vendredi 24 février 2017

La création du service public de l'eau

L'Entrepreneur et le Prince. La création du service public de l'eau

Christophe Defeuilley

Presses de Sciences-Po
Février 2017
ISBN 978-2-7246-2005-4


Il y a deux cents ans, nous utilisions l'équivalent d'un seau d’eau par jour prélevé au fleuve, au puits ou à la fontaine les plus proches. Aujourd’hui, quelque 140 litres se déversent quotidiennement de nos robinets pour nos usages domestiques.

Désormais une évidence, la distribution de l’eau à domicile ne s’est généralisée que dans le courant du XIXe siècle. Ce sont des compagnies privées qui en ont été les pionnières, créant et exploitant les premiers réseaux dans les villes européennes et américaines. Mais à mesure que ce service est devenu un bien essentiel et universel, le prince a écarté l’entrepreneur.

En puisant à des sources peu (ou pas) exploitées, Christophe Defeuilley retrace trois histoires urbaines : à Londres, à New York et à Paris. Il fait revivre les épisodes qui ont jalonné la création du service public de l’eau, les prouesses techniques, les personnages hauts en couleur, les drames, les épisodes burlesques.

Une plongée dans la petite et grande histoire des trois premières métropoles du monde en 1900.

Vivre et mourir au Moyen Âge

Vivre et mourir au Moyen Âge

Colloque

Septièmes journées internationales d’études médiévales des Jeunes Chercheurs Médiévistes de l’UNIGE & de la Conférence universitaire de Suisse occidentale


UNIGE - Salle Denis de Rougemont - Rue Jean-Daniel Colladon
Genève, Confédération Suisse (1204)

jeudi 09 et vendredi 10 mars 2017
« Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cuers contre nous endurciz »François Villon, Ballade des Pendus, vv. 1-2

Notre vie n’est-elle, finalement, qu’une tentative d’apporter du sens à la mort ? Profondément mystérieuse, la mort est néanmoins constitutive de l’expérience humaine et conditionne d’emblée notre existence. Ainsi, nombre d’actes et de créations artistiques interrogent ce phénomène et interprètent ce thème. La mort a été diversement traitée, mise en scène, expliquée ou sublimée par l’Homme dans sa tentative de l’exorciser et de mieux la concevoir, de lui donner du sens et de combler le vide qu’elle laisse.

Ces journées d'études auront pour objectif de traiter de la vie et de la mort comme un tout indissociable. Ainsi, seront abordées autant les questions qui ont trait aux rituels funéraires que la manière dont les vivants appréhendent la mort, s'y préparent et s’y confrontent. On pourra par exemple se pencher sur le rapport au corps sous tous ses aspects : explorer les causes de la mort, disséquer les différentes façons de traiter le cadavre (conservation, transport, embaumement, incinération, mise en terre, etc.) jusqu’à la récupération de certains membres, organes et os destinés à l’adoration du défunt. Le culte des reliques conduira à évoquer le mobilier funéraire – cercueils, tombes, mausolées et tout autre objet qui accompagne les morts dans leur dernière demeure.

Cet effort de mémoire inscrit dans la pierre rejoint toutes les productions textuelles qui rendent hommage aux disparus et consolent les vivants : épitaphes, dits de sages sur la tombe, planhs occitans, mais également testaments laissés par ceux qui s’en vont. De même, toute la symbolique qui entoure le décès (les couleurs, par exemple) pourrait être abordée, dans cette même perspective d’appréhension et de représentation de la mort.

D’autre part, la préparation personnelle que chacun peut choisir d’entreprendre avant de mourir fait pendant aux rituels mis en place pour ceux qui restent. On s’attardera donc à analyser la fonction de la médecine comme retardatrice de l’inéluctable fin, celle des confessions, de l’extrême onction et autres dernières volontés, mais aussi à comprendre le rôle du deuil et les pratiques qui l’accompagnent, en incluant ici les prières, les cérémonies et leurs divers acteurs (les pleureuses, par exemple). Tout ceci nous amènera à pénétrer le domaine de la spiritualité et des diverses croyances qui entourent la mort, telles les danses macabres, la thématique des revenants, les memento mori et les prières pour les morts. Ce désir d’intercession est bien sûr lié à l’espoir d’une vie dans l’au-delà, au thème de la fin du monde ainsi qu’à la question de l’immortalité (de l’âme ou du corps lui-même), disputée par les philosophes et les théologiens ou illustrée par la quête de la pierre philosophale.


