Affichage des articles dont le libellé est soutenance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soutenance. Afficher tous les articles

jeudi 4 décembre 2025

Psychiatrie étatsunienne et sénilité

Folies organiques. Ce que la réforme de la psychiatrie étatsunienne a fait de la sénilité (1890-1915)


Soutenance de thèse de Robin Michalon


La soutenance publique aura lieu à l’EHESS (54 boulevard Raspail, Paris - salle des conseils : BS1-28+BS1-05) le 9 décembre prochain à partir de 9h.

Thèse de doctorat en histoire des sciences réalisée à l’EHESS (Centre Alexandre Koyré) sous la direction d'Andreas Mayer.


Le jury se compose de :
Jean-Gaël BARBARA, directeur de recherche, CNRS, rapporteur
Nicolas DODIER, directeur de recherche, INSERM, directeur d’étude, EHESS, examinateur
Fabrice GZIL, professeur des universités, Université Paris-Saclay, président du jury
Andreas MAYER, directeur de recherche, CNRS, directeur de thèse
Catherine RÉMY, chargée de recherche, CNRS, HDR, examinatrice
Yvonne WÜBBEN, Prof. Dr. med. Dr. phil., Charité (Berlin), rapportrice



Résumé de la thèse

Aux Etats-Unis, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, un nombre croissant de personnes âgées dont le comportement et la pensée sont jugés problématiques sont internées dans les hôpitaux psychiatriques publics. En plus d'une finalité de prise en charge, ces institutions se sont données une double mission : l’élucidation des problèmes scientifiques associés à l’exercice de la psychiatrie et la rationalisation du travail médical selon des principes scientifiques d’observation et d’examen. Les personnes âgées internées deviennent donc, au même titre que les autres patientes et patients, des cas. S’appuyant sur des sources professionnelles, académiques et institutionnelles, cette thèse s’intéresse à la façon dont le travail du cas a participé à la reconfiguration des savoirs et catégories psychiatriques portant sur le vieillissement mental. Pour ce faire, je suis la trajectoire des patientes et patients au cœur du dispositif expérimental anatomoclinique des institutions psychiatriques. Je profite du travail normatif généré par la réforme pour entrer dans le détail des interactions entre les cas, les médecins et l'institution. Je suis cette trajectoire à travers trois espaces constitutifs du dispositif : les services, le laboratoire et l’archive. Je soutiens qu’il est possible, au sein de chacun de ces espaces, de déceler les tensions constitutives du travail expérimental avec les cas.

La valeur de cette étude doit être comprise au regard d’un programme de recherche plus large pour les sciences humaines et sociales sur la façon dont les catégories et entités médico-scientifiques agencent les rapports entre maladie mentale et vieillissement. Dans la thèse, je défends l’idée que l’épisode étudié ici consiste en une première conversion d’une maladie mentale sénile – faite du vieillissement même – en une maladie mentale associée au vieillissement – qui n’entretient qu’un rapport probabiliste avec le vieillissement.

mercredi 3 décembre 2025

La monstruosité de la femme dans la médecine de la Renaissance

La monstruosité de la femme dans la médecine de la Renaissance. Une étude d’épistémologie historique



Soutenance de thèse de Sofia Zuccoli



Thèse en philosophie réalisée à l’Université Paris-Est sous la direction de Roberto Poma. 

La soutenance aura lieu le vendredi 5 décembre à 14h, dans la salle des thèses du Campus Centre de l’Université Paris-Est Créteil (bâtiment P2, Faculté des sciences et technologie, rez-de-chaussée), 61 av. du Général de Gaulle, 9400 Créteil, métro ligne 8 station Créteil Université.





Membres du jury :


Mme Claire CRIGNON – Professeure des Universités, Université de Lorraine, rapporteuse

Mme Marie-Frédérique PELLEGRIN – Professeure des Universités, Université Grenoble Alpes, rapporteuse

Mme Violaine GIACOMOTTO-CHARRA – Professeure des Universités, Université Bordeaux Montaigne, examinatrice

M. Charles WOLFE – Professeur des Universités, Université Toulouse II, examinateur

M. Roberto POMA – Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil, directeur de thèse.



La soutenance est publique et ouverte à toutes et à tous.

Si vous souhaitez suivre en distanciel, je vous remercie de me prévenir à l’adresse suivante : sofiazuccoli@gmail.com



Résumé de la thèse :

Cette thèse de doctorat vise à étudier les représentations médicales de la nature féminine aux XVIe et XVIIe siècles à travers le prisme des débats entourant la définition aristotélicienne de la femme comme un être monstrueux. La recherche contemporaine a souvent considéré cette théorie en voie de disparition à la fin de la Renaissance, arguant que la majorité des praticiens de l’époque rejette explicitement l’idée d’une féminité conçue comme une anomalie anatomique (Maclean, 1980 ; Pomata, 2013). Pourtant, si ces médecins refusent la catégorisation de la femme comme une erreur de la nature, leurs discours, dès lors qu’ils s’attachent à analyser son corps et son esprit, recomposent en sourdine une monstruosité aux contours renouvelés.

Nous examinons ces modulations insidieuses sous trois perspectives complémentaires. D’abord, par l’étude des questions anatomiques à propos de l’isomorphisme des organes de la génération, au sein desquelles surgissent de nouvelles formes de conceptualisation du corps féminin qui oscillent entre différence et analogie. Ensuite, dans le cadre de la littérature gynécologique et obstétricale en plein essor entre les XVIe et XVIIe siècles, où se cristallisent des interrogations sur la spécificité organique de la femme. Enfin, nous nous penchons sur les doctrines médicales de l’âme, lesquelles, en attribuant à l’imagination une puissance formatrice sur la matière vivante, confèrent aux femmes un pouvoir tératogène et pathogène, posant leur psyché comme un foyer d’instabilité physiologique.

