jeudi 28 mai 2020

Pierre Le Damany

Pierre Le Damany, grand médecin breton, Souvenirs d'un étudiant en médecine. Rennes (1887-1891)

Geneviève Héry-Arnaud, Dominique Le Nen

Préface du Professeur Claude Férec


L'Harmattan
Médecine à travers les siècles
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 978-2-343-20264-8 • 20 mai 2020 • 200 pages 
EAN13 : 9782343202648


À la fin du XIXe siècle, Pierre Le Damany, fils de cultivateur à Lannion, part à Rennes faire "sa médecine" ; puis il rejoint Paris, reçu au concours de l'internat. Il revient à Rennes, devient Professeur à l'Hôtel-Dieu, où il fera toute sa carrière, jusqu'en 1940. Il a été l'un des pionniers les plus célèbres du dépistage de la luxation congénitale de hanche, fléau qui a frappé les Bretons, jusqu'à l'écrivain Pierre-Jakez Hélias qui en laissa un témoignage d'enfance édifiant dans son célèbre Cheval d'orgueil.


Geneviève Héry-Arnaud est professeur des universités et praticien hospitalier en bactériologie. Ses travaux portent sur la compréhension du microbiote en médecine, en particulier dans la mucoviscidose, autre maladie bretonne. 
Dominique Le Nen es Professeur des universités et chirurgien des hôpitaux. Cofondateur du SOS Mains de Brest, il s'investit à l'étranger dans la chirurgie humanitaire. Docteur en épistémologie, histoire des sciences et techniques, il est l'auteur de de nombreux articles et de plusieurs ouvrages dans le domaine des sciences et de l'art. 

Perspectives euro-américaines et dialogues transatlantiques en sciences humaines et sociales sur la santé

Santé en débat, soin en question. Perspectives euro-américaines et dialogues transatlantiques en sciences humaines et sociales

Appel à communications


Maison des sciences de l'homme Alpes, campus, Saint-Martin d'Hères 
Grenoble, France (38)

18 et 19 novembre 2020


Second temps de la mise en place d'un groupe de travail international, ce colloque souhaite continuer d'explorer la santé et la notion, tantôt corollaire tantôt contrepoint, de soin, dans les espaces américains. Il s'inscrit dans l'axe santé de la Maison des sciences de l'homme-Paris Nord pour l'année 2020. Ce colloque vise à interroger la notion de santé et ses enjeux sociaux, dans les Amériques et au-delà. Elle souhaite également questionner les processus de circulation, et leurs effets de réception, de l'héritage au contre-sens éventuel, comme dans le cas de la notion de violence obstétricale par exemple. Si les domaines de l'obstétrique, la santé publique et la psychiatrie sont particulièrement attendus, les contributions peuvent aborder divers autres domaines.


Argumentaire

La santé suscite un intérêt croissant dans les sciences sociales américanistes, entendues dans leur acception hémisphérique incluant Amériques du sud, du nord et l’espace caribéen. En Amérique latine, la recherche a bénéficié du renouveau de l’histoire des sciences et de la santé depuis deux décennies, notamment à partir du Brésil où est fondée, en 1994, la revue Manguinhos, História, Ciências, Saúde. Tournée dans un premier temps vers l’histoire sociale de la santé publique et la dimension culturelle de la médecine[1], la production scientifique de la région en histoire de la santé envisage désormais l’aspect politique voire biopolitique de la médecine[2]. Le cas du Pérou offre un exemple de ces renouvellements, quoiqu’encore récents : des initiatives ponctuelles et des questionnements novateurs émergent dès les années 1990. L’une des entrées privilégiées est celle de l’histoire des pathologies et des épidémies au XXe siècle[3]. Si les recherches sont encore à leurs débuts en ce qui concerne les branches de la médecine occidentale en lien avec la santé des femmes (l’obstétrique, la gynécologie et la pédiatrie)[4], les travaux de Marcos Cueto[5] ont constitué la santé en fait social incombant légitimement aussi aux sciences sociales, dans une perspective diachronique, continentale et globale. Ainsi ces travaux peuvent-ils se comparer à ceux de Sylvia Chiffoleau sur les médecins égyptiens ou sur la construction d’une action publique internationalisée en matière de santé[6].

La santé fournit donc aux SHS un objet pluridisciplinaire d’analyse des sociétés contemporaines pertinent — au point qu’elle a donné naissance à un champ d’études propres sur certains campus états-uniens, celui des « humanités médicales » — et suscite une production de sources variées (articles scientifiques, rapports institutionnels, dossiers de patients, registres d’entrée, documents issus de procès, presse, entretiens oraux, littérature médicale), dont la prise en compte a participé du renouvellement de son étude. L’histoire de la médecine s’est désormais élargie à l’histoire de la santé, et entend faire une place plus large aux documents attestant autant des pratiques que des discours, et nourrir un souci plus grand de la perspective du/de la patient.e que celui que lui réservait l’exclusif prisme praticien, caractéristique d’une « historiographie de bronze », selon la formule de Cristina Sacristán à propos de l’histoire de la psychiatrie[7], et marquée par un agenda historiographie exclusivement endogène à la profession.

