mercredi 21 janvier 2026

Photographier la vie en institution

Dedans/Dehors : photographier la vie en institution (1840-1980)



Appel à contributions
 

Photographica - 14 | 2027 
Date de soumission des propositions : 9 février 2026



Direction éditoriale du dossier

Dossier thématique sous la direction de Alice Aigrain (Université de Strasbourg), Camille Joseph (Université Paris 8), Anaïs Mauuarin (EHESS).
 

Argumentaire


Dans son livre Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon mène une enquête pour documenter et reconstruire la trajectoire de son arrière-grand-mère diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. Rapidement, elle se pose la question des archives photographiques produites et conservées tant par l’institution asilaire que par le personnel soignant : « Je demande à Roseline si elle a conservé des photographies de l'époque... J'en avais plein les cartons me dit Roseline, mais j'ai tout foutu en l'air il y a un mois. J'ai rien gardé. Il aurait fallu le savoir avant... J'avais beaucoup de photos1. » 

Ce sont ces photographies, conservées, jetées, publiées ou encore vendues, que le prochain numéro de la revue Photographica souhaite documenter. Comment est produite, diffusée et utilisée la photographie dans les institutions coupées du monde extérieur, ces lieux clos dans lesquels les personnes vivent une vie recluse et régulée par des règles strictes (hôpitaux psychiatriques, internats, couvents, monastères, casernes, prisons, camps, sanatoriums, léproseries, foyers, maisons de retraite...) ? Si elle a souvent été étudiée comme instrument de contrôle ou de discipline (Sekula2, Tagg3), la photographie ouvre des espaces de circulation, de négociation et de contestation qui sont restés largement inexplorés. Ce numéro propose d’interroger la diversité des usages photographiques en contexte institutionnel – des pratiques officielles à celles des personnes qui y vivent ou y travaillent – afin de mieux saisir la complexité des rapports sociaux et des représentations qui s’y construisent, depuis les prémices de la photographie jusqu'aux années 1980.

La définition de ces institutions que Erwin Goffman a qualifiées de totales4 et les débats ouverts par ses travaux dans les années 1960 – prolongés, entre autres, par Michel Foucault5 et plus récemment par Corinne Rostaing6 – constituent un socle théorique à partir duquel nous souhaitons aujourd’hui questionner les pratiques, les usages et les circulations des corpus photographiques liés à ces institutions. Ce numéro entend interroger la façon dont ces corpus valident ces définitions ou, au contraire, en soulignent la dimension labile voire en testent la pertinence et les limites. On pourra ainsi se demander si, au sein d’espaces définis comme « clos », la photographie, à la fois comme pratique et comme objet, peut permettre des circulations « hors-les-murs ». Si oui, ces circulations sont-elles encadrées et contrôlées par l’institution, ou bien relèvent-elles de stratégies ou dynamiques qui témoignent au contraire d'une certaine porosité de ces espaces, parfois même recherchée par l’institution elle-même ? Comment certains corpus s’inscrivent-ils dans les fonctions d’exclusion ou de disciplinarisation au cœur de la définition de ces lieux de vie ? Comment d’autres pratiques semblent davantage capables de s’insérer dans les marges de manœuvre de ces espaces ? 


Axes possibles pour les articles

À partir d'études s'appuyant sur des corpus photographiques produits depuis ces espaces de vie institutionnels, les propositions pourront s'inscrire dans les axes suivants. La liste n'est pas exhaustive, et nous invitons les auteurs et autrices à produire des articles interrogeant plusieurs de ces axes de façon transversale :
Axe 1 - Vues du dedans : la photographie par et pour les institutions

Une première pratique, peut-être la plus évidente, est celle initiée par les institutions elles-mêmes. Cette pratique institutionnelle est ancienne : dès les années 1870, par exemple, certains services hospitaliers – notamment en psychiatrie – mettent en place des laboratoires photographiques pour documenter leurs patient·es, les activités médicales et l’évolution des pathologies. De tels dispositifs nécessitent des moyens matériels, financiers et humains : recrutement d’opérateurs, négociation de budgets, organisation d'espaces dédiés, définition des protocoles de prise de vue et des règles de diffusion, etc. On retrouve des dynamiques similaires dans d’autres espaces clos (prisons, couvents, internats, etc.), où l’institution prend en charge, de manière plus ou moins centralisée, la production des images. Ces corpus incluent notamment des portraits des personnes recluses, des vues architecturales des bâtiments, des images des activités, du personnel ou encore de la vie quotidienne. Si certaines de ces archives ont déjà fait l’objet d’études, une part importante demeure inédite et mérite d’être explorée.

