lundi 6 avril 2026

Misère de la psychiatrie

Misère de la psychiatrie

Steeves Demazeux



Presses universitaires de France
Collection : Sciences dans la cité
Date de parution : 26/03/2026


La psychiatrie est la plus décriée et la moins appréciée des disciplines médicales. Son histoire est parsemée d’erreurs scientifiques funestes et de controverses lancinantes. Hier comme aujourd’hui, elle compte de nombreux adversaires, dont certains vont jusqu’à réclamer son abolition pure et simple. Dans ce « précis de désorientation », le philosophe Steeves Demazeux revient sur l’histoire tumultueuse de l’antipsychiatrie des années 1960 et 1970. Il entreprend de déconstruire certains mythes tenaces qui se sont cristallisés à cette époque et qui continuent d’être véhiculés dans le débat public contemporain. L’enjeu est de rebattre les cartes permettant de penser les rapports entre psychiatrie et politique, mais aussi entre médecine et société. Les troubles mentaux existent-il vraiment ou ne sont-ils que des constructions sociales ? La contestation antipsychiatrique était-elle toujours du côté des patients ? Pourquoi le recours aux électrochocs n’a-t-il pas disparu ? La psychothérapie institutionnelle des années 1960 était-elle la bonne solution ? Les médicaments psychotropes sont-ils efficaces ? La psychiatrie scientifique a-t-elle fait des progrès notables ? 

dimanche 5 avril 2026

Antonin Artaud et Jacques Latrémolière

Antonin Artaud et Jacques Latrémolière, la relation insolite entre un patient et son psychiatre

Patrick Albert Pognant


L'Harmattan
Date de publication : 16/04/2026
Collection : Médecine à travers les siècles


Cet ouvrage, complément à Antonin Artaud, la mise en échec de la médecine du même auteur, met en scène les relations insolites entretenues à l’HP de Rodez (Aveyron) entre Antonin Artaud (1896-1948), alors âgé de 47 ans, et le jeune interne Jacques Latrémolière (1918-1991) qui, du haut de ses 25 ans, lui infligea en 1943 cinquante électrochocs, sans que jamais le patient ne le lui reprochât dans ses lettres car, pour lui, Latrémolière était un ange.
Outre les écrits complets publiés par J. Latrémolière (sa thèse, ses articles), ce livre propose notamment un tapuscrit inédit de l’auteur, Antonin Artaud, l’Abandonné de Dieu ?, ainsi qu’une lettre inédite de six pages d’Artaud adressée à Serge Moreux en 1943 et, destinées à Latrémolière, des lettres inédites (de la sœur d’Artaud et de G. Ferdière, P. Boujut, l’abbé Julien).
Outil pour la recherche artaldienne et celle de l’histoire de la médecine, avec les documents et les analyses critiques qu’il y verse, l’ouvrage de P.-A. Pognant s’adresse aussi à un plus large public qui découvrira un homme en souffrance dont l’intelligence supérieure s’est trouvée annihilée par la haine sidérante qu’il déploya à l’encontre de son ancien patient, quarante ans après leur séparation, ce qui fait de son tapuscrit une curiosité dans la littérature médicale du XXe siècle.

samedi 4 avril 2026

Les espaces de la santé

Phd opportunity "Spaces of Health: Connecting Past and Present Experiences of Health and Wellbeing in Heritage" 

Call for applications

 

Historic England and the University of Leeds are pleased to announce the availability of a fully funded, four-year Collaborative Doctoral Studentship from 1 October 2026 under the AHRC’s Collaborative Doctoral Partnerships (CDP) scheme.

From historic hospital buildings to medical museums, England’s health heritage has a powerful role to play in supporting wellbeing — but we don’t yet know how. This PhD project will uncover how these unique sites can draw on their own histories and collections to benefit communities now and in the future. It explores how England’s rich medical and healthcare heritage can be used to support public health and community wellbeing today. While heritage engagement is widely recognised as beneficial, we know surprisingly little about how sites with historic ties to medicine – from former hospital buildings and clinics to medical museums – might offer unique opportunities for promoting wellbeing. These health-related heritage institutions (HRHIs) have distinctive histories that shape how people experience them, yet their potential as public health assets remains underexplored. 