La définition du terme même de santé s’en trouve élargie au-delà de son strict sens médical : on y entend désormais un ensemble de pratiques sociales qui ne tiennent pas nécessairement pour acquises l’autorité ni l’unicité des instances médicales. C’est le cas de la vaccination dans les espaces dits occidentaux, dont le caractère consensuel s’est trouvé par moments écorné ; de la gestion de la maternité dans certains espaces qualifiés de périphériques, où entrent tantôt en collision tantôt en négociation les savoirs dits modernes et les savoirs dits traditionnels ; ou encore de l’épisiotomie, devenue objet de débat dans ces deux types d’espace.

Les communications admises lors de ce colloque pourront ainsi provenir de disciplines diverses issues des sciences sociales (histoire donc, mais aussi anthropologie, science politique, géographie, droit, sociologie, etc.), celles des praticien·nes de la santé étant également bienvenues. Elles pourront porter sur des espaces variés — Amériques et Europe en premier lieu, sans exclure d’autres communications portant sur d’autres aires géographiques mais incluant une réflexion sur les influences, les circulations, les emprunts à l’échelle globale. Elles pourront s’intégrer dans les axes de réflexion et de débat suivants :

Mise en place de politiques publiques de santé
en matière de vaccination, de contraception ou de non contraception, d’alimentation. Quels débats traversent les professions, quant aux taxonomies, aux innovations techniques introduites, à la division entre hôpital et médecine pratiquée en ville et à la campagne ? Quelle conception de la modernité guide la mise en place de réformes institutionnelles ?
Remise en cause et contestations

de quelles contestations ces politiques de santé font-elles l’objet ? Est-ce en raison de leur interventionnisme (dépossession des savoirs qualifiés de traditionnels) ou de leur insuffisance (revendication d’une prise en charge plus intégrale et équitable) ?

La place et le rôle du personnel de santé.
Celui-ci se retrouve au carrefour de ces demandes, non nécessairement contradictoires mais au moins multiples et multiformes ; il voit son rôle questionné : est-ce un phénomène nouveau ? La mise en place d’institutions médicales s’est-elle faite de façon consensuelle tout à au long de l’histoire ? Quel legs colonial sous-tend les institutions médicales contemporaines ? Quel aggiornamento entament-elles ? Quel degré d’autonomie vis à vis du (des) pouvoir(s) les protagonistes de la santé entreprennent-ils de conquérir ? Quelles tensions traversent ce champ des pratiques professionnelles médicales, entre sage-femme et médecins, entre infirmier.es et administrateurs.rices? Et quelles demandes les sociétés formulent-elles à l’adresse de ces professionnel.les, au nom de quelle conception du soin ?

Historiciser la santé mentale.
Comment la définir dans le temps et dans l’espace ? Quels paradigmes ont guidé la prise en charge des patients atteints de maladie mentale ? Quelles populations ont vécu dans ces établissements, selon quel profil sociologique (genre, sexualité, classe, race, âge, origine géographique) ? Quelles fonctions étaient-elles conférées aux établissements asilaires au fil des siècles ? Comment les psychiatres ont-ils envisagé leur propre rôle social et politique ? L’idéologie, c’est à dire une certaine conception du juste devenir d’une société et des individus qui la composent, est-elle exclue de leur pratique au profit d’une conception strictement neutre ou dépolitisée ? Quel rôle les psychiatres ont-ils joué dans l’écriture de l’histoire de leur profession (voire au-delà, comme dans le cas de l’argentin Pacho O’Donnell) ? Quelle place les autres personnels —infirmier.es, aide-soignant.es —ont-ils eu dans le dispositif mis en place ? D’un point de vue historiographique, quels ont été les apports et les limites des perspectives antipsychiatriques ? Comment l’historiographie aborde-t-elle l’« institution totale » que constitue l’hôpital psychiatrique, et comment les sciences sociales appréhendent-elles les mouvements de désinstitutionalisation et de prises en charges alternatives (ambulatoire, communautaire) ?

La santé à l’heure de la Covid-19.
Une maladie infectieuse nouvelle, le coronavirus s’est répandu dans le monde entier à partir de la fin de l’année 2019. Elle a lourdement frappé l’Europe occidentale et certains pays des Amériques (États-Unis, Canada, Brésil). S’il est trop tôt pour produire des analyses fines sur les contextes très différents selon les pays concernés, il nous semble intéressant de proposer, au cours de ce colloque, un espace d’échange où penser et débattre autour de ce que la pandémie fait à la recherche sur la santé en sciences sociales. Comment la pandémie a-t-elle été perçue et combattue tant en Europe que dans les Amériques ? Quels sont ses effets sur la manière d’envisager notre recherche sur la santé, notamment dans une perspective intersectionnelle ?

Modalités de contributions
Les propositions de communications pourront être envoyées jusqu’au 15 juin 2020

à irene.favier@univ-grenoble-alpes.fr et à lissell.quiroz@univ-rouen.fr. Elles comporteront chacune 4000 signes (espaces et bibliographies compris), et donneront lieu à une réponse avant le 1er juin. Précisons qu’en raison de la mobilisation autour des retraites et en opposition à la précarisation de la recherche en France, des propositions de communications pourront parvenir plus tard, et seront acceptées jusqu’à la mi-juillet. Les communications peuvent se faire en français, en espagnol, en anglais, en portugais.

