Historien.nes de la santé
Réseau de recherche en histoire de la santé
mercredi 4 novembre 2026
Avorter au XIXe siècle
Colloque international
19-20 novembre 2026
Archives nationales (auditorium)
Organisé par Aurélie Barjonet et Ivan Jablonka
Jeudi 19 novembre 2026
9h30 : Mot d’accueil de la Violaine Challéat-Fonck, cheffe du département Justice et Intérieur à la direction des Fonds
Mot de bienvenue et présentation (Aurélie Barjonet et Ivan Jablonka)
SESSION 1 : 9h45-10h45 : Dire et savoir
(président : Ivan Jablonka)
9h50-10h10 : Manon Fort (Archives nationales), « Les traces de l’avortement dans les archives judiciaires : l’exemple des fonds de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) »
10h10-10h30 : Emmanuelle Berthiaud (Université de Picardie), « Dire l’avortement impossible : les Mémoires d’Élisa Perrotin (vers 1881) »
Discussion
SESSION 2 : 10h45-12h15 : L’avortement et le droit
(présidente : Manon Fort)
10h50-11h10 : Guilhem Chauvet (Archives nationales), « Avorteurs et avortées face à la Cour de cassation : la production des contours d’un crime (1871-1910) »
11h10-11h30 : Sophie Delbrel (Université de Bordeaux), « Destins d’avorteurs : Zola pédagogue du droit pénal dans Fécondité »
Discussion
12h-13h30 : DEJEUNER
SESSION 3 : 13h30-14h45 : L’univers médical
(présidente : Emmanuelle Berthiaud)
13h30-13h50 : Noémie Merveille (UPEC), « L’expérience de l’avortement mise en poésie et en chanson dans l’Anthologie hospitalière et latinesque : recueil de chansons de salle de garde (1910 et 1913) »
13h50-14h10 : Clara Bachmeyer (Université Lumière Lyon 2), « Prouver le crime. L’expertise médico-légale dans les affaires d’avortement au XIXe siècle en France »
14h10-14h30 : Irène Cagneau (Université Polytechnique Hauts-de-France), « Corps des femmes, corps de la nation. Discours et controverses sur l’avortement dans l’Allemagne wilhelmienne (1890-1914) »
Discussion & Pause
SESSION 4 : 15h15-16h30 : Presse et roman
(président : Michael Rosenfeld)
15h15-15h35 : Kathryn Bryan (Université de Cambridge, Angleterre), « “le vrai peut parfois n’être pas vraisemblable” : Léonie Charretier, faiseuse d’anges »
15h35-15h55 : Virginie Fernandez (Université de Besançon), « La figure de l’avorteuse dans la presse et dans le roman : enjeux idéologiques et conflits de représentations (1881-1893) »
15h55-16h10 : Corina Sandu (King’s University College, Western Ontario, Canada), « (D)écrire l’avortement en Indochine avant 1900 : un discours voilé, une topique douloureuse »
Discussion
Vendredi 20 novembre
SESSION 5 : 9h30-11h : L’avortement zolien
(présidente : Aurélie Barjonet)
9h30-10h : Marie Lapière (ITEM-CNRS) et Michael Rosenfeld, (ITEM-CNRS et Université catholique de Louvain), « Des ‘choses vraiment pas propres’ : documenter, raconter et qualifier l’avortement dans Fécondité d’Emile Zola (1899) »
10h-10h20 : Nicoletta Agresta (Université de Foggia, Italie), « Traduire l’avortement. Le cas des traductions italiennes des scènes abortives dans les Rougon-Macquart »
Discussion & Pause
SESSION 6 : 11h-12h : Fictions réalistes
(président : Clive Thomson)
11h-11h20 : Julien Béthaz (Université de Sienne et Sorbonne Nouvelle), « ‘des liens qu’elle n’avait pu trancher’ : le récit d’avortement chez Maupassant »
11h20-11h40 : Agathe Castex (Université de Besançon), « Cacher l’avortement : stylistique du secret et savoirs occultes dans les fictions naturalistes (1880-1910) »
Discussion
12h-13h30 : DEJEUNER
SESSION 7 : 13h30-15h : Pour ou contre l’avortement
(présidente : Irène Cagneau)
13h30-13h50 : Shauna Heck (Université libre de Bruxelles, Belgique), « Antiféminisme, médecine et littérature : la fictionnalisation de l’avortement dans Les Femmes eunuques d’Armand Dubarry (1899) »
13h50-14h10 : Salomé Pastor (Université de Strasbourg), « Tota mulier in anarchia : représentations de l’avortement dans la littérature anarchiste (1890-1900) : Jean Ajalbert, Lucien Perrin, Octave Mirbeau »