The research project will investigate that potential through a national study of HRHIs in England, complemented by at least two in-depth case studies with additional project partners: St Bartholomew’s Hospital and the Thackray Museum of Medicine. This combination of breadth and depth will allow the researcher to map the landscape of England’s health heritage while also examining, up close, how specific institutions engage visitors, interpret their histories, and design wellbeing-focused programmes. 

Working with archives, collections, heritage professionals, and community participants, the project will develop new insights into how HRHIs can use their unique legacies to benefit local communities. 

You will have the opportunity to shape the project based on your interests, background and experience. Indicative research questions might include: 

  • How can HRHIs work most effectively to promote community and audience health and wellbeing?
  • How and why do historic and contemporary associations of places with healthcare impact on audience and community experience?
  • What are the most effective approaches that HRHIs can take to promote health through their collections?
  • What can we extrapolate from the experience of HRHIs to inform practice across the wider heritage sector?


The project will be jointly supervised by researchers at the University of Leeds (James Stark and Helen Graham) and heritage professionals at Historic England (Linda Monckton and Simon Taylor).

The student will be expected to spend time at both Historic England and the University of Leeds, as well as becoming part of the wider cohort of CDP funded students across the UK under the AHRC’s CDP scheme.

This PhD opportunity provides full tuition fees, a maintenance stipend set at UKRI rates (£21,805 for full-time in 2026/27, pro-rata for part-time candidates), and generous travel and training allowances, and is open to both Home and International fee applicants. You can find full details of the award and application process here

Deadline: 5pm (UK time) 1 May 2026, with interviews for shortlisted candidates in early June.

vendredi 3 avril 2026

Histoire de la psychiatrie au Japon

Histoire de la psychiatrie au Japon 


Conférences d'Akihito Suzuki 



Le Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale (CRCAO) et l’Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est (IFRAE) organisent, en collaboration avec le Collège de France et le Tokyo College de l’Université de Tokyo, une série de conférences de SUZUKI Akihito (Université de Tokyo) au mois d’avril 2026 : 

Vendredi 10 avril, 17h-18h
« Madness at Home in Tokyo: The Psychiatrist, the Patient, and the Family in Tokyo, 1920-1945 »
Séance publique sous l’invitation de Patrick Boucheron, chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle »
Lieu: Collège de France, Amphithéâtre Maurice Halbwachs (11 place Marcellin Berthelot, 75005 Paris) 

Lundi 13 avril, 14h30-16h
« The Geographical and Social Establishment of Early Mental Hospitals in Tokyo 1880-1945 »
Dans le cadre de la séance commune du cours « Santé et Société » (L2 études japonaises, Inalco) et du séminaire « Anthropologie et Histoire du corps et de la santé » (Master études japonaises, Université Paris Cité)
Lieu: Inalco, amphi 8 (4e étage, 65 rue des Grands Moulins) 

Mardi 14 avril, 16h-18h
« The Second World War and the Destruction of the Psychiatric Hospitals »
Conférence animée par Ken Daimaru (UP Cité, CRCAO), avec Nicolas Henckes (CNRS, Cermes3) et Sheldon Garon (Princeton University, Sciences Po)
Lieu: Université Paris Cité, salle Léon Vandermeersch (481C, 4e étage, aile C, bâtiments des Grands Moulins, 8 esplanade Pierre Vidal-Naquet, 75013, Paris) 

Mercredi 15 avril, 16h30-18h30
« Police, Korean patients and the Public Sphere of Tokyo »
Conférence animée par Sarah Terrail Lormel (Inalco, IFRAE), avec Marianna Scarfone (SAGE, Unistra) et Jimin Choi (D. Kim Foundation / Cambridge University)
Lieu: Inalco, salle 417 (4e étage, 65 rue des Grands Moulins)