Loin de s’effacer, la notion de monstre se métamorphose donc en un outil conceptuel permettant d’interroger les discours médicaux sur la différence des sexes au seuil de la modernité.



samedi 29 novembre 2025

La sélection des étudiants en médecine en Grande-Bretagne

Medical Student Selection in Britain. Adaptation and Resistance to Mass Higher Education at Two Medical Schools in London: King’s College London and St George’s Hospital Medical School (1965–2003)

Soutenance de thèse de Caroline TRAN VAN 

Vendredi 5 décembre 2025.

La soutenance est publique et aura lieu à partir de 14h dans la salle des gardes de l’Institut d’Etudes Avancées de Paris (17 quai d’Anjou, 75004 Paris).

Le jury est composé de :

Laura CARTER, UPCité, examinatrice
Laura Lee DOWNS, EHESS, rapportrice
Anémone KOBER-SMITH, Université Sorbonne Paris Nord, examinatrice
Jonathan REINARZ, Université de Birmingham, rapporteur
Keir WADDINGTON, Université de Cardiff, co-directeur de thèse
Clarisse BERTHEZÈNE, UPCité, Directrice de thèse



Résumé :

Cette thèse porte sur les dynamiques institutionnelles et sociales de la sélection des étudiants dans les facultés de médecine britanniques entre 1965 et 2003, à travers les études de cas des facultés de St George’s et du King’s College de Londres. En historicisant les critères d’admission, cette thèse entend montrer que la sélection n'a jamais été un processus neutre ou purement technique, mais qu'elle a toujours fonctionné comme un lieu où des visions concurrentes de la médecine, de la société et de l'intervention de l'État ont été articulées, contestées et transformées. Ce travail s’appuie sur des archives administratives et sur les textes officiels émanant des différents acteurs impliqués dans la sélection des étudiants, principalement le gouvernement, les organisations professionnelles et les facultés de médecine. A travers ces sources, cette recherche retrace l’évolution des procédures de sélection en réponse aux réformes nationales, aux attentes professionnelles et à l’évolution des critères valorisés dans la notion de mérite. En utilisant une approche par «jeux d’échelles», la thèse alterne entre des perspectives macro-historiques qui situent les facultés de médecine dans le cadre de réformes nationales plus larges concernant l’enseignement supérieur et le système de santé d’un côté, et d’un autre côté, des perspectives microhistoriques, centrées sur la prise de décision et les logiques internes des facultés de médecine, des sélectionneurs et des candidats. Cette double approche révèle des attentes, des intérêts et des impératifs divergents et parfois contradictoires dans la sélection des étudiants en médecine. La comparaison entre deux facultés de médecine londoniennes permet d’interroger les interactions complexes entre réglementations nationales, directives professionnelles et autonomie institutionnelle des facultés dans le choix et la mise en place de critères d’admission et de procédures de sélection. Cette étude montre l'évolution du nombre de candidatures et d’étudiants admis en faculté de médecine sur une période d’environ quatre décennies, tout en mettant en évidence les tensions entre discours méritocratique et inégalités structurelles, notamment en lien avec le genre et les origines sociales et ethniques des candidats.

Mots-clés : études de médecine, sélection des étudiants, histoire sociale, histoire des institutions, Royaume-Uni, St George’s Medical School, King’s College London, méritocratie, enseignement de masse, démocratisation de l’enseignement supérieur


This thesis examines the institutional and social dynamics of student selection at British medical schools from 1965 to 2003, through the case studies of St George’s Medical School and King’s College London. By historicising admission criteria, this thesis aims to show that selection has never been a neutral or purely technical process, but has always functioned as a forum where competing visions of medicine, society and state intervention have been articulated, contested and transformed. Drawing on administrative archives and policy documents from the various actors involved in medical student selection, mainly the government, professional organisations, and medical schools, the research traces how selection procedures evolved in response to national reforms, professional expectations, and changing ideals of merit. Using a multi-scalar approach, the thesis alternates between macrohistorical perspectives that situate medical schools within broader national reforms in higher education and healthcare, and a microhistorical lens, focused on the internal decision-making and practices of individual medical schools, selectors and applicants. This approach reveals the contradictory expectations and interests, and the competing imperatives at stake in medical student selection. The comparison between two prominent medical schools in London is also an effective means to interrogate the complex interplay between national regulations, professional guidelines, and the institutional agency of individual schools in shaping student selection. The study analyses changes in the number of applicants and students admitted to medical schools over a period of nearly four decades, highlighting the tension between meritocratic discourse and structural inequalities, particularly regarding class, race, and gender.

Keywords: medical education, student selection, social history, institutional history, United Kingdom, St George’s Medical School, King’s College London, meritocracy, mass education, widening participation



Compte tenu des règles d’accès à l’IEA, merci de contacter Caroline si vous souhaitez y assister : caroline.tranvan@gmail.com





vendredi 28 novembre 2025

L'hôpital de Plouguernével


La psychiatrie vécue et perçue. L'exemple de l'hôpital de Plouguernével (de 1934 à nos jours)



Soutenance de thèse de Joris Guillemot


La soutenance aura lieu à l'Université du Mans, le jeudi 4 décembre 2025, à partir de 13h, dans la salle 309 (3e étage) du bâtiment d'enseignement Lettres (Faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines)



Cette thèse explore l’histoire de l’asile de Plouguernével, ouvert en 1934 pour répondre à la problématique de l’encombrement qui affectait les établissements parisiens depuis plusieurs décennies. Elle met en lumière l’inertie de l’État, les pratiques d’un secteur privé en plein essor depuis la seconde moitié du XIXe siècle, et le rôle inédit de Justin Perchot (1867-1946), un industriel de la Troisième République dont l’ambition et l’opportunisme bouleversèrent en profondeur l’institution psychiatrique.