14h10-14h30 : Gabriela Kasprzyk (Université de la Commission de l’Éducation Nationale à Cracovie, Pologne), « ‘La majesté de la maternité’. L’avortement, l’infanticide et les naissances hors mariage dans Kaśka Kariatyda (1888) de Gabriela Zapolska »
Discussion
Mot de clôture
Comité d’organisation
Aurélie Barjonet (Université de Lille, Alithila)
Guilhem Chauvet (Archives nationales de France, département Justice et Intérieur)
Charlène Fanchon (Archives nationales de France, département des Archives privées)
Ivan Jablonka (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
Clothilde Roullier (Archives nationales de France, Mission partenariats scientifiques, stratégie et relations internationales)
Comité scientifique
Pedro Paulo Catharina (Université fédérale de Rio de Janeiro)
Guilhem Chauvet (Archives nationales de France, département Justice et Intérieur)
Charlène Fanchon (Archives nationales de France, département des Archives privées)
Aïcha Limbada (Université d’Artois)
Bibia Pavard (Université Paris Panthéon-Assas)
Myriam Roman (Université de Lille)
Michael Rosenfeld (Vrije Universiteit Brussel / Université catholique de Louvain)
Valérie Stiénon (Université Sorbonne Paris Nord)
Avec le soutien de
Archives nationales de France / Institut universitaire de France / Laboratoire Analyses littéraires et histoire de la langue, ULR 1061 (Université de Lille) / Laboratoire Pléiade (Université Sorbonne Paris Nord) Responsable :
Aurélie Barjonet et Ivan Jablonka
Adresse :
Archives nationales (Seine St Denis) (auditorium) -
voir sur une carte Document(s) joint : https://www.fabula.org/actualites/documents/137099_f0298412871dc6f40dff0508b0249ac5.pdf
mardi 3 novembre 2026
L'Enfant dans la recherche biomédicale
Colloque
jeudi 10 décembre • 9:00 - 18:00
Le Comité pour l’histoire de l’Inserm a le plaisir de vous inviter à son prochain colloque « L’Enfant dans la recherche biomédicale, une histoire au temps présent », le jeudi 10 décembre 2026, de 9h à 17h30, à l’Académie nationale de médecine, en partenariat avec Sorbonne Université et l’UMR Sirice, et avec le soutien de la Société d’histoire de la naissance
Comme lors de nos précédents colloques (www.inserm.fr/nous-connaitre/comitepour-lhistoire/) l’événement réunira des acteurs du temps présent, des témoins de périodes plus anciennes et des historien(nes) et chercheur(seuse)s en Sciences humaines et sociales. Le dialogue interdisciplinaire, les interactions entre témoins et historiens, ainsi que les échanges entre les différentes générations d’acteurs, seront particulièrement favorisés.
Le colloque inscrira la réflexion dans l’histoire longue de la recherche biomédicale, tout en proposant un éclairage particulier sur les évolutions connues depuis le milieu du XXe siècle jusqu’à nos jours.
Quelle est la place de l’enfant dans la recherche biomédicale et en santé publique ? Comment évolue l’attention médicale et scientifique portée non seulement aux maladies de l’enfant et à la santé de l’enfant, mais aussi à l’enfant?
Le colloque interrogera les grandes transformations qui ont amené à considérer l’enfant comme un « sujet » de savoirs et de pratiques de la recherche médicale vers des approches plus holistiques comprenant l’enfant, comme un individu dans son « environnement ». Le colloque proposera des échanges sur des secteurs cruciaux de l’innovation médicale, comme la périnatalité. Il donnera à voir et interrogera la « révolution » de la recherche pédiatrique depuis les années 1970, avec le passage d’une pédiatrie généraliste au développement des surspécialités, entre la paillasse du laboratoire, l’hôpital et la recherche au lit de l’enfant malade. Il examinera les évolutions de la recherche dans certaines pathologies – les maladies rares, les cancers pédiatriques – à travers des témoignages et l’analyse d’historien(ne)s et de sociologues. L’objectif est d’éclairer l’enfant au cœur de la relation entre sciences biomédicales, santé et société.
