mardi 26 mars 2019

Les témoignages d’inceste (XXe-XXIe siècle)

Contrat doctoral fléché "Les témoignages d’inceste (XXe-XXIe siècle)"

Appel à candidatures

Ecole doctorale ERASME (université Paris 13), laboratoire Pléiade


Thème proposé : Les témoignages d’inceste (XXe-XXIe siècle)

Champ disciplinaire : Histoire

Pré-requis : Master recherche en histoire ou diplôme équivalent validé dans une université ou un établissement d’enseignement supérieur hors université de Paris 13.

Des candidatures issues de masters en sciences humaines et lettres peuvent être recevables si les candidat.e.s ont effectué un cursus en histoire niveau licence.

Direction de recherche : Anne-Emmanuelle Demartini, professeure d’histoire contemporaine (Pléiade, Paris 13) ; Philippe Artières, directeur de recherches (CNRS- en cours de rattachement à l’IRIS)

Comité de suivi : Anne-Claude Ambroise-Rendu (université de Versailles-St-Quentin-en-Yvelines), Julie Doyon (Paris13/université de Fribourg), Aurélie Philippe (Paris 13/Paris 1)


Présentation du thème :

En 1986, Eva Thomas publiait Le viol du silence, un témoignage sur le viol que lui a fait subir son père, avant d’être invitée peu de temps après sur un plateau de télévision. Le livre a fait date et marque l’entrée de l’inceste dans l’espace public, à travers le nouveau personnage de la victime d’inceste, forte de son témoignage, dont l’apparition s’inscrit plus généralement dans la double montée de la figure de la victime sur la scène judiciaire et sociale et de la pratique du témoignage. Depuis cette date, en quelque façon inaugurale, se sont multipliés les témoignages de victimes d’inceste : livres publiés avec le concours d’une maison d’édition (entretiens, autobiographies, pamphlets, autofictions, etc.) et signés par des auteurs à la notoriété et au statut divers (de l’artiste Niki de Saint Phalle à Laurent Boyet) ; textes publiés dans la presse-magazine ; témoignages, parfois anonymes, déposés sur les sites des associations d’entraide aux victimes de l’inceste, qui encouragent les prises de parole individuelle et leur publicité à des fins thérapeutiques, cathartiques, cognitives et sociales. Cette masse de textes, encore inexploitée, offre une voie d’accès inédite aux violences incestueuses telles qu’elles sont vécues par les victimes. Elle permet surtout de saisir quelques unes des modalités de leur révélation et d’éclairer les effets personnels, familiaux, institutionnels, sociaux, médiatiques de celle-ci : alors que l’inceste a été surtout approché sous l’angle du tabou et du silence, qui pèse tant sur les familles que sur la société et même sur les recherches en sciences humaines et sociales, il s’agit d’inverser la perspective et de centrer l’attention sur le moment crucial du dévoilement des violences incestueuses.

Le thème nécessite de délimiter un corpus textuel convaincant et invite à considérer ces témoignages non seulement comme des sources sur les violences incestueuses mais également comme un objet d’étude à part entière. Faire l’histoire de cette prise d’écriture, en éclairant sa chronologie, en étudiant ses acteurs et ses caractéristiques, en reconstituant les conditions de production des témoignages et l’horizon de leur réception, est l’objectif de ce contrat doctoral. Il s’inscrit dans une perspective d’histoire culturelle. La recherche pourra porter sur la France, mais pas nécessairement, et/ou intégrer une dimension comparatiste.

Inscription du thème dans le projet ANR DERVI et dans une logique inter-laboratoire et interdisciplinaire

Le contrat fléché s’adosse au projet DERVI (Dire, Entendre, Restituer les Violences Incestueuses), financé par l’ANR. Ce projet, qui a démarré en janvier 2019, fait travailler ensemble historiens et anthropologues autour de la révélation de l’inceste en contexte familial, judiciaire, administratif, médiatique, littéraire. Il repose sur la collaboration du CEMS UMR 8178-EHESS (porteur principal, coordinatrice : Léonore Le Caisne) et de Pléiade (partenaire, responsable scientifique : Anne-Emmanuelle Demartini). Le ou la doctorant.e intègrera l’équipe de DERVI et participera à ses travaux.