Jeudi 9 mars 2017

09h00 Accueil des participants
Session I : Introduction

09h30 Présentation des Journées par P. Emamzadah, C. Carnaille et C. Carta
09h45 Conférence inaugurale de Cécile Treffort (Université de Poitiers) « Discours de mort, discours de vie : quelques réflexions introductives »

11h00 Pause

Session II : Se préparer au trépas
Modération par C. Alvar
11h30 Camille Brouzes (Université Grenoble Alpes) « Corps vieillissant et memento mori dans la poésie d’Eustache Deschamps »
12h10 Sarah Bakkali-Hassani (Université Panthéon-Assas Paris II) « Le testament passeport pour l’au-delà : l’évolution des legs pieux au Moyen Âge »

12h50 Repas de midi

Session III : La mort exemplaire I – La figure royale
Modération par A. Fernández
14h30 Thibaut Radomme (Université catholique de Louvain – UNIL) « En ne li fist mie assez quant en ne le mist ou nombre des martirs : la mort du roi, sa vie et le martyre dans la Vie de saint Louis de Jean de Joinville »
15h10 Ismérie Triquet (Université de Rennes II) « La mise en scène de la mort comme symbole de continuité dynastique : l’exemple de la Grande Chronique de Normandie »

15h50 Pause

Session IV : Commémorer les défunts
Modération par M. Mourey
16h20 Lucile Hermay (Université Paris Nanterre – UMR 8167 Monde Byzantin) « Inégaux après la mort ? Les commémorations monastiques byzantines : enjeux sociaux et familiaux (Xe – XIIIe siècle) »
17h00 Anne Rauner (Université de Strasbourg – Albert-Ludwigs-Universität Freiburg) « Commémorer les morts dans les cimetières des Hospitaliers de Basse-Alsace à la fin du Moyen Âge : l’apport des documents nécrologiques »

Vendredi 10 mars 2017

09h00 Accueil des participants
Session V : La mort exemplaire II – Le Christ et les saints
Modération par L. Cesalli
09h30 Magali Guénot (Université Lumière Lyon 2) « Au-delà de la mort : entre espérance du Paradis et crainte du Jugement dernier »
10h10 Raphaël Guérin (Université Paris Nanterre) « Mort du saint et fondation d’église dans les légendes apostoliques d’Aquitaine (XIe siècle – XIIe siècle) »

10h50 Pause

Session VI : Inscrire la mort dans la pierre
Modération par P.-A. Mariaux
11h20 Alexandre Varela (UNIFR – Kunsthistorisches Institut Florenz) « De la sepultura ad sanctos aux reliques, la Cámara Santa d’Oviedo et son trésor de corps saints »
12h00 Grégoire Oguey (UNINE – Archives de l’état de Neuchâtel) « Les épitaphes de Suisse occidentale entre Moyen Âge et Renaissance »

12h40 Repas de midi
Session VII : Aller-retours
Modération par M. Ulhig
14h30 Caroline Foscallo (Centre d’études Médiévales de l’UNIGE) « Mortelles rencontres : les vivants face aux morts dans les fabliaux »
15h10 Mathilde Cornu (UNINE – Université de Strasbourg) « L’enfer déserté ? Les damnés dans le Mystère des Actes des Apôtres »
16h00 Nicole Bergk Pinto (Université libre de Bruxelles – École nationale des chartes) « De la "voie de l'au-delà" à la voix de l'auteur. Allégorie et expérience d'une vie dans le Tournoiement Antecrist de Huon de Méry »

16h40 Conclusion et verrée de clôture

Bourse de voyage à l'université du Minnesota

Travel Fellowship in the History of the Academic Health Center & Health Sciences at the University of Minnesota, 2017-2018


Call for applications


Purpose: The Travel Fellowship in the History of the Academic Health Center & Health Sciences at the University of Minnesota is intended to promote research on post-World War II developments in academic health centers and health science research using the University of Minnesota Archives. The University of Minnesota Program in the History of Medicine in conjunction with the Academic Health Center History Project (http://editions.lib.umn.edu/ahcarchives/) will offer up to two fellowships per year to interested scholars whose research is well suited to the health science and administrative collections in the University Archives. Where possible, preference will be given to early career scholars: graduate students in the research stage of their dissertation and recent Ph.D.s.

