminicides : une histoire mondiale, Paris 2022. 



Contacts Pauline Milani
courriel : pauline [dot] milani [at] unifr [dot] ch

Isabelle Schuerch
courriel : isabelle [dot] schuerch [at] univie [dot] ac [dot] at

Matthias Ruoss
courriel : matthias [dot] ruoss [at] unifr [dot] c

mercredi 1 juillet 2026

9e congrès de la SFHST

9e Congrès de la Société française d'histoire des sciences et des techniques 

 

Appel à symposiums 




Le 9e Congrès de la Société française d'histoire des sciences et des techniques (SFHST) se tiendra à Nantes, du 21 au 23 avril 2027. Organisé par la SFHST et le Centre François Viète, il réunira pendant trois jours plus de 200 participantes et participants et offrira un panorama de la richesse et de la diversité des recherches en histoire des sciences et des techniques. 

Les symposiums constituent le cœur du programme scientifique du congrès. Nous vous invitons dès à présent à proposer des sessions thématiques qui reflètent la diversité des objets, des approches et des communautés de recherche de notre discipline.

Vos soumissions devront comporter un titre et un résumé de 500 mots maximum. Les symposiums peuvent être proposés et coordonnés par plusieurs personnes mais, pour des raisons techniques, nous vous demandons de n’indiquer qu’un·e seul·e interlocuteur·e ; le nombre d’interventions par symposium pourra aller de 3 à 11 personnes mais vous n’avez rien à déclarer pour l’instant.

Toutes les propositions de symposiums devront être déposés directement sur la plate-forme hébergée à l'adresse suivante avant le 1er octobre 2026 : https://sfhstnantes2027.sciencesconf.org

Si vous disposez déjà d’un compte sur sciencesconf.org ou sur HaL, vous pouvez l'utiliser. Si vous ne possédez pas encore de compte pour le site la procédure est très simple et rapide.

Les appels à communications individuelles dans le cadre des symposiums retenus et à communications libres auront lieu dans une seconde phase à partir du 1er novembre 2026.

Si vous avez des questions à propos de ce congrès, n’hésitez pas à contacter le comité d'organisation (sfhstnantes2027@sciencesconf.org).

mardi 19 mai 2026

Les sources de l'histoire infirmière

Narrating Nursing: Methods and Sources in Nursing History and Ethics 

Call for Papers 

ENHE 9/2027


Diaries, letters, and other personal artifacts open up new perspectives on the history and ethics of nursing. As ego documents, these sources illuminate the everyday realities of care and the lived experiences of nurses that often remain invisible in institutional or po-licy documents. In parrallel, qualitative methods, such as interviews and reflective diaries, play an important role in nursing ethics research, enabling scientific examination of ethi-cal practice and nurses‘ moral perspectives.

This planned issue invites contributions that explore the micro-level of nursing practice from both historical and ethical perspectives. It seeks to foreground the historical value of individual experiences, whilst critically reflecting on how these perspectives relate to wider social, cultural and professional developments or people‘s health.

At the same time, the issue welcomes contributions that engage with the role of individual theorists, leaders or reformers in nursing history and ethics. We encourage analyses that go beyond the „great pioneer“ narratives and situate individual actors within their social, cultural and professional contexts.

Methodological reflections on working with ego documents or qualitative material in nursing history and/or nursing ethics are particularly encouraged.


Possible historical questions and topics to consider:
– biographical approaches to nursing history
– diaries and correspondence as sources of nursing history
– visual and material sources in nursing history
– biography and influence of individual actors in nursing reform and theory
– tensions between individual agency and collective professional identities

Possible ethical questions and topics to consider:
– Diaries and/or qualitative interviews as a methodological approach to explore and capture nursing ethical practice
– Biography and influence of individual actors in nursing reform and ethical theory
– the moral agency of nurses
– shifts in the understanding of patient rights
– the use of film or theatre in grappling with ethical questions in nursing education