En cas de réponse positive, le texte intégral de la communication sera demandé aux auteur.es avant le 1er octobre 2020. Le budget de l’événement inclura les repas et la nuitée sur place, mais le déplacement n’est en revanche pas garanti, et gagnerait dès le printemps 2020 à faire l’objet d’une demande de prise en charge par les institutions de rattachement de la personne éventuellement amenée à communiquer lors du colloque. Les propositions de doctorant.es sont les bienvenues.


Comité d’organisation
Irène Favier (LARHRA, Université Grenoble Alpes)
Lissell Quiroz (ERIAC-IRIHS, Université de Rouen Normandie)

Institutions partenaires
LARHA, ERIAC, IRIHS, Institut des Amériques, MSH Paris Nord.

Comité scientifique
Claudia Agostoni, UNAM (Mexique)
Isabelle von Bueltzingsloewen, Université Lyon 2 (France)
Paulo Drinot, UCL (Royaume Uni)
Rafael Huertas, CSIC (Espagne)
Jennifer Lambe, Brown (Etats-Unis)
Jorge Lossio, PUCP (Pérou)
Notes

[1] Cueto Marcos, Lossio Jorge, Pasco Carol, El rastro de la Salud en el Perú, Lima: Universidad Peruana Cayetano Heredia, 2009, p. 14.

[2] Hochman Gilberto, Armus Diego (éd.), Cuidar, controlar, curar: ensayos históricos sobre salud y enfermedad en América Latina y el Caribe, Coleção História e Saúde, Río de Janeiro: Editora Fiocruz, 2004; Cueto Marcos, Palmer Steven, Medicine and public health in Latin America: a history, New York: Cambridge university press, 2015; Amador José, Medicine and nation building in the Americas, 1890-1940, Nashville : Vanderbilt university press, 2015.

[3] Cueto Marcos, El regreso de las epidemias : salud y sociedad en el Perú del siglo XX, Lima : IEP, 1997; Cueto Marcos, Culpa y coraje : historia sobre las políticas sobre el VIH/Sida en el Perú, Lima : Consorcio de Investigación Económica y Social : Universidad Cayetano Heredia, 2001; Lossio Chávez Jorge Luis, « Nación, ciencia y salud : investigación médica en los Andes y la construcción de una “patología de las alturas” », Histórica, Pontificia Universidad Católica del Perú, Vol. 33, no. 1, 2009, p. 65-86.

[4] Restrepo Libia J., Médicos y comadronas o el arte de los partos. La ginecología y la obstetricia en Antioquia, 1870-1930, Medellin: La Carreta Ed., 2006; Mannarelli María Emma, Rivera Caro Betty Alicia, « Una aproximación histórica a la salud infantil en el Perú: las mujeres en el cuidado de la infancia (1900-1930) », Investigaciones sociales, Vol. 15, n° 27, déc. 2011, p. 445-455; Rodríguez Pablo, « La pediatría en Colombia, 1880-1960. Crónica de una alegría» dans Rodríguez Pablo, Mannarelli María Emma (coord.), Historia de la infancia en América Latina, Bogotá: Univ. Externado de Col, 2007, p. 359-388; « Descolonizar el saber médico. Obstetricia y parto en el Perú contemporáneo (siglos XIX y XX) », Revue d’Etudes décoloniales, n° 1, octubre 2016, http://reseaudecolonial.org/822-2/.

[5] Cueto Marcos, Lossio Jorge, Pasco Carol (dir.), El rastro de la salud en el Perú: Nuevas perspectivas históricas. (pp. 211-258). Lima: Instituto de Estudios Peruanos.

[6] Chiffoleau S., Genèse de la santé publique internationale. De la peste d’Orient à l’OMS, Presses Universitaires de Rennes/Ifpo, 2012 ; Médecines et Médecins en Égypte. Construction d’une identité professionnelle et projet médical, Paris-Lyon, l’Harmattan/Maison de l’Orient Méditerranéen, 1997.

[7] Sacristán Cristina, « Historiografía de la locura y de la psiquiatría en México. De la hagiografía a la historia posmoderna », in Frenia, vol. V-1, 2005.

mercredi 27 mai 2020

Le dernier numéro de Social History of Medicine

Social History of Medicine

Volume 33, Issue 2, May 2020

Original Articles

Roy Porter Student Prize Essay How (Not) to Survive a Plague: The Theology of Fleeing Disease in Sixteenth-century England
Spencer J Weinreich

‘One Stroak of His Razour’: Tales of Self-Gelding in Early Modern England
Alanna Skuse

Midwifery and Maternity Care for Single Mothers in Eighteenth-Century Wales
Angela Joy Muir

The Pathologisation of Women Who Kill: Three Cases from Ireland
Lynsey Black

‘A Little Time Woud Compleat the Cure’: Broken Bones and Fracture Experiences of the Working Poor in London’s General Hospitals During the Long Eighteenth Century
Madeleine Mant

Mapmaking and Mapthinking: Cancer as a Problem of Place in Nineteenth-century England
Agnes Arnold-Forster

A Plague of Kinyounism: The Caricatures of Bacteriology in 1900 San Francisco
Lukas Engelmann