Akihito Suzuki was born in 1963 in Shizuoka, Japan. He received a BA (1986) and an MPhil (1988) from the University of Tokyo. He studied the history of medicine in London and received a PhD in 1992. After completing a few postdoctoral positions in England, Scotland, and Tokyo, he began teaching at Keio University in 1997. Since 2021, he has been teaching the history of medicine at the University of Tokyo. His speciality is the history of psychiatry and infectious diseases in Europe and Japan. He published Madness at Home: The Psychiatrist, the Patient, and the Family in England (2006) and Reforming Public Health in Occupied Japan, 1945-52 (2012, co-authored with Chris Aldous). He was awarded the Gijuku Prize at Keio University (2007) and the Carlson Award at the Cornell Medical School (2014).

jeudi 2 avril 2026

Les logiques du corps

Les Logiques du corps. Une autre manière de penser le temps

Georges Vigarello

Le seuil

20/03/2026



Mobilisant aussi bien les savoirs scientifiques que les conceptions philosophiques et religieuses, ou encore les œuvres de fiction et l’histoire de l’art, Georges Vigarello explore les différentes façons par lesquelles les sociétés occidentales ont pensé le corps humain dans son unité. Avec un souci d’intelligibilité remarquable, il met en lumière la succession de modèles (le modèle humoral, fibreux, énergétique, informationnel) par lesquels le corps a été appréhendé depuis l’Antiquité jusqu’au temps présent.
Au-delà d’une telle succession, il porte une attention subtile à ses usages, aux manières d’être et d’agir qui ne cessent d’évoluer au cours de l’histoire. Le livre montre comment le corps occidental est travaillé par des principes décisifs d’affranchissement, d’individualisation et de sensibilité, ouvrant sur une manière totalement inédite de penser le temps : dynamique centrale, originale, traversant la longue durée, d’où les individus tirent leur force, comme leur possible fragilité. Notre propre conception contemporaine du corps en sort singulièrement dépaysée.



Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, Georges Vigarello a notamment publié au Seuil Histoire du viol (XVIe-XXe siècle) (1998), Histoire des pratiques de santé (1999), La Silhouette (2012), Le Sentiment de soi (2014) et Histoire de la fatigue (2020). Il a dirigé par ailleurs plusieurs ouvrages collectifs, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, dont une Histoire du corps en 2006.

mercredi 1 avril 2026

En l'honneur de George Weisz

Histories of Medicine: A Workshop in Honour of George Weisz



May 13, 2026
SSoM, 3647 Peel, Don Bates Seminar Room, 101



13:00-13:30 Introduction

13:30-14:15 Raúl Necochea López (Chapel Hill) "A Nearly Disavowed Oral History Adventure with Medical Students"

14:15-15:00 Clare Herrick (King’s College London)

15:00-15:15 Coffee

15:15-16:00 Shelley McKellar (Western University)

16:00-17:00 Mary Hunter (McGill University)

17:00-17:15 George Weisz (McGill University)

17:15 Reception

mardi 31 mars 2026

Les premières femmes médecins

Place aux femmes ! Les premières femmes médecins

Journée d’étude 

Le 3 avril 2026
Halle aux Farines, 10 | Salle 064E – 16 rue Françoise Dolto, 75013 Paris


À l’occasion de l’exposition « Place aux femmes ! Les premières femmes médecins » à découvrir prochainement à la BU Grands Moulins, faisons le point sur cette thématique. En effet, depuis une trentaine d’années, médecins, sociologues, historiennes et historiens ont œuvré pour sortir ces pionnières de l’oubli et mieux les faire connaître. Qui étaient-elles ? Quels ont été leurs combats ? Pourquoi les premières femmes médecins ont-elles durablement servi de modèle aux femmes désireuses de s’émanciper ?