University of Minnesota Archives Holdings: The University of Minnesota Archives https://www.lib.umn.edu/uarchives house numerous collections related to the history of the Academic Health Center (AHC), its forerunning administrative configuration the College of Medical Sciences, and the records of the six schools and colleges that comprise the Academic Health Center: medicine, nursing, public health, pharmacy, dentistry, and veterinary medicine. The Archives also house collections pertaining to interdisciplinary centers within the Academic Health Center and oral histories and personal papers of prominent faculty and administrators.

Finding aids for many of the collections at the University Archives can be found at http://special.lib.umn.edu/uarch/. Digital documents related to the AHC and University administration are available through the University of Minnesota Digital Conservancy at http://conservancy.umn.edu/. Applicants are encouraged to contact University Archivist Erik Moore at moore144@umn.edu to discuss the collections before applying.

Application and Expectations: Applicants must submit a curriculum vitae, names and contact information of two referees, a brief proposal of no more than two pages, and a one-page proposed budget. The one- to two-page proposal should outline clearly the purpose of the research and its central questions, what records or materials will be used, any bigger project of which this research is a part, and the intended product(s) such as a dissertation, publications, or documentaries. Selection of fellows will be based on the decision of a multi-disciplinary committee.

Fellowship recipients will be required to submit a short report on their research. Recipients are also required to supply the University Libraries with a copy of any publication resulting from research conducted as a result of the grant.

Duration and Support: The fellowship covers a flexible visit of between one to four weeks. The amount of the fellowship is up to $1,000.00 to support expenses related to travel, lodging, research costs, and other incidental expenses. The fellowship is available for a single, continuous research trip between the dates July 1, 2017 and June 30, 2018.

Dates:

Deadline for applications is April 30, 2017. Candidates will be informed of the results by June 1, 2017.

Applications should be submitted via email. Be sure that your last name appears in the filename of each document. Send applications to: Dominique Tobbell, Program in the History of Medicine, University of Minnesota, dtobbell@umn.edu (612-626-5114). If you have any questions about the travel grant, please contact Dominique Tobbell.

jeudi 23 février 2017

Shell-Shock et la culture médicale britannique de la Première Guerre mondiale

Shell-Shock and Medical Culture in First World War Britain


Tracey Loughran


Cambridge University Press
Series: Studies in the Social and Cultural History of Modern Warfare (No. 48)
ISBN-13: 9781107128903


Shell-Shock and Medical Culture in First World War Britain is a thought-provoking reassessment of medical responses to war-related psychological breakdown in the early twentieth century. Dr Loughran places shell-shock within the historical context of British psychological medicine to examine the intellectual resources doctors drew on as they struggled to make sense of nervous collapse. She reveals how medical approaches to shell-shock were formulated within an evolutionary framework which viewed mental breakdown as regression to a level characteristic of earlier stages of individual or racial development, but also ultimately resulted in greater understanding and acceptance of psychoanalytic approaches to human mind and behaviour. Through its demonstration of the crucial importance of concepts of mind-body relations, gender, willpower and instinct to the diagnosis of shell-shock, this book locates the disorder within a series of debates on human identity dating back to the Darwinian revolution and extending far beyond the medical sphere.