‘The Only Trouble is the Dam’ Heroin’: Addiction, Treatment and Punishment at the Fort Worth Narcotic Farm
Holly M Karibo

‘The Natural Foundation of Perfect Efficiency’: Medical Services and the Victorian Post Office
Kathleen McIlvenna, Douglas H L Brown, David R Green

Book Reviews

Allan V. Horwitz, PTSD, A Short History
Allan Young

Wendy Mitchinson, Fighting Fat, Canada 1920–1980
Catherine Carstairs

Mirko D. Grmek, Pierre-Olivier Méthot (trans) (ed.), Pathological Realities. Essays on Disease, Experiments, and History
Keir Waddington

Carolin Schmitz, Los enfermos en la España barroca y el pluralismo médico. Espacios, estrategias y actitudes
Cristian Berco

Constantin Barbulescu, Physicians, Peasants, and Modern Medicine. Imagining Rurality in Romania, 1860–1910
Maria Bucur

Rebecca Lemon, Addiction and Devotion in Early Modern England
Mary Ann Lund

Nicole Elizabeth Barnes, Intimate Communities, Wartime Healthcare and the Birth of Modern China, 1937–1945
Mirela David

Sally Frampton, Belly-Rippers, Surgical Innovation and the Ovariotomy Controversy
Claire Brock

María Jesús Santesmases, The Circulation of Penicillin in Spain. Health, Wealth and Authority
Dmitriy Myelnikov

Deborah Blythe Doroshow, Emotionally Disturbed: A History of Caring for America’s Troubled Children
Steven Noll

Marius Turda (ed), Religion, Evolution and Heredity, Special Issue of The Journal of Religious History, Literature and Culture
Alexander Hall

Pamela K. Gilbert, Victorian Skin: Surface, Self, History
Jonathan Reinarz

James Dunk, Bedlam at Botany Bay
Philippa Martyr

Marcos Cueto, Theodore M. Brown and Elizabeth Fee, The World Health Organization: A History, Global Health Histories
Martin Gorsky

James E. Moran, Madness on Trial: A Transatlantic History of English Civil Law and Lunacy
Leonard Smith

Bourses du CHSTM

CHSTM Fellowships

Call for applications

The Consortium for History of Science, Technology and Medicine invites applications for research fellowships in the history of science, technology and medicine, broadly construed. These fellowships are open to scholars at all stages of their academic career, and will support research travel to Consortium member institutions when research activities can resume.

Scholars residing in Brazil, India and South Africa and working in medical humanities and the history of medicine are eligible for additional support generously provided by the Wellcome Trust.

Access the application here: https://www.chstm.org/fellowships/chstm-fellowships

The Consortium comprises 27 educational and cultural institutions using their exceptional resources to promote academic and public understanding of the history of science, technology and medicine.

The Consortium offers rich opportunities for research. Taken together, its collections of rare books, manuscripts and artifacts are unparalleled in historical depth as well as breadth. The Consortium also provides a vibrant, challenging and collegial community. Fellows participate in public and scholarly events, as well as informal reading and writing groups.


Visit our website at www.chstm.org for further information, including an online application form and a list of current and past fellows. The website also features: information about the fellowship programs of member institutions; descriptions of the exceptional collections in the museums, archives, and libraries of the Consortium; and a Consortium-wide search hub for rare books and manuscripts.

Applications must be submitted online by June 15, 2020.

We look forward to receiving your application. Please email us if you have questions: info@chstm.org.

Stay in touch on Twitter (@chstmorg) and on Facebook (https://www.facebook.com/chstmorg/).

mardi 26 mai 2020

La transfusion de sang d'agneau

Strange Blood. The Rise and Fall of Lamb Blood Transfusion in 19th Century Medicine and Beyond

Boel Berner


Transcript
2020-05-07, 216 pages
ISBN: 978-3-8394-5163-2
File size: 5.22 MB





In the mid-1870s, the experimental therapy of lamb blood transfusion spread like an epidemic across Europe and the USA. Doctors tried it as a cure for tuberculosis, pellagra and anemia; proposed it as a means to reanimate seemingly dead soldiers on the battlefield. It was a contested therapy because it meant crossing boundaries and challenging taboos. Was the transfusion of lamb blood into desperately sick humans really defensible?

The book takes the reader on a journey into hospital wards and lunatic asylums, physiological laboratories and 19th century wars. It presents a fascinating story of medical knowledge, ambitions and concerns – a story that provides lessons for current debates on the morality of medical experimentation and care.



https://www.transcript-publishing.com/media/pdf/81/f4/ee/oa9783839451632eAdETX8EEvd58.pdf

La Covid-10 au regard de l'histoire environnementale

Making sense of COVID-19 from the perspective of environmental history

Call for Papers


A compilation of historical essays to be published in the Journal for the History of Environment and Society

Pandemics are ‘wicked problems’. Both their origins, their management and their consequences, there is not one single explanation for COVID-19, and neither is their a single ‘solution’ offering a way out of the present crisis. Over the past months of confusion, uncertainties and mourning, many of you have reflected upon the historical significance of COVID-19 and upon the way a historical perspective can improve our understanding of the present pandemic.

