dimanche 30 avril 2017

Les grands diabétiques

Les grands diabétiques de l'Histoire 

François Guillon-Metz

Michel Marre (Préface), Gérard Raymond (Préface)


Broché: 176 pages
Editeur : Publedit (16 mars 2017)
Langue : Français
ISBN-13: 978-2367410036


Le diabète apparaît aujourd'hui comme une des grandes maladies modernes avec ses signes, ses complications, ses traitements qui font souvent la une de la presse spécialisée ou de campagnes de prévention des organismes de santé. Le diabète est autour de nous. Chaque personne connaît de près ou de loin un membre de sa famille ou un ami à qui l'on vient d'annoncer qu'il a un diabète de type 1 ou de type 2. Est-ce un mal récent ? A-t-on un historique de cette maladie ? que disent les historiens de la Médecine ? C'est ce que nous propose de découvrir le docteur Françoise Guillon-Metz, médecin, endocrinologue-diabétologue, qui, au travers de l'histoire de diabétiques connus et moins connus, nous raconte ce qu'est cette maladie et son cortège de complications. Du martyre de Louis XIV à l'agonie de Karl Marx, de Nikita Khrouchtchev à Charles de Gaulle, de l'Antiquité à nos contemporains, la liste des diabétiques célèbres ne cesse et ne cessera de s'élargir. Classés par pathologies compliquant leur diabète, ces patients, dont les noms nous sont souvent familiers, nous font vivre leur vie quotidienne avec la maladie selon leur époque, avant ou après l'insuline ou l'antibiothérapie. Ce livre est un voyage dans l'histoire du diabète qui nous rappelle combien nous devons être vigilants aujourd'hui dans nos règles de vie tout en sachant que les progrès de la médecine permettent aux diabétiques de prétendre à une longue vie épanouie.

Biographie de l'auteur
Françoise GUILLON-METZ est médecin, endocrinologue-diabétologue depuis plus de trente ans, au CHU de Caen et en pratique libérale. Bien que très impliquée dans les nouvelles technologies médicales et l'éducation des patients diabétiques, parallèlement elle a travaillé sa thèse de médecine sur un sujet de paléo pathologie et a écrit une thèse de sciences en nutrition sur l'histoire des habitudes alimentaires en Basse-Normandie. L'histoire de la Médecine demeure son champ d'action avec une prédilection pour les médecins de la Deuxième Guerre mondiale. Après un DU d'Histoire de la Médecine Paris Descartes, elle vient de terminer un Master à Lille en " Transmission des textes médicaux anciens ". Au gré du temps et des lectures, elle a collecté ces observations de diabétiques célèbres de l'histoire, les uns connus, les autres ignorés. La recherche de diabétiques non diagnostiqués de la grande Histoire se poursuit.

Études sur la médecine et la philosophie

Summa doctrina et certa experientia. Studi su medicina e filosofia per Chiara Crisciani


A cura di Gabriella Zuccolin


Bros. pp. VI-484, € 68
Collana  Micrologus Library, 79
anno 2017
isbn 978-88-8450-762-4



G. Zuccolin, Introduzione. 

MEDICINA E FILOSOFIA NEL MEDIOEVO. 
L. Bianchi, «Ubi desinit physicus, ibi medicus incipit»
P. B. Rossi, La Summa super 4 libro Metheororum attribuita a Guglielmo Anglico
A. Tabarroni, Medicina est philosophia corporis. Un sermo in principio studii di Bartolomeo da Varignana 
R. Lambertini, Un medico-filosofo di fronte all’usura: Bartolomeo da Varignana 
G. Fioravanti, Due Principia di Maino de’ Maineri. 

II. AUCTORES E TRASMISSIONE DEI TESTI MEDICI NEL MEDIOEVO. 
D. Jacquart, Hippocrate: le maître lointain et absolu des universitaires médiévaux
I. Ventura, Ps. Galenus, De medicinis expertis. Per un état des lieux
M. Nicoud, Alla ricerca degli autori cosiddetti «minori»: un percorso nella tradizione manoscritta del consilium. 

