mercredi 1 novembre 2023

Corps, sport et jeux

Corps, sport et jeux
 

Appel à communications

148e congrès, Aubervilliers, 21-24 mai 2024:


Le CTHS, installé désormais au Campus Condorcet, se devait de consacrer au thème du sport son Congrès 2024, en l’année olympique réservée aux troisièmes Jeux de Paris après ceux de 1900 et 1924. Première coïncidence heureuse : c’est juste en face du bâtiment des conférences du campus que fut récemment installé celui de l’organisation des jeux. La jeunesse, en la personne des garçons et des filles recrutés pour participer à celle-ci, côtoya plusieurs années durant, sur la place du Front Populaire, le milieu un peu plus âgé – mais pas toujours – des chercheurs en sciences humaines et sociales. Seconde coïncidence c’était, en cette année 2024, à la section antiquisante du CTHS, autrefois dénommée « section d’histoire et d’archéologie des civilisations antiques » et désormais « section des sciences de l’Antiquité », d’assumer l’organisation du Congrès. Or, si l’on peut s’interroger sur l’origine des activités physiques dans les sociétés humaines, origine que l’on attribuera évidemment à l’homme du paléolithique, personne ne pourra nier que les « Jeux olympiques » ont été inventés par les Grecs de l’Antiquité, en 776 avant notre ère (date officielle). Il faudra, comme on sait, attendre près de vingt siècles, en 1896, pour voir renaître les Jeux sous leur forme contemporaine, ce qui interroge évidemment sur la conception que les sociétés historiques ont pu se faire du « sport » à travers les siècles, et surtout des manières fort diverses qu’elles ont su choisir pour les appliquer.


Soulignons tout d’abord que parler de « Jeux olympiques » pour la Grèce antique est une façon de dire qui ne va pas sans risques. En effet, tout spécialiste du sujet nous objectera aussitôt qu’« on ne jouait pas, à Olympie », mais qu’on s’y confrontait les uns aux autres. Ce qu’on nomme improprement « des jeux » étaient en grec « des concours » (un agôn, des agônes). Et, à Rome, les ludi n’étaient pas de simples intermèdes ludiques mais ils désignaient tous les spectacles, et pas seulement sportifs, organisés de manière officielle. Par-delà ces quelques impropriétés, on trouvera ici un premier élément de controverses positives et de réflexions fécondes : peut-on vraiment séparer, dans tout sport, l’esprit de « compétition » de celui d’« agrément » ? Les aristocrates romains le pensaient, qui voyaient l’exercice physique comme un lusus, et qui n’auraient jamais eu l’idée d’aller perdre leur dignitas en s’inscrivant dans une compétition sportive (Thuillier 1996, p.9, citant Tacite : « se donner en spectacle au public chose qui, chez nous, est marquée d’infamie, de basse condition et est fort loin de l’honorabilité »). Toutefois, comme tout le monde n’est pas demeuré romain, on n’en restera pas à cet esprit de système et l’on se risquera à marier sport et jeux, au moins pour une fructueuse confrontation plutôt que dans un triste divorce. 


On se proposera donc de parler de sport et de jeux. Concernant le premier mot, on l’emploiera sans réticence aucune, même si, bien sûr, il n’existait pas sous cette forme dans l’Antiquité. Là encore nous reprendrons Jean-Paul Thuillier qui, dans un ouvrage fort utile intitulé Le sport dans la Rome antique, se justifiait ainsi : « non seulement il n’y a pas d’inconvénient à l’utiliser, mais ne pas le faire nous conduirait d’une façon générale à ne parler de l’Antiquité classique qu’en grec ou en latin » (p. 12).
Quant aux jeux, ils sont évidemment de toutes les époques et de tous les pays, et ils offriront donc un champ d’investigations qui conviendra parfaitement à l’esprit fédérateur et transpériodique du CTHS. Mais il fallait tout de même tenter d’en préciser les limites. Si nous avons associé le mot de « corps » aux deux mots « sport et jeux », c’est avant tout pour exclure les « jeux d’esprit » (même si l’on dit parfois que les échecs sont un sport) et, plus encore, les jeux de hasard. En insistant sur le « physique » aux dépens du « mental », nous souhaitons ne pas trop nous éloigner de l’esprit sportif imposé par les Jeux olympiques. Mais nous intégrerons tous les exercices corporels qualifiés de « jeux » alors qu’ils n’ont rien d’olympique comme les jeux de lancers, jeux de boules, jeux de quilles, tir à la corde, mât de cocagne, etc. et toutes les activités physiques qui relèvent plus ou moins de l’art du cirque, acrobatie, trapèze, etc. 


