Historien.nes de la santé
Réseau de recherche en histoire de la santé
dimanche 5 juillet 2026
Les produits de soin parfumés dans les « Libri Medicinales » d’Aetius d’Amida
Lecture by Maciej Kokoszko and Zofia Rzeźnicka
07 July 2026 – 5 PM (CET)
The lecture will focus on a selection of recipes for body cleansers and powdered deodorants taken from Book VIII of Aetius of Amida's medical encyclopaedia, Libri medicinales, which was written in the 6th century. As many of the formulas for these care products were borrowed by Aetius from earlier authors, primarily Titus Statilius Crito (active in the 2nd century AD), exploration of the transmission and adaptation of ancient medical knowledge during the early Byzantine period is also included.
This analysis aims to contextualise the topic by demonstrating the value of medical texts in social and economic historical research. Consequently, the speakers will discuss the gendered nature of Byzantine cosmetology.
Furthermore, the presentation will attempt to specify the social groups for whom these care products were intended. To this end, myrrh will serve as an indicator of social status, and the speakers will analyse factors such as its place of origin, varieties, supply routes, trade routes, and the types of preparations to which it was added in order to sketch a picture of the intended users of both myrrh-based and myrrh-free recipes. The issue of aromatic substance adulteration and substitution in the Byzantine Empire will also be discussed along the way.
Thus, the lecture will demonstrate how cosmetic recipes preserved in medical compilations can provide valuable evidence for reconstructing everyday life in the Byzantine world.
To register for this event, please click here.
samedi 4 juillet 2026
Collections techniques et scientifiques orphelines, réévaluées et perdues
Appel à communications
8 et 9 décembre 2026, Musée des Arts et Métiers-Cnam, 60 rue Réaumur, 75003 Paris
Contexte : un patrimoine en tension
Les fermetures de musées, qu’elles soient partielles ou totales, ne sont plus des événements exceptionnels, mais bien une tendance lourde qui interroge la place des collections scientifiques et techniques dans le paysage culturel contemporain. Selon l’enquête « Musées de France 2024 », menée par le Service des Musées de France (SMF) et le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation (DEPS-DOC) du ministère de la Culture, 44 % des musées étaient fermés partiellement (31 %) ou totalement (13 %) en 2023 (p. 13). Ce chiffre, déjà alarmant, sous-estime la réalité : il exclut en effet les institutions dont les collections, mises en caisses depuis des années, n’ont plus d’espoir de réouverture et ne répondent donc plus aux enquêtes. Pourtant, 48 % des musées ayant participé à cette étude déclarent conserver des collections dominées par les sciences ou les techniques (archéologie, ethnologie, industrie, sciences de la nature, etc.) (p. 27) [1]. Comment expliquer ce paradoxe entre l’importance quantitative de ces collections et leur fragilité institutionnelle ?
La réponse tient en partie à des facteurs structurels. Les collectivités territoriales, qui gèrent environ 65 % des musées tous statuts confondus, sont souvent contraintes de faire porter l’effort budgétaire sur des équipements dont l’utilité économique immédiate n’est pas évidente. Les musées scientifiques et techniques, dont la fréquentation est parfois en baisse, deviennent alors des variables d’ajustement. Mais cette explication, si elle est réelle, est insuffisante. Comme le soulignaient déjà Marie-Sophie Corcy et Christiane Demeulenaere-Douyère dans Artefact (n° 5, 2016), « l’imprescriptibilité et l’inaliénabilité confèrent un statut juridique aux collections publiques, mais ne les préservent pas de leur ‘mise en caisses’ » [2]. Les collections, soumises aux vicissitudes des politiques culturelles, des restructurations institutionnelles et des financements publics, restent fragiles, d’autant plus qu’elles échappent souvent à la suprématie des beaux-arts, traditionnellement mieux dotés.
Pourtant, les inquiétudes ne datent pas d’hier. Dès 1988, le Rapport Héritier-Augé [3], remis à Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, alertait sur « la situation criante d’abandon intellectuel et moral » des musées scientifiques nationaux, malgré la richesse de leurs collections. Ce rapport a permis, dans les années 1990, la rénovation de plusieurs établissements, dont la Grande Galerie de l’Évolution du Muséum national d’Histoire naturelle ou le Musée national des techniques (aujourd’hui Musée des Arts et Métiers). Trente ans plus tard, les problèmes persistent, voire s’aggravent. Les bâtiments vieillissent, les budgets se resserrent et les collections, parfois jugées « dépassées » au regard des avancées technologiques ou des injonctions sociétales, peinent à trouver leur place.