III. INTRECCI DISCIPLINARI: SAPERI BIOLOGICI, FILOSOFIA PRATICA E TEOLOGIA NEL MEDIOEVO. 
M. Parodi, Un percorso tra esperienza e cultura in Giovanni di Salisbury
L. Cova, Seme e generazione umana nelle opere teologiche di Alberto Magno 
S. Vecchio, Passioni umane e passioni animali nel pensiero medievale 
C. Casagrande, Tommaso d’Aquino: onori e virtù 
A. Ghisalberti, Il metodo dialogico nella Disputatio fidei et intellectus di Raimondo Lullo (1303) 
J. Ziegler, Engelbert of Admont and the Longevity of the Antediluvians, c. 1300 
S. Simonetta, «Ex fructibus eorum cognoscetis eos». J. Fortescue alle origini del comparativismo costituzionale e giuridico. 

IV. OLTRE IL MEDIOEVO: MEDICINA, ALCHIMIA E FILOSOFIA DAL XVI AL XIX SECOLO. 
A. Paravicini Bagliani, «Vives igitur, beatissime pater, ni fallor, diutissime». La prolongevità dei papi nel De vita hominis ultra CXX annos protrahenda di Tommaso Giannotti Rangoni (1493-1577) 
M. Gadebusch Bondio, Il genio si racconta: Il De vita propria di Cardano e alcuni suoi celebri interpreti 
F. Bacchelli, Una lettera inedita di Paolo Giovio a Gian Matteo Giberti 
M. McVaugh - N. Siraisi, From the Old World to the New: The Circulation of the Blood
M. Pereira, «Vital Experiment». Alchimia, filosofia e medicina nel XIX secolo. Una divagazione
G. Zuccolin, Bibliografia di Chiara Crisciani. 

Indexes.


Les recettes du Codex 52

I Ricettari Del Codice 52 Della Historical Medical Library Di New Haven (XIII sec. U.Q.)

laria Zamuner - Eleonora Ruzza

Biblioteca dell'«Archivum Romanicum» 
Serie I: Storia, Letteratura, Paleografia, vol. 467
ISBN: 9788822265005


Nel volume viene proposta per la prima volta l’edizione dei due ricettari trasmessi dal ms. 52 della Medical Historical Library di New Haven (Firenze, XIII sec. u.q.). L’opera è corredata da un’analisi linguistica, dalla descrizione del manoscritto e da un ampio commento a piè di pagina di carattere soprattutto lessicografico. Nell’introduzione viene inoltre offerta un’analisi della silloge e delle fonti presenti nei due ricettari. Tale contributo fornisce conoscenze più approfondite sui testi medico-scientifici in Italia.

samedi 29 avril 2017

En marge du Serment hippocratique

En marge du Serment hippocratique. Contrats et serments dans le monde gréco-romain. Actes de la Journée d’étude internationale (Liège, 29 octobre 2014)

Marie-Hélène MARGANNE & Antonio RICCIARDETTO (éds)

Presses universitaires de liège
Année de publication : 2017
Pages : 224 
ISBN : 978-2-87562-127-6 

En dépit des nombreux travaux récents consacrés au Serment hippocratique, l’origine documentaire
de ce célèbre écrit n’avait encore jamais fait l’objet d’une étude approfondie. Elle est pourtant mentionnée dès la première phrase du texte : « Je jure par Apollon médecin, par Asclépios, Hygie
et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, de remplir, selon ma capacité et mon jugement, ce serment et ce contrat ».
S’inscrivant dans une approche interdisciplinaire, le présent ouvrage réunit six contributions présentées lors de la Journée d’étude internationale En marge du Serment hippocratique : contrats
et serments dans le monde gréco-romain, organisée à l’Université de Liège, le 29 octobre 2014, où, en confrontant les sources littéraires et documentaires, qu’elles soient de nature médicale, religieuse ou juridique, on s’est efforcé de replacer le fameux écrit attribué à Hippocrate dans son contexte originel : celui des contrats et serments antiques.


Marie-Hélène MARGANNE est directrice du Centre de Documentation de Papyrologie Littéraire (CEDOPAL) de l’Université de Liège, où elle enseigne la papyrologie littéraire, la paléographie grecque et la langue grecque. À la fois philologue classique, papyrologue et historienne de la médecine, elle est l’auteur de nombreuses publications sur les papyrus médicaux, l’histoire de la médecine, le livre et les bibliothèques antiques.