Les intervenantes et intervenants de cette journée d’étude permettront de faire découvrir les multiples parcours et héritages de ces femmes médecins, en croisant les approches disciplinaires et les perspectives.

Inscription

Programme de la journée

Matin (9h30 à 12h)9h30 : Accueil
 
9h50 à 10h : Mot de bienvenue

> Session 1 – Études et vie professionnelle

10h à 10h40 : La femme médecin : sa raison d’être au point de vue du droit de la morale et de l’humanité (Augustine Girault, 1868) : état des lieux d’un débat à la veille de l’accès des femmes au doctorat en médecine – Nathalie Sage-Pranchère, Laboratoire SPHERE, CNRS

10h40 à 11h20 : Être femme et médecin au quotidien : des premières au tournant de la Première Guerre mondiale – Amélie Puche, post-doctorante, Institut des humanités en médecine (CHUV-UNIL)

11h20 à 12h : Médecin et malvoyante : Melania Lipińska (1865-1933), un parcours de résilience, international et atypique – Aude Fauvel, professeure associée, Institut des humanités en médecine (CHUV-UNIL)

12h à 13h30 – Pause déjeuner
Après-midi (13h30 à 18h)

> Session 2 – Le genre « doctoresse » questionné

13h30 à 14h10 – La “nature féminine” comme argument : débats autour de la femme médecin – Natalie Pigeard-Micault, Musée Curie-CNRS

14h10 à 14h50 – De savantes étrangères, fascinantes et inquiétantes : genre et « slavité » dans la réception des étudiantes et docteures en médecine de l’Empire russe à Paris (1868-1914) – Juliette Louvegny, Université de Namur, Aspirante F.R.S.-FNRS

14h50 à 15h30 – Quand les hommes riaient des docteurs en jupons – Agnès Sandras, Université Paris Cité, Direction Générale Déléguée aux Bibliothèques et Musées (DGDBM), Pôle Patrimoine, culture et rayonnement scientifiques (PCRS)

15h30 à 16h – Pause


> Session 3 – Portraits de femmes médecins

16h à 16h40 – Caroline Schultze, médecin aux PTT jusqu’à l’épuisement – Mikhaël Moreau, doctorant, IHM (CHUV-UNIL)

16h40 à 17h20 – Marthe Francillon-Lobre (1873-1956), première interne française : entre parcours prestigieux et héritage discret – Alix Vogel, doctorante, IP (UNIL)

17h20 à 18h – Madeleine Pelletier et Constance Pascal. Les deux premières internes des asiles de la Seine – Pierrette Caire Dieu, psychiatre

Chaque intervention comprend un temps d’échange avec le public.

lundi 30 mars 2026

La matérialité de la psychiatrie

La matérialité de la psychiatrie 



Appel à articles 


Proposition de numéro thématique pour Ethnologie française
Portée par Audrey Higelin-Cruz (Sophiapol, Université Paris Nanterre ; CH Guillaume Régnier) et Agathe Meridjen-Manoukian (ISP, Université Paris Nanterre ; Archives dép. Val-de-Marne)