Ces journées d’étude se proposent donc d’aller au-delà du constat pour interroger les réactions et les évolutions des pratiques des musées publics ou privés en charge de ces collections. L’enjeu n’est pas n’est pas tant de dresser un état des lieux que de proposer des pistes concrètes pour la conservation, la transmission et la valorisation de ce patrimoine. Comment pérenniser des collections dont la matérialité même les rend vulnérables ? Comment articuler innovation numérique, présence muséale et traçabilité documentaire sans dissoudre le lien entre les publics et les objets ? Comment sécuriser les trajectoires des collections privées, souvent menacées de déshérence ? Autant de questions qui structureront nos réflexions.
Axes thématiques
1. Musées fermés, musées en caisses : entre invisibilisation et attente de jours meilleurs
La pandémie de COVID-19 a révélé, de manière brutale, la vulnérabilité des institutions culturelles. Selon l’ICOM, 27 % des musées étaient encore fermés au printemps 2021, dont 35,5 % en Europe — un taux bien supérieur à la moyenne mondiale [4]. Mais au-delà de cette crise sanitaire, des décisions politiques, prises au niveau local ou national, des difficultés économiques ou encore des réorientations des projets scientifiques et culturels conduisent régulièrement à l’invisibilisation, voire à la fermeture, de pans entiers de collections. Les collections du Musée national des Travaux publics sont, en grande majorité, en caisse depuis 1955. Celles du Musée d’histoire naturelle de Chartres le sont depuis 2015, années de de sa fermeture au public.
Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité. D’abord, la moindre attractivité des musées scientifiques et techniques par rapport à d’autres institutions culturelles est souvent invoquée. Le manque de moyens (bâtiments vétustes, muséographie datée, etc.), corrélé à une baisse de fréquentation, peut en effet ébranler le fonctionnement des musées au point de le remettre en cause. Mais d’autres éléments entrent en jeu. La situation géographique des musées, parfois éloignés des grands axes de circulation, en zones rurales ou désertées par l’industrie, joue un rôle. La question de la médiation est également centrale : les musées de site industriel, par exemple, sont particulièrement fragiles à cet égard, faute de ressources pour adapter leurs discours aux attentes des publics contemporains. Certains musées privés, enfin, s’appuient sur des bénévoles souvent âgés, détenteurs de savoirs et de savoir-faire qu’ils n’ont pas toujours pu transmettre, faute de relève dans un contexte de crise du bénévolat.
Un autre argument avancé pour justifier ces fermetures est la nature même des collections. Celles-ci seraient considérées comme « dépassées » du point de vue d’une actualité scientifique et technologique en constante évolution, voire d’injonctions sociétales sans cesse renouvelées. L’accélération technologique et la volonté d’actualiser les collections avec des dispositifs de plus en plus virtuels pourraient ainsi conduire à une invisibilisation progressive des objets matériels. Pourtant, comme le montrent les exemples du Palais de la Découverte (un accord semble probable pour son retour sur son site historique du Grand Palais) ou du musée de l’Homme (fermé en 2009, rouvert en 2015), ces fermetures ne sont pas toujours définitives. Elles peuvent aussi être l’occasion de réfléchir à de nouveaux projets, comme en témoigne la rénovation en cours du Musée des tissus de Lyon, dont la réouverture est prévue en 2029.
Mais les fermetures temporaires, même pour rénovation, soulèvent des questions sur la pérennité des collections et leur accessibilité pendant les travaux. Comment garantir que les objets, une fois mis en caisses, ne seront pas oubliés ? Comment éviter que ces fermetures ne deviennent définitives ?
2. Collections en tension : entre visibilité, médiation et rupture de traçabilité
La relation des publics aux collections scientifiques et techniques se transforme profondément, à la fois sous l’effet des fermetures physiques et de l’évolution des pratiques documentaires. D’un côté, le développement rapide des dispositifs numériques (Micro-Folies, visites virtuelles, bases de données en ligne) élargit potentiellement l’accès aux œuvres, mais introduit un décalage croissant entre visibilité numérique et invisibilisation matérielle des collections locales. De l’autre, la disparition des paraobjets (marquages, étiquettes, contenants) ou le transfert des archives et des inventaires détachent les objets de leur histoire, les rendant incompréhensibles pour les chercheurs comme pour les visiteurs.
Un paradoxe persistant : Les musées scientifiques et techniques, souvent perçus comme moins attractifs que les institutions dédiées aux beaux-arts, subissent une double pression :
Matérielle : les fermetures temporaires ou définitives invisibilisent les collections, tandis que les rénovations, qui s’étirent dans le temps, soulèvent des questions sur leur pérennité pendant les travaux.