En combinant histoire institutionnelle et sociale, analyse économique et dimension culturelle, ce travail relie les trajectoires individuelles (patients, soignants, travailleurs, directeurs, etc.) à des dynamiques structurelles plus larges. Il révèle que la vie dans l’asile était largement conditionnée par des logiques administratives et financières, et que les décisions prises au sommet avaient des répercussions directes sur le quotidien des malades et de leur famille, comme des habitants de la commune et du Centre Bretagne de façon plus générale.

mardi 16 septembre 2025

Une histoire politique, matérielle et sociale de l’hospice de Charenton

Encadrer et soigner la folie : une histoire politique, matérielle et sociale de l’hospice de Charenton (1797-1825)


Soutenance de thèse de Pauline Teyssier



Samedi 4 octobre 2025 à partir de 9 heures au centre Panthéon, salle 6 (12 place du Panthéon, 75005 Paris, escalier A, deuxième étage droite).



Le jury sera composé de :

- M. Jean-Luc Chappey, Professeur des Universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur

- Mme Anne Conchon, Professeure des Universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, examinatrice

- M. Hervé Guillemain, Professeur des Universités, Le Mans Université, rapporteur

- M. Benoît Majerus, Full professor, Université du Luxembourg, rapporteur

- Mme Mathilde Rossigneux-Méheust, Maîtresse de conférences, Université Lumière Lyon 2, examinatrice

- Mme Marie Thébaud-Sorger, Directrice de recherche, CNRS, examinatrice



Résumé de la thèse :

La fin du XVIIIe siècle est une période fondatrice pour la psychiatrie. Pourtant, les pratiques thérapeutiques et les modalités de prise en charge des patients restent encore trop peu connues.

L’histoire de la psychiatrie au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle a longtemps été celle de la pensée médicale, écrite à partir des traités théoriques canoniques et des biographies de grandes figures médicales. L’enjeu de cette thèse est plutôt de relire ce moment fondateur de la psychiatrie par le biais des acteurs – soignants et malades – et des pratiques thérapeutiques au sein de l’hôpital de Charenton. À partir d’un corpus de sources encore jamais mobilisé, les archives financières de l’établissement, l’objet de cette recherche est ainsi de proposer une histoire politique, sociale et matérielle de la maison de Charenton, depuis sa réouverture en 1797 jusqu’à 1825, année de l’arrivée du médecin Esquirol ouvrant une période mieux connue de l’historiographie.

Alors qu’en 1797, le Directoire exécutif décide d’instaurer pour la première fois un financement public partiel de l’hôpital, marquant ainsi le début d’une prise en charge par l’État d’un établissement qui se spécialise dans le traitement de la folie, le premier axe de cette étude vise à mieux comprendre l’évolution des sources de financement de la maison de Charenton. Cette analyse financière permet de mettre en lumière le degré d’engagement politique des différents régimes qui se succèdent, entre le Directoire et la Restauration, et les logiques financières qui président à la prise en charge du traitement des aliénés. Le deuxième enjeu de cette recherche est de replacer l’expérience des patients et des soignants dans un long processus de médicalisation et de professionnalisation des métiers liés au traitement de la maladie mentale. Enfin, il s’agit de mettre au jour les permanences et les innovations dans les pratiques de soin à partir d’une approche matérielle de la comptabilité qui nous révèle les achats et travaux effectués au sein de l’établissement. Cette histoire politique, sociale et matérielle de la prise en charge des aliénés permet ainsi de proposer une autre lecture de l’histoire de la psychiatrie et d’interroger plus généralement la place du fou dans la société au tournant du XVIIIe siècle et XIXe siècle.


vendredi 27 juin 2025

La question anorexique en France

La question anorexique en France (1873-1937). Étude de la production des « seuils diagnostiques » d’une catégorie médicale d’âge et de genre



Soutenance de thèse de Elsie Mégret


La soutenance se tiendra le mercredi 2 juillet 2025 à 13h30 dans l'amphithéâtre du Collège doctoral européen de l'université de Strasbourg (46 Bd de la Victoire), ainsi qu'à distance.


Le jury est composé de :

  • Hervé Guillemain, Professeur des Universités, Université du Mans (rapporteur)
  • Ingrid Voléry, Professeure des Universités, Université de Lorraine (rapportrice)
  • Heinrich Hartmann, Professeur des Universités, Helmut Schmidt University (examinateur)
  • Anne Lhuissier, Directrice de recherche, INRAE (examinatrice)
  • Perig Pitrou, Directeur de recherche, CNRS (examinateur)
  • Jeanne Teboul, Maîtresse de conférences, Université de Strasbourg (examinatrice)
  • Nicoletta Diasio, Professeure des Universités, Université de Strasbourg (directrice)
  • Marianna Scarfone, Maîtresse de conférences, Université de Strasbourg (co-encadrante)


Afin de faciliter l’organisation, je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’indiquer via ce formulaire, si vous souhaitez assister à la soutenance en présentiel ou à distance.