Many of these reflections, published as blogs, opinions and essays in newspapers, magazines or dedicated internet fora, are dealing with the interaction between society and nature. The peer-reviewed open-access Journal for the History of Environment and Society aims to consolidate these valuable historical insights by turning them into a special issue. Viruses, bacteria and parasites, they all remind us that humans are part of nature, and that human bodies are also made out of the ‘stuff of nature’. Infectious diseases spread out of their ‘natural’ habitat, because ecosystems have been disturbed. Viruses travel with humans in a hyper-connected world. Our dealing with infectious diseases, is closely related to the way we are dealing with natural hazards and risks. It’s not difficult to imagine lockdowns and quarantines as examples of biopolitics - the governance of society through nature. COVID-19 also forces us to question the fundamental interaction of economic growth and the environment. The way out of the corona-crisis can be imagined as a return to normalcy, an incentive for ‘green growth’ – in which technology will help to restore the balance with nature – or as a catalyst for a systemic transition in which the idea of growth is abandoned – as advocates of the degrowth movement would argue. In the meanwhile the weaknesses of our food and energy regimes are exposed, as global transport is contracting, and the warnings for a major food crises are getting urgent. COVID-19 also exposes environmental inequalities, both in the organisation of living space (making quarantine much more pleasant for some and horror for others), in the access to health and food, in the capability also of protecting our families and communities as good as it gets against the disease…. 

All these issues are part of the main questions environmental history is seeking to answer. A long-term historical perspective is needed to make sense out of the present ‘crisis’. History does not offer lessons, but historians need to tell how societies in the past have dealt with pandemics, and how some societies were better able to cope with them, than others.

The special issue of JHES aims to publish at short notice a broad collection of historical essays reflecting upon COVID-19 from the perspective of environmental history. Did you write an essay or an opinion are a reflection upon COVID-19, and are you willing to consolidate the argument into a 2000-4000 word essay, including a list of relevant literature?

Topics and questions which can be dealt with include (non-limitative):
  • What do pandemics tell us about the relationship between Society and Nature in History?
  • How can environmental history contribute to current debates on COVID-19, its origins, and impact?
  • Is the current ‘COVID-19’ crisis the result of our changed interaction with nature? And conversely were previous pandemics also the result of frictions in the relationship between society and nature?
  • What does the study of pandemics in the past learn us about the evolving relationship between society and nature today as well as in the past? How did pandemics in the past change human interaction with nature?
  • Are some societies better prepared than others to cope with pandemics? Did a more sustainable relationship with nature also result in a better protection against pandemics? 
  • How does COVID-19 change our understanding of environmental history?

The format

A collections of historical essays (2000-4000 words, each essay followed by a short reading list / bibliography). These essays may start from existing blogs/opinions etc. and aim to consolidate the current production of interesting and challenging essays and opinions for the field of environmental history.

The timing

Essays to be submitted in June 2020 at the latest, peer review (internal by the editorial board) in July, publication in September/Oktober 2020.

More information and submissions

Tim Soens (tim.soens@uantwerpen.be)

lundi 25 mai 2020

La pandémie en science-fiction

La pandémie en science-fiction. Quand la réalité rejoint la fiction : l’imaginaire à l’aune des pandémies au fil des siècles

Appel à textes pour un numéro spécial de Stella Incognita


L’apparition du virus COVID-19 à Wuhan en Chine en novembre 2019 a profondément bouleversé notre façon d’envisager l’équilibre mondial. Déployant une rhétorique guerrière, la classe politique se veut « en guerre. Pas contre une autre nation, mais contre un ennemi invisible et insaisissable. » (Emmanuel Macron, 16 mars 2020), ou prête à assumer le rôle de « chef de guerre » (« wartime president ») (Donald Trump, 28 mars 2020). Le combat contre la maladie ne présente pourtant pas, loin s’en faut, un front commun.

Depuis l’instauration d’un confinement généralisé et l’obligation, pour chaque individu, de limiter ses déplacements en vue d’endiguer la pandémie, la plus grande partie des systèmes politiques ont constaté la difficulté, voire, dans certains cas, l’impossibilité de lutter de manière efficace contre une menace virale de grande échelle. Toutefois, les approches différentes prises par les gouvernements amènent à se poser un certain nombre de questions sur les priorités de chacun d’entre eux : la reprise économique, l’« immunité collective », le maintien de l’ordre, les libertés individuelles, etc. L’État se trouve ainsi mis en cause, et plus particulièrement le système capitaliste. L’arrêt de l’activité humaine – à savoir, en ce qui concerne les pays dits « développés », la diminution de la production et de la consommation, et, conséquemment, de la pollution, – a, de façon évidente, un effet direct sur l’environnement. Ce phénomène met également en avant la dépendance de nos sociétés à une économie globalisée (importations, délocalisations).

La pandémie met ainsi à nu l’auto-insuffisance ; la paralysie économique qui s’ensuit précipite, ou enfonce un peu plus encore, une partie de la population dans la misère. La maladie rend en outre visible, de manière violente, une mise en concurrence entre, d’un côté, la santé publique et, de l’autre, une économie axée sur la rentabilité et prompte aux coupes budgétaires drastiques : il faudrait travailler coûte que coûte dans un système qui privilégie la continuité du tissu économique face au bien commun des individus. Déchirés entre des besoins vitaux et des besoins créés de toutes pièces par une société fondée sur le profit et l’individualisme, les citoyens ne savent plus à quelle théorie du complot se vouer.