Documentaire : comme l’a montré le colloque « Études de provenances des collections de sciences naturelles et humaines » (Muséum national d’Histoire naturelle, octobre 2025), la séparation entre objets et archives (due aux tris, aux transferts ou à l’absence de politique de conservation) entraîne une perte de traçabilité préjudiciable à la recherche [5]. Pourtant, le récolement décennal a permis de redécouvrir des objets oubliés, offrant aux institutions l’opportunité de se réapproprier ces collections orphelines (ex. : « Collections techniques et scientifiques en quête d’enquêtes : ce que révèlent les objets et leurs archives », Musée des Arts et Métiers et CTHS, 2024 ; Marie-Sophie Corcy, Liliane Hilaire-Pérez, « La salle des produits anglais du Conservatoire des arts et métiers ou la technologie oubliée », 2017).
Le numérique : levier ou piège ?
Le développement des outils numériques, encouragé par les politiques culturelles, peut élargir l’accès aux collections, mais il ne saurait se substituer à l’expérience sensible et située de la rencontre avec les objets. Pour les collections scientifiques et techniques, la perception des éléments matériels (traces d’usure, marquages, préparations) est un vecteur irremplaçable de médiation. La mise en avant du numérique peut marginaliser des institutions fragiles, en créant une hiérarchie implicite entre collections « virtuelles » (valorisées) et collections « physiques » (invisibilisées). Pourtant, des pistes existent pour articuler innovation et présence muséale :
Utiliser la réalité augmentée pour enrichir l’expérience in situ (ex. : reconstitutions 3D d’objets trop fragiles pour être exposés).
Former les publics à la lecture des objets techniques, afin qu’ils en saisissent la complexité historique et matérielle.
Créer des liens entre bases de données numériques et collections physiques, pour éviter que le numérique ne devienne un simple palliatif à la disparition des objets.
La documentation : un enjeu de survie
La rupture de traçabilité aggrave la fragilité des collections. La disparition des paraobjets ou la séparation entre objets et archives rendent les collections incompréhensibles, voire inutilisables pour la recherche. Comme le soulignent Arnaud Hurel et Adèle Chevalier (2025), « la préservation des liens entre objets et documentation est essentielle pour une histoire matérielle des collections » [6]. Pourtant, les pratiques de tri-élimination des archives ou les transferts mal documentés continuent de fragiliser ces liens. Des solutions émergent :
La numérisation des archives et la création de bases de données partagées (ex. : projets collaboratifs entre musées et sociétés savantes).
La réévaluation des collections orphelines grâce à la recherche, comme en témoigne, entre autres, l’étude des premiers peuplements acheuléens en Europe à partir d’une collection de 1863-1864.
Ouverture : vers une approche intégrée
Comment réconcilier les impératifs de conservation matérielle, de médiation numérique et de traçabilité documentaire ? Cet axe invite à réfléchir à des modèles hybrides, où le numérique complète (plutôt que ne remplace) l’accès physique, tandis que la documentation devient un pilier de la valorisation des collections. Des exemples concrets, comme les récolements participatifs ou les partenariats entre musées et archives, pourraient inspirer des solutions durables.
3. Des collections difficiles à conserver sur le long terme : défis matériels et déontologiques
La matérialité même des collections scientifiques et techniques les rend vulnérables, car difficiles — voire impossibles — à conserver sur le long terme. Les « objets XXL »[1], comme les véhicules ou les instruments de grands formats, sont souvent conservés à l’extérieur, soumis aux intempéries, faute d’abri adapté. Certains corpus, comme les naturalia, les pièces détachées de machines ou les artéfacts archéologiques (tessons de poteries néolithiques, par exemple), impliquent une gestion spécifique des collections qualifiées d’« indénombrables », et de leurs inventaires.
Les matériaux eux-mêmes peuvent être la source du problème. Les matières plastiques, dont la composition n’est pas toujours identifiée, connaissent un vieillissement accéléré, allant jusqu’à la décomposition. Les matériaux dangereux (amiante, matières à rayonnements ionisants) ou organiques (animaux naturalisés, éléments en fluide, bois, textile) sont d’autant plus périssables qu’ils peuvent être soumis aux infestations s’ils ne sont pas conservés de façon appropriée. Ces dégradations peuvent générer des procédures de déclassement, voire des destructions massives de séries d’objets jugées irrécupérables. Les collections d’histoire naturelle et les collections d’outils en bois, de maquettes et de moulages en plâtre en ont particulièrement été les victimes.
