jeudi 25 janvier 2018

Janus Cornarius et la redécouverte d'Hippocrate à la Renaissance

Janus Cornarius et la redécouverte d'Hippocrate à la Renaissance
Textes de Janus Cornarius édités et traduits. Bibliographie des éditions Cornariennes

M.-L. Monfort

Brepols
516 p., 6 b/w ill., 156 x 234 mm, 2017
ISBN: 978-2-503-53803-7


Johann Haynpol de Zwickau, dit Janus Cornarius (ca. 1500-1558), a publié près d’une cinquantaine d’ouvrages qui sont pour l’essentiel des traductions latines des grands auteurs médicaux grecs, Hippocrate, Galien, Aetius d’Amida, Paul d’Egine, Dioscoride entre autres, ainsi que des Pères grecs comme Basile de Césarée ou Epiphane et même des Platonis opera omnia posthumes, tous d’une telle qualité philologique que les éditeurs scientifiques actuels tâchent désormais d’intégrer ses leçons à leurs travaux. Sa traduction latine de l’œuvre intégrale d’Hippocrate parue en 1546 était cependant l’activité à laquelle il attachait le plus de prix, et représente en effet sa principale contribution au progrès médical de la Renaissance, d’abord parce qu’elle est la première édition moderne des écrits mis sous le nom du médecin de Cos, ensuite parce qu’elle répond à une stratégie scientifique typique de l’Humanisme, qui demande ici aux sources grecques les outils d’un dépassement du galénisme tardif transmis à l’Europe occidentale par l’intermédiaire d’Avicenne, et enfin parce qu’elle soutient une réorganisation originale de la matière médicale autour de la question des fièvres pestilentielles, dénommées plus tard maladies infectieuses. L’étude de son apport à l’édition d’Hippocrate a permis d’accéder à d’autres textes de Janus Cornarius longtemps passés inaperçus, dévoilant le rôle de cet érudit médecin, discret mais de tout premier rang, au sein de la rénovation scientifique que symbolise à présent le nom de Copernic. Etudiant à Wittenberg proche des milieux ayant suscité la publication du De revolutionibus orbium cœlestium en 1543, Janus Cornarius est probablement le ‘fou’ (der Narr) dénoncé par Luther pour être à l’origine de cet événement, et correspond sans doute aussi au modèle historique du personnage de Panurge créé par Rabelais en 1532. L’ouvrage présente les premières données textuelles conduisant à ces deux découvertes significatives pour l’histoire intellectuelle et scientifique de la Renaissance européenne, et les situe dans la perspective de l’histoire médicale, alors à peine dégagée de la polémique astrologique. Il offre en outre la première bibliographie exhaustive des éditions cornariennes et la traduction des principaux écrits de Janus Cornarius ayant trait à Hippocrate.

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