Résumé

Cette étude problématise la production des « seuils diagnostiques » de la catégorie médicale d’anorexie en France, entre 1873 et 1937. En s’appuyant sur une enquête de sociologie et d’anthropologie historique menée à partir d’un terrain documentaire (archives médicales et administratives, publications scientifiques et médicales, iconographies), la thèse retrace les façons dont la « question anorexique » a été « travaillée » par et au sein de divers savoirs relatifs aux processus vitaux de développement. L’étude souligne d’abord que dès les années 1870, les aliénistes, psychiatres et neurologues identifient l’anorexie hystérique, mentale et nerveuse à partir de « seuils esthétiques de genre » et de « seuils de sexualisation ». Elle montre ensuite qu’au tournant du XXe siècle, les connaissances psychophysiologiques et pédiatriques axées sur la nutrition et la maturation psycho-sexuelle participent à diagnostiquer la pathologie à partir de « seuils métaboliques » et de « seuils de croissance », rendant ainsi observable l’anorexie chez les nourrissons et les enfants. Enfin, l’étude suggère que les réponses thérapeutiques apportées à l’anorexie par la psychologie expérimentale et l’hygiène mentale contribuent à stabiliser la catégorie médicale autour de « seuils de rendement » d’âge, de genre et de classe, classifiant ainsi durablement la maladie parmi les anormalités de l’enfance et les troubles nerveux considérés comme curables. Au fil de l’analyse, ce travail suggère que la catégorie d’anorexie n’est pas produite à partir d’âges chronologiques stables, mais à partir de pratiques matérielles d’objectivation, de mesure et de visibilisation de phénomènes vitaux corporels, biochimiques ou physiologiques. La thèse met également en avant les tensions classificatoires qui façonnent la catégorie, à la croisée d’« interventions médicales » de régulation du développement et d’opérations de standardisation des âges de la vie.


Mots-clés : Anorexie, âges de la vie, développement, genre, sexualité, processus vitaux, temporalités corporelles, histoire des sciences et de la médecine, matérialités scientifiques

dimanche 15 décembre 2024

Roger Heim et la découverte des champignons hallucinogènes

« Une science est née [?] » Roger Heim (1900-1979) et les conséquences heuristiques de la découverte des champignons hallucinogènes du Mexique

Soutenance de thèse

Jeudi 19 décembre à 9h30, en salle E002 de l’Université de Picardie Jules Verne, à Amiens.



La soutenance se déroulera en présence du jury suivant :

M. Samir Boumediene, Chargé de recherche, CNRS
M. Jean-Christophe Coffin, Maître de conférences, CNRS
M. Jean-Claude Dupont, Professeur émérite, UPJV
Mme Margot Morgiève, Chargée de recherche HDR, Inserm
M. Xavier Guchet, Professeur, UTC
M. Stéphane Tirard, Professeur, Nantes Université

Ce travail a été réalisé sous la direction de Mme Céline Cherici, professeure d’épistémologie à l’UPJV.


Cette thèse explore les conséquences heuristiques de la redécouverte des champignons hallucinogènes à travers les travaux du professeur Roger Heim (1900-1979). Au XVIe siècle et XVIIe siècle, lors de la colonisation du Mexique, des chroniqueurs européens avaient observé et décrit l'usage de ces champignons, mais ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que l'intérêt scientifique sur ceux-ci renaît, grâce aux recherches des époux Wasson, pionniers de l’ethnomycologie. Roger Heim, mycologue et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, joua un rôle déterminant dans cette redécouverte, en menant et en coordonnant des recherches sur les champignons hallucinogènes du Mexique, tant sur les plans ethnologique, biologique, chimique que psychologique. La thèse analyse le processus par lequel une expérience psychique issue des mondes amérindiens a été transférée et « naturalisée » dans la culture scientifique occidentale, à travers des recherches pluridisciplinaires qui ont également ouvert la voie à des recherches médicales. La thèse montre que les travaux de Heim ont entraîné une rupture épistémologique. En s'ouvrant aux pratiques divinatoires des guérisseurs mexicains et en expérimentant les effets de ces champignons, Heim a initié une reconfiguration de ses croyances métaphysiques. Fondée sur une analyse historique de sources variées, dont des correspondances et un film documentaire, la thèse conclut que Heim a posé les bases d'une nouvelle discipline. Bien qu'il n'ait pas su la nommer, cette science en devenir repose sur l’exploration prudente des propriétés psychotropes de la psilocybine et sur l'ouverture à l'altérité épistémique.

dimanche 8 décembre 2024

Une histoire sociale et politique de la folie sur les Hautes Terres de Madagascar


Délirer la situation coloniale. Une histoire sociale et politique de la folie sur les Hautes Terres de Madagascar (1863 – années 1950)

Soutenance de thèse de Raphaël Gallien


La soutenance aura lieu le lundi 9 décembre 2024 à 14h à l’université Paris Cité (salle 209 du bâtiment Olympe de Gouges, 8 rue Albert Einstein, 75013 Paris) devant un jury composé de :



- Aude FAUVEL, Maître d'enseignement et de recherche, Université de Lausanne, IHM (Examinatrice)

- Nancy R. HUNT, Professeure, University of Florida (Rapportrice)

- Hervé MAZUREL, Maître de conférences HDR, Université de Dijon, LIR3S (Rapporteur)

- Didier NATIVEL, Professeur, Université Paris Cité, CESSMA (Directeur)

- Marie-Caroline SAGLIO-YATZIMIRSKY, Professeure, INALCO, CESSMA (Présidente)

- Violaine TISSEAU, Chargée de recherches, CNRS, IMAF (Examinatrice)



Résumé de la thèse :