La psychiatrie est un champ de recherches exploré depuis longtemps. L’étude de cette discipline, de sa pratique et son développement, sont concomitants du développement de la psychiatrie elle-même. Les sociologues de la fin du XIXe siècle questionnent en effet les apports et limites des sciences des maladies mentales dans l’étude des sociétés, l’intégration ou non de la psychologie étant notamment au cœur de la querelle disciplinaire entre Gabriel Tarde et Émile Durkheim. Comme les aliénistes, ensuite appelé-es psychiatres, leurs réflexions s’appuient sur les descriptions de la patientèle asilaire via des bribes d’observations ou des aperçus statistiques souvent issus de la littérature médicale. Les terrains d’observation sont évidemment l’asile, pas toujours facile d’accès, la prison, l’espace public des rues ou encore le cercle restreint des familles qui garde un proche à domicile. Au XXe siècle, Allan Young intègre la méthode généalogique à son ethnographie d’un service psychiatrique prenant en charge des vétérans aux syndromes de stress post-traumatiques (P. Béhague, Lézé, 2015), et Georges Devereux (1970) promeut en France une ethnopsychanalyse influente. Étudiée pour sa fonction politique ou sociale, à la suite de Michel Foucault (1961) et de l’ouvrage séminal d’Erving Goffman (1968 ; traduction française 1975) notamment via l’internement à l’asile, la psychiatrie est aussi interrogée dans sa pratique quotidienne, au ras du sol, des patient-es et des professionnel-les. En filigrane, se dessine toute une impulsion ethnographique attentive aux détails. A la même période, la psychiatrie elle-même s’interroge à l’aide de l’ethnographie : la clinique de Fann à Dakar a été centrale dans le développement d’une ethnopsychiatrie toujours influente, et la psychothérapie institutionnelle se nourrit de sciences sociales (Gallien, Collignon, 2022).

Plus récemment, parmi les recherches qui s’intéressent à la psychiatrie depuis le début des années 2000, nombreuses sont celles qui mobilisent les méthodes ethnographiques (Monjaret, 2001 ; Velpry, 2006 ; Henckes, 2007 ; Moutaud, 2009 ; Moreau, 2017 ; Marques, 2011 ; Tartour, 2021 ; Linder, 2023). A la suite de ces enquêtes, et prenant acte des liens disciplinaires étroits entre ethnographie et psychiatrie évoqués plus haut, cet appel invite à l’étude de la psychiatrie par une méthode ethnographique. Nous invitons plus spécifiquement à interroger et analyser sa matérialité : celle des lieux, celle des corps, celle des objets, l’ensemble sans restriction pour dresser le tableau fin de la psychiatrie saisi par l’ethnographie. D’une manière générale, nous cherchons à savoir ce qui fait, matériellement, la psychiatrie, à la fois comme un terrain matériel particulier et comme un point d’observation de nos sociétés. Comment la psychiatrie est-elle pratiquée et vécue, de manière concrète et jusque dans les chairs intimes, par ses professionnels et ses usagers ? Enfin et parallèlement, comment une étude de la psychiatrie au prisme de sa matérialité permet autant une analyse du quotidien psychiatrique qu’un point d’entrée réflexif sur les méthodes ethnographiques ?

1. L’institution en pratique(s)
Cet axe invite à une ethnographie de la structure au fur et à mesure de son cheminement, jusqu’à la dépasser pour observer la psychiatrie dans l’ensemble de la société. Il conviendra d’y aborder des analyses (dé)ambulatoires : routine(s) et quotidien(s) au-dedans et au-delà de l’hôpital psychiatrique, mais également la matérialité de la psychiatrie dans ses traces les plus tangibles. Qu’est-ce qui touche la psychiatrie et que touche-t-elle à son tour ? Comment se façonne l’environnement psychiatrique ?