• Provides a detailed account into the diagnosis of shell-shock and medical culture in First World War Britain • Places shell-shock within the longer historical context of British psychological medicine • Explores the role of mind-body relations, gender, willpower and instinct within the diagnosis of shell-shock
Contents

Introduction: shell-shock and medical culture in First World War Britain; 1. Frameworks of understanding: reconstructing the human from Darwin to the First World War; 2. Languages of diagnosis: hysteria, neurasthenia and changing pre-war psychological medicine; 3. Body and mind in shell-shock: war and change within psychological medicine; 4. Reading silences: gender and class in medical discourse on shell-shock; 5. Remaking men: will in medical approaches to shell-shock; 6. Animal bodies and minds: instinct and regression in shell-shock; Conclusion: shell-shock and post-war medical culture; Bibliography; Index.

Discours et images des corps ivres

États d’ivresse : discours et images des corps ivres (de l’Antiquité aux Lumières)


Appel à communications



Journée d’étude organisée par l’axe THÉLÈME – Littérature & Sciences humaines
CERILAC – EA 4410 

Vendredi 24 novembre 2017 

Université Paris-Diderot

Objet avéré du dialogue des disciplines (littérature, histoire, médecine, philosophie, droit, anthropologie…), le corps ivre fait partie à la fois des corps intéressant la plasticité de la représentation littéraire et des corps socialement problématiques qu’il convient de décrire et circonscrire, car l’ivresse peut apparaître comme un moyen socialement toléré de dépasser les bornes ou, à l’échelle individuelle, d’aménager les règles de la mémoire et de l’oubli de soi au profit de cette transgression, à l’instar du Saint-Preux de La Nouvelle Héloïse jouant avec la « fatale intempérance ». À cet égard, le corps ivre met en jeu l’identité et ses modes de subjectivation, le rapport du corps et de l’esprit et celui du normal et du pathologique. Prompt au juron et au blasphème, lieu de la parole échappée, il interroge les normes tant laïques que religieuses du licite et de l’illicite, du tolérable et de l’obscène ou du « bas » ; relevant, dans ses manifestations physiques, de la véhémence et de la performance, il s’intègre à la satire comme à l’évaluation éthique et esthétique de « l’enthousiasme » (ivresse du poète) ; ainsi inscrit dans les genres de discours, il permet de saisir un « style » médical, policier, juridique, poétique et rhétorique de son « cas » ; c’est aussi un corps genré, l’ivresse donnant lieu à une représentation de la différence sexuelle, en particulier dans le registre hygiéniste, qui s’affirme de plus en plus dans le cours du XVIIIe siècle. Sur ce point, qui renvoie davantage au discours de la médecine, le corps ivre est, enfin, un des lieux où se noue la problématique de l’addiction, plus ancienne qu’on ne pourrait le croire.

L’ensemble de ces questions sera abordé dans une perspective littéraire prenant en compte la diversité des aires culturelles (française, francophone, comparée…).

Les propositions de contribution (1500 signes max) sont à envoyer à : florence.lotterie@free.fr et guiomar.hautcoeur@gmail.com avant le 15 juin 2017.

La ville et le vin

Ville et vin en France et en Europe du XVe siècle à nos jours


Appel à communications


Bordeaux, 23-24 novembre 2017


Bordeaux vient d’inaugurer la Cité du vin en juin 2016, manifestant ainsi son attachement à la production viticole périurbaine et rurale de l’arrière‑pays. Ce lien entre une campagne productrice et un pôle urbain commercial est particulièrement ancien, et il était peut-être encore plus fort autrefois qu’aujourd’hui, car les consommateurs se rendent désormais dans les domaines et la vente directe emprunte de nouveaux réseaux, notamment immatériels. L’identification entre la ville et le vin reste néanmoins très marquée.

Or, depuis le XVe siècle, cette question du lien entre l’espace urbain et les produits de la vigne se posait principalement en termes de transports, de voies de communication et d’intermédiaires humains. Elle se prolongeait ensuite à l’intérieur de la ville par de multiples aspects, qu’ils soient économiques avec des activités particulières, ou paysagers. Le port de Bordeaux et le commerce du vin, largement étudiés, en constituent un très bel exemple. Aujourd’hui, elle s’inscrit plus dans des problématiques de commercialisation de valorisation et d’identité.