Deadline for abstracts: June 30, 2026

Deadline for manuscripts: November 30, 2026


Please note the following remarks on the concept of the European Journal for Nursing History and Ethics:
The journal creates a dialogue between the history and the ethics of nursing, while providing new impulses for advancing the subfields of the history as well as the ethics of nursing. Historians are asked to include the ethical dimension of the topic into their sub-mitted manuscript; likewise, researchers interested in ethics are requested to reflect on the historical dimensions of their manuscripts. This does not mean that articles on ethics should be preceded by a historical overview in the style of a manual. Rather the latest developments and socio-political debates that have led to the current issues in the ethics of nursing should be put in their historical context and be used in the analysis. Likewise, papers on the history of nursing should address ethical questions within the historical context or refer to current issues in the ethics of nursing. The linking of historical and ethical dimensions is desired in each article, but not a prerequisite for publication. The journal publishes original research both on European history and the history of the re-ciprocal relationships and connections of European and non-European societies.
The journal only publishes original contributions. When submitting their manuscript, au-thors are required to declare that their text has not already been submitted or published elsewhere. Publishing in this Open Access journal is free of charge.
 

Please submit your abstract (max 500 words) in English and separately a short CV by June 30, 2026 to Prof. Dr. Karen Nolte: karen.nolte@histmed.uni-heidelberg.de, Hugo Schalk-wijk: h.schalkwijk@venvn.nl and Prof. Dr. Geertje Boschma Geertje.Boschma@ubc.ca

 

The European Journal for Nursing History and Ethics is an interdisciplinary Open Access and peer-reviewed e-Journal spanning the Humanities, Nursing Science, Social Sciences, and Cultural Studies. The journal is published online once a year, with each edition having an individual theme and an open section that contains articles on various topics. In addition, the “Forum” and “Lost and Found” sections offer the opportunity to publish shorter artic-les on current debates or to present remarkable objects, texts, pictures or movies with relevance to nursing history and ethics and to discuss their significance.
The Journal is seeking contributions to
• the open section
• themed section
• Lost and Found
• Forum 

samedi 2 mai 2026

Canguilhem et les erreurs du vivant

Canguilhem et les erreurs du vivant


Appel à contributions


Cahier thématique de Philosophia Scientiæ 32/1 (février 2028)

Editeurs invités :

Marco Dal Pozzolo (Paris Cité/Caphés-ENS-CNRS)

Océane Gustave (RDS-ENS)

Pierre Oliver Méthot (Faculté de philosophie/Université Laval)

 

Date limite de soumission : 1er janvier 2027

Date de notification : 1er avril 2027

Version finale : 1er septembre 2027



Adresses de soumission : marco.dal-pozzolo@u-paris.fr ; oceane.gustave@ens.psl.eu ; pierre-olivier.methot@fp.ulaval.ca



Description

Dans son texte «  La vie : l’expérience et la science  », le dernier qu’il a rédigé, Michel Foucault place le concept d’erreur au centre de la philosophie de Georges Canguilhem, au carrefour de ses travaux épistémologiques et de sa philosophie biologique : «  Cet historien des rationalités, lui-même si “rationaliste” est philosophe de l’erreur  ; je veux dire que c’est à partir de l’erreur qu’il pose les problèmes philosophiques, disons plus exactement le problème de la vérité et de la vie  » (Foucault 1994).

On peut distinguer deux voies d’investigation parallèles par lesquelles le concept d’erreur a été travaillé par Canguilhem durant sa carrière. Ce concept se retrouve d’abord dans ses écrits des années 1930, où il est pensé dans le cadre de ses premières réflexions sur la psychologie avant de se transposer dans sa philosophie de la technique puis sa philosophie biologique avec la thèse de médecine de 1943. Canguilhem y reviendra ensuite plus spécifiquement dans les « nouvelles réflexions » (1966) pour rendre compte des « erreurs innées du métabolisme » (aujourd’hui appelées maladies génétiques héréditaires) ainsi que dans plusieurs écrits de cette période, où il rappelle que « la vie aurait donc abouti par erreur à ce vivant capable d’erreur » (Canguilhem 2018a). Dans son Discours de réception de la Médaille d’or du CNRS en 1987, il écrira que « lutter contre la maladie c’est tenter d’aider la vie à se reprendre de quelque erreur » (Canguilhem 2019).