Comité scientifique et d’organisation
Jean-Christophe Coffin, Institut du temps présent, Paris 8
Alain Fischer, Collège de France
Pascal Griset, Sirice, Sorbonne Université
Céline Paillette, secrétaire scientifique du Comité pour l’histoire de l’Inserm
Anne Rasmussen, Centre Alexandre Koyré, EHESS
Programme
9h Ouverture
Représentant de l’Académie nationale de médecine
Didier Samuel, Président-Directeur général de l’Inserm
Pascal Griset, Président du Comité pour l’histoire de l’Inserm, Sorbonne Université
9h20 Introduction
Présidence : Pascal Griset, président du Comité pour l’histoire, Sorbonne Université
Jean‑Christophe Coffin, directeur adjoint de l’Institut d’Histoire du Temps Présent, Université Paris-8, Vincennes Saint Denis & Anne Rasmussen, directrice d’études EHESS, Centre Alexandre-Koyré, « L’enfance en santé : trajectoires et reconnaissances, XVIIIe-XXIe siècle »
Questions
9h50 Naissance et santé du nouveau‑né, du XVIIIe siècle au XXIe siècle
Scarlett Beauvalet, Université Jules Verne de Picardie, « Stéphane Tarnier et la prise en charge des enfants atteints de « faiblesse congénitale » à la fin du XIXᵉ siècle »
Nathalie Sage Pranchère, CNRS, Sphère, « ‘Et c’est une grande victoire’ : soigner la maladie hémolytique du nouveau‑né (années 1940‑1960) »
Jean‑Louis Chabernaud, Président de l’association Sparadrap, AP-HP, « Les spectaculaires progrès de la médecine néonatale depuis la fin des années 1970 en préhospitalier comme à l’hôpital »
Questions
10h50 Pause
11h05 Quelle place pour l’enfant dans la recherche biomédicale ?
Présidence : Dominique Donnet-Kamel, ancienne responsable de la Mission Inserm Associations, membre du Comité pour l’histoire de l’Inserm
Hélène Chappuy, Hôpital Necker Enfants Malades, Université Paris Cité, Présidente du Cercle d’éthique de la recherche pédiatrique, « ‘Donner du sens à l’information’ : 20 ans d'engagement sur l'information et le consentement en recherche clinique pédiatrique »
Agnès Linglart, Hôpital Bicêtre, Université Paris-Saclay, Présidente de la Société française de pédiatrie, Maladies rares du métabolisme phosphocalcique : de la recherche mécanistique à la structuration d'une filière nationale et européenne (1990-2026) »
Catherine Vergely, Directrice générale de l’Association des parents des enfants traités à l’Institut Gustave Roussy et secrétaire générale de l’Union Nationale des associations de parents d’enfants atteints de cancer ou de leucémie, « Point de vue des parents : avancées et reculs de la recherche clinique »
Baptiste Baylac‑Paouly, Lyon 1, Université Claude Bernard, S2HEP, « Les enfants et la rubéole : expérimenter et protéger (1969‑1986) »
Questions
12h20 Fin de la matinée
14h Le tournant de la recherche pédiatrique des années 1970 et ses évolutions
Présidence
Raphaël Rappaport, Inserm, « Le Professeur Pierre Royer »
Maïté Corvol, Inserm, « 1969-1990, découverte et construction d’une pédiatrie de surspécialité au sein du service de Pierre Royer : l’endocrinologie de la croissance »
Questions
14h40 Keynote
Alain Fischer, Collège de France, Académie nationale de médecine, Académie des sciences, Institut Imagine.