En ouvrant ainsi la problématique à celle du corps, que nous plaçons en tête de titre, nous souhaitons aller dans le sens des études récentes à ce sujet, qui permettent de dépasser une approche datée des identités, des modes d’éducation, des conflictualités, etc. Même s’il n’est pas exclusivement consacré au sport, le livre récent de Florence Gherchanoc intitulé Concours de beauté et beautés du corps en Grèce ancienne. Discours et pratiques, Ausonius, Bordeaux, 2016, montre bien la voie à suivre, par exemple dans son étude du « concours de prestance » appelé euexia. À Athènes, aux Panathénées, ce concours de « top model » s’appelait euandria.

 
Cela devrait permettre aussi à des spécialistes d’époques où le sport était inconnu ou peu pratiqué, de trouver des sujets intéressants et novateurs comme la formation des jeunes, l’exclusion/participation des femmes, le « corps du souverain » (voir par exemple la course rituelle du « heb-sed » pharaonique, dans la cour du jubilé, que le pharaon Pépi II dut accomplir alors qu’il était centenaire…), le sport et l’estime de soi, etc. À ce titre des sujets comme la chasse, le tir, l’équitation, la natation, la voile, l’alpinisme et tout ce que l’on peut classer sous la probablement fallacieuse catégorie des « sports de loisir » seront les bienvenus. Car il s’agira précisément de réfléchir sur les liens complexes qui unissent l’idée d’effort avec celle de plaisir. 


Évidemment les problématiques traditionnelles seront abordées. En premier lieu sans doute celle de « sport et spectacle » (qui a fait l’objet de plusieurs synthèses anglo-saxonnes, hélas trop peu francophones), de « sport et argent », de « sport et violence », de « sport et nationalisme », de « sport et santé », catégorie profondément renouvelée désormais avec l’invention de l’handisport. Toutefois, afin d’éviter que l’histoire de la médecine ne prenne trop d’importance dans les débats, nous souhaitons restreindre le thème de la santé à l’hygiène corporelle, à l’alimentation du sportif, et à tout ce que l’on pourra mettre, pour reprendre un terme à la mode, sous l’expression hautement positive d’« avoir la forme ». On intégrera la gladiature romaine, même si, contrairement à l’idée reçue, il ne s’agissait pas de « jeux » mais de munera (à l’époque impériale des « cadeaux » offerts en plus du programme traditionnel des cérémonies religieuses ou funéraires). Mais cela permettra d’ouvrir des perspectives vers des traditions comme la corrida jusqu’à des innovations comme le retour du pancrace sous la forme du MMA… Rappelons que pour les Grecs le « sport » était assez strictement limité à quelques rares épreuves d’athlétisme et de combat (voir la synthèse de Jean-Manuel Roubineau sur la boxe antique) associées aux courses hippiques. On n’y faisait pas de paris ce qui, assurément, n’a pas grand-chose à voir avec le sport des temps modernes. C’est bien la preuve qu’une approche commune à toutes les époques et toutes les cultures, bien dans l’esprit du CTHS, ne devrait pas manquer de stimuler les confrontations. 


Voici en annexe quelques orientations que nous souhaitons proposer.


Le corps de l’athlète
Il ne s’agira pas seulement du corps des sportifs connus par l’histoire de l’art (mais toutes les propositions à cet égard seront les bienvenues), mais plus généralement de la valorisation athlétique personnelle aux fins de distinction sociale, à commencer par le corps du souverain et par celui de ses élites, en opposition au corps déformé de « l’ennemi » ou du « mauvais prince ». Fallait-il obligatoirement, pour appartenir au groupe civique grec, être un athlète ? Qu’est-ce qu’un champion ? Qui est-il ? Au-delà de son palmarès, qu’est-ce qui fait que le public le vénère ? Un champion doit-il être toujours exemplaire ?


Le public sportif
Masculinité vs Féminité. Qui va au stade ? Est-ce « le peuple » ? Le sport est-il un opium du peuple ou, au contraire, offre-t-il des occasions de contestation sociale que le pouvoir se doit de réguler ? Avec les progrès de la technologie, le sport ne risque-t-il pas de devenir une affaire de plus en plus remplie d’experts et de vidéos ?