Entrée, déambulation, sortie ou séjour plus long : les analyses peuvent porter sur une observation distante ou participante, sur différents moments de la routine médicale ou de ses imprévus, et sur tous les services et espaces constituant l’hôpital psychiatrique : services médicaux bien sûr, mais également administratifs, juridiques, techniques… Il s’agit véritablement de déambuler dans l’hôpital (La Soudière, 2023, Higelin-Cruz, 2024), ce qui peut inclure les dispositifs destinés à ouvrir l’institution sur l’extérieur, en suivant la matérialité du guichet, à la prise en charge, à la sortie. Cette matérialité peut consister dans les objets utilisés pour diagnostiquer, mesurer ou traiter les gestes (Bert et Lamy, 2021), qui sont alors étudiés comme les outils matériels de production de la psychiatrie. Outils de consignation et de classement notamment utiles pour la compilation clinique (Foucault, 1963), pour la statistique scientifique ou évaluative (Cases, Salines, 2004 ; Martin, 2020), et pour l’innovation médicale (Edgerton, 1998 ; Tournay, 2007), les technologies de papier comme supports médico-administratifs ou de tests cliniques permettent une réflexion féconde sur les documents et les archives, leurs formes et usages par l’institution et les fonctionnaires qui s’en saisissent (Gardey, 2008 ; Rossigneux-Méheust, 2018 ; Spire, 2008), et la construction d’une certaine mémoire. L’anthropologie du travail (Arborio, Cohen, Fournier, et al., 2008 ; Hardy, 2013 ; Gardella, 2016 ; Mougeot, 2019) peut, sans exclusive, être une perspective pertinente (Gibert, Monjaret, 2021). Des observations organisationnelles peuvent également permettre une analyse fine des procédures, temporalités et pratiques routinières ou non de l’hôpital psychiatrique (Demailly, Haliday, 2022). Les procédures d’accueil (Dubois, 2010 ; Fassin, 2004 ; Lipsky, 1980) sont évidemment pertinentes, de même que les conditions de sortie de l’hôpital.

Aujourd’hui, en adoptant une perspective microsociologique, il est toujours éclairant d’user du concept d’institution totale forgé par Goffman (1968 ; traduction française 1975), dans ce qu’il a d’heuristique, pour questionner les biais de « détotalisation » (Combessie, 2000 ; Rostaing, 2009) des institutions, et observer la psychiatrie au prisme des dispositifs qui tendent à (ré)introduire du contrôle et de la coercition (Coldefi, Gandré et Rallo, 2022 ; Gansel et Lézé, 2015 ; Génard, Rossigneux-Méheust (dir.), 2023), y compris dans des types de prises en charge d’apparence « détotalisantes » car extra-hospitalières (Moreau et Marques, 2020). Le renouveau de la psychiatrie, à l’œuvre depuis le milieu des années 1950 dans sa conception comme dans sa pratique, autrefois plutôt qualifié de mouvement de « désinstitutionnalisation » (Castel 1981 : Goffman 1989), est ainsi aujourd’hui examiné de manière plus nuancée comme une « déshospitalisation » (Guillemain, Klein et Thifault, 2018) de la psychiatrie. A mesure que l’hôpital psychiatrique développe des modalités de prise en charge ambulatoires et s’inscrit dans une dynamique d’« aller vers », la question se pose d’étudier les mouvements centrifuges et centripètes qui font dialoguer l’intra et l’extrahospitalier dans toutes leurs dimensions (Higelin-Cruz, 2024). Témoins de l’effervescence et de la mobilité de la psychiatrie, les rapports entre la psychiatrie, l’hôpital psychiatrique et son environnement sont enjeux d’analyse.

Cet axe est également particulièrement intéressé par la matérialité de la psychiatrie dans ses manifestations les plus tangibles. A l’intérieur de l’hôpital. L’attention est aussi portée sur les dimensions matérielles de l’espace, des outils et du quotidien psychiatrique (Majerus, 2013), embrassées dans une perspective ethnographique. Dans une dynamique d’ethnographie rétrospective (Artières, 2014), elle l’est également sur les archives, que celles-ci soient légalement conservées et utilisées dans une pratique réglementaire pertinente à observer comme travail de l’institution, ou qu’elles relèvent d’archives plus personnelles et non-officielles : productions thérapeutiques dans des ateliers d’art ou d’expression, exposés parfois dans des espaces institutionnels dédiés comme le musée Arts et Déchirure au centre hospitalier du Rouvray, dessins affichés dans des coins de bureaux ou de couloirs, graffitis laissés sur un mur, archives personnelles, écrits de patient-es, ou encore vêtements et photographies (Artières, 2013 ; Foucault, 1961 ; Jaccard, 2022 ; La ferme du Vinatier et les éditions La Passe du Vent, 2018 ; Scarfone, 2020).