Antonio RICCIARDETTO est Docteur en Langues et Lettres (2015) de l’Université de Liège et actuellement A.T.E.R. au Collège de France (Paris). Sa thèse de doctorat a porté sur des papyrus documentaires grecs de médecine. Poursuivant des recherches dans les domaines de la papyrologie et de l’histoire de la médecine, il est membre du CEDOPAL de l’Université de Liège et secrétaire de la Société Belge d’Études Byzantines. Il est l’auteur d’une édition de l’Anonyme de Londres, un papyrus médical grec du Ier siècle (Papyrologica Leodiensia, 4 ; 2e éd. Paris, 2016).

Le texte médical du Papyrus Ebers

Le texte médical du Papyrus Ebers. Transcription hiéroglyphique, translittération, traduction, glossaire et index

par Bernard Lalanne et Gérard Métra

Éditions Safran
Coll. Langues et cultures anciennes (LCA), 28
21 x 29,7 cm | 270 pages
2017
ISBN: 978-2-87457-092-6


Un ouvrage sur mesure pour les passionnés de hiéroglyphes, de hiératique, de grammaire égyptienne, à travers un exceptionnel document historique de l’égyptologie, le Papyrus Ebers. Pour la première fois le plus complet des papyri médicaux de l’Égypte ancienne est présenté dans son intégralité, présentant planche par planche, la transcription en hiéroglyphes de chacune d’elle, affrontée ligne par ligne à la translittération et la traduction. Celle-ci prend en compte des données lexicographiques récentes. On y découvre une étonnante pharmacopée, des pratiques médicales alliant de réelles connaissances scientifiques au mode de pensée propre à l’Égypte pharaonique, et le recours à la magie quand la science a ses limites.

Glossaire et index
Le lecteur trouvera en annexes un glossaire des principaux mots égyptiens présents dans le papyrus, ainsi qu'un index des mots français. La plupart des occurences de ce dernier contient la matière médicale, les termes anatomiques, les termes de pathologie et les noms propres.

L’Enfant grec au temps de Périclès

L’Enfant grec au temps de Périclès

Danielle Jouanna

Les Belles Lettres, 2017
9782251446653


N’est-il pas inévitable que dans une pareille cité l’esprit de liberté s’étende à tout ? Que le père s’accoutume à voir son fils comme son égal et à redouter ses enfants ? Le fils à être l’égal de son père et à n’avoir ni respect ni crainte pour ses parents, parce qu’il veut être libre ? »

Non, ce n’est pas un écrivain moderne qui écrit cette phrase, c’est Platon. Les enfants grecs n’étaient peut-être pas si loin des nôtres…

Pourtant, on relèvera sans doute ici des différences surprenantes. Un auteur de l’époque révèle d’étranges pratiques alimentaires du nourrisson : « Comme les nourrices, en mâchant sa nourriture, tu lui en mets un peu dans la bouche, mais toi-même tu en as déjà avalé le triple. » Que faudra-t-il enseigner à cet enfant ? « Je conseillerais aux jeunes gens, dit un autre, de consacrer un certain temps aux enseignements scientifiques, mais de ne pas laisser leurs dispositions naturelles se dessécher là-dessus. » Et que penser quand on voit le sage Socrate pousser vivement son voisin pour qu’un bel adolescent vienne s’asseoir près de lui ?

Après le citoyen grec, puis la femme grecque, il était temps de s’intéresser à l’enfant grec. On découvrira ici sa vie depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte, mais aussi le parcours du combattant de la future mère et les cas de conscience des pères ; et on révisera au passage bien des points qu’on croyait connaître, comme l’éducation et la pédérastie.

vendredi 28 avril 2017

La syphilis dans la littérature et la culture victorienne

Syphilis in Victorian Literature and Culture: Medicine, Knowledge and the Spectacle of Victorian Invisibility

Monika Pietrzak-Franger

Series: Palgrave Studies in Literature, Science and Medicine
Hardcover: 338 pages
Publisher: Palgrave Macmillan; 1st ed. 2017 edition (April 23, 2017)
Language: English
ISBN-13: 978-3319495347


This book addresses the evident but unexplored intertwining of visibility and invisibility in the discourses around syphilis. A rethinking of the disease with reference to its ambiguous status, and the ways of seeing that it generated, helps reconsider the network of socio-cultural and political interrelations which were negotiated through syphilis, thereby also raising larger questions about its function in the construction of individual, national and imperial identities. This book is the first large-scale interdisciplinary study of syphilis in late Victorian Britain whose significance lies in its unprecedented attention to the multimedia and multi-discursive evocations of syphilis. An examination of the heterogeneous sources that it offers, many of which have up to this point escaped critical attention, makes it possible to reveal the complex and poly-ideological reasons for the activation of syphilis imagery and its symbolic function in late Victorian culture.