La pandémie nous met face à nos contradictions et nous interroge quant à la place de l’être humain dans un écosystème : il faudrait imaginer de nouvelles manières de « faire société », vivre ensemble différemment, et finalement créer d’autres modes de fonctionnement où l’humanité ne pense plus à l’échelle de nations ou d’États mis en concurrence, mais bien à l’échelle de la planète. Le réseau international des professionnels de la santé publique, de même que les multiples travaux de recherche, les échanges intenses d’informations scientifiques, montrent une voie, pendant que les querelles entre chefs d’États et l’absence de solidarité européenne et mondiale en montrent une autre.

Le thème de la pandémie traverse depuis longtemps la littérature : Montaigne (Les Essais, tome 3, chap. 12, 1595), comme Daniel Defoe (A Journal of the Plague Year, 1722) ou Georges Didi-Huberman (Memorandum de la peste. Le fléau d’imaginer, 1983) donnent tous leur version, témoignage, reconstitution ou version fantasmée de la progression de la peste sur le continent européen. L’épidémie y est décrite comme un nœud temporel, qui redéfinit la chronologie de nos sociétés en un « avant » et un « après ».

La science-fiction, coutumière des menaces auxquelles l’humanité doit faire face afin de seulement survivre, la science-fiction qui aide à repenser les notions de communautés mais également de sécurité et, pourquoi pas, de bonheur, a rapidement fait du thème de la catastrophe pandémique un élément narratif d’autant plus déterminant qu’il autorise à facilement naviguer entre les genres.

En effet, si Karel Čapek s’empare du thème de l’épidémie pour se moquer de ses contemporains avec sa verve satirique dans La Fabrique d’Absolu (Továrna na absolutno, 1922) ou encore La Maladie blanche (Bílá nemoc, 1937), Frank Herbert préfère construire une critique politique où c’est la société elle-même qui semble assumer la fonction de maladie arbitraire (The White Plague, 1982) ; Deon Meyer, quant à lui, s’attèle à mettre en perspective la pauvreté, la densité de population dans les villes, les systèmes de santé affaiblis, la corruption et l’incurie des dirigeants qui font prospérer une circulation rapide des virus, mais aussi à imaginer comment les rescapés de la pandémie créent une nouvelle démocratie (Fever, 1976). Stephen King, à son tour et sans toutefois abandonner la critique sociale qu’il affectionne, privilégie l’aspect horrifique et paranoïaque de la maladie (The Stand, 1978).

D’autres œuvres, à mi-chemin entre science-fiction et épouvante, jouent, elles, sur l’alternative qu’offre toute épidémie : sa défaite face à l’industrie et à l’ingéniosité humaines (Doomsday, Neil Marshall, 2008), ou son triomphe sur la civilisation (The Crazies, George Romero, 1973). D’autres encore nous projettent dans des sociétés profondément transformées (le cycle E-mortality de Brian Stableford ; Harmony – Project Itoh, 2008, de Satoshi Itoh ; Le Goût de l’immortalité, 2005, et Outrage et rébellion, 2009, de Catherine Dufour).