Les lieux du sport
S’intéresser aux lieux du sport amène à interroger le choix des lieux tout comme les aménagements nécessaires à leurs pratiques. La nature du sport envisagé influence fortement les lieux d’implantation des infrastructures nécessaires qui peuvent s’accompagner d’un développement touristique économiquement appréciable (exemple du ski en montagne). Les formes d’urbanisation spécifiques liées à la pratique de certains sports constituent un domaine d’investissement très pertinent, ce d’autant plus qu’elles s’inscrivent dans des contextes historiques et géographiques variés. Dans un contexte événementiel, celui par exemple des Jeux olympiques, la programmation de nouveaux équipements (stades, patinoires, centre aquatique) peut aller jusqu’à la construction d’un quartier apparenté dans son appellation à la notion de village. Ces éléments peuvent accompagner la redynamisation de territoires en difficulté tout en posant la question de leur devenir, une fois les manifestations sportives clôturées. Quelle pérennité envisager ? Quelle reconversion imaginer ? Quels héritages résultent de ces compétitions, au bénéfice de qui ? L’aménagement des lieux du sport soulève notamment des questions environnementales et patrimoniales. Au début des années 2010, le projet d'extension de Roland Garros sur une partie du jardin des serres d’Auteuil a ainsi suscité la mobilisation de plusieurs associations. Plus récemment, l’agrandissement d’un échangeur autoroutier près d’un groupe scolaire en Seine-Saint-Denis, construit dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024, génère l’opposition de parents et riverains. En d’autres lieux (Chine, Corée du Sud...) et à une autre échelle, la production de neige artificielle pour les Jeux olympiques d’hiver fait l’objet de nombreuses critiques dans un contexte de dérèglement climatique. Le sport peut ne pas contribuer à un aménagement durable des territoires… Si ces lieux de sport peuvent constituer des repères dans la ville, des monuments à part entière, ils sont également à l’échelle d’un quartier un objet singulier d’animation. La présence d’un stade n’est pas sans effets sur les rythmes de vie d’un territoire. À l’occasion des matchs, le fonctionnement urbain est transformé, l’afflux des supporters, leur arrivée par transport en commun ou leur recherche de stationnement d’un véhicule individuel, la fréquentation des espaces publics en fin de match sont autant d’illustrations de cette appropriation occasionnelle. Les flux sont atypiques, leur gestion est spécifique, et les effets peuvent être négatifs pour les riverains (nuisances). Les activités physiques, associées à une meilleure santé, influencent aujourd’hui l’aménagement des parcs et jardins en ville mais aussi des forêts avec la création de parcours sportifs pour une pratique en plein air. Ces lieux de sport non seulement mobilisent d’autres acteurs (services municipaux, Office National des forêts, associations) mais constituent une autre façon d’appréhender la nature. 


Les dérives du sport
Si le dopage a fait l’objet de mesures préventives de plus en plus efficaces (tests aléatoires), celles-ci ne sont pas d’une efficacité absolue, notamment en raison de l’inégale rigueur des fédérations et des États en la matière. Il s’ensuit la nécessité persistante de sanctions, dont la dimension politique n’est pas totalement absente. L’effort a sa contrepartie, la violence et, par suite, les blessures, parfois mortelles, ou l’apparition de pathologies spécifiques. De là le développement grandissant d’une médecine du sport dont les progrès bénéficient à tout un chacun. Il en va de même de l’alimentation des sportifs, avec ses pratiques spécifiques adoptées par des populations de plus en fascinées par le culte du corps et de la performance. La Haute Autorité de lutte contre le dopage tient des archives qu’il serait utile d’explorer. On posera aussi la question des paris sportifs : dénaturent-ils l’équité sportive ? 


La critique du sport et des jeux
Elle existe déjà dans l’Antiquité et va bien au-delà du poncif sur panem et circenses. Le sport mérite-t-il la révérence dont il fait l’objet dans les sociétés contemporaines ? Le culte du champion ne va-t-il pas trop loin et certains d’entre eux perçoivent-ils des salaires excessifs ? Des comparaisons entre périodes pourraient être éclairantes à ce sujet. 


Sport, société et politique
Le sujet peut être envisagé au niveau régional (rivalités de clubs) autant qu’au niveau international (boycott des jeux, diplomatie par inclusion ou exclusion de certains pays). Les débats de société touchent aussi le sport avec les problématiques animalistes : les combats d’animaux sont-ils de la violence animale ? Le cheval est-il toujours un marqueur de prestige ? La question des médias du sport entre aussi dans ce cadre et l’on pourra s’interroger sur la personne du « journaliste sportif ». 


Sport et économie
On pourra étudier l’impact sur l’emploi des clubs et des activités sportives (l’or blanc), l’industrie (le ski, la navigation de plaisance), le financement (entrée en Bourse de grands clubs, ampleur des subventions d’État), les investissements (équipements sportifs tels que les stades ou circuits automobiles), la diversification des activités pour des raisons plus ou moins transparentes (groupe Berlusconi, oligarques russes, le Qatar et le PSG), d’où l’apparition de véritables entreprises (clubs de football anglais, espagnols et italiens) voire de groupes (Nike, Go Sport, etc.), utilisation du sport par les entreprises, de la publicité à l’image de marque et à la promotion des « valeurs du sport ». 


Le congrès Le congrès se tient au Campus Condorcet - Cité des Humanités et des Sciences sociales et à la Maison des sciences de l'homme Paris Nord - Aubervilliers. Il est ouvert à tout public. L'inscription des auditeurs est obligatoire et gratuite.
Les frais de déplacement et d'hébergement sont à la charge des congressistes.
Le temps d'une communication est de quinze minutes + dix minutes d'échanges et questions. Les Power Point sont possibles mais pas les présentations à distance. 