L'oeil du XIXe siècle

L'Oeil du XIXe siècle

Appel à communications

VIIIe Congrès international de la Société des Études romantiques et dix-neuviémistes,

Paris, Fondation Singer-Polignac, 26-29 mars 2018


L’œil désigne un organe, mais aussi, par métonymie, une action (le regard) et une production (la vision). C’est donc, au sens plus large, sur la manière propre qu’a eue le XIXe siècle d’investir le champ du visuel, d’en remodeler l’action et les formes à sa mesure, que portera le VIIIe Congrès de la SERD. Il s’agira d’inviter les participants à définir les caractériques d’un autre period eye que celui dont traitait Michael Baxandall lorsqu’il se demandait quelles étaient les « dispositions visuelles vernaculaires qui relient les tableaux [du XVe siècle italien] à la vie sociale, religieuse et commerciale » (Painting and Experience in Fifteenth-Century Italy: A Primer in the Social History of Pictorial Style ; traduction française : L’Œil du Quattrocento, 1985).

Siècle de progrès techniques en matière d’optique, d’instruments de vision, de physiologie de la vue et de médecine ophtalmologique, le XIXe siècle est aussi, de manière plus générale, le « siècle du regard » (Ph. Hamon), le « siècle de l’observateur » (J. Crary), le siècle du « panoptique » (M. Foucault). Le privilège du visuel s’y manifeste, de manière elle-même spectaculaire, par des inventions et pratiques culturelles en série ayant trait à la vision. C’est le siècle des –scopes : kaléidoscope (Brewster, 1817), phénakistiscope (Plateau, 1832), stéréoscope (Wheatstone, 1838), ophtalmoscope (Helmholtz, 1851), télestéréoscope, bioscope ou stério-fantascope, pseudoscope, etc. C’est le siècle des –ramas (panorama, diorama, cosmorama, néorama, etc.). C’est aussi le siècle des perfectionnements des instruments d’optique, du microscope et du télescope, des lorgnettes et des longues vues. Soit donc le siècle de la médiatisation du regard au travers d’instruments de plus en plus perfectionnés, qui, censés en accroître la portée ou l’acuité, en transforment de fond en comble les conditions. Ce qui se produit selon des moments de rupture, tant épistémologiques qu’optiques, qui scandent l’histoire des modèles visuels, qu’on situe tantôt dès le début du siècle (J. Crary), tantôt en son mitan, avec l'invention de la photographie (1839) et la révolution picturale des années 1860, tandis que d’autres analystes insistent sur les révolutions qu’apportent en la matière la fin du siècle et le siècle suivant (Martin Jay, Downcast Eye. The Denigration of Vision in XXth-Century French Thought, 1993).

Ces nouvelles focales influent sur la perception mais aussi sur les modalités d’ensemble de la vie sociale. C’est ce que le suggère le vicomte de Launay lorsqu’il écrit : « La réalité parisienne est toute dans l'aspect. Nous avons des yeux de Diorama, de Panorama, de Néorama ; les effets d'optique suffisent à la légèreté de nos regards » (1837). C’est aussi le siècle où, dans les arts plastiques, la question du point de vue s’impose avec acuité, d’autant que l’invention de la photographie vient confirmer le primat du visuel et invite à un nouveau dialogue entre les arts de la vue, littérature comprise. C’est le siècle où, à propos de Courbet, Ingres s’exclame : « C’est un œil », l’accusant ainsi de n’être pas un artiste complet, mais seulement un peintre virtuose. En revanche, c’est aussi le siècle où Flaubert remarque que « pour qu’une chose devienne intéressante, il suffit de la regarder longtemps », et se donne pour mot d’ordre : « Fais-toi prunelle ! » (1845), valorisant ainsi une telle réduction au visible. C’est le siècle où en littérature, sous l’influence des arts visuels, les descriptions montent en puissance. C’est ce que remarquent les frères Goncourt : si elles manquent chez Saint-Simon, c’est que « les yeux n’étaient pas nés » (1862). Dans les arts de la scène la part du spectaculaire s’accroît. Mais on assiste alors aussi à une véritable « spectacularisation » de la vie sociale, à tous les niveaux : affiches, magasins, musées, expositions, passages, « fantasmagorisation de la marchandise » (Marx). Et Balzac d’énumérer tout le premier l’ensemble des prodigalités visuelles que « ‘lampe » l’« œil du Parisien » : feux d'artifice, palais en verres multicolores, féeries des théâtres, panoramas renaissants, continuelles expositions, caricatures, vignettes, lithographies, sans oublier le gaz qui illumine les boulevards et les « points de vue » que ménage la municipalité.

