jeudi 15 janvier 2026

Savoirs olfactifs

Savoirs olfactifs : Connaître par l’odorat, du XVIIIe siècle à nos jours

Appel à communications

 

Colloque international et interdisciplinaire

22-23 octobre 2026
Maison française d’Oxford (Royaume-Uni)

Organisation :

Rémi Digonnet, Université Jean Monnet de Saint-Étienne/ECLLA, Judith Rainhorn, Paris 1/CHS/IUF,
Marie Thébaud-Sorger, CNRS/CAK, Érika Wicky, Université Grenoble-Alpes/LARHRA

 

Selon Condillac, l’odorat est « de tous les sens celui qui paraît contribuer le moins aux connaissances de l’esprit humain » (1754 ; Jaquet, 2010). Cette conception reste profondément ancrée jusque dans la langue où le flair demeure une métaphore privilégiée pour désigner une connaissance approximative ou intuitive. C’est ce lieu commun qu’il s’agira de questionner lors de ce colloque interdisciplinaire en le mettant à l’épreuve des usages et des pratiques grâce à l’étude de l’objectivation des savoirs olfactifs depuis le XVIIIe siècle, qu’ils s’expriment à travers des textes (traités, ouvrages, formules, etc.), des images (illustrations, photographies, peintures, etc.) ou encore des objets (olfactomètres, etc.).

Au-delà des savoirs nécessaires à la survie (qualité de l’air et des aliments) et des stéréotypes sociaux véhiculés par l’olfaction (Hsu, 2020 ; Corbin, 1982), les savoirs olfactifs font partie intégrante de nombreuses pratiques savantes, médicales, artisanales, ou encore domestiques. Bien que le recours à l’odorat ait fait l’objet d’une remise en cause dès la fin de la période moderne (Roberts, 1995), l’objectivation des sens par l’instrumentation n’a pas complètement enrayé le recours aux expertises organoleptiques et aux appréciations olfactives (Kiechle, 2017). Par exemple, celles-ci ont continué à présider à la caractérisation des matériaux, à la classification des espèces végétales et fongiques ou encore à l’élaboration d’un diagnostic médical. Dans le domaine des artisanats, l’olfaction constitue le plus souvent un savoir tacite, mais les documents tels que les traités techniques rappellent que l’odeur a aussi bien souvent été convoquée pour signaler une matière frelatée ou l’état d’avancée d’un processus de transformation chimique. À la même époque, l’émergence de matières premières de synthèse, favorisant la création en parfumerie (Briot, 2015) a ouvert la voie à la formulation d’un jugement esthétique fondé sur l’odorat (Jaquet, 2015).


Depuis le XXe siècle, parfumeurs et œnologues renforcent l’idée d’une expertise olfactive tandis que celle-ci fait l’objet d’une institutionnalisation. En effet, des écoles apparues au milieu du XXe siècle ont permis la mise en œuvre d’une pédagogie sensorielle comme la méthode Jean Carles dont l’approche des matières premières par comparaison reste un aspect important des formations en parfumerie. En marge de cette expertise, d’autres métiers n’ont cessé de solliciter l’odorat comme les professions médicales ou le métier de pompier (Candau, 2010). Aujourd’hui, des associations forment les citoyens à reconnaître les polluants pour les signaler et mieux s’en prémunir. S’inscrivant dans une perspective hédonique, de nombreuses formations sont aussi offertes aux amateurs souhaitant développer leur odorat pour mieux apprécier les vins, les épices, le café ou les parfums. La plupart des musées mettent aujourd’hui des reconstitutions olfactives et des dispositifs immersifs au service d’une pédagogie sensorielle s’appuyant sur les émotions.


Il n’y a donc ni césure chronologique claire sur la durée, ni exclusion entre savoirs tacites et prescriptifs. Les usages de l’odorat bien au contraire nous invitent à reconsidérer ces relations et leurs multiples combinaisons : en recentrant l’attention sur l’observation des usages des savoirs olfactifs, dans de multiples contextes, ce colloque pluridisciplinaire permettra de reconsidérer la place de ce sens réputé bas dans l’économie générale des savoirs depuis la « révolution olfactive » identifiée au XVIIIe siècle (Corbin, 1982) aux plus récentes avancées des neurosciences.