 



Date limite pour déposer une proposition de communication : 31 décembre 2023.
Pour toute information complémentaire : congres@cths.fr ou secretariat@cths.fr

 

mardi 31 octobre 2023

Situer la religion et la médecine en Asie

Situating religion and medicine in Asia: Methodological insights and innovations
 

Michael Stanley-Baker (Editor)

Publisher ‏ : ‎ Manchester University Press (November 14, 2023)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 416 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1526160010

This edited volume presents the latest research on the intersection of religion and medicine in Asia. It features chapters by internationally known scholars, who bring to bear a range of methodological and geographic expertise on this topic. The book’s central question is to what extent ‘religion’ and ‘medicine’ have overlapped or interrelated in various Asian societies. Collectively, the contributions explore a number of related issues, such as: which societies separated out religious from medical concerns, at which times and in what ways? Where have medicine and religion converged, and how has such knowledge been defined by scholars and cultural actors? Are ‘religion’ and ‘medicine’ the best terms by which scholars can grapple with knowledge about the sacred and the self, destiny and disease?

Les enjeux de santé en temps de crises

Les enjeux de santé en temps de crises : savoirs et gouvernements, XIXe-XXIe siècle

Séminaire 2023-2024



Dans les crises majeures auxquelles nos sociétés contemporaines sont confrontées, les enjeux de santé, à quelque échelle qu’on les saisisse, du local au global, sont souvent placés au centre de l’espace public : ainsi des situations engendrées par les pandémies, depuis le choléra jusqu’au Covid-19, les dérèglements climatiques ou les pollutions environnementales massives ; ainsi des vulnérabilités sociales, institutionnelles et infrastructurelles suscitées par les guerres et conflits. Dans la gestion de ces crises d’envergure, les questions sanitaires sont passées au crible des représentations et des répertoires d’action des crises passées, autant que des préfigurations, modélisations et anticipations de leur devenir. Ces crises sont à la fois un miroir grossissant de ce que sont nos sociétés à un moment donné et un important vecteur de leur transformation. Elles mettent en valeur l’acuité de l’enjeu des temporalités, que traduisent les processus dynamiques percutant la gestion de l’événement en situation d’incertitude, et l’impact des transformations qui affectent, dans la longue durée, la construction des problèmes de santé publique.

Ce séminaire questionne les enjeux du cadrage en termes sanitaires des situations de crise et les transformations des conceptions et des pratiques de la santé à l’épreuve de ces crises. Depuis le xixe siècle, celles-ci occupent l’espace savant de la production et circulation des savoirs, l’espace politique du gouvernement des corps et des populations, l’espace médiatique des controverses et l’espace public des mobilisations collectives. Dans la perspective de l’histoire et des sciences sociales, le séminaire prend pour objet les enjeux scientifiques, politiques et économiques, ainsi que les dynamiques sociales à l’œuvre dans l’élaboration de savoirs, de dispositifs et de pratiques de gouvernement des crises, dont les mutations sont étudiées selon différents cadrages spatiaux et temporels durant deux siècles.

Les séances du séminaire sont consacrées à des études de cas empiriques, situées dans leur dimension historiographique. Les moments critiques étudiés privilégient les crises pandémiques, les crises sanitaires environnementales et les situations de guerre et de conflits, ainsi que leur intrication et leurs effets en cascade.



23 octobre Soraya Boudia (Université Paris Cité) et Anne Rasmussen (EHESS)

La santé à l’âge des crises et des conflits (partie 1)

13 novembre Soraya Boudia (Université Paris Cité) et Anne Rasmussen (EHESS)
La santé à l’âge des crises et des conflits (partie 2)

27 novembre Paul-Arthur Tortosa (Université de Strasbourg)
Le bruit des aéronefs, un enjeu sanitaire ? Savoirs et gouvernement des pollutions sonores, xxe- xxie siècle

11 décembre Stéphane Frioux (Université Lyon 2)

La pollution de l'air, entre risque sanitaire et problème environnemental au xxe siècle

8 janvier Gabrielle Hecht (Stanford University)
L’air du temps : énergies, résidus et droit à la respiration

22 janvier 22 janvier Khadim Mbow (Université Paris Cité), Celia Mir-Alvarez (Université Paris Cité) et Justyna Moizard-Lanvin (Université Paris Cité)
Le statut paradoxal de la santé publique dans les problèmes de pollution de l’air : une perspective transnationale

12 février Jean-Paul Gaudillière (INSERM/EHESS)
Santé environnementale, one health, santé planétaire : trois modes de problématisation alternatifs à la santé globale face aux crises ?