Les rubriques ci-dessous tentent d’ordonner les principaux domaines entre lesquels se distribue la problématique d’ensemble. Autant de champs complémentaires entre eux, autant d’espaces problématiques par rapport auxquels les propositions de communication gagneront à se situer.

Un intérêt particulier sera accordé aux propositions qui éviteront les monographies en déployant une perspective transversale ou qui manifesteront une approche interdisciplinaire (histoire, littérature, philosophie, histoire de l’art, histoire des sciences, histoire des techniques, etc.).

Les propositions de communications (d’environ 2 000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à adresser à Erika Wicky (erika.wicky@gmail.com) avant le 5 septembre 2017.



I. L’œil physique : optique et physiologie

Que savait-on, au XIXe siècle, de l’organe de la vue, des mécanismes de la vision, de ses processus physiologiques, des soins à lui apporter ?

L’œil comme organe (physiologie et optique)

Rétine, prunelle, pupille, paupières, globe oculaire, nerf optique, orbite, etc.

Opticiens, ophtalmologues et théoriciens de la vision.

La médecine de l’œil, le fond de l’œil.


L’œil comme instrument de la vision

L’œil en situation, les conditions concrètes du regard : éclairages, points de vue...

L’œil, la lumière, les couleurs.

Les échelles de la vision. Les instruments pour voir petit, grand, loin, proche



L’œil appareillé

Comment au cours du siècle a-t-on cherché à dépasser les limites de la vision à l’œil nu, à en élargir les capacités, en modifier les paramètres ?

Instruments et appareils de vision, leurs changements, leurs progrès, leurs représensations : lunettes, lorgnons, prothèses, miroirs, prismes, dispositifs spéculaires...

L’œil artificiel.



II. Phénoménologie du regard

La vision comme expérience. Phénoménologie de la perception (Merleau-Ponty).

Qui regarde ? Le personnel du regard, le regard fait homme

Observateurs, spectateurs, voyants et visionnaires, « spécialistes » (Balzac), etc.

Professionnels du regard institutionnel : le savant, l’espion, le policier, le voyeur (au sens ancien du mot).

Regards savants, regards pédagogiques.

Regards mobiles : l’œil du voyageur, l’œil du touriste, l’œil du flâneur.

Regards esthétiques : l’œil du peintre, l’œil du poète, l’œil du photographe.

La place du spectateur : son point de vue, ses centres d’intérêt, ses émotions.

Comment on regarde ? Types de regard

Regard, observation, contemplation, coup d’œil, clin d’œil, œillade, lorgnade, etc.

Qu’est-ce que l’on regarde ?

Objets, phénomènes, spectacles électifs sur lesquels le regard se porte. Et, à l’inverse, choses cachées et pourquoi ?

De multiples spectacles ont été pour quelques-uns inventés, et pour de nombreux autres considérablement développés au cours du siècle ; qu’ils aient occupé l’espace public ou soient restés strictement privés, que nous disent-ils des sollicitations de l’œil au XIXe siècle ?

D’où l’on regarde ?

Paris vu de la tour Saint-Jacques (Vigny, « Élevation »), des tours de Notre-Dame (Hugo, « Paris à vol d’oiseau »), du Père-Lachaise (Rastignac) ou de la Tour Eiffel.

Paris vu de l’omnibus, vu du train de ceinture (Goncourt).

Le regard en architecture et en urbanisme : tours, belvédères, miradors, fenêtres, percements, jours de souffrance, perspectives, balcons et théories de la fenêtre et de la « belle vue ».