À partir de l’étude des dossiers d’internement de l’hôpital d’Anjanamasina – plus de 1480, qui constituent le corpus principal –, auxquels s’ajoutent archives administratives, religieuses, littérature médicale et presse écrite, cette thèse installe le délire en son centre, comme un prisme révélateur du quotidien colonial à Madagascar durant la première moitié du XXe siècle. Le délire est analysé selon une approche multiscalaire, à partir d’une lecture microhistorique qui n’exclut pas le global, afin d’interroger l’articulation qui s’opère entre subjectivités, quotidiens coloniaux et recompositions politiques. Plutôt que de le considérer comme une expérience uniquement personnelle ou de le réduire à une histoire de la médecine et de ses catégories, l’objectif est de tirer parti de sa puissance expressive pour offrir une étude originale de la société malgache. Une grande attention est donc portée aux motifs, noms, dates, évènements convoqués par le délire, constituant autant de « survivances » qui nous renseignent sur l’articulation des mouvements de l’histoire au fondement des subjectivités. En examinant comment le trouble se construit et les réponses institutionnelles qui l’accompagnent, il s’agit d’explorer les dynamiques du pouvoir, les circulations de normes et de savoirs, ainsi que la manière dont les individus mobilisent les institutions, l’espace et l’imaginaire pour se réapproprier les frontières du monde social. À terme, là où le symptôme peut être vu comme une tentative de résolution pour le sujet, l’acte de création qu’il implique soulève des questions sur la construction sociale de l’individu au sein de la « situation coloniale », dans ses sédimentations psychiques les plus profondes.

mercredi 2 octobre 2024

Bactériologie et gestion des épidémies au Japon

La bactérie, le vaccin et l'empire : bactériologie et gestion des épidémies au Japon (1880-1930)

Soutenance de thèse de Shiori Nosaka

Lundi 7 octobre à 9h

à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

au 54 boulevard Raspail 75006 Paris

dans la salle des soutenances A07_37 (au 7ème étage).



Le jury sera composé de :

Christian BONAH, Professeur, Université de Strasbourg (Rapporteur)
Ken DAIMARU, Maître de conférence, Université Paris Cité (Examinateur)
Jean-Paul GAUDILLIÈRE, Directeur de recherche, INSERM-EHESS (Co-directeur)
Sophie HOUDART, Directrice de recherche, CNRS (Examinatrice)
Laurence MONNAIS, Professeure, Université de Lausanne (Rapportrice)
Anne RASMUSSEN, Directrice d'étude, EHESS (Examinatrice)
Bernard THOMANN, Professeur des universités, INALCO (Co-directeur)

Résumé :
Cette thèse examine l’aménagement des politiques sanitaires contre les épidémies de choléra et de peste au Japon impérial entre 1880 et 1930, avec une attention particulière portée sur l’expertise bactériologique. À partir des années 1880, savants médicaux, acteurs de santé locaux et interlocuteurs internationaux commencent à problématiser les mesures d’hygiène publique mises en place par l’État japonais à la fin des années 1870. Les savants japonais cherchent ainsi des explications locales de la transmission du choléra et de la peste, oscillant entre le modèle d’importation des maladies et le modèle d’endémie continue. Dans le contexte de l’intensification de la compétition scientifique transnationale et de l’expansion des empires coloniaux, ces tentatives conduisent à l’agencement de plusieurs types d’intervention sanitaire, faisant appel ou non aux savoirs et aux techniques des bactériologistes dans la métropole japonaise et à Taïwan, devenu alors une colonie japonaise (1895-1945). Les théories associant facteurs microbiens et environnementaux orientent fortement les projets d’investissements d’État vers l’installation d’infrastructures sanitaires en zones urbaines. Dans le même temps, les autorités renforcent les mesures d’isolement et le contrôle des frontières. Le moteur de ces dernières est, d’une part, le développement d’un réseau des laboratoires d’analyse bactériologique et, d’autre part, l’identification de certains ports asiatiques comme étant toujours sources d’épidémies. Les expérimentations de sérums et de vaccins, en métropole et à Taïwan, intéressent les bactériologistes autant sur la question de leur efficacité dans le cadre des campagnes sanitaires que sur leur nouveauté scientifique. Les bactériologistes tirent profit de l’expansion géographique des territoires de l’empire japonais pour collecter des données et ressources variées, ce qui leur permet de produire des savoirs plus compétitifs à l’échelle internationale. En définitive, l’expertise bactériologique multiple les registres d’interprétation des épidémies et d’action sanitaire. Cette thèse met en lumière les manières dont ceux-ci sont mis à l’épreuve et hiérarchisés dans les pratiques locales, par la compétition scientifique et à travers le contexte impérial.


dimanche 17 septembre 2023

Des corps malades sous l’objectif

Des corps malades sous l’objectif. La photographie médicale dans les musées hospitaliers parisiens
(1866-1945).



Soutenance de thèse d'Alice Aigrain




 

J'ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat, préparée à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Michel Poivert.


La soutenance est publique et se tiendra le 19 septembre 2023 à 10h

Galerie Colbert, 2 rue Vivienne à Paris, salle Jullian. 



Composition du jury

Anne CAROL, Professeure à l’université Aix-Marseille

Mechthild FEND, Professeure à l’université de Frankfort

Christophe GRANGER, Maitre de conférences HDR à l’université Paris-Saclay

Laurence GUIGNARD, Professeure à l’université Paris Est-Créteil

Michel POIVERT, Professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Anne RASMUSSEN, Directrice d’études à l’EHESS

Bertrand TILLIER, Professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 



Résumé de la thèse

À partir de 1866, le médium photographique s’institutionnalise dans le champ médical parisien grâce à la mise en place d’une politique volontariste de la part de l’Assistance publique. Cette thèse se propose de mettre en perspective ce moment particulier des rapports de la médecine à la photographie en interrogeant les usages – revendiqués ou non – et le statut du médium pour les sciences médicales jusqu’aux années 1945. Dans une démarche croisant l’histoire patrimoniale et les études visuelles, cette recherche se propose de dresser une histoire sociale et culturelle de l’appropriation de la photographie par le corps médical à des fins de représentation des corps malades. Pour ce faire, six musées et leurs collections sont étudiés dans leur singularité ainsi que dans les permanences qui se dessinent entre eux : les musées de l’hôpital Saint-Louis, de l’hospice de Bicêtre, de la clinique Baudelocque, de l’hôpital Boucicaut, le musée Dejerine et celui du Val-de-Grâce.