Questions
15h20 La recherche pédiatrique à l’hôpital
Présidence : Claire Barillé, Université de Lille, HARTIS, Centre Alexandre-Koyré
Emmanuelle Berthiaud Université Jules Verne de Picardie, CHSSC, « Aux origines de la pédiatrie clinique : pratiques et savoirs médicaux sur l’enfant dans la première moitié du XIXᵉ siècle »
Loïc de Pontual, chef du service de pédiatrie de l’hôpital Jean-Verdier, « Cinquante années d’évolution de la Pédiatrie Générale à l'hôpital Jean-Verdier de Bondy »
Sylvain Besle Inserm, Cermes3, « Inclure des enfants dans la recherche clinique : un dilemme historique entre impossibilité de consentir et un enjeu de santé publique »
Questions
Présidence : Aurore Coulomb, Hôpital Armand Trousseau/La Roche-Guyon, Sorbonne Université
Arnold Munnich, Inserm, Université Paris-Cité, Institut Imagine, « 1990‑2000 : Les premiers pas du séquençage de l’ADN et de l’identification des gènes de maladies mendéliennes dans un hôpital pédiatrique »
Olivier Delattre, Inserm, SIREDO, « L’évolution de la prise en charge des cancers de l’enfant, de l’intuition à la biologie »
Marie‑Aline Charles, Inserm, CRESS, « Du diabète de l’adulte au développement fœtal : comment le concept des origines développementales de la santé a transformé ma recherche »
Questions
Fin du colloque 17h20
lundi 2 novembre 2026
Histoires visuelles de l'humour, de la santé et du corps
Sick jokes: Visual histories of humour, health and the body
Christine Slobogin, Katie Snow, Laura Cowley (Editors)
Publisher : Manchester University Press
Publication date : September 22, 2026
Language : English
Print length : 360 pages
ISBN-13 : 978-1526187970
This volume examines the role that visual humour has played and continues to play in contexts of health, medicine and the body. Throughout the modern era, artists, critics, patients and healthcare professionals have visualised medical jokes, or depicted medicalised bodies or scenes, in humorous or satirical ways. These materials do practical and emotional work for varied stakeholders, turning fears and uncertainties around the body and medicine into digestible, and fully visible, jokes. Looking at sources from Europe and the United States where art, medicine and comedy collide, this volume shows how visual culture offers a particularly embodied - and yet oftentimes comfortably removed - perspective on everyday and exceptional experiences of health, illness and the body. The visual humour analysed in this volume provides a critical and colourful account of bodily representation, medical treatments, public health communications, injury, addiction, disfigurement, disease, disability, sex and death.
dimanche 1 novembre 2026
La prochaine séance de la Société Française d’Histoire de la Médecine
Prochaine séance de la Société Française d’Histoire de la Médecine
Vendredi 13 NOVEMBRE 2026 à 14 heures
à l’Académie Nationale de Médecine, 16 rue Bonaparte 75006 Paris. Salle Simone Veil.
Séance thématique consacrée aux débuts de la radiologie et de l’utilisation de la radioactivité à des fins médicales
Jean-François HUTIN
La découverte des rayons X. Le premier « buzz » de l’histoire des sciences
Pierre THILLAUD
Paléopathologie et radiologie : une association aussi précoce que durable
Jules PATAUD
Les débuts de la radiologie militaire
Dimitri PAPATHANASSIOU
Au-delà de la Röntgenlogie : l’autre science des rayons au service du diagnostic
Jacques CHEVALLIER
Une cosmétologie « radioactive » [communication sous réserve de temps suffisant du fait du conseil d’administration]
Les résumés de ces communications sont disponibles sur notre site internet : https://numerabilis.u-paris.fr/partenaires/sfhm/1523-2/
Secrétariat général : Dr Élise ANDRÉ, 15, rue du Vieux Château 37190 RIVARENNES, secretariat.sfhm@gmail.com
Propositions de communications et organisation des séances :
Dr Jean-François HUTIN, 2, rue de Neufchâtel, 51100 REIMS jef.hutin@gmail.com ou comite.de.lecture.sfhm@gmail.com
samedi 31 octobre 2026
La médecine et le discours amoureux dans la poésie italienne des XIIIe et XIVe siècles
A Cure for Lovesickness. Medicine and the Love Discourse in 13th and 14th-Century Italian Poetry
CSMBR Upcoming Lecture
Alexandra Urbaniak
10 November 2026 – 5 PM (CET)
This lecture will offer a comparative analysis of lovesickness (aegritudo amoris) within the context of love discourse in Italian Dolce Stil Novo poetry. It will also consider contemporary medical and natural philosophical sources, such as Avicenna’s Canon, Arnau de Villanova’s Tractatus de Amore or Alhazen’s Perspectiva (De Aspectibus), placing particular focus on the mobility of treatises and physicians in medieval Europe and the role of the Bolognese Studio di Arti e Medicina.
The main similarities and differences between poetic and medical representations of love will then be discussed in three parts: first, love as a source of suffering; second, love as a pharmakon; and third, love as therapy.
This interdisciplinary approach aims to enrich our understanding of the imagery of love in Dolce Stil Novo poetry, while emphasising the importance of physicians' knowledge beyond the confines of a strictly medical context.
To register for this event, please click here.
vendredi 30 octobre 2026
Sommeil et sciences sociales
Lieu : EHESS, Campus Condorcet, salle C570 (5e étage)
Programme prévisionnel 2026-2027 :
L'atelier a lieu un mercredi par mois, de 16h30 à 18h30, à l'EHESS, Campus Condorcet, Aubervilliers.