Parmi les pistes de recherche susceptibles d’être exploitées figurent, par exemple :

- - Le langage et les langues : Peut-on parler d’un langage propre aux odeurs ? L’univers olfactif fait-il suffisamment système pour définir une éventuelle communication olfactive ? Le discours olfactif fait-il preuve d’un universalisme ou au contraire de variations linguistiques reflétant des modes de perceptions variés ? En quoi la langue est-elle le témoin ou le vecteur d’un savoir olfactif ?

- - La respiration et les interactions des corps avec l’air : geste primaire de l’olfaction, comment la respiration a-t-elle permis de qualifier la nature des émanations, bonnes ou mauvaises, et notamment d’observer et d’appréhender, les toxicités aériennes (pathogènes, pollutions, etc.) dans des environnements variés (air intérieur/extérieur, lieux publics, espaces de travail, etc.) ?

- - La physiologie et la compréhension du système olfactif : Comment la façon dont l’olfaction et les odeurs ont été comprises a-t-elle influencé les conceptions quant à sa capacité à fournir un savoir fiable?

- - L’olfactométrie : Qu’il s’agisse de mesurer les odeurs ou la sensibilité olfactive, comment ces démarches d’objectivation ont-elles transformé le rapport aux savoirs olfactifs? Quels instruments et dispositifs techniques ont été mis en œuvre pour ces opérations ? Comment la mesure de la sensibilité olfactive a-t-elle nourri les stéréotypes raciaux (Dias, 2004)

- - Les méthodes d’enseignement : Comment apprendre à sentir? Quelles méthodes et instruments pédagogiques ont été développés pour former les experts de l’olfaction?


- - La question de l’expertise : Comment l’expertise olfactive est-elle évaluée et reconnue? Certaines expertises professionnelles sont-elles liées à des savoirs olfactifs? Qu’en est-il des expertises qui s’avèrent erronées ou dont la fiabilité est mise en cause par des controverses ?

- - Les hiérarchies sensorielles : Comment les savoirs olfactifs sont-ils considérés par rapport aux autres sens? Comment s’articulent-ils avec les autres savoirs sensoriels? Comment les savoirs olfactifs conditionnent-ils les jugements sociaux? Qu’en est-il lorsque la faiblesse de l’olfaction humaine incite au recours à d’autres experts olfactifs, notamment animaux ?

- - Les enjeux de genre : Jugés moins fiables, mais aussi intuitifs, voire émotifs, les savoirs olfactifs ont souvent été appréhendés à travers les stéréotypes de genre. Comment ce rapport au féminin s’articule-t-il avec l’évaluation des savoirs olfactifs? Sont-ils appréhendés de manière spécifique dans la sphère domestique?

Ce colloque vise à stimuler une réflexion collective interdisciplinaire et s’adresse à toutes les disciplines des arts et des sciences humaines et sociales comme aux spécialistes de la médecine, de la chimie, des neurosciences, de l’architecture, etc. Nous attendons les contributions de jeunes chercheurs et chercheuses comme celles des spécialistes confirmés dans leur domaine. Les propositions de communication en Français ou en Anglais, d’environ 3 000 signes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à adresser à Rémi Digonnet (remi.digonnet@univ-st-etienne.fr) et Érika Wicky (erika.wicky@univ-grenoble-alpes.fr) avant le 15 avril 2026.


Ce colloque international est organisé par la Chaire de Professeure junior « Olfactions » (Université Grenoble-Alpes / LARHRA). Il sera accueilli par la Maison française d’Oxford (CNRS). Il bénéficie du soutien du Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS/MNHN, Paris), du laboratoire ECLLA (Université Jean-Monnet de Saint-Etienne), de la Chaire Santé-SHS de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Institut universitaire de France (IUF). Les frais de transport et de séjour des intervenant·es seront pris en charge.


Éléments de bibliographie :

Baicchi, Annalisa, Rémi Digonnet and Jodi L. Sandford (Eds.), Sensory Perceptions in Language, Embodiment and Epistemology, Cham: Springer, 2018.

Bensaude-Vincent, Bernadette. « Le corps refoulé des chimistes », Matière à penser: Essais d’histoire et de philosophie de la chimie, Paris: Presses universitaires de Nanterre, 2012, p. 65-76.

Boddice, Rob and Mark M. Smith. Emotion, Sense, Experience, Cambridge: Cambridge University Press, 2020.

Briot, Eugénie. La Fabrique des parfums: naissance d’une industrie de luxe. Paris: Vendemiaire, 2015.

Candau, Joël. Mémoire et expérience olfactives. Paris: PUF, 2000.

Chazot, Isabelle. « Jean Carles, le magicien de la parfumerie », Nouvelles de l’Osmothèque, n°52, 2010.