Au‑delà des échanges économiques immédiats et de l’exportation du vin par la voie maritime, ce colloque souhaite étudier la complexité des liens qui unissent la ville et le vin. Le sujet consiste surtout à s’interroger sur la marque spécifique, que le vin et ses produits dérivés comme l’eau‑de‑vie, pouvaient et peuvent encore imprimer à l’espace urbain. Par ailleurs, l’empreinte est‑elle plus ou moins forte selon la taille de la ville ? Si Bordeaux, Reims, Beaune, Lyon semblent des cités d’emblée marquées par la culture du vin, entendue au sens le plus large possible, qu’en est‑il d’Épernay, de Dijon, de Libourne, de Cognac ou même de plus petites villes encore mais non moins célèbres comme Saint‑Émilion, Limoux ou Arbois ? Le lien entre la ville et le vin devra donc être étudié à plusieurs échelles géographiques, pour mesurer l’influence du produit de la vigne sur l’évolution, la morphologie et la culture urbaine. Il sera aussi questionné de manière croisée, pour comprendre le rôle de la ville dans le développement des vignobles de l’arrière‑pays : si l’engagement des bourgeoisies, des élites nobiliaires et marchandes dans la croissance des espaces de viticulture spécialisée, le rôle de la ville et de ses structures réglementaires, institutionnelles ou commerciales reste à découvrir.

1. Ville et identité du vin, vin et identité de la ville

Le vin est produit sur un terroir plus ou moins bien défini mais si celui-ci lui confère sa particularité, il n’est véritablement reconnu que lorsqu’il entre dans les circuits commerciaux. Or, la ville est un acteur fondamental de la valorisation des produits de l’arrière‑pays, plus particulièrement si cette dernière a des attributions portuaires et accueille des clients étrangers. On parle du bordeaux, du cahors, mais aussi du vin de Jurançon, d’Épernay, de Malaga, de Porto… n’avons-nous pas là des lieux permettant de donner une identité au vin ? La ville ne devient-elle pas une sorte de label ou de marque permettant d’asseoir la réputation d’un vin ? En tissant des liens, des villes deviennent des génériques déterminants, c’est le cas de Bordeaux et on s’en rend particulièrement compte lorsqu’on découvre à l’étranger des pratiques frauduleuses. Ainsi, la ville et le vin s’identifient l’un à l’autre, parce que le rayonnement de la ville compte et parce que le vin contribue à transformer ou à modeler la ville. Les crus, comme certaines professions, à l’instar des tonneliers de Saint‑Macaire aux XVIIIe-XIXe siècles, ne fondent‑ils pas la réputation d’une ville ? Ainsi, quand la ville est proche d’un vignoble ou de limites commerciales, des corps de métiers très divers s’y installent et s’y développent comme les courtiers et les marchands. La ville est également, grâce à des musées dédiés ou des décorations spécifiques, un lieu du vin. Frises de pampres, bacchanales, maisons de négociants sont autant de constructions qui laissent une empreinte. En quoi les villes, par la culture qu’elles diffusent, contribuent‑elles à construire une identité viticole ? Peinture et poésie permettent aussi d’immortaliser le regard que l’on porte sur la ville. N’est-ce pas en effet sous le pinceau de Joseph Vernet que sont apparus sur les quais de Marseille et des grands ports français, des barriques et des bouteilles ? Le peintre, par des objets du quotidien appartenant au monde viticole, ne contribue-t-il pas à mettre en valeur la ville et son identité ? L’identité des vins régionaux est-elle renforcée par la mise en place, à partir du XXe siècle, d’espaces spécifiques de formation ? On pourra donc étudier dans ce cadre la construction des savoirs autour du vin et s’interroger sur le rôle des villes dans la réflexion et la transmission de certaines pratiques viticoles. Ainsi, on s’intéressera aux écoles d’œnologie, aux pratiques professionnelles autour du vin (écoles de commerce, filières professionnelles, écoles hôtelières par exemple).

