jeudi 20 mars 2025

L'asile comme sanctuaire de l'esclavage

African Pharmakon: The Asylum as Shrine from Slavery to the Return


Talk by Nana Osei Quarshie (Yale)


Thursday 3rd April 2025, 6.00pm, followed by a wine reception

Clore Management Centre, Birkbeck, University of London, 25-27 Torrington Square, London WC1E 7JL (in-person only)


Book here (QuarshieLecture.eventbrite.co.uk).


West Africans were far from passive victims of European-imposed psychiatric concepts and institutions. Rather, they enchanted the British colonial asylum in Accra (contemporary Ghana) by accommodating European psychiatric practices principally as experiences within the dynamic tapestry of African ritual and political concerns over territorial control, bodily afflictions, and psychological belonging within families, communities, and states. African people mobilized practices associated by the mid-nineteenth century with healing and harming at shrines of territorial spirits to politically harness the development of psychiatric social control. That is, European psychiatry did not colonize African minds, nor did it displace African psychotherapeutic norms. It was instead built on and grafted onto a repertoire of African healing and harming practices through socio-economic, political, and ritual transactions that, in the case of coastal Ghana, unfolded over the course of centuries.


Nana Osei Quarshie is Assistant Professor in the Program in the History of Science and Medicine at Yale University, where he is also affiliated with the Department of Anthropology and the Yale School of Medicine. An anthropologist and historian by training, Quarshie examines the relationship among mental healing, political expulsions, immigration, and urban belonging in West Africa since the seventeenth century.


For information please contact Katy (k.pettit@bbk.ac.uk)

Birkbeck’s Centre for Interdisciplinary Research on Mental Health (CIRMH) in partnership with the Raphael Samuel History Centre funded by UKRI and the Wellcome Trust

mercredi 19 mars 2025

Poste à Carnegie Mellon

Carnegie Mellon -  one-year visiting assistant professor post in History of Science and Technology and/or Science and Technology Studies for 2025-2026

Call for applications



The History Department at Carnegie Mellon University invites applications for a one-year visiting assistant professor in History of Science & Technology and/or Science & Technology Studies for the 2025-2026 academic year.



We encourage applications from scholars who can provide social and cultural insight into fields that have a strong presence at Carnegie Mellon.



The successful applicant will teach the equivalent of two courses per semester (four total), including the large introductory course "Technology and Society."



Applicants should have their Ph.D. in hand by June 30, 2025.



Term of appointment: August 1, 2025-July 31, 2026. Compensation: $60,000 plus benefits as well as a $2,500 research budget and $2,500 in relocation expenses.



Please send letter of application (including information about previous teaching experience); full CV; graduate transcript; a single writing sample the equivalent of 60 or fewer double-spaced manuscript pages; and a document listing three references and their contact information to Interfolio.



For questions only, please contact Prof. Christopher Phillips at cphillip@andrew.cmu.edu



Review of applications will begin on April 1, 2025 and continue until the position is filled.



Apply here: https://apply.interfolio.com/164788

mardi 18 mars 2025

Poisons et remèdes dans les "outre-mers"

Corps, pouvoir, santé : Des poisons et des remèdes dans les "outre-mers"

Colloque


du 24 au 25 Avril 2025

Palais du Pharo, Amphithéâtre Gastaut et Salle des Voutes



Catégorie administrative englobante, “l’outre-mer” français ne peut être entendu comme un espace homogène. L’immensité des territoires guyanais et polynésiens, contraste avec les espaces insulaires antillais ou réunionnais, autant que leur distance et leur connexion à l’hexagone, que l’on se trouve dans l’espace atlantique ou océanien. Par ailleurs, si certains territoires sont dominés par une histoire esclavagiste et ses ramifications post-esclavagistes, les territoires du Pacifique ont fait l’objet de stratégies de peuplement, de mise en économie et de domination coloniale différentes. De même, l’intensité du lien post-colonial diffère largement entre les territoires départementalisés en 1946, fondés sur l’identité juridique avec la métropole, et des territoires jouissant d’une large autonomie dans le Pacifique. Ces espaces s’inscrivent aussi dans leur environnement régional ou dans leur relation aux États voisins.