18 novembre : Séance introductive sommeil et sciences sociales - horaires exceptionnel 16h-18h, salle C570
9 décembre : Sommeil, rêve et sciences sociales - salle C570
27 janvier 2027 : Représentations et imaginaires du sommeil (2) - salle A527
24 février : Sommeil et Santé - salle A527
24 mars : Sommeil en crise - salle A527
28 avril: : Sommeil, frère de la mort? - salle A527
26 mai: Sommeil, classe, genre et "race" - salle A527
Le format atelier se prêtant particulièrement aux échanges collectifs, nous invitons celles et ceux qui le peuvent à privilégier le présentiel, mais il est aussi possible de suivre l'atelier en ligne.
Pour recevoir les liens visio, vous pouvez nous écrire à orgasommeil@protonmail.com, ou vous inscrire à la liste de diffusion.
Si vous êtes interessé·es, n'hésitez pas à vous inscrire à la liste de diffusion de l'atelier pour recevoir les informations: https://framagroupes.org/sympa/subscribe/ateliersommeil
L’équipe d’organisation
Amélie Barbier,
Louise Berginc,
Julie Panet,
Sophie Panziera
jeudi 29 octobre 2026
La pharmacie d’officine au regard des sciences humaines et sociales
Aux comptoirs de la santé : travail, professions, régulations et transformations de la pharmacie d’officine au regard des sciences humaines et sociales
Appel à communications
En France, les évolutions professionnelles et juridiques qui ont marqué la pharmacie d’officine au cours de la dernière décennie ont suscité un intérêt croissant chez les chercheuses et les chercheurs en sciences sociales. Cette journée d’étude propose de réunir les travaux portant, de près ou de loin, sur l’officine afin de saisir les enjeux liés à la pharmacie et aux professionnel·les d’officine. Pour ce faire, la journée d’étude ambitionne de faire dialoguer des approches et des méthodes issues de différentes disciplines.
En 1999, l’instauration du droit de substitution des médicaments génériques a contribué à renégocier la place des pharmacien·nes d’officine à l’interface entre médecins, patient·es, Assurance maladie et industrie pharmaceutique (Nouguez, 2017). Les travaux de SHS consacrés à l’officine se sont intéressés aux tensions entre logiques sanitaires et marchandes, entre patientèle et clientèle (Aïach, 1992 ; Fournier et Lomba, 2007, 2014), et à la façon dont elles se traduisent en termes d’identités, de normes et de rôles chez les pharmacien·nes (Barraud de Lagerie, 2011 ; Reyes, 2015 ; Hibbert et al., 2002). La journée d’étude a vocation à approfondir ces analyses à la lumière des transformations récentes du secteur.
Depuis la crise sanitaire de la Covid-19, plusieurs réformes se sont succédées et ont renforcé les missions de service public assurées par les pharmacies d’officine : vaccination, dépistages (TROD angine et cystite) et entretiens pharmaceutiques. L’introduction de ces nouvelles missions a transformé les pratiques et les conditions économiques de l’exercice officinal.
La structuration des officines sur le territoire national a également évolué, marquée par une diminution du nombre d’officines (Igas, 2026), liée à l’absence de reprise de certaines pharmacies en zone rurale et au regroupement de structures peu rentables dans les zones urbaines denses. Si le maillage officinal demeure globalement dense, historiquement préservé par la réglementation de son implantation, ces fermetures interrogent l’accessibilité effective aux médicaments, notamment en zone rurale, pour les personnes âgées, à mobilité réduite ou dépourvues de moyens de transport. Cette recomposition du secteur s’accompagne aussi du développement de groupements qui mutualisent les achats, les services et certaines fonctions comme le marketing, l’agencement, la communication ou la mesure de l’activité.
Parallèlement à ce renforcement de leur rôle dans le système de santé, les pharmacies d’officine connaissent des transformations économiques qui témoignent de l’importance des logiques commerciales et financières dans ce secteur. En effet, si la vente de médicaments remboursés demeure au coeur de leur activité et représente toujours l’essentiel de leur chiffre d’affaires (Arnold, 2025), le développement du marché des médicaments non remboursés, de la parapharmacie ou de la cosmétique constitue un autre levier de leur modèle économique (Cour des comptes, 2025), particulièrement pour les grandes officines urbaines qui développent des stratégies commerciales empruntant parfois aux méthodes de la grande distribution (Samarcq, 2025). Plus récemment, la financiarisation du secteur, à travers l’intervention de fonds d’investissement dans le financement des officines ou au capital de certains groupements, soulève de nouvelles interrogations sur l’indépendance professionnelle des pharmacien·nes et sur l’influence des impératifs de rentabilité sur leur activité (Cour des comptes, 2025). Ces transformations invitent ainsi à interroger l’articulation, parfois conflictuelle, entre les missions de santé publique des officines et leur inscription dans des logiques marchandes et financières.