Cette recherche met au jour la multiplicité des projets tant scientifiques, politiques, professionnels voire commerciaux que porte la photographie médicale : les usages du médium ne peuvent dès lors se résumer à des enjeux d’objectivité et de documentation scientifique. Ce travail s’organise autour de trois périodes chronologiques : les années 1860 à 1890 sont celles de l’institutionnalisation progressive du médium dans le monde médical ; les années 1890 à 1910 sont celles d’une généralisation de l’usage de la photographie en médecine ; les années d’entre-deux-guerres sont marquées par un réinvestissement du corps médical dans les musée hospitaliers et leurs collections photographiques.


La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié∙es.

mercredi 21 décembre 2022

Le sommeil au XIXe siècle

Le sommeil au XIXe siècle. Normes et imaginaires du dormir (années 1770-1914)

Soutenance de thèse de Sophie Panziera



J'ai le grand plaisir de vous inviter à la soutenance de ma thèse intitulée « Le sommeil au XIXe siècle. Normes et imaginaires du dormir (années 1770-1914)», réalisée sous la direction de Dominique Kalifa puis Laurence Guignard à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle se déroulera le samedi 7 janvier 2023 à 14h, en salle 216 du Centre Panthéon, (12 place du Panthéon 75005 Paris). Une visioconférence permettra également de la suivre à distance.


Le jury sera composé de :

Monsieur Alain Cabantous, professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, examinateur

Madame Anne Carol, professeure, Université d'Aix Marseille, examinatrice

Madame Jacqueline Carroy, directrice d'étude honoraire, EHESS, examinatrice

Madame Laurence Guignard, professeure, Université Paris-Est Créteil, directrice de la thèse

Monsieur Hervé Guillemain, professeur, Université du Mans, rapporteur

Madame Stéphanie Sauget, professeure, Université de Tours, rapportrice



La soutenance sera suivie d’un pot au Centre d’histoire du XIXe siècle auquel vous êtes très chaleureusement convié·es (Centre Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Escalier C, 3ème étage, salle G014).

Pour vous permettre d'accéder aux centres Panthéon et Sorbonne, et pour des raisons d’organisation, je vous serais très reconnaissante de m’indiquer votre présence (à tout ou partie de la soutenance, et/ou au pot) au plus tard le 31 décembre. Si vous souhaitez assister à distance, je vous remercie également de bien vouloir m’en informer en m’écrivant à l'adresse sophie.panziera@gmail.com, afin de que je puisse vous envoyer les informations de connexion.



Résumé de la thèse

La thèse propose d’analyser les représentations qui conditionnent les rapports au sommeil et aux expériences du « dormir » au xixe siècle. Elle montre qu’à partir de la fin du xviiie siècle, les médecins s'emparent du sommeil comme un objet d'étude à part entière, questionnant la nature et la fonction de cet état physiologique au moment où le sommeil provoqué réinterroge les frontières veille/sommeil. Les innovations techniques permettent dans le même temps de faciliter la vie nocturne, jusqu’à pouvoir la rendre quotidienne. À partir de 1789, la Révolution française érige l’énergie en valeur essentielle du citoyen, se réappropriant et exaltant une culture de la veille politique. S’installe alors un nouveau rapport au temps social, politique et naturel. Le XIXe siècle définit le besoin de sommeil non plus comme un impondérable calqué sur les rythmes cycliques répondant aux lois de la nature, mais dépendant des rythmes propres au corps, relevant de la physiologie individuelle, que les sciences médicales sont chargées de comprendre et déterminer. Puis la norme d’un sommeil de huit heures est réappropriée et revendiquée par une partie du corps social comme un impératif de santé civilisationnel, avant d’être entériné par la législation. L’analyse des discours tenus sur le sommeil entre les années 1770 et 1910 révèle ainsi une dichotomie entre d’un côté les injonctions à la veille citoyenne, politique, artistique, laborieuse, comme un idéal à atteindre pour accéder à la reconnaissance sociale, et de l’autre, la formulation progressive des prescriptions médicales et sociales au bien dormir, les secondes prenant progressivement le pas sur les premières à partir du second xixe siècle, sans que ces dernières ne s’effacent complètement. En ce sens, le tournant du XXe peut ainsi être lu comme un moment de revendication et de conquête d’un temps de sommeil suffisant pour toutes et tous, dans la formulation sociale d’un « droit au sommeil ». S’appuyant sur les discours médicaux, elle aboutit paradoxalement à une nouvelle naturalisation du besoin de dormir.


Summary:

This thesis intends to analyse the discursive representations that influence the relationship to sleep and the experiences of "sleeping" in the 19th century. Starting from the end of the 18th century, doctors take on sleep as an object of study in its own right, questioning the nature and function of this physiological state as induced sleep ponders the boundaries between wakefulness and sleep. Concurrently, technical innovations facilitate nocturnal activities to the point of making them common. From 1789, the French Revolution establishes energy as an essential value of the citizen, reclaiming and exalting a supposed sleepless political elite. A new relationship to social, political and natural time thus sets in. The 19th century no longer defines the need for sleep as synchronised with the cyclical patterns of nature, but dependent on patterns specific to the body, linked to human physiology and which medical sciences are given the tasks to understand and describe. The need for sleep is presented as a civilizational health imperative by workers unions, before being eventually ratified by the legislation of the eight-hour day. The analysis of the speeches held on sleep between 1770 and 1910 reveals a dichotomy between, on the one hand, injunctions to civic, political, artistic, laborious wakefullness, as an ideal to attain social recognition, and on the other hand, the formulation of medical and social prescriptions for good sleep, the latter gradually taking precedence over the former from the second half of 19th century, without the former disappearing completely. In this sense, the turn of the 20th century can thus be read as a moment of claiming and conquering sufficient time for sleep for all, in the social formulation of a “right to sleep”. Based on medical discourses, this concept paradoxically leads to a new naturalisation of the need to sleep.


lundi 29 novembre 2021

Savoirs sur l’impuissance sexuelle en Espagne (1780-1910).