Il s’agit de comprendre comment s’organisent les conditions matérielles et sociales de production des photographies au sein de ces espaces. Lorsque la photographie est portée par un désir institutionnel, comment se déploie-t-elle ? Qui sont les opérateurs qui produisent les photographies mais aussi les commanditaires et les administrateurs ? Quelles sont leur matériel et leurs conditions de travail ? Les clichés s’inscrivent-ils dans une économie interne à l’institution ? Voit-on alors une profession de photographe émerger dans ces lieux, ou à l’inverse s’agit-il de mettre à contribution, dans les laboratoires photographiques internes par exemple, les personnes recluses ?

Les usages de ces photographies sont divers, et certaines circulent uniquement à l’intérieur de l’institution ou entre des institutions similaires. Elles peuvent alors y remplir des fonctions mémorielles, scientifiques, disciplinaires, politiques ou économiques que nous invitons à mettre en lumière. L’analyse de ces corpus permet de saisir comment la photographie, lorsqu’elle est portée par un projet institutionnel, participe à l’organisation, à la légitimation et parfois à la mise en tension des pratiques et des représentations propres à ces espaces clos.

Par ailleurs, la régulation de la pratique de la photographie s’inscrit dans des dynamiques plus générales, qui débordent l'enceinte de l'institution qui les produit. Il est ainsi possible de s'interroger sur la façon dont sont légitimés ou non les usages de la photographie dans ces espaces, ainsi que sur l'histoire de cette légitimité. Des dispositifs légaux entourent-ils ces pratiques et comment évoluent-ils ? On pourra ainsi se demander si des débats émergent concernant l’arrivée de la photographie dans ces espaces, alors qu'ils ont pour vocation de se situer à l’écart du reste de la société et à l’abri relatif des regards extérieurs.
 

Axe 2 - La photographie hors les murs : production, circulation, diffusion

Les photographies prises depuis ces espaces ne sont pas toujours produites par l'institution elle-même ni à destination d'elle-même. Des clichés produits par l'institution sont destinés à circuler au-dehors, pour valoriser l’institution, construire son image publique ou, au contraire, dissimuler certains aspects de la vie quotidienne. On s’interrogera ainsi sur le type de « documents » produits par les institutions et la diversité des supports mobilisés pour diffuser ces images hors des murs : albums, cartes postales, illustrations, affiches, etc. Il s’agira d’identifier quelles images ont circulé ainsi que les motivations derrière ces diffusions, notamment leur caractère promotionnel7. Du point de vue des personnes recluses, on examinera le rôle de la diffusion de ces images dans la médiatisation de leur expérience de vie.

Des acteurs extérieurs peuvent également intervenir afin de documenter ces lieux de vie, pour les rendre visible au dehors. Nous pensons notamment à la médiatisation de ces espaces par des photographes reporters, des photojournalistes, ou même des photographes intervenant dans le cadre de projets artistiques. Cela soulève la question de la relation qui existe entre les photographes et l'institution : Qui a accès à ces espaces clos ? Quelles démarches, quelles sociabilités encadrent la possibilité même de rentrer dans ces lieux pour y faire des clichés ? Quelles sont les conditions d'accès à ces espaces, et quel contrôle ont les institutions sur les images prises ? Comment les producteurs contournent les éventuels cadres posés par l'institution ? Quelle relation s'instaure entre les personnes photographiées et les photographes venus du dehors ? De même, il est possible de s'interroger sur les stratégies de détournement qui peuvent être mises en place lorsque les reportages sont empêchés.