Se saisir de ces évolutions comme objets d’étude en SHS permet de chausser des lunettes grossissantes pour saisir la libéralisation des services de santé en train de se faire en France. La comparaison internationale est particulièrement heuristique pour étudier cette question, surtout lorsqu’elle porte sur des pays engagés plus tôt dans cette voie, comme le Royaume-Uni (Edmunds et Calnan, 2001 ; McDonald et al., 2010 ; Butler et al., 2026) ou la Belgique (Chabanet et al., 2020, 2022).
Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un des quatre axes thématiques présentés ci-dessous et relever de disciplines variées (sociologie, science politique, anthropologie, géographie, économie, histoire, santé publique, etc.)
Axe 1. À l’échelle de l’officine
Les officines sont des entreprises au sein desquelles se côtoient plusieurs statuts professionnels, hiérarchisés par le capital culturel (niveau de diplôme) et par le capital économique (détention de l’entreprise et revenus). Au comptoir se trouvent des pharmacien·nes titulaires, des adjoint·es, des étudiant·es, des préparateur·ices et des vendeur·ses spécialisé·es. Cet axe propose donc d’examiner plus en détail la division du travail au sein de l’officine et d’en analyser les dynamiques à l’aune des rapports de genre, de classe et de race. Pour qui, pour quelles pathologies, pour quelles « missions » et dans quelles conditions le temps du conseil est-il pris ?
En ce sens, il s’agit d’étudier les effets des nouvelles missions sur les rôles professionnels et sur les interactions avec les usager·es, qu’iels soient client·es ou patient·es. Les contributions pourront également s’intéresser aux trajectoires sociales des professionnel·les de l’officine. Leur étude permettrait non seulement de mieux comprendre comment on devient pharmacien·ne ou préparateur·ice, mais aussi de rendre compte des écarts de pratiques d’une officine à l’autre. Qu’est-ce qui se joue au comptoir d’une petite officine de village ou d’une grande pharmacie de centre commercial ?
Axe 2. Le médicament : produits de santé et circulation
La pharmacie constitue un espace où circule une grande diversité de produits, dont les statuts, les usages et les modalités d’accès diffèrent fortement. Des vaccins aux compléments alimentaires, en passant par les médicaments vétérinaires, ces produits constituent des cas d’étude permettant d’observer les coopérations, négociations et tensions qui entourent leur prescription, leur délivrance, leur administration ou leur usage. La circulation de ces produits participe à la redéfinition des frontières et des prérogatives entre les différentes professions de santé. Il s’agit alors d’étudier les formes concrètes de coordination et l’évolution de la division du travail entre pharmacien·nes, médecins, infirmier·es ou vétérinaires.
L’attention portée aux produits invite alors à questionner les frontières, parfois incertaines ou disputées, entre soin, prévention, bien-être et esthétique. Ces catégories ne renvoient pas seulement à des statuts réglementaires : elles sont produites et négociées dans les pratiques de délivrance. En effet, si l’ordonnance encadre l’accès à certains médicaments et dispositifs, une part importante des produits disponibles en pharmacie est accessible sans prescription et peut faire l’objet d’une demande directe, d’un conseil ou d’une négociation au comptoir. Les contributions pourront ainsi s’intéresser à la manière dont certains produits entrent dans le domaine du soin ou en sortent, aux représentations qui leur sont associées, à la coexistence de logiques sanitaires et marchandes ou encore aux effets de la diversification des circuits d’accès aux produits de santé (parapharmacie d’hypermarché, épiceries bio, plateformes numériques, etc.).
Axe 3. Un modèle négocié : maillage et (dé)régulation
Les officines sont prises dans de multiples rapports de force entre représentant·es de la profession (Ordre et syndicats), État, industriels et investisseurs. Citons, à titre d’exemple, les campagnes de l’enseigne E.Leclerc pour obtenir l’autorisation de vendre des médicaments non soumis à prescription ou les négociations autour de la vente en ligne.
Certaines nouvelles missions, comme les TROD angine et cystite, les vaccinations, les renouvellements d’ordonnances et les bilans pharmaceutiques, fragilisent par ailleurs le principe de séparation entre prescription et délivrance. Cet axe invite donc à se pencher sur la (dé)régulation de ce secteur du marché de la santé, sur les stratégies des différents acteurs et sur le déploiement des rapports de force dans lesquels ils sont pris.