Savoirs sur l’impuissance sexuelle en Espagne (années 1780-1910). Contribution à une histoire de l’hétérosexualité

Soutenance de thèse de Marie Walin



Thèse réalisée sous la direction de Mme Sylvie CHAPERON
(Professeure des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès)
et M. Jean-Philippe LUIS († Professeur des Universités, Université Clermont Auvergne)

La soutenance aura lieu le

vendredi 3 décembre 2021 à 14h

à l'Université Toulouse Jean Jaurès, en salle D31 (Maison de la Recherche, Campus du Mirail, Toulouse)

et en distanciel en suivant ce lien :

https://prismes.univ-toulouse.fr/player.php?code=Gn94237C&width=100%&height=100%

Elle sera suivie d’un pot en salle D28 auquel vous êtes chaleureusement convié·es.

Pour des raisons d’organisation, je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’écrire si vous souhaitez assister à la soutenance en présentiel. Le pass sanitaire est obligatoire.



Le jury sera composé de:

Mme Inmaculada BLASCO HERRANZ – Profesora Titular, Universidad de la Laguna

M. Frédéric CHAUVAUD – Professeur des Universités, Université de Poitiers (rapporteur)

M. Richard CLEMINSON – Chair in Hispanic Studies, University of Leeds

M. Stéphane MICHONNEAU – Professeur des Universités, Université de Lille

Mme Isabelle RENAUDET – Professeure des Universités, Université Aix-Marseille (rapportrice)



Résumé :

Au XIX e siècle, l’impuissance sexuelle est une cause de nullité de mariage en Espagne. Ce travail repose sur l’analyse de 61 d’entre elles instruites par les tribunaux diocésains de Madrid et Saragosse entre 1777 et 1919 et d’un corpus de sources médicales, juridiques, littéraires et érotiques. À la fin du XVIII e siècle, l’impuissance est définie comme toute incapacité physique ou morale empêchant de pratiquer le coït, et peut donc concerner des femmes. Son traitement juridique et médical traduit la volonté de l’Église d’encourager la procréation et d’éviter les pratiques sexuelles immorales. À partir des années 1840, les savoirs sur la sexualité reproductive se transforment considérablement, donnant naissance à la fin du siècle à une « proto-sexologie » qui bouleverse les savoirs sur l’impuissance. Alors qu’au début du siècle ni le mot ni le concept de sexualité n’existent, à la fin ces nouveaux savoirs, l’approfondissement de la binarité de genre et l’émergence de la notion d’identité sexuelle en font une pathologie masculine interprétée comme le signe d’une virilité défaillante. Autour d’elle se concentrent alors des angoisses consécutives au « Désastre » de 1898 : celles d’une décadence et d’une dégénérescence de l’Espagne autrefois si puissante, qui aurait perdu sa virilité avec l’entrée dans la modernité.

Mots-clefs : Sexualité ; Masculinité ; Histoire de la médecine ; Espagne ; XIX e siècle.

samedi 25 septembre 2021

Une histoire sociale des aliénés

« L’infortune la plus grave qui puisse frapper un citoyen ». Une histoire sociale des aliénés (France, seconde moitié du XIXe siècle)

Soutenance de thèse de doctorat en histoire d’Anatole Le Bras

 

Sous la direction de Paul-André Rosental et Benoît Majerus


La soutenance se déroulera le jeudi 30 septembre 2021 à 14 h à Sciences Po, et sera retransmise en visioconférence (via le logiciel Zoom).

Les personnes souhaitant assister à la retransmission de la soutenance peuvent écrire à anatole.lebras@sciencespo.fr



Membres du jury :

Mme Anaïs Albert, Maîtresse de conférences, Université de Paris
M. Arnaud-Dominique Houte, Professeur des Universités, Sorbonne Université (rapporteur)
M. Benoît Majerus, Full Professor, Université du Luxembourg
M. Paul-André Rosental, Professeur des Universités, Sciences Po Paris
Mme Isabelle von Bueltzingsloewen, Professeure des Universités, Université Lumière Lyon 2
M. David Wright, Professor of History, McGill University (rapporteur)



L’histoire de l’essor de l’asile en France après la loi de 1838 et de l’échec de son ambition thérapeutique a maintes fois été écrite. Mais celle des aliénés reste encore largement méconnue. Cette thèse propose une histoire sociale de la folie des années 1850 aux années 1900 fondée sur l’étude des trajectoires biographiques des aliénés. Pour cela, elle exploite les fonds d’archives de quatre asiles du Finistère et de région parisienne ainsi qu’un ensemble de sources inédites, issues des fonds de la justice pénale et civile et de sociétés de patronage pour aliénés convalescents, qui permettent d’étendre l’enquête au-delà du cadre asilaire.

Ce faisant, la thèse met en lumière les limites de l’emprise asilaire mais aussi les facteurs qui permettent l’appropriation de l’internement, notamment par les familles, comme moyen de régulation sociale. Elle montre comment les trajectoires et expériences d’aliénation mentale sont façonnées par les variables du genre, de l’âge et de la classe sociale. Elle propose, enfin, une histoire des subjectivités aliénées en prêtant attention aux formes d’accommodement ou de résistance que les malades mentaux opposent à leur subordination et à leur mise sous tutelle. L’aliéné, figure inversée du citoyen, tend un miroir à la société française et à ses évolutions.