Enfin, des « réparations » anciennes, échappant à la déontologie actuelle de la restauration, ont pu conduire à la perte de signification d’objets, les rendant « inutiles » à la recherche comme à la transmission. La cannibalisation des machines, les périodes d’utilisation prolongées, les réutilisations successives, les réparations et les changements de pièces témoignent d’une continuité des usages, mais rendent parfois illisible l’état originel des objets, questionnant ainsi leur authenticité.
Face à ces défis, comment concilier impératifs de conservation et réalité des moyens ? Comment évaluer l’intérêt patrimonial d’objets en multiples exemplaires ou mal documentés ? Autant de questions qui nécessitent une réflexion à la fois technique, éthique et déontologique.
4. Trajectoires et pérennité du patrimoine privé : sociétés savantes, associations et amateurs
La loi « musées de France » de 2002 a accordé une protection juridique aux collections et encadré les pratiques patrimoniales. Pourtant, de nombreuses collections scientifiques et techniques échappent à ce cadre. La plupart des musées privés ou associatifs, très nombreux sur le territoire, ne bénéficient pas de l’appellation « musée de France ». C’est également le cas des collections réunies par des érudits, des amateurs, des associations, ou du patrimoine constitué et conservé par les sociétés savantes au fil de leur activité.
Ces collections privées connaissent des trajectoires variées, parfois heureuses, parfois tragiques. Certaines, à la faveur de changements de propriétaires, se trouvent en état de déshérence. Les ensembles patiemment construits sont alors démantelés, dispersés, voire détruits. Pourtant, ils peuvent aussi, pour tout ou partie, intégrer des institutions publiques et bénéficier d’un statut qui en garantit la transmission, la valorisation scientifique, l’accessibilité au public et la pérennité (inaliénabilité et imprescriptibilité). Le cabinet des machines de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, par exemple, a rejoint le Musée du Conservatoire des arts et métiers au XIXᵉ siècle. Mais comment ne pas s’inquiéter de l’avenir des sociétés savantes, alors que les générations actuelles hésitent, par méconnaissance du potentiel des sociabilités savantes, à s’y investir ?
Par ailleurs, les instruments scientifiques, les objets pédagogiques, les supports d’enseignement, les outils et les machines réformés par les universités, les laboratoires et les entreprises sont parfois recueillis et conservés – de façon plus ou moins légale – par des personnels. Ces initiatives de sauvetage, qui reposent souvent sur des démarches individuelles, participent à la constitution de collections et acquièrent parfois un statut patrimonial. La démarche mémorielle qui préside à ces collections est le fruit de la mobilisation de passionnés, d’associations d’anciens professionnels ou de retraités. Ces collectifs ont utilisé, voire conçu, les objets devenus obsolètes. La valeur matérielle de la collection se double alors d’une valeur immatérielle, liée aux gestes professionnels, aux savoirs, aux savoir-faire et aux témoignages des personnes.
5. Pratiques patrimoniales et évolution de la réglementation et des régimes de protection
Les collections scientifiques et techniques, parfois constituées d’importantes séries d’objets, peuvent apparaître comme pléthoriques. Lorsqu’elles ont été réalisées dans l’urgence (situations de sauvetage, missions ethnographiques, etc.), les collectes ont pu tendre à l’exhaustivité, sans tri ni sélection préalable au processus de patrimonialisation. Au-delà du flux continu de spécimens et de pièces directement lié à la pratique scientifique, l’absence de politique d’acquisition clairement définie par l’institution d’accueil a pu conduire à l’utopie de vouloir tout conserver.
Dans les musées de France, ces accumulations passées et non entrées à l’inventaire appartiennent à la catégorie dite du matériel d’étude. On y retrouve des objets à étudier, mais souvent peu documentés et pas forcément identifiés dans leur usage, leur provenance ou leur statut juridique. Y figurent aussi des objets en multiples exemplaires, dont l’intérêt patrimonial est en attente d’évaluation. Leur traitement s’effectue en parallèle du récolement de la collection déjà inventoriée. Mais il peut s’agir également d’ensembles de pièces non inventoriés, identifiés notamment à l’occasion des opérations de récolement décennal.
Le premier récolement décennal, qui s’achève en 2025, a conduit les musées à se plonger dans l’étude des inventaires et l’histoire des collections. Ces travaux ont mis en évidence des objets disparus (vols, spoliations, destructions) ou, au contraire, permis des redécouvertes (objets déposés dans d’autres institutions, identification des provenances, intérêt réévalué, etc.). Le récolement amène aussi à régulariser la situation critique de certains objets par des radiations (inscriptions indues, perte totale de l’état matériel) ou des déclassements (perte de l’intérêt patrimonial).