Premiers regards aériens. Vu de la mongolfière ou de l’aéroscaphe.

Investissements métaphoriques des modes de vision : voir de haut (logiques du survol), voir au travers (passer derrière les apparences), scruter le réel à la loupe, regarder le monde de Sirius, etc.

Scènes de regard

« Leurs yeux se rencontrèrent » (cf. Rousset) — le jeu des regards, des éblouissements, des fascinations, des aveuglements, dans le roman, en peinture et en photographie.



III. Axiologies du regard

L’œil pensé, regardé, décrypté, comparé, évalué.
Axiologies philosophiques

« L'œil appartient à l'âme plus qu'aucun autre organe » (Buffon).

Le privilège de « l’œil intellectuel », ses mises en cause au profit des autres sens.

L’œil et la conscience (Hugo, « La Conscience »).

L’œil décrypté, la physiognomonie

Quand l’âme et le cœur se peignent dans les yeux.

Le langage, l’éloquence des yeux. Ce que les yeux disent, ce que les yeux trahissent.
L’œil comparé : la vue et le sensorium

Vertus des différents sens : quelle place était-elle donnée à l’oeil au sein du sensorium, quelles relations (séparation, fusion, correspondances, rivalité) avec les autres sens était-il susceptible d’entretenir?

Vertus esthétiques comparées des différents sens et des métaphores sensorielles (avoir l’œil, avoir du goût, avoir du flair) : paragones modernes.

Synesthésies : quand l’œil écoute, quand l’œil parle, quand l’oreille voit.

Valorisations ou dévalorisations de la vue ; « excellence de l’œil » ou « denigration of vision »

Le « plaisir des yeux »

Plaisirs scopiques : l’érotisation du regard, exhibitionnisme et voyeurisme, « éréthisme visuel ».

Les yeux et le langage amoureux.

Le regard et ses normes

Ses limites et ses interdits.

L’objectivité du regard (ou de la vue), le témoin oculaire.

Morales du regard : la pudeur, la censure des images, etc. Interdits liés à la morale sexuelle : « c'est par les yeux que l'on commence à avaler le poison de l'amour sensuel » (Bossuet).

Le regard selon les manuels (de savoir-vivre, des confesseurs...).

Le regard selon les différents « genres » : l’« œil d’une femme ».

Le « mauvais œil »

L’œil maléfique. Superstitions liées au regard (jettatura, mauvais œil, « œil du diable », etc.).



IV. Politiques du regard

Voir, pouvoir, savoir.

Voir/Pouvoir

L’œil du Seigneur, l’œil du souverain, l’œil du maître, l’œil du chef.

« La visibilité, condition requise dans le souverain ».

Formes et action de la surveillance (politique, religieuse, économique, scoclaire, etc.), panoptique (Bentham), anthropométrie...

« Notre société n'est pas celle du spectacle, mais de la surveillance. Nous ne sommes ni sur les gradins ni sur la scène, mais dans la machine panoptique » (M. Foucault).

Surveiller et punir : la prison, l’école, l’armée.

Regards institutionnels : « l’œil de l’Église », l’œil de la police, l’œil de la justice, « ‘l’œil de la presse ». L’œil comme “emblème de la police” (Une ténébreuse affaire).

Technologies de la surveillance.

L’espion et l’espionnage.

Guetteurs, vigies, surveillants, inspecteurs, argousins, « voyeurs ».

Le mythe d’Argus.

Naissance et développement du roman policier et du roman d’espionnage.

Voir/Savoir

« Ma seule ambition a été de voir. Voir, n'est-ce pas savoir ? » (l’antiquaire de La Peau de chagrin).

La connaissance comme vision/la vision suffit à la connaissance.

Regard et expertise : sémiologie médicale, connoisseurship...

Architecture et techniques scienfiques de la vision : l’Observatoire.

Voir, savoir, pouvoir : expéditions, explorations et sciences coloniales.

Voir les astres (« les mondes vus de loin », Flammarion), voir « sous les mers » (Folin, Verne).

Voir le passé, voir l’histoire.


V. Un monde pour l’œil

Le monde tout entier destiné à la vision, taillé pour l’œil, mais aussi mis en spectacle.

Le siècle du regard

Le siècle du regard, de l’observation, de la description : historiographies.