Le contrat est proposé par le laboratoire pluridisciplinaire Pléiade EA 7338, qui a été l’un des foyers historiques en France des écritures autobiographiques et des écritures de soi. Il est rattaché à l’axe 3 (Politique, individu, société) du laboratoire. Il implique également, au sein de l’école doctorale Erasme, une collaboration avec le laboratoire IRIS dont les directions de recherche (domination et résistance, intime, santé) rencontrent le thème du contrat. Philippe Artières, spécialiste des écritures ordinaires et co-directeur de la thèse, est en cours de rattachement à l’IRIS.

Par son thème et le corpus envisagé, le contrat doctoral exige une démarche interdisciplinaire, impliquant de construire une réflexion au carrefour de l’histoire et de la littérature.


Procédure de candidature

Le dossier de candidature (voir le détail de la procédure sur le site de l’École doctorale Érasme : http://www.univ-paris13.fr/ecole-doctorale-erasme/) est à adresser à Anne-Emmanuelle Demartini (demartini@univ-paris13.fr) pour le 23 mai 2019, 20 h, délai de rigueur. La pièce centrale de ce dossier est le projet de thèse qui ne devra pas excéder 10 000 signes (esquisse d’un corpus de sources et pistes bibliographiques comprises). Il devra être accompagné d’un CV détaillé.

Les candidat.e.s inscrit.e.s actuellement en master 2 devront soutenir avant le 20 juin 2019. Les résultats du M2 (notes et moyenne) devront être communiqués à l’école doctorale Erasme avant le 26 juin 2019 à 12h.

La sélection des candidat-e-s se fera d’abord sur dossier (résultats entre le 27 et le 29 mai 2018) puis par audition devant le conseil de l’école doctorale Erasme, le 28 juin 2019.

Contacts

Philippe Artières : ph.artieres@wanadoo.fr

Anne-Emmanuelle Demartini : demartini@univ-paris13.fr

lundi 25 mars 2019

Les hommes du Royal Army Medical Corps pendant le Première Guerre mondiale

An Equal Burden. The Men of the Royal Army Medical Corps in the First World War

Jessica Meye

Oxford University Press
240 Pages
9.2 x 6.0 inches
ISBN: 9780198824169


An Equal Burden is the first scholarly study of the Army Medical Services in the First World War to focus on the roles and experiences of the men of the Royal Army Medical Corps (RAMC). Though they were not professional medical caregivers, they were called upon to provide urgent medical care and, as non-combatants, were forbidden from carrying weapons. Their role in the war effort was quite unique and warranting of further study.

Structured both chronologically and thematically, An Equal Burden examines the work that RAMC rankers undertook and its importance to the running of the chain of medical evacuation. It additionally explores the gendered status of these men within the medical, military, and cultural hierarchies of a society engaged in total war. Through close readings of official documents, personal papers, and cultural representations, Meyer argues that the ranks of the RAMC formed a space in which non-commissioned servicemen, through their many roles, defined and redefined medical caregiving as men's work in wartime.

Amateurs en sciences (France, 1850-1950)

Amateurs en Sciences (France, 1850-1950) : une histoire par en bas 

Bourse de postdoctorat



ANR-18-CE27-0027-01 – AmateurS 


Fiche de poste 

• Durée : 24 mois à plein-temps. 

• Date de prise de poste : 15 juin 2019 ou 2 septembre 2019 

• Salaire brut mensuel : 2942.82€ 





1 - Activités dans le cadre du projet 

o Contribution à l’élaboration d’une base de données historiques 

 Développement d’une base de données sur les amateurs en sciences (1850-1950) en collaboration avec un ingénieur informatique. 

 Extraction des corpus de textes ou d’images : collecte des informations dans un corpus de sources imprimées (BNF) pour renseigner la base de données. 

 Exploitation qualitative et quantitative de la base de données en collaboration avec les membres de l’équipe projet et participation aux ateliers de l’équipe. 


o Activités de recherche. 

 Exploitation de la Base de données 

 Participation à la rédaction d’une monographie : Panorama de l’amateurisme scientifique en France. 

 Participation à des JE organisées dans le cadre du projet. 

 Participation au colloque final du projet. 