Ainsi, l’architecture des lieux ainsi que la répartition des espaces et des services de l’hôpital est aussi envisagées comme une organisation matérielle et spatiale de la psychiatrie : la circulation de la patientèle et des professionnel-les, les lieux d’accueils ou de traitements, les différentes unités, les espaces professionnels, les lieux réservés à des convivialités plus intimes, et toute alcôve, couloir, vaste salle ou cagibi qui peuvent intéresser l’ethnographie (Higelin, 2011). Cet axe peut également accueillir des réflexions sur les pratiques de ces espaces, en ce qu’ils sont un lieu de vie d’usager-es et/ou de personnel médical aux expériences distinctes du lieu.

2- La corporéité de la psychiatrie

L’hôpital doit être pensé dans les corps, dans la réalité charnelle et incarnée des individus qui y déambulent, interagissent, s’évitent, échangent des blagues, des cigarettes ou des disputes qui ensemble articulent la sociabilité du lieu et l’organisation des services. C’est un lieu de vie, où l’on attend quelqu’un, on regarde la poussière et on se dirige vers la cantine où la table est un nouvel observatoire des sociabilités à l’asile. Cet axe s’intéresse plus spécifiquement aux usager-es de la psychiatrie, au sens large : au sein de l’hôpital ou en dehors, de manière régulière, prolongée ou ponctuelle, s’agissant des patient-es, des pairs ou proches aidants, et ce dans leurs différents degrés d’implication au sein de l’institution et de ses démembrements (Morgiève, Briffault, 2014). Les propositions peuvent étudier les théories et les confronter avec les pratiques des professionnel-les dans leur relation avec les patient-es afin d’en identifier certains critères (Haliday, 2023). Elles peuvent également, dans un mouvement inverse, étudier comment les usager-es se saisissent et comprennent la psychiatrie. L’interaction entre ces deux approches, soit les dynamiques d’adaptation et d’ajustement, sont aussi pertinentes.

Dans l’hôpital psychiatrique, et plus largement les établissements de santé et d’assistance sociale, se croisent au fil du temps des profils et des trajectoires distincts. Des études se sont centrées sur les enfants (Coffin, Le Bras, 2021) et adolescent-es (Coutant, 2012), sur les personnes âgées (Rossigneux-Méheust, Derrien, 2026) sur les patient-es d’origine étrangère (Sicot, Touhami, 2015 ; parfois avec interprètes : Pian, Hoyez, Tersigni, 2018) ou en parcours migratoire (Petit, Wang, 2018 ; Saglio-Yatzimirsky, Wolmark, 2018), sur les militaires traumatisé-es (Derrien, 2015; Young, 1995) ; et sur bien d’autres figures qui peuvent être étudiées selon diverses catégories autant que réunies comme une population usagère de l’hôpital participant à construire sa réalité quotidienne.

Le quotidien de la psychiatrie échappe en partie à ses règles directes ouvrant notamment la possibilité à des adaptations secondaires. Nous invitons ainsi à réfléchir aux catégories plus discrètes de ce monde social : quelles sont les relations intimes entre les individus ? Quid de la sexualité ? De la colère ? Comment ces relations et ces émotions fabriquent concrètement la psychiatrie, créent des espaces divisés jusque dans les agencements des lieux – en isolant certaines personnes ou en créant des espaces de solidarité ? Outre les catégories administratives et psychiatriques qui permettent de saisir ces personnes, comme le fait déjà en partie l’institution, cet axe invite à rappeler la réalité corporelle des vies, en chair et en émotion, qui se rencontrent et façonnent ensemble l’asile et la psychiatrie contemporaine. L’ethnographie de l’espace inclut une observation des corps, dans les isolements comme dans les interrelations, dans les files d’attente pour les médicaments comme dans les groupes des réfectoires de cantines ou dans les espaces à soi qui se bricolent à l’hôpital (Goffman, 1973). Enfin, la question des corps morts dans l’institution peut aussi être soulevée, en interaction ou non avec les vivants (Bernard, 2018 ; Schepens (dir.), 2013).