On pense par exemple aux reportages de Détective qui, pour l'illustration de certains articles les plus outranciers sur ces institutions (prisons, hôpitaux psychiatriques), ne publient que marginalement des photographies en rapport avec le reportage ou le propos de l'article8. La photographie, en s'appuyant sur la mise en page, la typographie, l’agencement des images et de grossiers photomontages, sert surtout à provoquer chez les lecteurs l’effroi souhaité, même si elle est hors sujet. Cet exemple questionne la façon dont on comble l'absence de photographies lorsqu'on ne peut pas en faire. La multiplicité des supports servant la diffusion de ces photographies pose la question des discours qui les accompagnent : dénonciation de ces espaces ou défense de ces dispositifs, illustration d'une actualité ou d'un fait divers, portrait d'un acteur des lieux, etc. Le recours aux photographies peut tantôt accentuer et servir des discours institutionnels par la mise en image ou les modalités de leur publication, tantôt, au contraire, ouvrir une brèche et prendre ces discours à rebours 


Axe 3 - Déborder le cadre : la photographie par les personnes vivant et travaillant en institution

Dans son livre, Adèle Yon évoque avec Roseline, une infirmière psychiatrique ayant eu une intense pratique photographique, le type de clichés qu'elle n'a finalement pas conservés : « Des photos avec des fêtes que la bonne sœur faisait, des photos de carnaval... oui, oui, j'avais plein de trucs...9 ». Surgit alors la possibilité d'une photographie en interne, dont la production n'est toutefois pas gérée par l'institution et son administration, mais l'œuvre de photographes amateurs, en particulier des membres du personnel mais aussi des personnes recluses. Ces corpus sont-ils le fruit de pratiques individuelles ou émergent-ils dans le cadre de pratiques plus encadrées, des photo-club par exemple ? Quelles sont les réglementations encadrant la prise de photographies ? Quelles sont les possibilités techniques d'accès à un appareil ou à un laboratoire ?

Dans certains cas, cette pratique amateur épouse sans doute le rythme et les codes visuels de ces institutions. Non seulement elle témoigne de la vie dans ces espaces, en y révélant par exemple des scènes quotidiennes, mais elle peut même participer de cette vie interne en étant présente et en performant les rituels sociaux (anniversaires, fêtes, portraits, photographies de familles, etc.)10. La photographie en tant que pratique participe-t-elle a reproduire et importer des normes sociales qui caractérisent d’autres espaces de vie au sein de ces institutions totales en masquant leur dimension disciplinaire ? Les clichés réalisés dans ce cadre reproduisent-ils les codes visuels propres à ce type de photographies ? On pense également à des cas de censure tacite qui pèse sur ces pratiques, à l'instar de celle qui était appliquée par les photographes amateurs exerçant dans les camps d'internements soviétiques au milieu du XXe siècle, qui s'accordaient à ne jamais prendre des signes matériels de la situation d'emprisonnement tels que les barbelés11.

A l'inverse, on peut se demander si cette pratique photographique ne vient pas parfois déborder les codes officiels pour montrer une autre vision de la vie en institution : les clichés pris par les personnes vivant et travaillant dans ces espaces proposent-ils des jeux, des espaces de porosité contournant les enjeux de domination et de violence induits par l'aspect disciplinaire et normatif de leurs lieux de production ? On se demandera si, même quand elles sont prises sous le regard de l'institution, ces photographies peuvent mettre en cause la relation asymétrique faisant nécessairement des personnes recluses les objets (passifs) de la photographie. Est-ce là un moyen pour les personnes vivant dans l'institution de se réapproprier leur espace de vie et les représentations d'elles-mêmes ? De manière générale, on peut se demander dans quelle mesure il existe des usages spécifiques de la photographie au sein des institutions totales, parmi les personnes qui y vivent et y travaillent, et s'il s'y déploie une économie visuelle particulière.


On pourra même se demander dans quelle mesure et dans quelles conditions des pratiques clandestines, passées sous le radar des institutions, peuvent exister. En 1961 par exemple, un détenu algérien proche du FLN immortalisait clandestinement des pièces de théâtre à caractère politique à la prison des Baumettes de Marseille12. Quelle chaîne de solidarité peut permettre ce genre de pratiques, et, selon le contexte, quels objectifs les motivent ? Ont-elles par ailleurs des répercussions, lorsqu'elles sont découvertes, sur la place plus large accordée à la photographie dans les institutions ? Si le travail des historiens permet d'exhumer de telles images, on pourra se demander de quelles autres sources et méthodes nous disposons pour percevoir ces pratiques visuelles, nécessairement dissimulées dans les plis des archives.