Mais parallèlement à sa philosophie biologique et médicale, Canguilhem a thématisé l’erreur dans le cadre de ses travaux d’épistémologie historique. Il y consacra des cours à l’Université de Strasbourg durant les années 1940 et ce thème sera au cœur de ses enseignements à son arrivée à la Sorbonne, en 1955, comme en témoigne son cours sur « La science et l’erreur ». On ne peut pas négliger l’influence de Gaston Bachelard pour qui «  il ne saurait y avoir de vérité première. Il n’y a que des erreurs premières  » (Bachelard 2002), auteur à qui Canguilhem reconnaît une manière originale d’articuler science et erreur. (Canguilhem 2023 ; Fedi et al. 2023).

Récemment, Michele Cammelli a proposé une analyse philosophique de la question de la subjectivité et de l’erreur, en interprétant la position de Canguilhem dans la confrontation avec Descartes et Nietzsche (Cammelli 2022), alors que Samuel Talcott a reconstruit la quasi-intégralité du parcours intellectuel de Canguilhem au prisme de l’erreur (Talcott 2019). D’autres études ont approfondi l’usage et la postérité du concept d’erreur chez Canguilhem (Limoges 1994) à propos de sa lecture de la biologie moléculaire et de la génétique dans les années 1960, en mettant en évidence les tensions entre ces écrits et sa production antérieure (Talcott 2014 ; Loison 2018 ; Morange 2008).

L’objectif de notre numéro est d’aborder l’erreur en tant qu’outil conceptuel pour penser le vivant et différents enjeux épistémologiques soulevés par les sciences biomédicales contemporaines. Nous proposons donc d’étudier l’application de l’erreur au-delà des seules maladies génétiques héréditaires. En effet, sans affirmer qu’à chaque maladie correspond une erreur, nous pensons que la grille de lecture des « erreurs du vivant » ouvre la voie à une analyse plus générale des maladies tout en conservant l’acquis canguilhémien de la dimension irréductiblement « qualitative » du pathologique. Plus spécifiquement, notre dossier a pour but d’approfondir et d’étendre l’étude sur l’articulation entre la notion d’erreur et la science du vivant, au-delà du seul domaine de la biologie moléculaire et de la génétique. Il s’agira de retracer la fécondité de ce concept au sein des écrits de Canguilhem et d’identifier les points de contacts possibles entre sa philosophie biologique et son épistémologie historique, et de prolonger ses problèmes dans les débats actuels concernant le vivant et la vie.

La question de l’erreur pourra ainsi être explorée dans le dossier en se référant à une multiplicité de sujets, dont ceux ci-dessous constituent une liste non exhaustive. Comme nous l’avons rappelé, le concept d’erreur est mobilisé par Canguilhem pour interpréter les maladies génétiques. Dans un tout autre sens, l’anaphylaxie étudiée par Sir Henry Dale et les phénomènes allergiques sont pour Canguilhem des erreurs physiologiques, qui consistent dans la «  démesure de la riposte organique  » (Canguilhem 2021b) ; comme s’il s’agissait d’un mauvais calcul de l’organisme. Déjà définie dans la thèse de médecine comme une «  sursensibilité acquise  », l’anaphylaxie est rangée par Canguilhem dans le cadre des constantes à valeur répulsive (Canguilhem 2021a).

Canguilhem s’est aussi intéressé dans ce cadre aux «  maladies de l’adaptation  », dont l’exemple privilégié pour le philosophe est le syndrome de stress de Hans Selye. Comme le dit le pionnier des études sur le stress, «  il est clair que, contrairement à l’opinion générale, la nature se trompe parfois  » (Selye 1974) ; dans ce cas, l’erreur du vivant consiste dans une réaction qui dépasse son but et continue après que l’agression de l’agent extérieur a pris fin. Sujet relativement peu évoqué par Canguilhem, l’auto-immunité est un processus nécessaire au maintien en vie et à l’intégrité de l’organisme : on parle d’auto-immunité physiologique. Cependant, il existe aussi une auto-immunité pathologique par laquelle des parties de l’organisme se trouvent être systématiquement attaquées par le système immunitaire. Dans ce cas précis, le système immunitaire ne fait plus la distinction entre ce qui est néfaste et ce qui est bénéfique à l’organisme ; en somme, il n’arrive plus à passer au crible c’est-à-dire à faire preuve de discernement. Ainsi, l’auto-immunité pathologique consiste à se tromper de cible.