2. Culture de la vigne et du vin et développement urbain

Les nombreuses maisons viticoles, les circuits d’œnotourisme montrent la patrimonialisation de la culture du vin et l’enjeu économique que cette‑dernière représente pour les villes qui les accueillent. Cette économie du vin dans la ville s’inscrit aussi dans des réseaux de commercialisation : les caves, les éditeurs spécialisés type Féret, les libraires. S’élabore ainsi un pôle culturel viticole que l’on retrouve dans les bibliothèques municipales, universitaires et dans les musées des villes des régions viticoles.

Toutefois, culture de la vigne et le développement urbain ne vont pas toujours de pair car, dès le XIIIe siècle, les espaces viticoles ont été de plus en plus repoussés face à la pression démographique des cités, et le nom de certains terrains à bâtir et de quartiers permet justement de mesurer les conséquences de l’extension urbaine. Par ailleurs, face à ces enjeux de développement, le terroir viticole peut‑il être créateur d’industries et d’activités liées à la vigne ? Ainsi, les entreprises de tonnellerie, celles qui fabriquent les tracteurs et les machines à vendanger, les cuves, les outils spécialisés, les bouteilles et les produits de traitement sont‑elles toujours installées dans les villes ? Ou bien, la culture et l’imaginaire du vin proposés aux visiteurs de la ville, tout comme autant que les impératifs de production industrielle, rendent‑ils désormais cette cohabitation impossible ?

3. Commerce du vin dans la ville

La question du commerce du vin dans la ville ne doit pas conduire à réexaminer les flux portuaires qui ne sont pas directement l’objet de cette réflexion. Par commerce, il faut ici entendre principalement le commerce urbain propre, les débits de boisson, les cabarets, les commerces de détail. Comment cette distribution était‑elle organisée ? Il faudra s’interroger sur une éventuelle influence de ce commerce sur la topographie et la stratification socioéconomique de la ville. À ces questions socioprofessionnelles et spatiales s’ajoute celle de l’encadrement législatif de la vente du vin par les autorités compétentes, de la forme des pots aux horaires d’ouverture des établissements de boissons. Le contrôle occupe une place considérable : frelatages des vins ou modification des contenants. La chambre de commerce, les douanes, l’intendance et les forces de police seront donc des acteurs à privilégier dans cette facette du lien entre ville et vin.

4. Consommation du vin dans la ville : plaisirs, excès, répression et éducation

L’encadrement réglementaire de la vente de vin dans la ville va de pair avec celui de sa consommation. Les banquets et les réjouissances publiques sont des lieux privilégiés de consommation du vin. Se pose la question des vins bus : privilégiait‑on les vins locaux pour en faire une promotion nette ou voyait‑on aussi une forme d’éclectisme gourmet ? La question se pose aussi pour les vins populaires : pour les villes proches des vignobles, il est très légitime de supposer que le consommé était un vin récolté à proximité, pour une question de coût assez évidente. Mais comment cet impératif économique ancien, qu’il convient malgré tout d’interroger, évolue‑t-il avec la révolution des transports au XIXe siècle et des communications au XXe siècle ? Les récits des banquets et les sources relatives à leur organisation commencent à être assez bien connus, en revanche, les livres de comptes de cabaretiers ou de marchands détaillants de vin seraient ici des sources intéressantes à exploiter. Par ailleurs, la consommation du vin dans la ville invite à réfléchir sur les excès de boisson et la manière dont les autorités publiques ou des initiatives privées ont tenté d’y remédier, sinon de les comprendre et de les accompagner. Les discours sur le vin et la santé ont des accents très différents selon les époques, le vin source de vie et fortifiant, ou le vin et ses excès répréhensibles. Dans la promotion de la consommation de vin ou dans la lutte contre l’alcoolisme, les écoles professionnelles liées au vin ont joué un grand rôle, tout comme les académies et sociétés d’agriculture, les professionnels de santé dont il faudrait réexaminer les discours.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Réponses à envoyer avant le 6 mars 2017
  • Le titre de la proposition de communication
  • Un résumé en un 2000 signes maximum (espaces compris)
  • Mots clés
Contacts
marguerite.figeac@u-bordeaux.fr
stephanie.lachaud@u-bordeaux-montaigne.fr
florence.verdier@u-bordeaux-montaigne.fr