On s'interrogera également sur la façon dont les photographies faites par des personnes recluses ou des membres du personnel, sont montrées et diffusées : que deviennent les tirages produits dans ces espaces ? Font-ils l'objet d'une mise en valeur sous la forme d'expositions, de projections, de feuillets, d'albums, etc. ? Existe-t-il des réseaux informels et clandestins entre les personnes vivant dans l'institution, ou bien la présence de la photographie fait-elle plus souvent l'objet d'arrangements entre l'institution, les photographes amateurs et les autres personnes recluses ?

En s'intéressant à ces pratiques photographiques amateurs qui échappent pour partie aux institutions disciplinaires, on se demandera non seulement dans quelle mesure elles viennent perturber, ou au contraire rejouer, les représentations que ces institutions se donnent d'elles-mêmes, mais également de quelles façons elles reconnectent ces institutions à l'écosystème social et politique qui les entourent et dans lesquels elles sont prises. 


À propos de méthodologie

On portera une grande attention aux articles prenant en compte toute la complexité des corpus étudiés et les enjeux de violence possiblement induite par certains clichés. Nous invitons les auteurs et autrices à engager une réflexion sur les modalités de leur publication dans la revue (format, légende, etc.).
Modalités de soumission et calendrier

L’appel est ouvert jusqu’au lundi 9 février 2026.

Les propositions (en français ou en anglais) devront inclure votre nom et votre affiliation, un résumé de l’article de 3000 à 4000 signes accompagné d’une bibliographie, ainsi qu’une courte note bio-bibliographique. Elles sont à envoyer à l’adresse suivante : redaction@photographica-revue.fr

Les auteur·ices dont les propositions seront retenues seront avisé·es début mars 2026.

Les articles, de 30 000 à 35 000 signes (espaces et notes comprises), seront à envoyer pour le 1er juin 2026.

Parution de la revue Photographica (no 14) : printemps 2027.

Bibliographie

Ouvrages et articles

Aigrain Alice, « Jules D., patient, modèle », Photographica, 5, 2022, 22-41.

Aigrain Alice, Des corps malade sous l’objectif, Paris, les Éditions de la Sorbonne, (à paraître).

Amiotte-Suchet Laurent et Audrey Higelin Cruz (dir.) Ethnographier les institutions totales, Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/numero-46/

Artières, Philippe, Attica, USA, 1971, Cherbourg, Le Point du jour, 2017.

Brookes, Barbara, "Pictures of People, pictures of places: Photography and the Asylum", Exhibiting Madness in Museums, Londres, Routledge, 2011, p.30-47.

Cialdella, Philippe, "Photographies d'asile", dans Hervé Guillemain (dir.), DicoPolHis, Le Mans Université, 2022.

Deleuze, Gilles, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in Pourparlers 1972 - 1990, Les éditions de Minuit, Paris, 1990

Goffman, Erving, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, les éditions de Minuit, 1968.

Higelin-Fusté, Audrey , « La photographie carcérale : représentation, trahison ou instrumentalisation de l’architecture pénitentiaire ? », Les Carnets du LARHRA [En ligne], 2012, URL : https://publications-prairial.fr/larhra/index.php?id=1129

Honoré, Célia, Photographier les criminelles. Figures de la déviance féminine dans la culture visuelle de la modernité (France, 1855-1914), Thèse de doctorat, 2024, Université de Genève.

Honoré Célia, « Les insurgées de la Commune vues par Ernest Appert », Photographica, 5, 2002, 42-65.

Joschke, Christian, « La photographie au service des psychiatres ». L'Histoire - Les Collections, 51(2), 2011, p.78-79.

Luchsinger Katrin et Stefanie Hoch (dir.), Behind Walls. Photography in Psychiatric Institutions from 1880 to 1935, Zurich, Scheidegger & Spiess – Kunstmuseum Thurgau, 2022.

Marchetti Anne-Marie, "Arrêt sur image", Perpétuités, Paris Plon, 2001.

Margolis, Eric et Jeremy Rowe, "Images of assimilation: Photographs of Indian schools in Arizona", History of Education 33-2, 2004, p. 199-230.

Pearl, Sharrona, "Through a Mediated Mirror: The Photographic Physiognomy of Dr Hugh Welch Diamond." History of Photography, 33(3), 2009, p.288–305.