Dans « La question de la normalité dans l’histoire de la pensée biologique », Canguilhem reprend l’analyse de Descartes de la Méditation sixième. Il n’y a pas de différence entre une horloge réglée et une horloge déréglée. En revanche, « la soif qui porte l’hydropique à boire » est, selon Descartes, une « véritable erreur de la nature » (Canguilhem 2018). On pourrait ici parler d’une erreur de dosage, ou d’une relation entre dysfonctionnement physiologique et survie qui caractérise le vivant. On pourrait aussi se demander également si la douleur consiste au fond dans une erreur du vivant. Si l’on reprend la lecture qu’en donne René Leriche, « la douleur n’est pas dans le plan de la nature » et constitue « un phénomène individuel monstrueux » (Leriche 1940 ; Canguilhem 2021). Le problème posé par Leriche peut être actualisé en montrant la tension entre la fonction d’utilité de la douleur pour l’espèce qui et l’expérience de l’individu, ainsi que celle entre l’objectivation médicale de la douleur et le vécu du patient (et on peut également se demander si des troubles comme l’asymbolie à la douleur et l’insensibilité congénitale à la douleur remettent en question la thèse de Leriche).

Un autre domaine où la question de l’erreur (ou plutôt de l’errance) de la vie peut être mobilisée est celui de la tératologie. Puisque la vie est « tentative dans tous les sens » (Canguilhem 2021c), qu’elle se caractérise par des normes et non par des lois, elle tolère les monstruosités c’est-à-dire les déformations de la structuration et de la morphologie. De ce point de vue les monstruosités sont des erreurs (des déviations) de la forme qui révèlent le caractère non nécessaire de cette dernière. L’articulation entre vie et erreur peut être également élargie à la relation organisme-milieu et à ses pathologies. En s’appuyant par exemple sur les concepts de disruption et de résilience on pourrait se demander si d’un point de vue canguilhémien la perte massive de biodiversité d’un milieu ou le dérèglement du développement des corps dû aux perturbateurs endocriniens ne sont pas finalement des erreurs du vivant humain (Montévil 2024). Finalement, l’humain compromet lui-même les conditions de sa vie organique, en mettant en péril sa propre santé et celle des écosystèmes.

Enfin, un autre domaine à explorer est celui des erreurs dans la vie psychologique. Les relations entre erreur et psychologie chez Canguilhem peuvent être observées de deux façons : du point de vue d’une erreur méthodologique et des erreurs de la vie psychologique (Canguilhem 2025). La première consiste à traiter les secondes comme des erreurs fonctionnelles, là où elles sont en réalité « la conséquence plus lourde erreur morale » consistant à « traiter l’homme comme un moyen ». Si les erreurs de la vie psychologique rendent raison de la vérité du statut du sujet et de ses valeurs, elles obligent la psychologie à se concevoir comme sa connaissance spécifique et adéquate.

En somme, ce dossier s’articule autour d’une double finalité : rendre compte de la fécondité du concept d’erreur pour la biologie contemporaine à partir des écrits de G. Canguilhem, et poursuivre l’examen de cette notion chez ce dernier à l’intersection entre philosophie biologique et épistémologie historique.

Le dépôt des textes en vue de l’évaluation anonyme sera précédé par une journée d’étude sur le même thème organisée par les directeurs de ce dossier et qui aura lieu à Paris le vendredi 16 octobre 2026. Nous demandons aux personnes intéressées de transmettre aux responsables du dossier une proposition d’intervention de 500 mots maximum avant le 1er septembre. Les soumissions d’articles pour le numéro et les propositions d’intervention pour la journée d’étude sont indépendantes l’une de l’autre.