26 février Matheus Alves Duarte da Silva (University of St Andrews)
Quand les maladies deviennent sauvages : la peste rurale et selvatique aux Amériques (1920-1965)

11 mars Alexandre Wenger (Université de Genève)
Maladies infectieuses sans fin : retours sur la syphilis (xxe- xxie siècle)

25 mars Bertrand Taithe (University of Manchester)
La médecine humanitaire et l’Hépatite C au Cambodge, 1989-2021 : histoire, archive et « histoire synchrone »

22 avril Michaël Neuman (Médecins Sans Frontières)
Agir en situations d’urgences : Médecins Sans Frontières et les transformations de l’action humanitaire

13 mai Soraya Boudia (Université Paris Cité) et Anne Rasmussen (EHESS)

Conclusions et perspectives. La santé à l’âge des crises et des conflits (partie 3)


Information : https://enseignements.ehess.fr/2023-2024/ue/69

Inscription : https://participations.ehess.fr/

Pour tout renseignement : anne.rasmussen@ehess.fr

lundi 30 octobre 2023

Les femmes écrivains et la médecine dans la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle

Reimagining Illness: Women Writers and Medicine in Eighteenth-Century Britain 

Heather Meek 

Publisher ‏ : ‎ McGill-Queen's University Press (November 15, 2023)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 324 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 0228019060
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0228019060

In eighteenth-century Britain the worlds of literature and medicine were closely intertwined, and a diverse group of people participated in the circulation of medical knowledge. In this pre-professionalized milieu, several women writers made important contributions by describing a range of common yet often devastating illnesses. In Reimagining Illness Heather Meek reads works by six major eighteenth-century women writers – Jane Barker, Anne Finch, Lady Mary Wortley Montagu, Hester Lynch Thrale Piozzi, Mary Wollstonecraft, and Frances Burney – alongside contemporaneous medical texts to explore conditions such as hysteria, melancholy, smallpox, maternity, consumption, and breast cancer. In novels, poems, letters, and journals, these writers drew on their learning and literary skill as they engaged with and revised male-dominated medical discourse. Their works provide insight into the experience of suffering and interrogate accepted theories of women’s bodies and minds. In ways relevant both then and now, these women demonstrate how illness might be at once a bodily condition and a malleable construct full of ideological meaning and imaginative possibility. Reimagining Illness offers a new account of the vital period in medico-literary history between 1660 and 1815, revealing how the works of women writers not only represented the medicine of their time but also contributed meaningfully to its developments.

Action, inaction et réaction en soins infirmiers

Carrefour des soins infirmiers : action, inaction et réaction


Appel à communications


COLLOQUE ANNUEL DE L’ACHN / CAHN
Halifax, NS
21 au 23 Juin 2024


L’Association canadienne pour l’histoire du nursing lance un appel à candidatures à l’occasion de sa conférence annuelle. Le thème de la réunion de 2024, « Nursing Crossroads », encourage les contributions qui se concentrent sur les croisements de l’histoire des soins infirmiers avec d’autres historiographies, notamment l’histoire des femmes, l’histoire de l’éducation, l’histoire du travail, et d’autres. Nous nous intéressons également aux offres qui traitent le mode d’interaction des autres prestataires de soins de santé avec les tâches de soins infirmiers. Le comité d’organisation accepte les propositions qui s’intéressent à l’adaptation des infirmières face à l’évolution rapide de l’environnement
des soins de santé, notamment les mesures prises et les obstacles rencontrés. Le comité d’organisation accepte également les propositions qui se concentrent sur l’ensemble de l’histoire des soins de santé : recherches sur le personnel soignant de première ligne, universitaires, administrateurs, responsables professionnels, patients, groupes racialisés et populations indigènes.
Nous acceptons les propositions de panels et les communications individuelles qui examinent une variété de sujets liés à l’histoire des soins infirmiers, en proposant de nouvelles approches de la recherche historique, notamment pour communiquer au mieux nos résultats à la communauté la plus large possible. Les conférenciers doivent effectuer une présentation en français ou en anglais d’une durée maximale de 20 minutes, suivie de 10 minutes de questions et de débats. Tous les participants doivent s’inscrire à la conférence et être membres de la CAHN.
Les propositions d’articles ne doivent pas dépasser 300 mots, plus une courte biographie (150 mots maximum). Les propositions de panels ne doivent pas dépasser 500 mots, en comptant les titres des articles de chaque contributeur et les biographies des panélistes. Les étudiants peuvent bénéficier d’une participation au financement. Les propositions doivent être soumises au Comité d’organisation de 2024 avant le 1er décembre 2023 c/o Peter.Twohig@smu.ca


Nursing Crossroads: Action, Inaction, and Reaction

Call for papers
 

 Annual Meeting of CAHN 

 Halifax, NS
21-23 June 2024

The Canadian Association for the History of Nursing invites submissions for its annual conference. The theme for the 2024 meeting, “Nursing Crossroads”, encourages contributions that focus on the intersections between nursing history and other historiographies, including women’s history, education history, the history of labour, and others. We are also interested in submissions that address how other health care providers interacted with nursing labour. The organizing committee especially welcomes proposals that are attentive to the ways in which nurses reacted to a rapidly changing health care environment, including the measures they took and the obstacles they faced. The Organizing Committee also welcomes proposals that focus on the full spectrum of healthcare history, including research that examines front-line caregivers, academics, administrators, professional leaders, patients, racialized groups, and Indigenous people.