Complémentaire du régime de protection des musées de France, la protection au titre des Monuments historiques peut concerner des objets techniques fonctionnels (notamment le patrimoine des transports), identifiés comme des « collections vivantes », avec les difficultés d’entretien et de maintenance que cela suppose. Enfin, l’absence de protection juridique pèse sur certaines collections d’histoire naturelle. La journée d’étude sur la protection juridique du patrimoine naturel, organisée en 2025 sous l’égide du CTHS à l’Assemblée nationale par Brigitte Zanda, Amélie Vialet et Jean-Luc Chappey, avait précisément pour but de sensibiliser les députés à cette question [7].
Modalités pratiques
Les propositions de communication devront être envoyées avant le 15 juillet 2026 aux adresses qui suivent. Elles comprendront :
Un titre ;
Un résumé de 3000 caractères maximum (espaces compris) indiquant les sources, les choix méthodologiques de l’auteur ou des auteurs, ainsi que leurs titres et institutions de rattachement.
à envoyer à : marie-sophie.corcy@lecnam.net
rosène.declementi@lecnam.net
arnaud.hurel@mnhn.fr
olivier.labat@lecnam.net
guy.lambert@paris-belleville.archi.fr
Comité d’organisation
Michèle Antoine
Marie-Sophie Corcy
Rosène Declementi
Arnaud Hurel
Olivier Labat
Guy Lambert
[1] Griffaton, M.-L., Marie-Noëlle Polino, M.-N., « La préservation et la mise en valeur des collections de transport « XXL » dans les musées », Corcy, M.-S., Herlea, A. (dir.), 2023.
vendredi 3 juillet 2026
Féminicide
Féminicide
Appel à contributions
« traverse » Zeitschrift für Geschichte. Revue d’histoire 1/2028
* * *
Le féminicide est la forme la plus grave de violence sexiste : le meurtre d’une femme du simple fait qu’elle est une femme. Les féminicides ne sont pas des cas isolés, ils s’inscrivent dans le continuum de la violence à l’égard des femmes et se produisent partout où existent des structures patriarcales. Ce numéro thématique part du principe que le « féminicide » ne doit pas être abordé uniquement au cas par cas, mais dans le cadre d’un « continuum féminicidaire » : le féminicide est rendu possible par les structures patriarcales – il convient d’en tenir compte d’un point de vue historique, notamment pour ne pas perdre de vue la responsabilité masculine dans les féminicides.
Argumentaire
Le féminicide est la forme la plus grave de violence sexiste : le meurtre d’une femme du simple fait qu’elle est une femme. Les féminicides ne sont pas des cas isolés, historiques ou régionaux. Ils s’inscrivent dans le continuum de la violence à l’égard des femmes et se produisent partout où existent des structures patriarcales.
Bien qu’il y ait eu auparavant des tentatives pour définir les meurtres de femmes liés au genre, le concept de féminicide n’a été élaboré qu’à la suite du Tribunal international des crimes contre les femmes, qui s’est tenu à Bruxelles en mars 1976 (Giacinti 2025). Diana H. Russell, une participante à cet événement, a ensuite coécrit avec Jill Radford l’ouvrage fondateur Femicide : The Politics of Woman Killing (1992). Dans les années 1990 également, Karen Stout a démontré que le danger mortel pour les femmes provenait principalement de leurs partenaires et des membres masculins de leur famille au sein de leur propre foyer (« intime femicide »). Au cours des dix dernières années, le terme « féminicide » a finalement trouvé une place plus large dans le paysage médiatique, dans les débats pénaux et politiques, mais aussi dans les sciences historiques. Le collectif féministe « Ni una menos » a joué un rôle décisif à cet égard : depuis 2015, il descend dans la rue en Argentine pour lutter contre le « feminicidio » systémique, tout en soulignant le rôle historique et actuel de l’État (en particulier de la junte militaire) dans l’histoire de la violence sexiste à l’égard des femmes.