 Participation à au moins un symposium international organisé dans le cadre du projet. 


o Soutien à l’animation de la recherche 

 Participation aux réunions de direction du projet 

 Co-organisation des 5 journées d’études du projet 

 Soutien à l’organisation du colloque final 

 Animation d’un carnet-blog sur Hypothèses. 


o Soutien à la valorisation de la recherche 

 Contribution à l’organisation des deux ateliers de mises en débat de la recherche 

 Contribution aux actions de valorisation de la recherche auprès du grand public et du public scolaire (exposition virtuelle, élaboration de séquences pédagogiques, actions de culture scientifique) 

 Coordination d’une publication destinée au grand public 




2 – Diplôme et compétences attendus : 

o Doctorat : de préférence en histoire (histoire sociale ou culturelle), histoire des sciences, sociologie des sciences. 

o Familiarité avec les sources historiques françaises et leur utilisation. 

o Familiarité avec la constitution de base de données. 

o Anglais courant. 

o Disponibilité et mobilité (Paris, Le Mans, missions nationales dans des fonds d’archives dispersés). 

o Une expérience du travail en équipe et de l’animation de la recherche serait appréciée 



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Procédure de recrutement et calendrier 

• Date limite d’envoi des dossiers de candidature : vendredi 19 avril 2019. A envoyer à nathalie.richard@univ-lemans.fr, copie à herve.guillemain@univ-lemans.fr et lguignard-l@orange.fr

• Pièces à joindre au dossier : CV, une publication et le résumé de la thèse, une lettre de motivation, un court pré-projet de recherche (1 page) en lien avec l’histoire des amateurs en sciences (1850-1950). Joindre, le cas échéant, le rapport de soutenance de thèse. 

• Date et lieu de l’audition : lundi 21 mai 2019, Le Mans Université. 


Comité d’audition : Nathalie Richard, Laurence Guignard, Hervé Guillemain, Aurélie Hess. 




dimanche 24 mars 2019

Préface des Opera omnia de Vésale

Traduction de la Préface de Boerhaave et Albinus des Opera omnia de Vésale (1725)

Jacqueline Vons et Stéphane Velut


Introduction et traduction sont en ligne sur la page : La Fabrique de Vésale et autres textes. Éditions, transcriptions et traductions par Jacqueline Vons et Stéphane Velut, BIU Santé, février 2019. http://www3.biusante.parisdescartes.fr/vesale/debut.htm. 

En 1725, paraissait en deux tomes in folio la première et unique édition des Œuvres complètes de Vésale, due à deux médecins de l’université de Leyde, Herman Boerhaave (1668-1738) et Bernhard Siegfried Albinus (1697-1770), qui ont voulu rendre hommage au père de l'anatomie moderne, par un très beau livre. Mais si l'on observe de près cette reprise éditoriale, on constate que les éditeurs ne se sont pas contentés de produire un fac simile. Les planches et le frontispice ont été recomposés et regravés sur cuivre par Jan Wandelaar (1690-1759), élève de Gérard de Lairesse et artiste renommé. Tous les ouvrages de Vésale n’ont pas été repris, d’autres lui sont attribués à tort. Le texte de la Fabrique est celui de l'édition de 1555, mais ce schéma général connaît des exceptions, sans que les corrections apportées au texte original soient signalées ; c'est cependant ce texte modifié qui a été souvent cité comme étant la version authentique de 1555. La transformation la plus spectaculaire est celle qu'ont subie les illustrations ; regravées, recadrées et agrandies, signées, elles se sont pour ainsi dire libérées du texte descriptif en affirmant leur autonomie.

La préface est constituée d’une longue lettre au lecteur, contenant un éloge de Vésale et une biographie, aujourd’hui remise en question, mais qui a servi de base aux historiens de la médecine pendant près de deux siècles. Pour Boerhaave et Albinus, Vésale est à l'origine d’une nouvelle histoire de l'anatomie, mais cette dernière ne s'est pas figée à ce moment. Contrairement à la médecine de Galien, devenue au fil du temps un dogme indiscutable, les livres de Vésale ont pu être l'objet de discussions, de remises en cause et d'améliorations. Les successeurs de Vésale se sont en quelque sorte approprié ce monument et l'ont fait évoluer. Finalement, le plus bel hommage que Boerhaave et Albinus rendent à Vésale est d’avoir initié le doute dans les sciences comme facteur de progrès : «Toutes les fois où il doutait ou restait dans l’ignorance de quelque chose, Vésale avouait son ignorance modestement, avec candeur et en toute franchise, et en honnête homme il gardait le silence » (Préface *******).


Résidences de recherche à l'IEA de Paris

Résidences de recherche à l'IEA de Paris en 2020-2021 


Appel à candidatures



Institut d'études avancées de Paris 
17 quai d'Anjou 
Hôtel de Lauzun 
75004 Paris


L’Institut d’études avancées de Paris lance quatre appels à candidatures pour des résidences de recherche de 5 ou 10 mois lors de l’année universitaire 2020-2021.