Organisation
Marguerite Figeac‑Monthus, Professeur d’histoire moderne, CEMMC / EA 2958, Université de Bordeaux 
Stéphanie Lachaud-Martin, Maître de conférences en histoire moderne, CEMMC / EA 2958, Université Bordeaux Montaigne

Laboratoire : Centre d’Études des Mondes Moderne et Contemporain – Université Bordeaux Montaigne

Comité scientifique
Ana Maria Binet, Professeur des universités, Université Bordeaux-Montaigne.
Philippe Chassaigne, Professeur d’histoire contemporaine, Université Bordeaux-Montaigne.
Laurent Coste, Professeur d’histoire moderne, Université Bordeaux-Montaigne.
Gérard Béaur, Directeur de recherche CNRS, Directeur d’études EHESS/ CRH
Bernard Galinato, Professeur d’histoire du droit, Université de Bordeaux
Michel Figeac, Professeur d’histoire moderne, Université Bordeaux-Montaigne
Marguerite Figeac-Monthus, Professeur d’histoire moderne, Université de Bordeaux (organisatrice)
Pascal Griset, Professeur d’histoire des techniques, Université de Paris-Sorbonne
Olivier Jacquet, Ingénieur de recherche, Université de Bourgogne
Stéphanie Lachaud-Martin, Maître de conférences, Université Bordeaux-Montaigne (organisatrice)
Sandrine Lavaud, Maître de conférences en histoire Médiévale, Université de Bordeaux-Montaigne
Caroline Le Mao, Maître de conférences en histoire moderne, Université Bordeaux-Montaigne
Corinne Marache, Maître de conférences en histoire contemporaine, Université Bordeaux-Montaigne
Jocelyne Pérard, Professeur des universités, Université de Bourgogne
Gilles de Revel, Professeur d’œnologie, Université de Bordeaux
Raphaël Schirmer, Maître de conférences en géographie, Université de Bordeaux-Montaigne.
Serge Wolikow, Professeur d’histoire contemporaine, Université de Bourgogne

mercredi 22 février 2017

Histoire de la psychiatrie écossaise

Histories of asylums, insanity and psychiatry in Scotland


History of psychiatry, Volume 28, Issue 1, March 2017

Special Issue edited by Chris Philo and Jonathan Andrews



Articles


Introduction: histories of asylums, insanity and psychiatry in Scotland
Chris Philo, Jonathan Andrews

A ‘Scottish Poor Law of Lunacy’? Poor Law, Lunacy Law and Scotland’s parochial asylums
Lauren Farquharson

Liberty and the individual: the colony asylum in Scotland and England
Gillian Allmond

‘Noisy, restless and incoherent’: puerperal insanity at Dundee Lunatic Asylum
Morag Allan Campbell

‘The Head Carver’: Art Extraordinary and the small spaces of asylum
Cheryl McGeachan

Henderson and Meyer in correspondence: a transatlantic history of dynamic psychiatry, 1908–29
Hazel Morrison

Reconstructing the eclectic psychiatry of Thomas Ferguson Rodger
Sarah Phelan

From asylum to action in Scotland: the emergence of the Scottish Union of Mental Patients, 1971–2
Mark Gallagher

‘Heading up a blind alley’? Scottish psychiatric hospitals in the era of deinstitutionalization
Vicky Long


Classic Text No. 109

James Frame’s The Philosophy of Insanity (1860)

Jonathan Andrews, Chris Philo



Littérature, trauma et le soi

Literature, Trauma and the Self

Call for chapter proposals

CALL FOR CHAPTER PROPOSALS–LITERATURE AND PSYCHOLOGY: WRITING, TRAUMA AND THE SELF

contact email:

Centuries ago, Aristotle fashioned a term that brought literature and psychology face to face: catharsis (psychological or mental purification of the feelings). From that time onwards, literature and human psyche have been correlated either by various writers, philosophers, critics, or by means of several techniques or movements. Not only was it tragedy that combined the elements of psychology with literary production, it was also novel, poetry, short story and even some psychoanalytical theories that brought psyche and literature together. There has always been a mutual partnership of the two: psychology of men and literature of men. It was Sigmund Freud, for instance, who introduced Oedipus complex from what Sophocles held as the plot of Oedipus the King. It was Samuel Richardson who carried the earlier features of sentimental novel and the early flashes of psychological novel through his Pamela. It was Henry James who borrowed the stream of consciousness technique from psychology and introduced it to be used in literature, and then was subtly employed by James Joyce in Ulysses and by Virginia Woolf in Mrs. Dalloway. Charles Dickens, with his famous industrial novel Great Expectations, reflected the well-established norms of psychological realism. George Bernard Shaw’s Pygmalion was named after the mythological figure of Greek Pygmalion, and the name was also adapted into the Pygmalion effect to emphasize the observable phenomena related to the psychology and performance of men. Similarly, Vladimir Nabokov’s Lolita became a focal work that impacted the birth of Lolita complex. Friedrich Nietzsche’subermensch (just as it is employed by Bernard Shaw in Superman), MartinEsslin’s theatre of the absurd (employed by Samuel Beckett in Waiting for Godot), Antonin Artaud’s theatre of cruelty (employed by Edward Bond in Saved) and etc. all could be tackled in terms of interrelation of human psyche and literariness.

Psychology has also some observable impacts on the writer’s writing skill. Causing extreme changes in mood, bipolar disorder is addressed by many critics to be the central origin behind creativity. Such writers and critics as John Ruskin, Virginia Woolf, Edgar Allan Poe, Alan Garner, Hams Christian Anderson and Sherman Alexei among others are known to have bipolar disorder that impacted their literary creativity. Feminist urges also produced the female creativity within some genres of literature. It was Emily Dickenson, Elizabeth Barrett Browning, Virginia Woolf, George Eliot, and Bronte Sisters that embraced the psychology of the power of female creativity on the way to writing. For that reason, psychology and literature live in each other’s pockets.

This proposal suggests a forum of differing ideas on the link between literature and psychology, psychology of writing, traumatic literature, the construction of the Self within literature, the psychology of characterization, psychoanalytical approaches, and the psychology of literary creativity.

The topics of interest include but not limited to the following titles:
  • Psychology of Literature
  • Literature of Psychology
  • Psychology and literary genres
  • Psychological theories and movements
  • Traumatic literature
  • Literature and psyche
  • Auto/biography and psyche
  • Psychoanalytical approaches
  • The psychology of Self and Literature
  • The Psychology of Writing
  • Trauma and Writing
  • The Self and Writing
  • Psychology and Creativity

Submission Procedure
Researchers and practitioners are invited to submit on or before March 31, 2017, a chapter proposal of 1,000 to 2,000 words clearly explaining the mission and concerns of his or her proposed chapter. Authors will be notified by April 30, 2017 about the status of their proposals and sent chapter guidelines. Full chapters are expected to be submitted by October 30, 2017, and all interested authors must consult the guidelines for manuscript submissions athttp://www.cambridgescholars.com/t/AuthorFormsGuidelines prior to submission. All submitted chapters will be reviewed on a double-blind review basis. Contributors may also be requested to serve as reviewers for this project.

Note: There are no submission or acceptance fees for manuscripts submitted to this book publication, Cambridge Scholars Publishing. All manuscripts are accepted based on a double-blind peer review editorial process.

Publisher
This book is scheduled to be published by Cambridge Scholars Publishing, UK. For additional information regarding the publisher, please visit http://www.cambridgescholars.com/. This publication is anticipated to be released in 2018.

Important Dates
March 31, 2017: Proposal Submission Deadline
April 30, 2017: Notification of Acceptance
October 30, 2017: Full Chapter Submission
December 30, 2017: Review Results Returned
January 30, 2018: Final Acceptance Notification
February 15, 2018: Final Chapter Submission
April 15, 2018:Manuscript delivery date

Inquiries
Editor’s Name: Önder Çakırtaş
Editor’s Affiliation: PhD, Assistant Professor, Bingol University (Turkey), Department of English Language and Literature
Editor’s Contact Information
Bingöl Üniversitesi
Fen Edebiyat Fakültesi
Oda No:D2-8 12000 Bingöl/TÜRKİYE