Ce numéro thématique part du principe que le « féminicide » ne doit pas être abordé uniquement au cas par cas, mais dans le cadre d’un « continuum féminicidaire » (Taraud 2022) : le féminicide est rendu possible par les structures patriarcales – il convient d’en tenir compte d’un point de vue historique, notamment pour ne pas perdre de vue la responsabilité masculine dans les féminicides. En effet, les recherches historiques et sociologiques ont réfuté l’idée selon laquelle le féminicide serait simplement l’expression d’un élan émotionnel ou un « meurtre passionnel ». D’un point de vue historique, la violence à l’égard des femmes a toujours été attisée et légitimée par les stéréotypes (par exemple, la sorcellerie, l’hérésie), la discrimination (par exemple, la prostitution, l’avortement) et les rapports de force inégaux (par exemple, le droit matrimonial, le droit successoral, l’accès à l’éducation, la participation politique, etc.).
Les contributions à ce numéro aborderont, sous plusieurs perspectives, différents contextes historiques dans lesquels des féminicides ont eu lieu. On peut par exemple penser au cadre familial, aux institutions étatiques, à l’expansion coloniale, aux guerres, aux soins de santé, à l’éducation, aux médias ou à la culture populaire. Les contributions peuvent s’interroger sur la manière dont les représentations sociales, économiques, culturelles ou religieuses, telles que celles de la « propriété », du « sacrifice », de « l’honneur » ou de la « passion », ont influencé la reconnaissance de la violence sexiste, ainsi que sur leurs conséquences en matière de sanction, d’atténuation de la peine, voire d’impunité. La question des acteurs historiques et des actes eux-mêmes revêt également une importance particulière. Enfin, nous recherchons des contributions qui abordent le féminicide dans une perspective historique en mettant en lumière ses imbrications intersectionnelles complexes avec d’autres formes de discrimination (racisme, colonialisme, transphobie, classisme, capacitisme, âgisme, etc.). Fondamentalement, les articles devront d’une part discuter de la manière dont les féminicides peuvent être abordés sous un angle historique et (trans)périodique, et d’autre part interroger les conditions historiques qui ont permis l’émergence récurrente de ce phénomène systémique et persistant de violence sexiste envers les femmes.
Modalités de contribution
Le dossier thématique sera publié dans le numéro 1/2028 de traverse. La première version des manuscrits devra être soumise pour le 15 janvier 2027. Les articles ne doivent pas dépasser 30’000 caractères (espaces compris) et seront soumis à une procédure de double-blind peer review. Pour les directives formelles et les instructions éditoriales, voir https://revue-traverse.ch/fr/proposer-un-article/formale-vorgaben-fuer-traverse/.
Nous invitons les personnes intéressées à envoyer un abstract (environ 400 mots), une notice biographique d’une demi-page maximum et leur liste de publications avant le 1er septembre 2026 à Pauline Milani, Matthias Ruoss et Isabelle Schürch.
Coordination du numéro 1/28 PD
Dr Matthias Ruoss, Université de Fribourg matthias.ruoss@unifr.ch
Prof. Isabelle Schürch, Universität Wien isabelle.schuerch@univie.ac.at
PD Dr Pauline Milani, Université de Fribourg pauline.milani@unifr.ch
Références citées
Giacinti Margot, Le commun des mortelles : faire face au féminicide, Quimperlé 2025.
Radford Jill et Russell Diana E. H. (éds.), Femicide : the politics of woman killing, New York 1992.
Taraud Christelle (éd.), Féminicides : une histoire mondiale, Paris 2022.
Contacts Pauline Milani
courriel : pauline [dot] milani [at] unifr [dot] ch
Isabelle Schuerch
courriel : isabelle [dot] schuerch [at] univie [dot] ac [dot] at
Matthias Ruoss
courriel : matthias [dot] ruoss [at] unifr [dot] c
jeudi 2 juillet 2026
Médecine, race et esclavage dans le monde transatlantique
Medicine, Race, and Slavery in the Transatlantic World, 1600–1850
Past & Present Volume 271, Issue Supplement_18, May 2026 SUPPLEMENT
Medicine, Race, and Slavery in the Transatlantic World, 1600–1850
Hannah Murphy
Crafting Inability: Slavery, Medicine, and Disability in Early Modern Tuscany
Lucia Dacome
Medical Practitioners, The Archive, and the Making of Slavery in Early Modern Barbados
Hannah Murphy
The Origins of Modern Public Health in Anglo-Caribbean Slavery, 1764–1790
Sascha Auerbach
‘But Their Mouths are Sealed’: Medical Practitioners in French Colonial Courtrooms, 1828–1848
Teresa Göltl
Pathology, Heredity, and the Varieties of Man, 1650–1800
Kevin Siena
Race, Medicine, and Causation in the Eighteenth-Century Atlantic World
Suman Seth
Enduring Medical Knowledge in the Age of Slavery
Rana A Hogarth
Aetiological Politics, Mental Illness, and Affective Neuroscience in British Slave Trade Abolition
Carolyn Roberts
The Transformation of Smallpox Inoculation in the Early Modern Atlantic World
Elise A Mitchell
‘Our Ethiopian Boys’: Medicine, Missions, and the Construction of Human Difference in Northeast Africa, c.1690–1750
Brendan Röder
Healing, Mobility, and Belonging: ‘María Phelipa de Color Negro’, A Black Woman Healer Navigating the Canary Islands, 1712–1729
Carolin Schmitz
mercredi 1 juillet 2026
9e congrès de la SFHST
9e Congrès de la Société française d'histoire des sciences et des techniques
Appel à symposiums
Le 9e Congrès de la Société française d'histoire des sciences et des techniques (SFHST) se tiendra à Nantes, du 21 au 23 avril 2027. Organisé par la SFHST et le Centre François Viète, il réunira pendant trois jours plus de 200 participantes et participants et offrira un panorama de la richesse et de la diversité des recherches en histoire des sciences et des techniques.