Chacun de ces appels s’adresse à des chercheurs internationaux de haut niveau, titulaires d’un doctorat depuis au moins deux ans, et ne travaillant pas en France. Il n’est possible de candidater qu’à un appel avec le même projet.

- Un appel dans le cadre du programme « Blanc », non thématique, ouvert à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales et à toutes les thématiques de recherche. 
Date limite de candidature : 15 avril 2019.

- Un appel dans le cadre du programme « Noir », visant à soutenir des recherches en sciences humaines et sociales sur les menaces importantes et urgentes pèsent sur l’avenir de nos sociétés. 
Date limite de candidature : 15 avril 2019.

- Un appel dans le cadre du programme « Cerveau, culture et société », dont l’objectif est de faire dialoguer sciences humaines et sociales, psychologie et neurosciences. 
Date limite de candidature : 15 avril 2019.

Date limite de candidature : 22 avril 2019.

samedi 23 mars 2019

Art, anatomie et médecine depuis 1800

Visualizing the Body in Art, Anatomy, and Medicine since 1800: Models and Modeling 

Andrew Graciano (Editor)



Series: Science and the Arts since 1750
Hardcover: 294 pages
Publisher: Routledge; 1 edition (January 30, 2019)
Language: English
ISBN-13: 978-1138544376


This book expands the art historical perspective on art’s connection to anatomy and medicine, bringing together in one text several case studies from various methodological perspectives. The contributors focus on the common visual and bodily nature of (figural) art, anatomy, and medicine around the central concept of modeling (posing, exemplifying and fabricating). Topics covered include the role of anatomical study in artistic training, the importance of art and visual literacy in anatomical/medical training and in the dissemination (via models) of medical knowledge/information, and artistic representations of the medical body in the contexts of public health and propaganda.

Les sciences de l'homme en union soviétique

Les sciences de l'homme en union soviétique : laboratoire de la modernité au XXe siècle ?

Appel à articles

pour la Revue d’histoire des sciences humaines https://journals.openedition.org/rhsh/