We welcome panel proposals and individual papers which consider a variety of topics relating to the history of nursing, and which offer new approaches to historical inquiry, including how we best communicate our findings to the broadest possible community. Speakers should expect to give a presentation in French or English of no more than 20 minutes in length, followed by 10 minutes of questions and discussion. All participants and attendees are required to register for the conference and to be a member of CAHN.

Paper proposals should be no more than 300 words, plus a short biographical statement (max. 150 words). Panel proposals should be no more than 500 words and include paper titles for each contributor, as well as biographical information for the panelists. Limited funding may be available for students. Proposals must be submitted to the 2024 Organizing Committee before 1 December 2023 c/o Peter.Twohig@smu.ca.

dimanche 29 octobre 2023

Deux siècles de la Genève médicale

Deux siècles de la Genève médicale. De la saignée à l'intelligence artificielle

Philippe Moerloose, Anne-Françoise Allaz, François Ferrero, Alain Junod 

Revue médicale Suisse
2023


Vous faites un rêve. Vous vous réveillez, un beau matin, croyant être au début du XIXe siècle, vous sentant malade, fébrile. Vous obtenez un rendez-vous avec un médecin. Il vous interrogera, vous écoutera, vous auscultera (s’il a un stéthoscope) et vous prescrira au mieux de la quinine, voire une saignée ou un clystère. Il en était ainsi en 1823 lorsque la Société médicale de Genève fut créée par six médecins désireux de mettre en commun leurs expériences de praticiens.
Cette Société est toujours présente aujourd’hui, en un temps de surabondance de possibilités thérapeutiques, de démarches diagnostiques et de moyens de communication. Ce livre marque ses 200 ans d’existence en narrant quelques-unes des étapes de cette évolution de la médecine qu’elle
aura accompagnées : le développement de bon nombre de spécialités médico-chirurgicales, de disciplines scientifiques et de structures d’enseignement et de soins, la féminisation de la profession, les relations avec le politique, avec les organisations de patient∙es et les organisations internationales, dans un fécond dialogue entre passé et présent.

samedi 28 octobre 2023

Héritages LGBTQIA+ et narrations queer dans les institutions patrimoniales

Trouble dans le patrimoine ? Héritages LGBTQIA+ et narrations queer : quel rôle pour les institutions patrimoniales ?

Appel à communications


Employé historiquement en anglais comme une insulte, le terme « queer » (en français « bizarre », « hors-norme ») fait l’objet depuis plusieurs décennies de réappropriations par les minorités sexuelles et de genre, et a gagné ces dernières années en visibilité dans l’espace médiatique et universitaire. Dans le champ culturel, cet intérêt s’est traduit par la multiplication d’initiatives (expositions, colloques, etc.) inspirées des réflexions contemporaines sur la sexualité, le genre, l’intersectionnalité et la mise en récit des cultures communautaires. À travers cette journée d’étude, il s’agira d’interroger la capacité des acteurs institutionnels du patrimoine à enrichir ou valoriser ces réflexions, et à intégrer ces sujets à leurs pratiques professionnelles. Cette journée, pensée comme un espace de partage, de formation et d’échange, entend poser ces questions pour l’ensemble des spécialités patrimoniales — archéologie, archives, inventaire, musées, monuments historiques et patrimoine scientifique technique et naturel — et valoriser des initiatives institutionnelles et associatives, aussi bien territoriales que nationales et internationales.


Argumentaire

Dans le cadre de leur formation à l’Institut national du patrimoine (Inp), les élèves conservatrices et conservateurs de la promotion Magdeleine Hours (2023-2024), membres de l’association ECSPat (Élèves Conservatrices et Conservateurs Stagiaires du Patrimoine), organisent une journée d’étude qui se tiendra à Paris le mardi 30 avril 2024. Portant sur les « patrimoines LGBTQIA+ », cette journée a pour objectif d’en clarifier les différentes acceptions et d’en explorer les multiples enjeux. Une attention particulière sera portée au rôle des institutions patrimoniales dans leur conservation, valorisation et diffusion. 