Les symposiums constituent le cœur du programme scientifique du congrès. Nous vous invitons dès à présent à proposer des sessions thématiques qui reflètent la diversité des objets, des approches et des communautés de recherche de notre discipline.
Vos soumissions devront comporter un titre et un résumé de 500 mots maximum. Les symposiums peuvent être proposés et coordonnés par plusieurs personnes mais, pour des raisons techniques, nous vous demandons de n’indiquer qu’un·e seul·e interlocuteur·e ; le nombre d’interventions par symposium pourra aller de 3 à 11 personnes mais vous n’avez rien à déclarer pour l’instant.
Toutes les propositions de symposiums devront être déposés directement sur la plate-forme hébergée à l'adresse suivante avant le 1er octobre 2026 : https://sfhstnantes2027.sciencesconf.org
Si vous disposez déjà d’un compte sur sciencesconf.org ou sur HaL, vous pouvez l'utiliser. Si vous ne possédez pas encore de compte pour le site la procédure est très simple et rapide.
Les appels à communications individuelles dans le cadre des symposiums retenus et à communications libres auront lieu dans une seconde phase à partir du 1er novembre 2026.
Si vous avez des questions à propos de ce congrès, n’hésitez pas à contacter le comité d'organisation (sfhstnantes2027@sciencesconf.org).
mardi 30 juin 2026
L'import-export épidémique
Ports, navires et marins dans "l'import-export épidémique" (XVIIe- XXe siècles)
ABPO 133-2026/2
Forrer Anne (dir.), Gouffran Laure-Hélène (dir.), Séguy Isabelle (dir.)
Les articles présentés dans ce volume mettent en perspective l’augmentation et l’internationalisation des flux commerciaux avec la préoccupation naissante de la santé des marins, dans un contexte de colonisation de territoires ultramarins. Ils soulignent les représentations liées à cette circulation maritime des épidémies et éclairent le lecteur sur le rôle croissant de l’État, à partir de la seconde moitié du xviiie siècle, à la fois dans l’intensification du contrôle administratif des espaces littoraux métropolitains et coloniaux, et dans la mise en place de politiques sanitaires nouvelles.
Sommaire
Entre peurs et réalités : des navires porteurs de maladie/Between fears and reality: ships carrying disease
- Laure-Hélène Gouffran | Histoire d’un récit contaminé : quand la peste arrive à Marseille (1348-1720)The story of a contaminated narrative: when the plague struck Marseille (1348–1720)
- Gilbert Buti | Toulon malade de la peste (1664-1665). Circulation erratique du mal et fiasco militaire/Toulon stricken by the Plague (1664–1665). The erratic spread of the disease and a military debacle
- Anne Forrer | Un voyage aux conséquences imprévues. Quand le choléra s’embarque sur l’Étoile en 1848/A journey with unforeseen consequences. When cholera boarded the Étoile in 1848
Des conceptions médicales aux pratiques : médecins et capitaines à la barre/From medical concepts to practice: doctors and captains at the helm
- Alexandre Couturier | Contagion et infection à bord : discours sur l’étiologie des maladies épidémiques en mer en France au XVIIIe siècle/Contagion and infection on board: Discourse on the etiology of epidemic diseases at sea in 18th century France
- Isabelle Guégan | Des médecins à la manoeuvre pour éviter les épidémies à bord des escadres de la Royale au XVIIIe siècle/Doctors took charge of preventing outbreaks of disease on board the Royal Navy’s squadrons in the 18th century
- Denis Le Guen | Les marins de Nantes et la maladie de Siam à la fin du xviie et au début du XVIIIe siècle : le traitement disciplinaire d’une population mobile et captive/Sailors from Nantes and Siamese fever in the late 17th and early 18th centuries: Disciplinary measures against a mobile and captive population
- Rocco Boero | La gestion de l’information sanitaire dans l’espace méditerranéen, entre intérêts commerciaux et rivalités politiques. Le cas du capitaine Millich (1784)/Health information management in the Mediterranean region: Between commercial interests and political rivalries. The case of Captain Millich (1784)
Les espaces coloniaux à l’épreuve des épidémies/Colonial territories put to the test by epidemics