“The Most Serious Misfortune That Can Befall a Citizen”. A Social History of the Insane (France, Second Half of the 19th Century)

The history of the rise of the asylum in France after the law of 1838 on the insane, and of the failure of its therapeutic ambition, is well-known. But the history of the insane themselves is yet to be written. This thesis proposes a social history of madness from the 1850s to the 1900s based on the study of trajectories of the mentally ill. To this end, it uses archives from four public lunatic asylums located in Brittany and the Paris area. It also exploits a set of hitherto unexploited sources from penal and civil courts and after-care associations for convalescent lunatics, thus allowing the extension of the study beyond the asylum walls.

In doing so, the thesis highlights the ways in which madness was managed outside the institutional sphere, but also the ways through which families and other actors appropriated asylum internment as a means of social regulation. It shows how trajectories and experiences of mental illness were shaped by factors of gender, age, and class. Finally, this thesis proposes a history of alienated subjectivities by paying attention to the various forms of accommodation or resistance that the mentally ill opposed to their subordination. As an inverted figure of the citizen, the lunatic holds a mirror up to French society and its transformations.

mardi 7 septembre 2021

Dialogue entre philosophie et médecine

Dialogue entre philosophie et médecine : enjeux historiques, épistémologiques et anthropologiques. Le moment des Lumières

Soutenance d'HDR de Gilles Barroux



Le vendredi 17 septembre 2021, à 13h, Université de Paris, bâtiment Olympe de Gouges, place Paul Ricœur, salle Laplanche (576).


Le jury sera composé de : Mme Marie GAILLE (Directrice de recherche CNRS, référente) , Mme Véronique BOUDON-MILLOT (Directrice de recherche, CNRS), Mme Delphine ANTOINE-MAHUT (Professeure, ENS Lyon), M. Pierre-François MOREAU (Professeur émérite, ENS Lyon), M. Colas DUFLO (Professeur, Université Nanterre), M. Vincent BARRAS (Professeur, Université de Lausanne).


vendredi 18 juin 2021

Les épidémies dans l’Italie du Nord entre 1796 et 1805

Guerres médicales. Penser, combattre et instrumentaliser les épidémies dans l’Italie du Nord, 1796-1805

 Soutenance de thèse de Paul-Arthur Tortosa

 

La soutenance aura lieu le 24 juin à 10h30 en visioconférence Zoom. Celles et ceux qui seraient intéressé·es peuvent s'inscrire à l'adresse suivante : https://www.eui.eu/events?id=536842

 

Le jury est composé de :

Maria Pia DONATO, Professeure à l’Université de Cagliari et Directrice de recherche CNRS (Examinatrice)

Rafael MANDRESSI, Directeur de Recherche CNRS, EHESS (Co-directeur)

Anne RASMUSSEN, Directrice d’études, EHESS (Examinatrice)

Lucy RIALL, Professeure, European University Institute (Examinatrice)

Stéphane VAN DAMME, Professeur, École Normale Supérieure (Directeur)

 

 Cette thèse propose une histoire des épidémies dans le nord de l’Italie sous domination française (1796-1805). Elle s’inscrit dans l’histoire sociale de la médecine et l’étude sociale des sciences, et se focalise sur les épidémies contestées, c’est-à-dire celles dont l’origine, la nature et souvent l’existence même sont largement débattues, telles que les fièvres intermittentes, le mal du pays, la fièvre des hôpitaux et la fièvre de Livourne. Ce travail analyse deux types différents mais complémentaires de « guerres médicales » : l'instrumentalisation des connaissances et des acteurs médicaux pour soutenir l'expansion militaire française ; et les guerres politiques et commerciales menées contre des États accusés de mentir sur la situation épidémiologique de leur population.

Politiquement morcelée, traversée par des armées étrangères, frappée par de nombreuses épidémiques dont les autorités civils et militaires tentent de minimiser la gravité voire de nier l’existence, l’Italie de cette période est un observatoire privilégié de la production sociale de savoirs et d’ignorance relative aux épidémies. Si ces dernières affectent profondément la société italienne, je montre que les discours médicaux et les politiques de santé publique obéissaient moins à des logiques sanitaires qu’à des impératifs économiques et géopolitiques.

L’étude du rôle joué par les questions sanitaires lors des campagnes d’Italie offre un nouveau regard sur des guerres ayant joué un rôle essentiel dans la carrière politique de Bonaparte. Cette thèse montre que les médecins militaires ont aidé l'impérialisme français en soignant les soldats malades et blessés, mais aussi en publiant des traités définissant les maladies comme endémiques au lieu d'épidémiques ou niant leur existence même, afin de combattre le discours des autorités municipales accusant l'armée française de propager des maladies sur le sol italien.

Les enjeux politiques de la production de connaissance et d’ignorance sont également au cœur de mon analyse de la fièvre qui a frappé Livourne en 1804. Grâce à une approche microhistorique, je mets en évidence le rôle crucial joué par les acteurs non professionnels dans la surveillance épidémiologique quotidienne, et démontre que les sources informelles étaient paradoxalement considérées comme des preuves plus fiables que les documents officiels signés par des médecins et des fonctionnaires. J'analyse également la manière dont la confiance se construit entre les magistrats de santés des différents pays, en montrant que les gouvernements prennent des mesures de santé publique considérant les effets qu'elles sont censées avoir sur les gouvernements des États voisins plus que leur fondement scientifique.