Queer studies et patrimoines LGBTQIA+

Désignant à l’origine un ensemble de revendications politiques (Isabelle Alfonsi, 2019), le queer devient à partir des années 1990 un objet de réflexion visant par des « déplacements narratifs » (Damien Delille, 2020) à élargir le spectre des représentations esthétiques et politiques de l’identité, enrichi par les travaux de Teresa de Lauretis et Judith Butler (Trouble dans le Genre, 1990), et par l’intégration de perspectives intersectionnelles. L’application de ces nouveaux prismes au domaine patrimonial, survenue plus tardivement en France, est passée par le renouvellement de la critique esthétique et de l’historiographie de l’art (Lebovici, 2010). La notion de patrimoines LGBTQIA+, ne peut manquer d’interroger : s’agit-il, en effet, de caractériser les seuls objets issus des communautés LGBTQIA+, ou bien d’enrichir par des approches nouvelles notre appréhension de l’ensemble des sources, oeuvres et matériaux patrimoniaux ayant un lien avec les minorités de genre et de sexualité ? 


Vie et institutionnalisation des patrimoines LGBTQIA+

Aborder la question du queer sous un angle patrimonial, c’est aussi se confronter à une contradiction apparente : les expressions culturelles minoritaires — comme celles des communautés LGBTQIA+ — s’envisagent comme des modalités de résistance à la norme, et s’expriment en dehors des institutions officielles ; or, « le patrimoine » est défini par l’État, les collectivités territoriales et les personnes travaillant dans le domaine, comme un bien commun à valeur universelle, régi par un système de normes. Les processus de patrimonialisation et de valorisation de ces productions auprès de publics plus larges peuvent remettre en cause leur identité et leur caractère subversif. Face à cette tension, il nous semble intéressant de questionner les modalités de partage de la parole au sein des institutions patrimoniales, et de chercher à élaborer de nouveaux discours et récits plus inclusifs, prenant en compte le point de vue des personnes concernées et des collectifs minoritaires. 


Formation professionnelle et participation des producteurs/publics des patrimoines

Face à l’institutionnalisation de ces patrimoines, le milieu professionnel international est souvent invité à se former auprès de nouveaux partenaires (associations, collectifs…) ou en autonomie. En France, cette évolution des pratiques de formation dans le milieu professionnel est largement à construire et consolider. Comment accompagner ces nouveaux récits sociaux, politiques et esthétiques au sein des institutions ? Quelle place accorder aux personnes qui produisent et étudient ces patrimoines ? Comment mettre en place des politiques plus inclusives aussi bien en matière de fonctionnement interne (cadres et processus de travail) que de communication ? Comment, aussi, accorder une place à la création contemporaine, et faire rentrer, par le biais de l’art, des questionnements relatifs aux identités LGBTQIA+ au sein des institutions ? Dans ces situations de collaboration, quels sont les dialogues qui s’instaurent et quels sont les horizons d’attente respectifs ? Nous souhaitons recenser les concepts, outils méthodologiques, les projets passés et futurs, qui façonnent les pratiques professionnelles liées aux patrimoines LGBTQIA+ et queer. 


Les publics : une question centrale

Les publics sont au cœur des missions des institutions patrimoniales. Des initiatives, comme les « LGBTQIA+ Tours » des musées anglo-saxons et d’autres événements, permettent aux communautés de trouver une place dans les discours patrimoniaux portés par les institutions auprès de publics variés. Nous souhaitons donner la parole aux structures non institutionnelles qui ont des pratiques patrimoniales, de conservation et de médiation afin de répondre ensemble à ces questions : comment toucher des publics peu sensibles et/ou familiers de ces questions et avec quels succès et quelles limites ? Des études des publics ont-elles déjà été menées sur ce sujet ? Comment éviter le « rainbow washing », un engagement sans ancrage dans le projet de l’institution ?

Afin de créer un espace d’échange et de dialogue interdisciplinaire, le comité d’organisation adresse cet appel de manière large, à des personnes travaillant ou évoluant dans les domaines : 

  • de la recherche, y compris en parcours d’études, dans les champs de l’histoire de l'art, de l’histoire, de la sociologie, de l’ethnologie, de la philosophie, du droit du patrimoine, etc.,
  • des musées, de l’inventaire et des monuments historiques,
  • de l’archéologie,
  • des archives,
  • de la restauration du patrimoine,
  • associatif et collectif,
  • de l’art, du cinéma, de la littérature, etc.


Les contributions pourront aborder un ou plusieurs thèmes listés à titre d’exemples tels que : 

  • L’impact des queer studies et des approches intersectionnelles sur l’étude et la compréhension des patrimoines,
  • L’interprétation des sources matérielles des périodes anciennes et modernes (art, archéologie, archives, sciences et techniques) à l’aune de ces enjeux,
  • La pertinence et les limites de l’anachronisme,
  • La création contemporaine comme objet patrimonial et vecteur de médiation,
  • L’institutionnalisation des patrimoines des minorités et groupes marginalisés et les enjeux politiques et éthiques des formes de réappropriation patrimoniale,
  • Les patrimoines culturels immatériels (danses, performances, pratiques de transmission orales…) et leur préservation,
  • L’évolution des politiques de conservation et d’acquisition,
  • La sauvegarde ou la disparition de lieux liés aux communautés minoritaires,
  • Les enjeux de mémoire(s),
  • L’histoire du goût et le collectionnisme,
  • Les conséquences d’une large diffusion de ces expressions culturelles minoritaires,
  • Les pratiques patrimoniales non institutionnelles,
  • Les enjeux, opportunités et difficultés d’un dialogue entre les associations et personnes concernées par la thématique LGBTQIA+, et les institutions patrimoniales,
  • La lutte contre les discriminations au sein de l’environnement professionnel des métiers du patrimoine. 