Chen, Anna. « Perfume and Vinegar: Olfactory Knowledge, Remembrance, and Record keeping », The American Archivist, vol. 79, n°1, 2016, pp. 103-120.

Condillac, Étienne Bonnot. Traité des sensations. London and Paris: de Bure, 1754.

Corbin, Alain. Le miasme et la jonquille: L’Odorat et l’imaginaire social XVIIIe-XIXe siècles. Paris: Aubier- Montaigne, 1982.

Dias, Nélia. La mesure des sens: les anthropologues et le corps humain au XIXe siècle. Paris: Aubier, 2004.

Digonnet, Rémi. Métaphore et olfaction: une approche cognitive. Paris: Honoré Champion, 2016.

Hsu, Hsuan L. The Smell of Risk: Environmental Disparities and Olfactory Aesthetics, New York University Press, 2020.

Jaquet, Chantal. Philosophie de l’odorat. Paris: PUF, 2010.

Jaquet, Chantal (ed). L’Art olfactif contemporain, Paris: Classiques Garnier, 2015.

Jaquet, Chantal. Philosophie du Kôdô. Paris: Vrin, 2018.

Kiechle, Melanie A. Smells Detectives: An Olfactory History of Nineteenth-Century Urban America, Seattle: University of Washington Press, 2017.

Noor, Rao. “Aromas of knowledge, networks of scent: tracing the olfactory imagination of a 17th-century Ottoman traveler”, Senses and Society, 2022.

Palmer, Richard. “In bad Odour: Smell and its Significance in Medicine from Antiquity to Seventeenth-Century”, Medicine and the Five Senses, W. F. Bynum and Roy Porter (eds). Cambridge U P, 1993, p. 61-68.

Press, Daniel and Minta, Steven C. “Biologie: The Smell of Nature: Olfaction, Knowledge and the Environment”, Ethics, Place and Environment, vol. 3, n°2, 2000, pp.173 – 186.

Rinck, Fanny. “La part langagière de l’expertise olfactive”, Pour une linguistique sensorielle, Digonnet (Ed.), Paris: Honoré Champion, 2018.

Roberts, Lissa. “The Death of the Sensuous Chemist: The ‘new’ Chemistry and the Transformation of Sensuous Technology”, Studies on History of Sciences, vol. 26, n°4, 1995, pp. 503-529.

Sibum, Otto H. “Science and the Knowing Body: Making Sense of Embodied Knowledge in Scientific Experiment » Reconstruction, Replication, Re-enactement in the humanities and social sciences, Amsterdam : Amsterdam University Press, 2020.

Thyssen, Geert. “Odorous childhoods and scented worlds of learning: a sensory history of health and outdoor education initiatives in Western Europe (1900s-1960s)”, The Senses and Society, vol. 14, n°2, 2019, pp. 173-193.

Wicky, Érika. “A good eye, taste and flair: the sensory skills of the fin-de-siècle collector”, Scents of Value. Smells and Social Life in English, French, and German Literature (1880-1939), Frank Krause and Katharina Harold (eds.), London, Judicium, 2021a.

Wilson, Donald A., Stevenson, Richard J. Learning to Smell: Olfactory Perception from Neurobiology to Behavior, Baltimore: The Johns Hopkins University Press, 2006.


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Olfactory knowledge: Learning through smell from the 18th century to the present day

Call for papers

International Conference

October 22-23, 2026 - Maison française d’Oxford (United Kingdom)



Organizers:

Rémi Digonnet, Jean Monnet University of Saint-Étienne / ECLLA, Judith Rainhorn, Paris 1 Panthéon Sorbonne / CHS /IUF,
Marie Thébaud-Sorger, CNRS / CAK, Érika Wicky, Grenoble-Alpes University / LARHRA

According to Condillac, smell is “of all the senses, the one that seems to contribute least to the knowledge of the human mind” (1754; Jaquet, 2010). This perception is well grounded in language as illustrated by the French expression flair, a favored metaphor for approximate or intuitive knowledge. Such a popular belief will be questioned during this interdisciplinary conference by testing it against uses and practices through the study of the objectification of olfactory knowledge since the 18th century, whether it be expressed through texts (treatises, books, formulas, etc.), images (illustrations, photographs, paintings, etc.) or objects (olfactometers, etc.).