Fait exceptionnel : la crise du COVID-19 a permis de jeter une lumière crue sur plusieurs phénomènes socioéconomiques, voire philosophiques, d’importance, qui montrent combien la science-fiction est désormais rattrapée par la réalité :
  • Le virus obligeant à un ralentissement de l’activité industrielle permet d’entrevoir un monde où la pollution décroit et où la nature semble, progressivement, reprendre ses droits – ainsi de la chute de près de 50% des émissions de monoxyde de carbone dans la ville de New York, les animaux sauvages qui s’aventurent désormais dans les villes. Paradoxalement, c’est aussi précisément le moment où les programmes de protection des animaux manquent de dons et où des pressions sont exercées pour affaiblir les politiques environnementales.
  • De même, cette pandémie met un coup de projecteur sur des zones d’ombre déjà connues : les faibles salaires de ceux qui exercent des activités essentielles (infirmières, aides à domiciles, éboueurs, agriculteurs, etc.), les rudes conditions de logement du quart de la population la plus pauvre (exigus, bruyants, dégradés), les tensions intrafamiliales (violences faites aux femmes, maltraitance infantile), la solitude des personnes âgées (délaissement à domicile, cas de mauvais traitements en Ehpad), les conditions de travail des « invisibles » de l’économie (précarité des agents uberisés, accès à l’eau et au savon des chauffeurs routiers, etc.).
  • Le virus comme objet de fantasme – les déclarations du professeur Luc Montagnier quant à une élaboration du COVID-19 en laboratoire ; l’évangéliste argentin Ed Silvoso pour qui le virus est un outil divin qui doit ramener l’Homme vers la religion ; les arguties autour du traitement à la chloroquine préconisé par le professeur Didier Raoult ; le virus comme « canular » ou « hoax» selon Fox News ; la rumeur qui prétend que le virus a été créé par Bill Gates afin de surveiller la population par le biais de puces informatiques.
  • La montée en puissance du scepticisme vis-à-vis de la communauté scientifique à laquelle se substitue une communauté de « sachants » autoproclamés qui multiplient les déclarations absurdes, voire dangereuses– Donald Trump qui propose d’injecter du désinfectant aux malades afin de détruire le virus, se mettant directement en porte-à-faux avec les médecins de l’équipe de la Maison Blanche, Anthony Fauci et Deborah Birx, ou Jair Bolsonaro affirmant qu’il ne s’agit que d’une « grippette ».
  • La question de la solidarité et des biens communs est mise au premier plan. L’étranglement des services publics, ici des hôpitaux, met en danger les populations les plus vulnérables mais également le personnel soignant, ce à des fins budgétaires, voire idéologiques : ainsi de l’image des infirmières de l’hôpital du Mont Sinaï (État de New York) obligées de porter des sacs poubelles pour se protéger à défaut d’équipement idoine ou Dan Patrick, vice-gouverneur du Texas, déclarant que la mort des moins jeunes était sans doute un sacrifice nécessaire.
  • La continuité du discours propagandiste au sein de régimes autoritaires ou de dictatures qui, en falsifiant des données scientifiques ou en biaisant la chronologie de la pandémie, ralentit la portée de la coopération internationale – l’hebdomadaire La Croix titre sur le fait que Xi Jinping compte « effacer de la mémoire collective, en Chine et dans le monde, l’origine et la nature chinoise du virus » (9 mars 2020) ; la difficulté de croire aux chiffres avancés par le Ministère Russe de la Santé qui minimise largement le nombre de La Corée du Nord, le Turkménistan et le Tadjikistan annoncent, quant à eux, n’avoir aucun cas de COVID-19, ce à quoi la communauté internationale n’accorde aucun crédit ; la cessation de l’aide financière des USA à l’OMS en pleine pandémie et la baisse continue du budget de la recherche.
  • L’appréhension de certains gouvernements quant à la montée de revendications sociales suite à une éventuelle sortie de crise ; une possible restriction des libertés publiques dénoncée par Edward Snowden dans de très nombreux Une montée de mesures potentiellement liberticides en France, avec l’obligation d’une attestation de déplacement et l’intervention, parfois critiquée, des forces de l’ordre, mais également la surveillance par le biais d’applications sur smartphones, ou l’usage de drones pour quadriller le déplacement des populations.
  • Les espoirs et les déceptions potentielles d’un possible « monde d’après » imaginé, le plus souvent, par la classe politique déjà en place. En ce cas, le caractère utopique d’un monde juste et solidaire est déjà contredit par des essais comme The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism (2007) de Naomi Klein qui anticipe l’exploitation politique de la crise du COVID-19.
  • La recherche irrationnelle de boucs-émissaires – l’extrême-droite américaine critique l’indiscipline des quartiers pauvres accusés de propager le virus ; le professeur Ali Karami de l’Université Baqiyatallah accuse, pêle-mêle, Américains et Israéliens, tandis que pour le pasteur américain Ralph Drollinger, ce sont les homosexuels qu’il faut mettre en cause ; les menaces de mort reçues par le Dr. Anthony Fauci.
  • La consolidation de communautés qui privilégient leurs modèles sociaux en dépit du bien commun– l’église intégriste Saint-Nicolas-du-Chardonnet organise une messe pascale sans autorisation. Son corollaire : la désagrégation de communautés, comme l’absence volontaire de coordination du gouvernement du Premier ministre néerlandais Mark Rutte avec l’Union Européenne, le refus d’une partie des Américains de rester confinés, encouragés par Donald Trump. 
  • La mort de personnalités (Lee Konitz, Manu Dibango, John Prine, Luis Sepulveda) qui participe à un emballement médiatique et qui, parallèlement, précipite dans l’ombre des millions de morts anonymes, tout en interrogeant notre rapport à la vieillesse, à la mort et au deuil.

La liste est bien longue de tous ces maux que soulève la pandémie, ainsi la peur que suscitent les conditions d’un futur déconfinement, ou encore la crainte d’une seconde vague virale tout aussi meurtrière.

C’est donc une époque singulière que nous vivons tous, où la communauté scientifique ne semble pas avoir de solution à courte échéance, mais ne cesse de progresser dans sa compréhension de l’infection. Personne, en effet, ne peut se vanter de dire de quoi demain sera fait… hormis, sans doute, la science-fiction. Ce moment difficile est également propice à la réflexion, à l’introspection, à la remise en question, et à l’imaginaire.

Il s’agit, en ce cas, d’un appel à texte hors normes, hors cadres, qui doit permettre de faire un état des lieux de l’imaginaire science-fictionnel confronté à la pandémie, de comprendre comment nos sociétés vivent cette maladie, comment celles-ci en ont été altérées, et comment, dans certains cas, cette pandémie a été instrumentalisée par une partie de la classe politique. Nous nous demanderons de quelle manière la science-fiction a changé notre perspective sur la maladie. Comment lire ou relire de la science-fiction après cette crise ? Comment envisager le travail d’artistes (écrivains, cinéastes…) après celle-ci, sachant que le COVID-19 intègre dès à présent notre imaginaire commun (voir la nouvelle « Toranoi: A Post-Apocalyptic COVID-19 Short Story » de Sajid Iqbal, ou le film Corona Zombies de Charles Band) ? Comment envisager l’influence du virus sur de nouvelles narrations ou sur la langue ?