L’évolution des modèles économiques peut également affecter un maillage territorial envisagé comme une ressource face à la désertification médicale. Les syndicats de pharmacien·nes mettent en avant la baisse du nombre d’officines, mais l’augmentation de leur taille moyenne traduit aussi une concentration du réseau. Le secteur est en outre touché par une financiarisation à bas bruit, opérée par des fonds d’investissement qui contournent les règles encadrant l’entrée au capital des officines (Cour des comptes, 2025). Les contributions pourront par exemple se pencher sur les fusions réalisées au nom d’économies d’échelle, sur la diminution du flux d’ordonnances dans les zones privées de médecins généralistes ou encore sur la concurrence exercée par des officines de grande taille soutenues par des investisseurs.
Axe 4. Environnements techniques, numériques et écologiques
Ce dernier axe invite à interroger les transformations de l’officine au regard de ses environnements techniques et numériques ainsi que de ses flux de produits, de matières et de déchets.
Le travail en officine est reconfiguré par la dématérialisation de nombreux documents (ordonnances, factures, dossiers patient·es) et par l’essor de plateformes de communication (téléconsultation, messageries sécurisées, dossier médical partagé). La diffusion de ces technologies invite à examiner la manière dont elles modifient à la fois les métiers de l’officine et les relations avec les patient·es et les autres professionnel·les de santé. La numérisation de l’activité soulève en outre des questions relatives à la circulation, à la protection et aux usages des données de santé, ainsi qu’au contrôle économique des logiciels et infrastructures devenus indispensables à l’exercice.
Les robots de dispensation et les logiciels de gestion officinale ont quant à eux facilité la délivrance, la gestion des stocks et la traçabilité des produits. Mais ces technologies contribuent aussi à encadrer et à standardiser les pratiques professionnelles, en imposant des procédures et des catégories prédéfinies qui peuvent restreindre les marges de manoeuvre des pharmacien·nes, voire faire obstacle à certaines pratiques, comme la délivrance de médicaments à l’unité.
Il s’agit également de replacer l’officine à l’articulation des santés humaine, animale et environnementale, notamment dans une perspective « One Health ». L’officine constitue en effet un maillon de la gestion des effets environnementaux du médicament. La collecte des produits non utilisés ou périmés, le traitement des déchets liés à leur consommation ou la présence de résidus médicamenteux dans l’environnement soulèvent des enjeux écologiques auxquels les pharmacies participent à des degrés divers. Ces questions rejoignent enfin les débats sur la lutte contre le gaspillage, dans un contexte de pénuries de médicaments.
Modalités de soumission
La journée d’étude se tiendra le 4 mai 2027 au 59-61 rue Pouchet, 75017 Paris.
Les propositions de communication sont à envoyer au plus tard le 16 novembre 2026 à l’adresse : sociofficine@proton.me
Elles mentionneront les nom et prénom, pronom, discipline, statut, institution de rattachement et adresse électronique des communicant·es. Elles comporteront ensuite, en 2 500 signes maximum (espaces compris), un titre, une présentation des matériaux mobilisés et un résumé des enjeux abordés. Une attention particulière sera portée aux recherches empiriques, qu’elles reposent sur des enquêtes ethnographiques ou sur l’analyse d’archives ou de données chiffrées, mais les contributions plus théoriques sont également bienvenues. Les réponses seront communiquées fin décembre 2026 ou début janvier 2027.
Comité d’organisation
Matthieu Albouy
Stéphane Bouvier
Joséphine Eberhart
Paul Guille-Escuret
Léontine Latteux Hartmann
Bibliographie
Aïach, P. (1992). Une profession conflictuelle : la pharmacie d’officine. Dans D. Fassin et P. Aïach (dir.), Sociologie des professions de santé. Éditions de l’Espace européen.
Arnold, C. (2025). Le revenu des pharmaciens redynamisé pendant les années de crise sanitaire. Insee Première, (2036).
Barraud de Lagerie, P. (2011). Entre rationalité économique, normes professionnelles et interdépendances organisationnelles : les pharmaciens d’officine face à la demande de « dépannage ». Dans Sociologie de l’action organisée (p. 175-198). De Boeck Supérieur.
Butler, P., Walele, A., Parker, S., & Solomon, J. (2026). From apothecary to ‘McPharmacist’? Skills utilisation amongst community pharmacists in England. Economic and Industrial Democracy, 47(2), 527-549.