Beyond the knowledge necessary for survival (air and food quality) and the social stereotypes conveyed by olfaction (Hsu, 2020; Corbin, 1982), olfactory knowledge is an integral part of many scholarly, medical, artisanal, and domestic practices. Although the use of smell has been questioned since the end of the modern period (Roberts, 1995), the objectification of the senses through instrumentation has not completely eliminated the use of organoleptic expertise and olfactory assessments (Kiechle, 2017). For example, these have continued to play a key role in the characterization of materials, the classification of plant and fungal species, and even the development of medical diagnoses. In the field of crafts, olfaction is most often tacit knowledge, but documents such as technical treatises remind us that smell has also often been used to indicate adulterated materials or advanced chemical transformation processes. At the same time, the emergence of synthetic raw materials, which encouraged creativity in perfumery (Briot, 2015), paved the way for the formulation of aesthetic judgments based on smell (Jaquet, 2015).

Since the 20th century, perfumers and oenologists have reinforced the idea of olfactory expertise, which has become institutionalized. Schools that emerged in the mid-20th century have enabled the implementation of sensory teaching methods such as the Jean Carles method, whose comparative approach to raw materials remains a major component of perfumery training. Alongside this expertise, other professions have continued to rely on the sense of smell, such as doctors or firemen (Candau, 2010). Today, several associations train citizens to recognize pollutants so that they can report them and better protect themselves. From a hedonistic perspective, numerous training courses are also offered to non-professionals who wish to develop their sense of smell in order to better appreciate wines, spices, coffees, or perfumes. Most museums now use olfactory reconstructions and immersive devices for sensory education based on emotions.

There is therefore no clear chronological break in terms of duration, nor any exclusion between tacit and prescriptive knowledge. On the contrary, the uses of smell invite us to reconsider these relationships and their multiple combinations: by refocusing attention on the observation of the uses of olfactory knowledge in multiple contexts, this multidisciplinary conference will allow us to reconsider the status of this sense, considered inferior in the general economy of knowledge since the “olfactory revolution” identified in the 18th century (Corbin, 1982) to the most recent advances in neuroscience.

Non-exhaustive research topics could be explored:

- Language: Can we talk about a language specific to smells? Is the olfactory universe sufficiently systematic to define a possible form of olfactory communication? Does olfactory discourse demonstrate universalism or, on the contrary, linguistic variations reflecting different modes of perception? In what way is language the witness or vector of olfactory knowledge?

- Air: As the primary act of olfaction, how does breathing, i.e. the interaction of bodies with air, enable us to observe and understand airborne toxins (pathogens, pollution, etc.) in various environments (indoor/outdoor air, public space, workspaces, etc.)?

- Physiology: How has the understanding of the olfactory system through time influenced conceptions of its ability to provide reliable knowledge?

- Olfactometry: Whether measuring odors or olfactory sensitivity, how have these objectification approaches transformed our relationship with olfactory knowledge? What instruments and technical devices have been used for these operations? How has the measurement of olfactory sensitivity fueled racial stereotypes (Dias, 2004)?

- Teaching methods: How do we learn to smell? What teaching methods and tools have been developed to train olfactory experts?

- Expertise: How is olfactory expertise evaluated and recognized? Are certain professional areas of expertise linked to olfactory knowledge? What about expertise that proves to be erroneous or whose reliability is called into question by controversy?

- Sensory hierarchies: How is olfactory knowledge viewed in relation to other senses? How does it relate to other sensory knowledge? How does olfactory knowledge influence social judgments? What happens when the weakness of human olfaction leads to the use of other olfactory experts, e.g. animal expertise?

- Gender issues: Considered less reliable, but also intuitive, even emotional, olfactory knowledge has often been viewed through the lens of gender stereotypes. How does this relationship with femininity relate to the evaluation of olfactory knowledge? Is it viewed differently in the domestic sphere?

This international conference aims to stimulate collective interdisciplinary reflection and is open to all disciplines in the arts, humanities, and social sciences, as well as specialists in medicine, chemistry, architecture, etc. We welcome contributions from young researchers and established specialists in their fields. Proposals for papers in French or English, approximately 3,000 characters in length, accompanied by a short bio-bibliography, should be sent to Rémi Digonnet (remi.digonnet@univ-st-etienne.fr) and Érika Wicky (erika.wicky@univ-grenoble-alpes.fr) before April 15, 2026.