Dossier coordonné par Isabelle Gouarné et Olessia Kirtchik
Dans le prolongement du numéro que la RHSH avait consacré à « la sociologie derrière le rideau de fer » en 2007, ce numéro thématique se propose de revisiter les sciences de l’homme en Union soviétique, en dehors des clichés simplificateurs qui les ont longtemps cantonnées à un cas d’exception, coupé de l’histoire de la modernité au XXe siècle. Les sciences humaines soviétiques ont été ainsi pensées avant tout comme des sciences empêchées, sans réelle autonomie, victimes de censures et de répressions violentes, quand ce ne fut pas des disciplines entières (la sociologie, la psychotechnique, la paidologie, la psychanalyse, etc.) qui furent condamnées. Les innovations intellectuelles dont elles furent porteuses ne furent bien souvent analysées que comme le résultat des stratégies de contournement, de résistance ou de contrebande mises en oeuvre face au pouvoir soviétique.
Sans faire fi des contraintes politiques et idéologiques dans lesquelles elles ont été prises, l’objectif de ce dossier est d’interroger ce récit qui a fait des sciences humaines soviétiques le contre-exemple des sciences humaines occidentales, travaillées elles, au XXe siècle, par un processus d’autonomisation et de professionnalisation. Depuis les années 2000, c’est, en effet, une vision plus fine et plus complexe des rapports de ces sciences au pouvoir soviétique qui a émergé. En prenant notamment pour objet la statistique, l’économie, ou encore l’ethnologie, donc des disciplines valorisées pour leur « utilité sociale », leurs liens avec la planification et la construction d’un État socialiste, toute une série de travaux ont pointé les convergences qui avaient pu exister, non sans reposer sur de nombreux malentendus ni sans susciter de multiples tensions, entre la vocation politique des sciences sociales et le projet soviétique d’un État socialiste.
Suivant cette perspective, ce dossier propose de mettre au coeur de l’analyse les stratégies et les pratiques déployées, à partir des marges de jeu laissées plus ou moins ouvertes selon les périodes, afin d’aménager des espaces de recherche négociés. Les articles pourront aborder les diverses disciplines des sciences humaines et sociales et questionner les éventuelles spécificités soviétiques des configurations et labellisations disciplinaires. Les approches d’histoire sociale, attentives aux institutions, aux acteurs et aussi aux idées, théories et savoirs produits, sont vivement encouragées. Plus précisément, trois entrées pourront, de façon non exclusive, être privilégiées dans les articles :
1/ Comment, en premier lieu, penser les formes d’adhésion, de consentement, de résistance ou de retrait qui ont pu émerger face aux dispositifs visant à cadrer la production, la circulation des savoirs et autres activités savantes (organismes de censure, cellules de parti dans les instituts de recherche, etc.) ? Issu de la volonté d’emprise politique et idéologique de l’État-Parti sur l’ensemble de la vie intellectuelle, ce contrôle n’a pu toutefois fonctionner qu’en associant les milieux savants, contraints dès lors à des stratégies de compromis, d’adaptation ou de contestation. Ces dispositifs de contrôle, s’ils furent les instruments de l’imposition et de la répression d’État, ne furent-ils pas aussi des lieux-ressources mobilisés dans les luttes intellectuelles voire des lieux de négociation, où des contestations feutrées de l’ordre soviétique et de ses hiérarchies étaient possibles ?
2/ On pourra également s’intéresser aux rapports que les sciences humaines ont entretenus avec l’expertise d’État, en précisant les multiples modalités par lesquelles les savants soviétiques furent, selon les périodes, mobilisés pour la construction de l’État socialiste : fonctions de « conseil » et de « diagnostic », participation à la mise en place de politiques de gestion étatique de la société et de l’économie, etc. De quelle façon les sciences sociales soviétiques (et avec quelles attentes) ont-elles répondu à la demande sociale, implicite ou explicite, dont elles faisaient l’objet de la part d’un État qui se voulait un État savant ? Comment cette mobilisation étatique des savoirs pouvait-elle s’appuyer sur des processus de légitimation (scientifique/politique) croisés ou concurrents ?
3/ Enfin, troisième entrée possible : elle visera à interroger l’ambivalence de l’internationalisation des sciences soviétiques, en particulier dans la période post-stalinienne puis du socialisme tardif. Si elle offrit aux scientifiques soviétiques de nouvelles opportunités et ressources, matérielles et symboliques, cette ouverture internationale les obligea aussi à se soumettre à des contraintes supplémentaires, en raison du strict contrôle exercé par le pouvoir sur les contacts avec l’étranger. Dans quelle mesure des postures de loyauté pouvaient-elles se combiner avec des formes de contestation visant à redéfinir les contours des sciences sociales, sur le plan institutionnel et intellectuel ? Comment l’internationalisation a-t-elle pu conjointement favoriser des stratégies d’autonomisation intellectuelle et aussi permettre de réaffirmer l’utilité de ces savoirs et leur ancrage dans un projet politique de gestion de la société ?
En rupture avec les oppositions binaires héritées de la Guerre froide (Est/Ouest ; idéologie/sciences ; société fermée/ouverte ; dissidence/loyauté etc.), ce dossier vise ainsi à interroger la place des sciences humaines soviétiques comme laboratoire de la modernité du XXe siècle. Par les débats qu’elles ont suscités, les adhérences qu’elles ont eues avec un projet politique de transformation sociale, les rapports étroits qu’elles ont noués avec le pouvoir d’État, et aussi les répressions dont elles firent l’objet, leur destin questionne cette volonté de gouverner rationnellement les populations qui fut au coeur des sociétés modernes et les impasses auxquelles elle a abouti au XXe siècle.
Consignes aux auteurs
Des propositions d’article (3000 signes maximum), en anglais, en français ou en russe, sont à
envoyer avant le 15 avril 2019 aux adresses suivantes : adrhsh@gmail.com ; olessia@kirtchik.com ; isabelle_gouarne@hotmail.com
Le dossier paraîtra fin 2020. La revue publie des articles en anglais et en français, de 30 000 à
50 000 signes (espaces comprises).

vendredi 22 mars 2019

Une histoire médicale de Hong-Kong

A Medical History of Hong Kong: 1942–2015

Moira M. W. Chan-Yeung 


Hardcover: 290 pages
Publisher: The Chinese University Press (February 12, 2019)
Language: English
ISBN-13: 978-9882370852


This book gives an account of Hong Kong’s medical and health development from the Second World War to the present day, investigates how medical and health services grew and adapted as Hong Kong’s political and the socioeconomic landscape―and the world beyond it―changed, and continued changing. The author is a clinician-scientist rather than a social scientist, her writing is therefore based on her first-hand knowledge of the changes in the Hong Kong medical and health care scene, and the book has also been enriched by her meticulous research via the archives of available government publications, other literature, and media reports.