Réduction au visible vs pluralisation des spectacles

La réduction positiviste : s’en tenir à ce que l’on voit.

La réduction moderniste : « C’est un œil, mais quel œil ! » vs la spectacularisation.

L’œil moderne, l’œil urbain, « l’œil du Parisien » (Balzac), entre réduction au visible et spectacularisation du monde.


« Tirer l’œil » : la société du spectacle et de la consommation

Le devenir publicitaire du paysage urbain : passages, vitrines, affiches…

Les ressources visuelles de la réclame. Des enseignes à la publicité.

« À l’étalage, à la devanture » : les spectacles de la marchandise.

Passants et flâneurs. « Flâner est une science, c’est la gastronomie de l’œil » (Balzac).

« Ce qu'on voit dans les rues de Paris » (Victor Fournel).

Le spectacle du monde

Tourisme, pittoresque et « belle vue ».

Le monde illustré.

Tourisme et photographie.

Les machines à voir

Les divertissements de l’œil : lanternes magiques, panoramas, dioramas, géoramas, chambres noires, kaléidoscopes, ombres chinoises, cinématographe, etc.

La mise en spectacle

Multiplication des spectacles, montée en puissance des arts du spectacle. L’art de la mise en scène, les « émotions visuelles du spectateur ».

Fastes, fêtes et défilés.

Mise en spectacle de la vie culturelle : expositions, musées.

La promotion esthétique du regard

Peindre la vie moderne, sa vivacité, sa vélocité, sa « rapidité kaléidoscopique ». « L’œil de M. G. » (Baudelaire).

Zola sur Manet : « Toute la personnalité de l’artiste consiste dans la manière dont son œil est organisé. »

L’influence du modèle photographique sur la vie sociale. Les arts saisis par la photographie

Fonction de médiation impartie aux arts visuels dans la perception « réaliste » du monde.

Montée en puissance et autonomisation du descriptif

Portrait de l’écrivain en « chercheur de tableaux » (Balzac).

Formes de l’« effet de visuel ».

Les excès du visuel

« Portraituromanie » (V. Fournel), « Panoramania », etc.



VI. L’œil intermédial

Médiations et médiatisations du regard. Supports et genres.

Imageries, illustrations

La montée en puissance de la « littérature illustrée » et les débats à son propos.

Les revues consacrées à « l’imagerie », les magasins pittoresques : le monde en images.

Images exotiques, populaires, etc.

Images nouvelles et images anciennes.

La littérature de vulgarisation scientifique.

Livres et guides de voyage.

L’illustration dans les livres de classe.

Images au quotidien et économies de l’attention : stratégies narratives de l’image à diffusion de masse et physiologies du regard

(Proposition Ségolène Le Men et Michael Zimmermann).

Sciences et pédagogies du regard

Objets scientifiques : cartes géographiques, images scientifiques...

Les pédagogies par l’image et les supports visuels de l’apprentissage.

Les « merveilles de la science ».

L’optique et l’astronomie racontées aux enfants.

« Catéchismes en images » et « enseignement par les yeux ».

Focales de la « littérature panoramique » (W. Benjamin)

« Panoramas », « kaléidoscopes », « prismes »…

L’optique dans les arts

Helmholtz, Optisches über Malerei (1876), traduction française la même année dans La Revue scientifique de la France et de l'étranger.

« Le théâtre est une optique », « l’optique de la scène ».

« Le vers est la forme optique de la pensée » (Hugo).

Dialogues entre les arts visuels

Poésie et peinture.

Peinture et photographie.

Peinture et théâtre, « tableaux vivants ».


L’œil en langue
Les mots pour le dire (en français et dans les autres langues) : comment la langue parle-t-elle l’œil ?

Les synonymes : œillade/coup d’œil, etc.

Les multiples expressions du type : « avoir l’œil », « guigner de l’œil », « vendre à l’œil » (d’abord « vendre à crédit »), « taper l’œil », « taper de l’œil », etc.

Déclinaisons nationales : « avoir l’œil américain », « l’œil indien », etc.

Déclinaisons animales : œil-de-lynx, œil-de-faucon, œil-de-perdrix, etc.

Le lexique de la vision. Ses formes populaires : « zyeuter », « mirettes », etc.

Le visuel dans les « langues » artificielles (sténographie).

Les métaphores de l’œil et du regard.