Renneville, Marc, « Démons et déments. Quand Détective enquête sur la folie », Criminocorpus [En ligne], 2018, URL : http://journals.openedition.org/criminocorpus/5017

Rostaing Corinne, "Institution totale : ambiguïtés et potentialités d'un concept bien vivant", Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/Rostaing

Sanchez, Jean-Lucien, "Le traitement du bagne colonial de Guyane par le magazine Détective", Criminocorpus [En ligne], 2018, URL: https://journals.openedition.org/criminocorpus/5112

Sekula Allan, "The Body and the Archive", October 39, 1986, p. 3-64.

Sekula, Allan, Ecrits sur la photographie, Paris Editions des Beaux Arts de Paris, 2018.

Skidmore, Colleen, "Photography in the Convent: Grey Nuns, Québec, 1861", Histoire sociale/Social History, vol. 35, n°70, 2002, p.279-310.

Suenens Kristien et Anne Roekens, « Portraits voilés », Photographica, 5, 2022, 64-82.

Tagg, John, The Burden of Representation, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1993.

Tagg, John, The Disciplinary Frame. Photographic Truths and the Capture of Meaning, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2009.

Tcherneva, Irina , “For an Exploration of Visual Resources of the History of Imprisonment”, The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies [En ligne], 19, 2018, URL : https://journals.openedition.org/pipss/5003


Catalogues d’exposition et colloques :

Face à ce qui se dérobe, les clichés de la folie, Chalon-sur-Saône, Musée Nicéphore Niepce, 18 octobre 2025 -19 janvier 2026.

"Patient·e·s et personnel soignant. Interroger les rapports de pouvoir en psychiatrie au XXe siècle à travers les archives audiovisuelles" Colloque organisé par Mireille Berton et Jessica Schüpbach, Lausanne, 27-28 mars 2025, UNIL.

Aigrain Alice, « Les multiples usages de la photographie par Bourneville à l’hospice de Bicêtre ». L’enfance aliénée sous l’œil du docteur Bourneville, cat. Exp. Paris, DGDBM – Université Paris Cité, PhotoSaintGermain, 2024, p.73-81.

"Ethnographies Plurielles – Institutions totales",colloque organisé par la Société d'Ethnologie Française, Aubervilliers, 29-30 novembre 2021, Campus Condorcet.

L’Impossible Photographie : prisons parisiennes, 1851-2010, catalogue d’exposition [Paris, Musée Carnavalet, 10 février-4 juillet 2010], Paris, Paris Musées, 2010.

Notes

1 Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth, Paris, Editions du Sous-sol, 2025, p. 302.

2 John Tagg, The Burden of Representation, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1993.

3 Allan Sekula, “The Body and the Archive”, October 39, 1986, p. 3-64.

4 Une institution totale est définie par Goffman comme « un lieu de résidence et de travail, où un grand nombre d’individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées. Les prisons constituent un bon exemple de ce type d’institutions mais nombre de leurs traits caractéristiques se retrouvent dans les collectivités dont les membres n’ont pas contrevenu aux lois. » Erving Goffman, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Editions de Minuit, 1968, p. 41.

5 Michel Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.

6 Rostaing Corinne, « Institution totale : ambiguïtés et potentialités d'un concept bien vivant », Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/Rostaing

7 On pense par exemple à l’« efficacité » du processus d’amalgamation tel qu’il a pu être mis en scène par les clichés « avant/après » des pensionnats du sud-ouest des Etats-Unis accueillant des enfants indigènes. Voir Eric Margolis et Jeremy Rowe, “Images of assimilation: Photographs of Indian schools in Arizona”, History of Education 33-2, 2004, p. 199-230.

8 Renneville, Marc, « Démons et déments. Quand Détective enquête sur la folie », Criminocorpus [En ligne], 2018, URL : http://journals.openedition.org/criminocorpus/5017

9 Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth, Paris, Editions du Sous-sol, 2025, p. 302.

10 Pierre Bourdieu, Un art moyen, Paris, Les éditions de Minuit, 1965.

11 Irina Tcherneva, “For an Exploration of Visual Resources of the History of Imprisonment”, The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies 19, 2018, URL: http://journals.openedition.org/pipss/5003

12 Fanny Layani « Théâtre et politique en prison : le FLN aux Baumettes (Marseille, 1961) » dans Marie Chominot et Sébastien Ledoux (dir.), Algérie. La guerre prise de vues, 2024, Paris, CNRS Editions, p. 75-90.

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