Instructions

Les manuscrits doivent:

- Être originaux, et ne peuvent pas être en cours de soumission pour une autre publication,

- Être écrits en anglais ou en français,

- Être préparés pour une évaluation anonyme en double aveugle,

- Contenir un résumé en français et un résumé en anglais (200-300 mots),

- La longueur des articles est limitée à 50 000 caractères/8 000 mots (espaces, résumés bibliographie et notes compris).

- Etre soumis en LaTeX, Word ou OpenOffice (https://philosophiascientiae.revues.org/449)

- Être envoyés aux adresses suivantes : : marco.dal-pozzolo@u-paris.fr ; oceane.gustave@ens.psl.eu ; pierre-olivier.methot@fp.ulaval.ca

Format de l'article, voir les instructions aux auteurs http://philosophiascientiae.revues.org/452



Bibliographie

Bachelard, G., « Idéalisme discursif », 1934-1935, in Études, Paris, Vrin, 2002.

Cammelli ,M., Canguilhem philosophe. Le sujet et l’erreur, Paris, PUF, 2022.

Canguilhem, G., « Sur une épistémologie concordataire », in Œuvres complètes, t. IV : résistance, philosophie biologique et histoire des sciences 1940-65, Paris, Vrin, 2015.

Canguilhem, G., « Le concept et la vie », Œuvres complètes, t. III : écrits d’histoire des sciences et d’épistémologie, Paris, Vrin, 2018a.

Canguilhem, G., « La normalité dans l’histoire de la pensée biologique », in Œuvres complètes : écrits d’histoire des sciences et d’épistémologie, t. III, Paris, Vrin, 2018b.

Canguilhem, G., « Discours de réception de la médaille d’Or du CNRS », in Œuvres complètes, t. V, Paris, Vrin, 2019.

Canguilhem, G., « Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique », in G. Canguilhem », Œuvres complètes, t. II : Écrits de médecine et philosophie : les thèses, Paris, Vrin, 2021a.

Canguilhem, G., « Vingt ans après (1963-1966) – Les normes organiques chez l’homme », in G. Canguilhem, Œuvres complètes, t. II : Écrits de médecine et philosophie : les thèses, Paris, Vrin, 2021b.

Canguilhem, G., « La connaissance de la vie », Œuvres complètes, t. II : Écrits de médecine et philosophie : les thèses, Paris, Vrin, 2021c.

Canguilhem, G., « Philosophie à l’usage des élèves de l’enseignement secondaire et des étudiants de l’enseignement supérieur (1929-1932) », in Œuvres complètes, t. VI, Paris, Vrin, 2025.

Fédi, L., Nouailles, B., Petit, A. (dir.), Le problème de l’erreur dans la philosophie française. D’Auguste Comte à Gaston Bachelard, Paris, Vrin, 2023.

Foucault, M., « La vie : l’expérience et la science », in Dits et écrits 1954-1988, t. IV, Paris, Gallimard, 1994.

Leriche, R., La chirurgie de la douleur, Paris, Masson, 1940.

Limoges, C., « Errare Humanum Est : Do genetic errors have a future ? », in C. Cranor (ed.), Are Genes US ?, The Social Consequences of the New Genetics, New Brunswick, N.J., Rutgers University Press, 1994.

Loison, L., « Un enthousiasme paradoxal ? Georges Canguilhem et la biologie moléculaire (1966-1973) », Revue d’histoire des sciences, 71, 2, 2018.

Montévil, M., Disruption of biological processes in the Anthropocene : the case of phenological mismatch, Acta Biotheoretica, 73 (2), 2024.

Morange, M., «  Retour sur Le normal et le pathologique  », in A. Fagot-Largeault, C. Debru, M. Morange (dir.), Philosophie et médecine en hommage à Georges Canguilhem, Paris, Vrin, 2008.

Selye, H., Stress sans détresse, Montréal, La Presse, 1974.

Talcott, S., Georges Canguilhem and the problem of error, Cham, Palgrave Macmillan, 2019.