3- Ethnographie et psychiatrie : apports réciproques et mises en tension

A première vue, un hiatus pourrait être pointé entre une discipline comprise historiquement comme étant tournée vers le psychisme, le mental, et une ethnographie qui insiste sur tout ce qui paraît d’abord mis de côté, jusque dans les points triviaux d’une nappe de table ou d’une cigarette échangée. Il apparaît toutefois, au prisme de l’ethnographie mais aussi d’une grande partie des professionnels de la psychiatrie, que la matérialité du quotidien est bien centrale pour appréhender la psychiatrie d’une part et pour comprendre ses vécus intimes pour une partie du corps social d’autre part.

La question est aussi méthodologique, comme l’a soulevé l’introduction : qu’est-ce que l’ethnographie permet de saisir de la psychiatrie, en spécificité ou en dialogue avec d’autres méthodes et approches disciplinaires ? La psychiatrie est-elle un terrain ethnographique comme un autre ? Qu’est-ce que l’ethnographie permet précisément d’étudier en psychiatrie et, à rebours, qu’est-ce que le terrain psychiatrique nous apprend des méthodes ethnographiques ?

Dans une approche plus réflexive et historique, les sciences humaines et sociales, notamment l’anthropologie et la sociologie, sont traversées en Europe occidentale par des tensions méthodologiques qui sont à l’avenant des transformations du champ de la psychiatrie en tant que discipline médicale, questionnant leurs concepts et postulats fondamentaux et les éprouvant à d’anciens objets et de nouvelles approches. Des recherches en sciences sociales mobilisent justement le temps long pour saisir les pratiques et théories à l’œuvre dans l’hôpital psychiatrique (Castel, 1976 ; Quétel, 2012 ; Von Bueltzingsloewen, 2010) : comment l’historicité de la psychiatrie française peut être révélée par une approche ethnographique, et, dans l’autre sens, comment la longue durée peut éclairer des pratiques contemporaines ethnographiques ? Nous invitons notamment, comme l’étude relative à la clinique de Fann à Dakar évoquée plus tôt, à des enquêtes pluridisciplinaires ou transdisciplinaires mêlant les terrains et objets ethnographiques et psychiatriques, étudiant comment les deux disciplines peuvent dialoguer voire s’hybrider, ou restituant les conditions historiques et sociales des liens entre les deux.

Dans les caractères les plus intrinsèquement ethnographique de la psychiatrie, par exemple à l’échelle plus directe du colloque singulier entre médecin et patient, l’ethnographie peut suivre les modalités d’une décision médicale visant à être partagée, d’une éthique médicale laissant place à la volonté du patient, ou plus largement observer l’organisation des soins qui peuvent laisser à la patientèle des initiatives thérapeutiques : art-thérapie ou organisation de groupe d’entraide mutuelle (GEM). L’ethnographie peut ainsi permettre d’éprouver par l’observation de la pratique les rhétoriques contemporaines qui promeuvent les savoirs expérientiels et la prise en compte de l’avis de la personne soignée, et plus généralement une horizontalisation des soins dans les rapports entre professionnel-les et patientèle (Jouet, Greacen, 2012).

Calendrier :

* Les propositions de contributions (titre et résumé de 5 000 à 6 000 signes, en français ou en
anglais) sont à envoyer pour le 15 avril 2026 aux coordinatrices de ce numéro :
Elles doivent présenter les principaux axes de démonstration, les matériaux empiriques
mobilisés et être assorties d’une notice bio-bibliographique de l’auteur.
* Les textes définitifs (de 35 000 à 70 000 signes max., espaces et bibliographie compris) sont
attendus pour le 23 septembre 2026.
* La publication de ce numéro d’Ethnologie française est prévue fin 2027.


BIBLIOGRAPHIE

Arborio, Anne-Marie, Cohen, Yves et Fournier, Pierre et al., Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées, La Découverte, 2008.
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