Cet appel à textes donnera lieu à un numéro spécial de Stella Incognita sur « Les pandémies : l’imaginaire à l’aune des pandémies au fil des siècles ». Il est ouvert à la science-fiction sous toutes ses formes, de tous pays et sans restriction de supports. Les textes pourront être en français ou en anglais.


Modalités pratiques
Textes entièrement rédigés à envoyer avant le 30 août 2020

conjointement aux adresses mail ci-dessous.

Les réponses d’acceptation seront données d’ici le 30 novembre 2020.

Publication prévue approximativement au moment du colloque Stella Incognita du printemps 2021(avril-mai), sous forme d’un livre publié aux édition BoD, avec le label universitaire AAH (Association Académique pour les Humanités).

Précisions éditoriales :
Les textes devront avoir été rédigés dans le fichier modèle « AAH » joint à cet appel ou à télécharger sur le site de l’association
En dessous du titre du texte, les auteurs et autrices devront indiquer leur étiquette institutionnelle ou la façon dont il convient de les présenter (chercheurs indépendants, auteurs, etc.).
Un résumé d’environ 250 mots sera présent au début du texte.
Les textes qui nous seront proposés et envoyés feront de 4600 à 7 000 mots ou de 24500 à 37000 signes espaces non compris.
Les références devront apparaître, dans le texte, sous la forme d’appel de note de bas de page, avec, dans ces notes de bas de page, la référence complète.
Ils devront comporter, en fin de texte, une partie « Bibliographie ».


Contacts pour information :
Danièle André : daniele.andre.univ.larochelle@gmail.com
Christophe Becker: fcaranetti@yahoo.com
Jérôme Goffette: jerome.goffette@univ-lyon1.fr
Clémentine Hougue : clementinehougue@gmail.com


Pandémies

Pandémies
Appel à contributions
Pop-en-stock
Directeur: Antonio Dominguez Leiva


Impossible, en ces temps de confinement hantés par le spectre du coronavirus, de ne pas s´interroger sur notre imaginaire contemporain de la pandémie qui, en nous rattrapant, est déjà en train de muter « en temps réel ». Or celui-ci, comme toujours, plonge ses racines dans la longue durée des représentations culturelles.

Inauguré par « l´autre chef-d´œuvre », méconnu, de Mary Shelley, The Last Man (1826), l´apocalypse pandémique va connaître une série de vagues elles-mêmes épidémiques, se propageant dans divers médias. L´émergence de la bactériologie à la fin du XIXe siècle alimenta une première cohorte de fictions pandémiques, alliant guerres (biologiques) futures, « bio-terrorisme » anarchiste, savants fous et bouleversements sociétaux inédits après la fin du monde. Ensuite, alimentée par une rhétorique de la viralité empreinte de Guerre Froide idéologique, la hantise de la guerre bactériologique nourrit un cycle flamboyant que l´on pourrait situer entre le « techno-thriller » paranoïaque d´Alistair MacLean The Satan Bug (1962) et l´horrifique (au double sens du terme) Warning Sign (1985), clairement épigonique. Vient ensuite la troisième vague où nous sommes, inaugurée par l´émergence, au tournant des années 1990, de ce que Priscilla Wald nomme le «récit épidémique » (outbreak narrative). Issu de l´épidémiologie, ce récit devient à son tour viral, « contaminant » les médias et la quantité de fictions populaires qui s´en approprient et le fantasmagorisent à souhait. D´Outbreak (Wolfgang Petersen, 1995) à Contagion (Steven Soderbergh, 2011), en passant par des œuvres telles que la trilogie dystopique de Margaret Atwood (2003-13) ou le jeu vidéo Plague Inc (2002) le récit épidémique triomphe, façonnant l´imaginaire du Village Global de plus en plus hanté par le retour réel des pandémies.

Comment ce récit éminemment « populaire » informe-t-il nos réactions à la crise du coronavirus? À l´inverse, en quoi cette dernière permet-elle de le réinterroger, ainsi que toute la tradition dont il découle? À côté des œuvres canoniques, quelles ont été les créations méconnues ou subversives (l´on peut penser à The Hamburg Syndrome de Peter Fleischmann, 1980) qui sont restées en dehors du récit épidémique, voire l´ont contesté?

N'hésitez pas à nous envoyer vos textes. Les dossiers thématiques POP-EN-STOCK, comme les articles individuels, sont à soumission ouverte. Une fois un numéro thématique «lancé», il demeure ouvert, indéfiniment, à quiconque voudrait y soumettre une collaboration. Le(s) directeur(s) d’un dossier s'engage(nt) à évaluer et éditer les nouvelles propositions à leur dossier pour une durée de deux ans, sous la supervision des directeurs de la revue.

La longueur des articles est variable. POP-EN-STOCK accepte une limite inférieure équivalente à sept ou huit pages (3000 mots), afin de favoriser la publication rapide, mais peut aussi accepter des articles beaucoup plus longs selon l'offre (n'étant pas limitée par un impératif de préservation de la forêt boréale).