Chabanet, D., Coissard, S., & Weppe, X. (2020). Les stratégies d’adaptation des pharmacies d’officine face à la concurrence des « supermarchés du médicament ». Le cas de la Belgique. Annales des Mines – Gérer & comprendre, 142(4), 3-15.
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mercredi 28 octobre 2026
La décolonisation de la médecine
Decolonizing Medicine: Contours and Complexities
Roundtable
November 30th from 1pm - 4pm in the Thomson House Ballroom
This roundtable will explore the challenges and possibilities that arise in the project of decolonizing medicine. Globally and locally, the violence and limitations of colonial epistemologies and relationships within healing practices are increasingly under scrutiny. As such, widespread efforts to rethink these approaches are underway. However, these efforts, which often take the form of encounters between traditional and bio- medicines, are complex, and raise difficult questions regarding how best to restore justice and produce knowledge in the midst of conflicting ontological, epistemological, and moral territories.
In Canada, the term ‘reconciliation’ is ever-present, and yet, the project of reconciliation is increasingly criticized for its emptiness and performativity. In medicine, many small victories have taken place, as fire codes are overruled to allow smudging in hospitals, as traditional medicines are integrated into pharmacies, and as Indigenous advocates are appointed in care settings. However, the lived realities of many First Nations, Inuit, and Métis people still involve profound health inequalities and daily encounters with racism. Is a much larger shift required, one that reflects the sovereignty of Indigenous nations rather than merely aims for cultural sensitivity in a colonial context?
Epistemological challenges loom large as well, taking on unique, and yet resonant, forms in global and local contexts, where the impacts of colonization are felt differently, in terms of proximity and temporality. Across global health initiatives, integrative medicine programs, and contemporary debates on evidence, increasing efforts are being made to articulate heterogeneous therapeutic traditions. Yet such encounters remain deeply contested, criticized for reproducing epistemic hierarchies, forcing translations of non-biomedical practices into biomedical terms, thereby marginalizing forms of knowledge, care, and healing that exceed dominant evidentiary frameworks. At the same time, therapeutic pluralism is an undeniable reality, as patients and practitioners continually navigate between multiple medical worlds. The question, therefore, is not whether encounters between different therapeutic traditions should occur, but how they might be (re)organized and better understood.
This workshop invites both critical and propositional reflections on the complex project of the decolonization in medicine. Contributions will examine the forms of violence, exclusion, appropriation, or reduction that may accompany projects of integration, comparison, or evidence-making, as well as work that explores alternative modes of care. What might more equitable, attentive, and non-hegemonic relations between different understandings of healing require? How might concepts such as evidence, efficacy, care, expertise, translation, comparison, collaboration, or diplomacy be rethought in contexts of therapeutic plurality? And what kinds of institutions, practices, or forms of inquiry might enable different healing traditions to enter into meaningful relation without erasing their differences?
Drawing on perspectives from the social studies of medicine, medical anthropology, science and technology studies, philosophy, history, and related fields, the workshop aims to foster an interdisciplinary conversation about how encounters between diverse therapeutic worlds are imagined, enacted, contested, and transformed.
Hosted by the Department of Social Studies of Medicine in partnership with the School of Population and Global Health, Department of Equity, Ethics and Policy and the Wellcome Trust funded project Between Deception and Dissent
Alex McComber, Bear clan, Kanien'keha:ka, Community Health Researcher
"Perspectives from Indigenous Community"
Samir Shaheen-Hussain, Pediatric Emergency Physician, author of “Fighting for A Hand to Hold: Confronting Medical Colonialism against Indigenous Children in Canada"
"Confronting Medical Colonialism: Reparations before Reconciliation"
Leslie Sabiston, Assistant Professor, Anthropology, McGill University
"Learning New Tricks: Decolonization as Counter-Magic?"
Laurence Kirmayer, Director, Division of Social and Transcultural Psychiatry, Department of Psychiatry, McGill University
"Decolonizing Cultural Psychiatry"
Lisa Schmidt-Herzog, PhD Researcher, Université de Mons and Academy of Fine Arts, Munich
"Decolonizing What? Frantz Fanon and the Epistemological Stakes of Revolutionary Vitalism"
Katrin Solhdju, Research Professor of the F.R.S.- FNRS, University of Mons, Belgium
"An Art of Comparison? Reimagining Encounters between Traditional- and Bio-Medicines"
Please see the attached poster and the event website for more information and to register.
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