Certes discontinu, l’espace ultramarin français reste marqué par les connexions entre les territoires qui la composent, l’existence d’une superstructure administrative (ministère de l’outre-mer, agences de l’État), des relations politiques croissantes (réunion des régions ultrapériphériques de l’Union Européenne) et l’organisation de fronts communs de résistance et de contestation du statu quo post-colonial (appel de Fort-de-France, 2022). Le lien de sujétion et de dépendance de ces anciennes colonies à leur métropole s’inscrit dans une pluralité de statuts légaux, qui le maintiennent voire le renforcent, tant au plan matériel qu’idéel – représentations et références hexagonalocentrées. En creux, l’appartenance commune à un espace politique et socio-économique français contribue à isoler ces territoires de leurs environnements régionaux. La gestion par les autorités sanitaires de l’épidémie de Covid-19 en 2020 en est la preuve immédiate, le premier confinement ayant été proclamé dans les territoires départementalisés en même temps que dans l’hexagone, à rebours des situations expérimentées dans la zone Caraïbes ou en Afrique australe.

A l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, l’ensemble des territoires ultramarins se situe sous des latitudes tropicales ou équatoriales. Ces « pays chauds », véritables « tombeaux de l’homme blanc » (DOZON, 1991), sont aussi des espaces édéniques, exploités au profit de la pharmacopée européenne. Des jardins botaniques, aux missions du Museum d’histoire naturelle, jusqu’aux réseaux des instituts Pasteur et de l’OSRC/ORSTOM/IRD, les outre-mers occupent une place centrale dans la recherche française. La santé est un enjeu de premier ordre pour la mise en économie de ces territoires dans lesquels la médecine française est dans un premier temps une médecine militaire, relevant du ministère de la Marine, puis du cadre des médecins coloniaux à partir de la fondation de l’école du Pharo en 1907. C’est une médecine d’abord au service des troupes coloniales et des fonctionnaires coloniaux qui s’articule autour d’une seule logique hospitalière, anémiant sur le temps long la médecine de ville dans les outre-mers.

Dans une logique de terra nullius qui perdure jusqu’aux périodes les plus contemporaines, la puissance coloniale et (post)coloniale contamine à grande échelle les terres et les eaux des outre-mers français. Ces contaminations sont au cœur des mouvements de résistance et de contestation de l’ordre colonial dans les territoires concernés et au-delà, et interroge la santé comme enjeu de mobilisation décoloniale.

L’objectif de ces deux journées d’étude est d’initier une réflexion transdisciplinaire en croisant les manières dont les sciences humaines et sociales examinent le passé et les situations actuelles des outre-mers autour de quatre axes : le corps, les poisons, les remèdes et les épidémies. Il s’agit d’interroger les effets sur le long terme du fait esclavagiste et colonial dans les départements et territoires français d’outre-mer en matière de soin, de santé et de corporéité. Au-delà de la généalogie des institutions, des pratiques et des perceptions en lien avec le corps et le soin/la santé, l’analyse de ces thématiques consiste à identifier la (re)production d’inégalités et de dominations à différentes échelles : colonialité, centre-périphérie, genre, classe, race, etc. Cela implique d’en comprendre les ressorts et de définir les réactions qu’elles suscitent.

Les journées d’étude pourront ainsi tracer des lignes de force commune à ces espaces tout en mettant l’accent sur des études de cas situées, donnant à voir la singularité de chacun de ces territoires. Les panels successifs seront organisés de manière à déployer une démarche comparatiste, mettant en dialogue les différents espaces ultramarins et les différentes disciplines des sciences sociales. Au travers des quatre axes thématiques, nous traiterons la problématique transversale suivante : comment les pratiques et les représentations liées au corps et au soin/à la santé dans les outre-mers ont-elles été, et continuent-elles d’être façonnées par leur colonialité ?