This international symposium is organized by the Junior Professorship Chair “Olfactions” (University of Grenoble-Alpes / LARHRA). It will be hosted by the Maison française d’Oxford (CNRS). It is supported by the Alexandre Koyré Center (CNRS/EHESS/MNHN, Paris), the ECLLA research laboratory (Jean Monnet University of Saint-Etienne), the Health-SHS Chair of Paris 1 Panthéon Sorbonne, and the Institut Universitaire de France. Contributors’s travel and accommodation expenses will be covered.

Selected bibliography :

Baicchi, Annalisa, Rémi Digonnet and Jodi L. Sandford (Eds.), Sensory Perceptions in Language, Embodiment and Epistemology, Cham: Springer, 2018.

Bensaude-Vincent, Bernadette. « Le corps refoulé des chimistes », Matière à penser: Essais d’histoire et de philosophie de la chimie, Paris: Presses universitaires de Nanterre, 2012, p. 65-76.

Boddice, Rob and Mark M. Smith. Emotion, Sense, Experience, Cambridge: Cambridge University Press, 2020.

Briot, Eugénie. La Fabrique des parfums: naissance d’une industrie de luxe. Paris: Vendemiaire, 2015.

Candau, Joël. Mémoire et expérience olfactives. Paris: PUF, 2000.

Chazot, Isabelle. « Jean Carles, le magicien de la parfumerie », Nouvelles de l’Osmothèque, n°52, 2010.

Chen, Anna. « Perfume and Vinegar: Olfactory Knowledge, Remembrance, and Record keeping », The American Archivist, vol. 79, n°1, 2016, pp. 103-120.

Condillac, Étienne Bonnot. Traité des sensations. London and Paris: de Bure, 1754.

Corbin, Alain. Le miasme et la jonquille: L’Odorat et l’imaginaire social XVIIIe-XIXe siècles. Paris: Aubier- Montaigne, 1982.

Dias, Nélia. La mesure des sens: les anthropologues et le corps humain au XIXe siècle. Paris: Aubier, 2004.

Digonnet, Rémi. Métaphore et olfaction: une approche cognitive. Paris: Honoré Champion, 2016.

Hsu, Hsuan L. The Smell of Risk: Environmental Disparities and Olfactory Aesthetics, New York University Press, 2020.

Jaquet, Chantal. Philosophie de l’odorat. Paris: PUF, 2010.

Jaquet, Chantal (ed). L’Art olfactif contemporain, Paris: Classiques Garnier, 2015.

Jaquet, Chantal. Philosophie du Kôdô. Paris: Vrin, 2018.

Kiechle, Melanie A. Smells Detectives: An Olfactory History of Nineteenth-Century Urban America, Seattle: University of Washington Press, 2017.

Noor, Rao. “Aromas of knowledge, networks of scent: tracing the olfactory imagination of a 17th-century Ottoman traveler”, Senses and Society, 2022.

Palmer, Richard. “In bad Odour: Smell and its Significance in Medicine from Antiquity to Seventeenth-Century”, Medicine and the Five Senses, W. F. Bynum and Roy Porter (eds). Cambridge U P, 1993, p. 61-68.

Press, Daniel and Minta, Steven C. “Biologie: The Smell of Nature: Olfaction, Knowledge and the Environment”, Ethics, Place and Environment, vol. 3, n°2, 2000, pp.173 – 186.

Rinck, Fanny. “La part langagière de l’expertise olfactive”, Pour une linguistique sensorielle, Digonnet (Ed.), Paris: Honoré Champion, 2018.

Roberts, Lissa. “The Death of the Sensuous Chemist: The ‘new’ Chemistry and the Transformation of Sensuous Technology”, Studies on History of Sciences, vol. 26, n°4, 1995, pp. 503-529.

Sibum, Otto H. “Science and the Knowing Body: Making Sense of Embodied Knowledge in Scientific Experiment » Reconstruction, Replication, Re-enactement in the humanities and social sciences, Amsterdam : Amsterdam University Press, 2020.

Thyssen, Geert. “Odorous childhoods and scented worlds of learning: a sensory history of health and outdoor education initiatives in Western Europe (1900s-1960s)”, The Senses and Society, vol. 14, n°2, 2019, pp. 173-193.

Wicky, Érika. “A good eye, taste and flair: the sensory skills of the fin-de-siècle collector”, Scents of Value. Smells and Social Life in English, French, and German Literature (1880-1939), Frank Krause and Katharina Harold (eds.), London, Judicium, 2021a.

Wilson, Donald A., Stevenson, Richard J. Learning to Smell: Olfactory Perception from Neurobiology to Behavior, Baltimore: The Johns Hopkins University Press, 2006.

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