- Alexandre Getenet | La quarantaine dans les ports des colonies esclavagistes de la monarchie française (1685–1721)/Quarantine in the ports of the French monarchy’s slave-trading colonies (1685–1721)
- Nicolas Ribeiro | La création de l’avant-port de la Trinité à la Martinique en 1690 pour lutter contre la maladie de Siam/The establishment of the outer harbor of La Trinité in Martinique in 1690 to combat Siamese fever
- Guillaume Linte | Mobilités maritimes et circulation des maladies dans le premier empire colonial français : le cas du « retour » de la lèpre au XVIIIe siècle)Maritime mobility and the circulation of diseases in the first French colonial empire: the “return” of leprosy in the 18th century
- Marie Brualla Challet | « Ils portent le choléra dans leur culotte ». Enjeux politiques et économiques de la défense sanitaire maritime en Océanie (1890-1930)/“They carry cholera in their pants.” political and economic issues in maritime public health in Oceania (1890–1930)
lundi 29 juin 2026
Praticiens, patients et conflits de santé à Paris et à Londres (1300-1560)
Soigner en ville. Praticiens, patients et conflits de santé à Paris et à Londres (1300-1560)
Hélène Leuwers
Pages: 413 p.
Size:178 x 254 mm
Illustrations:1 tables b/w.
Language(s):French
Publication Year:2026
À Paris et à Londres, entre le XIVe et le milieu du XVIe siècle, les médecins, chirurgiens et barbiers ne se partagent pas les soins et les pathologies à traiter sans tensions. Dans ces milieux de santé urbains hétérogènes et concurrentiels, des conflits professionnels éclatent à propos du droit d’exercer en ville, des pratiques irrégulières et des prérogatives des différents corps de soignants. Ces querelles s’ajoutent à celles qui opposent des praticiens à leurs patients au sujet des soins et de leur rémunération, dans le cadre d’activités qui doivent composer avec l’évolution imprévisible des maladies et la faillibilité du thérapeute.
Les conflits judiciaires invitent à découvrir, sur fond de crises épidémiques, la médecine et la chirurgie du quotidien, les prémices de la responsabilité des soignants, l’évolution des attentes des patients, les dynamiques historiques qui façonnent les groupes professionnels et la progression des préoccupations sanitaires des autorités urbaines, universitaires et souveraines. Les différends se révèlent étonnamment féconds : ils permettent aux acteurs de s’approprier des moyens d’action, de définir leurs conceptions de la médecine et de la chirurgie, de forger les normes qui encadrent les pratiques et de renforcer leur cohésion professionnelle.
dimanche 28 juin 2026
Albert Sabin
Karen Torghele
Publisher : Yale University Press
Publication date : June 23, 2026
Language : English
Print length : 416 pages
ISBN-10 : 0300272634
ISBN-13 : 978-0300272635
The untold story of Albert Sabin, who developed the oral polio vaccine and became a controversial public health advocate for children worldwide
Jonas Salk may be the name most associated with the polio vaccine, but it was Albert Sabin’s oral vaccine that made the goal of global eradication of poliomyelitis a possibility. Epidemiologist Karen Torghele draws on exclusive interviews, archival research, and the scientist’s own lab notebooks to deliver the first definitive biography of Sabin (1906–1993). She reveals a man driven by compulsion, whom Yale virologist John R. Paul described as “a fierce joy” when he was making new discoveries. But though his work reshaped virology and vaccine development, he was burdened by ego and an abrasive personality that would haunt his legacy.
Sabin’s journey spanned continents and conflicts, from being a World War II hero to facilitating Cold War diplomacy, culminating in a risky experiment to test his vaccine in the USSR near the peak of the McCarthy era. Torghele combines biography and science to establish Sabin’s place in medical history, illuminating the research, politics, and private issues behind one of the twentieth century’s most controversial personalities―and offering insight into what we can learn from Sabin’s experiences as we address vaccine