Modalités de contribution

Les propositions, d’environ 3 000 signes (espaces compris), devront comprendre le titre de la communication et le résumé de la proposition, ainsi qu’une courte biographie (1 200 caractères), et les coordonnées et civilité/pronoms de la personne qui postule. Elles sont à adresser à ecspat.inp@gmail.com
avant le 14 novembre 2023 (minuit).

Les communications seront limitées à 20 minutes afin de permettre des temps d’échange avec la salle. Nous vous adresserons une réponse quant à votre participation entre la fin décembre 2023 et le début du mois de janvier 2024. La journée d’étude se déroulera à Paris (INHA - Auditorium Jacqueline Lichtenstein, accessible PMR) le mardi 30 avril 2024 de 9h à 18h, et sera accessible en ligne en direct. L’association ECSPat prendra en charge les frais de déplacements sur le territoire métropolitain. Un dispositif de visio-conférence sera mis en place afin de favoriser la participation de personnes géographiquement éloignées. N’hésitez pas à nous mentionner toute problématique matérielle et financière pour laquelle nous serions susceptibles de pouvoir vous aider. 


Comité de sélection

Les membres du comité de sélection sont les élèves conservatrices et conservateurs stagiaires du patrimoine à l’INP : Elsa Bachelard, fonction publique d’Etat, spécialité Musées
Clotilde Béoutis, fonction publique d’Etat, spécialité Archéologie
Juliette Degennes, fonction publique d’Etat, spécialité Musées
Brune de Malet, fonction publique d’Etat, spécialité Archéologie
Amandine Delbart, fonction publique territoriale, spécialité Musées
Maxence Habran, fonction publique d’Etat, spécialité Archives
Orphée Lamotte, fonction publique territoriale, spécialité Musées
Simon Malivoire de Camas, fonction publique territoriale, spécialité PSTN
Clémentine Pernot, fonction publique territoriale, spécialité Inventaire
Laura Pichard, fonction publique territoriale, spécialité Musées
Tatiana Rybaltchenko, fonction publique territoriale, spécialité Inventaire
Justine Vignères, fonction publique d’Etat, spécialité Monuments historiques



Lieux Institut national d'histoire de l'art - Auditorium Jacqueline Lichtenstein - 2 Rue Vivienne
Paris, France (75002)

Format de l'événement

Événement hybride sur site et en ligne


Dates mardi 14 novembre 2023


Mots-clés patrimoine LGBTQIA+, queer studies, étude sur le genre, patrimoine, archéologie, musée, archive, monument historique, inventaire, patrimoine naturel, communauté, minorité, droit culturel


Source de l'information Association des Elève conservatrices et conservateurs stagiaires du patrimoine ECSPat
courriel : ecspat [dot] inp [at] gmail [dot] com


vendredi 27 octobre 2023

Les histoires cachées de la psychanalyse britannique

Hidden Histories of British Psychoanalysis: From Freud’s Death Bed to Laing’s Missing Tooth

Brett Kahr 

Publisher : Karnac Books
Published : October 2023
Cover : Paperback
Pages : 348
ISBN 13 : 9781800131903


In this compellingly written and meticulously researched new book, Professor Brett Kahr draws upon extensive unpublished archival sources and upon his four decades of oral history interviews to paint fascinating portraits of many of the icons of mental health. Hidden Histories of British Psychoanalysis: From Freud’s Death Bed to Laing’s Missing Tooth includes detailed accounts of Kahr’s interviews with such noted figures as Enid Balint, Marion Milner, Ronald Laing, John Bowlby and his wife, Ursula Longstaff Bowlby, as well as numerous members of Donald Winnicott’s family.

Framed as a series of glimpses into the early history of British psychoanalysis, Kahr explores how the German-speaking Sigmund Freud learned how to psychoanalyse English-speaking patients; how Enid Eichholz (the future wife of Michael Balint) pioneered couple psychoanalysis in the wake of the Second World War; how Donald Winnicott treated “The Piggle” in the midst of his own health crises; and how Masud Khan degenerated from a clinical sage into an anti-Semite.

A breathtaking combination of interviews, reminiscences, and well-documented scholarship, this book provides a gripping overview of many of the key figures in British psychoanalysis, all of whom made unparalleled contributions to the mental health profession, and whose lives and careers deserve to be visited and revisited.