VII. Frontières du visible

En-deça et au-delà du visible. Obstacles et dépassements. Ne pas voir vs voir au-delà. Du visible à l’invisible.

L’œil empêché : obstacles et restrictions de la vision

La nuit et l’ombre.

Interdits et censure.

Les aveugles, les borgnes, les myopes : être, naître, devenir, vivre aveugle. Ce que les Disability studies nous disent du XIXe siècle.

Les mythes de l’aveuglement : Méduse, Œdipe (cf. M. Milner).

Les mythes de l’interdit de voir : Diane et Actéon, Psyché, Narcisse, Orphée, Mélusine…

Puissances du regard et interdits de voir

Voyants et visionnaires. La seconde vue.

Le magnétisme du regard.

Quelles forces et pouvoirs se sont-elles opposées à l’extension ou à la liberté de la vision ?

Ne pas voir, ne pas faire voir

La dialectique montrer/voiler. Le mythe d’Isis.

Voir sans être vu.  

Le regard illusionné

Erreurs et incertitudes du regard.

Illusions d’optique et trompe-l’œil.

La perspective comme illusion.

L’œil stupéfié ou affolé

Drogues et regard. Le regard ivre.

Visions pathologiques, hallucinations.

La « folie de l’œil » (Coriolis), la « félûre de l’œil » (Claude Lantier).

Les nouvelles sciences psychologiques et les troubles du regard : hypnose, images mentales, images qu’on voit en rêve, hallucinations.

Monstres, fantômes, spectres et autres frayeurs visuelles

Si le XIXe siècle est matérialiste, il est aussi hanté par les monstres et les créatures effrayantes venant remettre en question les pouvoirs de la raison : quelle part l’œil a-t-il jouée dans le développement du surnaturel ?

Le fantastique visuel : l’œil sans paupières, etc.

Voir plus loin, voir au travers, voir au-delà, voir le futur, voir l’outre tombe

À quels appareils, à quelles substances a-t-on eu recours pour voir plus loin, plus petit ou plus beau, à l’instar du poète réclamant des « vitres de paradis » (Baudelaire, « Le Mauvais vitrier ») ?

Le visible, l’invisible et l’extra-visible

« Le visible, comme l‘invisible, est pris dans un sens absolu; mais il n’en est pas de même de l‘extra-visible, qui signifie simplement « invisible à nos yeux actuels », Félix Cantagrel.

· Voir l’invisible

Les Merveilles du monde invisible, 1867.

Le Microscope, coup d'œil discret sur le monde invisible, 1873.

Georges Vitoux, Les Rayons X et la photographie de l'invisible, 1896.

L. Aubert, La Photographie de l'invisible – les rayons X, 1898.

· Sur la frontière du Visible et de l'Invisible

« Ils se savaient près de lui, sans pouvoir s'expliquer par quels moyens ils étaient assis comme en rêve sur la frontière du Visible et de l'Invisible, ni comment ils ne voyaient plus le Visible, et comment ils apercevaient l'Invisible », Balzac, Séraphita, 1836

· L’art : peindre l’invisible par le visible (Quinet, « Du génie de l’art », 1839).

« L'allégorie, l'art qui exprime l'invisible par le visible », Le Magasin pittoresque, 1842.




Conseil scientifique

Frédérique Desbuissons, MCF d’Histoire de l’art, Reims
Brigitte Diaz, Professeur de littérature française, Caen
Jose-Luis Diaz, Professeur émérite de littérature française, Paris-Diderot
Françoise Gaillard, MCF émérite de littérature française Paris-Diderot
Marie-Ange Fougère, MCF de littérature française, Dijon
Emmanuel Fureix, MCF d’Histoire, Paris XII.
Philippe Hamon, Professeur émérite de littérature française, Paris III
Dominique Kalifa, Professeur d’Histoire, Paris I
Jean Lacoste, Philosophe
Ségolène Le Men, Professeur d’Histoire de l’art, Paris Ouest
Jacques Neefs, Professeur de littérature française à Johns Hopkins University
Philippe Ortel, Professeur de littérature française, Bordeaux III
Julien Schuh, MCF de littérature française, Paris-Ouest
Erika Wicky, Post-doc, FNRS / Université de Liège
Michael Z. Zimmermann, Professeur d’histoire de l’art à l'Université catholique d'Eichstätt