24 Avril 2025

Registration 8:00 - 9:15


9:30 - 10:00
Introduction des journées d'études
Charlotte Floersheim, Ary Gordien, Rubis Le Coq, Blandine Salla, Samuel Tracol


10:00 - 12:00
"Poisons" [Modération : Rubis Le Coq]

Salomé Charpentier, ENS de Lyon, « Production de connaissance et contamination au mercure en Guyane : Une forme de colonialité du savoir ? »

Benjamin Furst, Renaud Meltz, Florence Mury, Université de Haute-Alsace, Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT), « Le thon et l’atome : mesurer l’empoisonnement de la chaîne alimentaire en Polynésie française à l’époque des essais nucléaires (1966-1996) »

Camille Bouko-Lévy, LaSSP (Laboratoire des Sciences Sociales du Politique), IEP de Toulouse, « De quoi la réparation du chlordécone est-elle le nom ? De la gestion technico-sanitaire aux revendications de justice transformative »

Eirann Cohen, New York University, « Penser le jardin créole en temps de toxicité : changements du réel et de l’imaginaire aux Antilles françaises »


Pause déjeuner 12:00 - 13:00


13:00 - 14:00
La médecine coloniale et tropicale à Marseille : Conférence promenée au Pharo
Christelle Rabier et Samuel Tracol


14:00 - 16:00
"Remèdes" [Modération : Catherine Benoît]

Lou Kermarrec, Musée du Quai Branly, « Corps hindous et jardins créoles : circulation, transmission, appropriation des remèdes dits « indiens » dans la médecine populaire guadeloupéenne »

Blandine Salla, EHESS, « On nous interdit d’utiliser nos plantes ». Formes d’agencement et stratégies dans la commercialisation des remèdes végétaux en Guadeloupe.

Marc-Alexandre Tareau et Clarisse Tareau, Université de Guyane, « Remèdes ou poisons ? Petite revue ethnobotanique des plantes (dites) toxiques utilisées dans l’alimentation et la médecine domestique des populations afro-descendantes de Guyane »

Michel Rapinski, CNRS, MNHN, Université Paris Cité, « Le manioc réinventé entre la détoxification traditionnelle et la gestion du diabète. »



25 Avril 2025


Accueil des participant.es 8:30


9:00 - 10:30
La santé en crise : Regards croisés Mayotte/Kanaky-Nouvelle Calédonie" [Modération : Charlotte Floersheim et Samuel Tracol]

Isabelle Merle, CNRS, CREDO

Catherine Benoît, Connecticut College

Sarah Permals, Centre Hospitalier de Mayotte

Ricardo Poiwi, patient en Kanaky-Nouvelle Calédonie

Autres intervenant.es à confirmer.



Pause 10:30 - 11:00



"Épidémies" [Modération : Charlotte Floersheim]

Alexandre Getenet, Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université, « Du diagnostic à la pratique. Praticiens et administration face à la lèpre dans les sociétés esclavagistes au XVIIIe siècle »

Marie Brualla Challet, Université Paul Valéry Montpellier-3, « Construction savante et construction sociale des maladies : interroger le dialogue savoirs/pratiques en Océanie coloniale. »

Isaora Rivierez, Cerlis, Université Paris Cité, « Loin des yeux, loin du care : genre, soins et mobilisation associative contre le VIH/Sida en Martinique. »

Lucile Hervouet, Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique, Université de la Polynésie française, « Vers une reconnaissance institutionnelle du pluralisme en Polynésie française ? Regards croisés sur les usages de la médecine traditionnelle polynésienne »



Pause déjeuner 13:00 - 14:00



"Corps" [Modération : Ary Gordien]

Constance Rullier-Maugüé, EHESS, « La campagne « 1, 2, 3 bass » : interroger le rôle de l’État dans la régulation des corps reproductifs à Mayotte. »

Victor Campolo, Centre Alexandre Koyré, EHESS, « Sauver la Race Indienne ». La conceptualisation des corps « Indiens » et l’élaboration d’une politique d’assistance sanitaire dans le Territoire Autonome de l’Inini (1935-1939) »

Jim Sion, Université Paris-Cité, « Quand le corps dénutri devient problème. Savoirs médicaux, discours politiques et transition nutritionnelle à La Réunion, de l’après-guerre aux années 1970. »

Alice Servy, Université de Strasbourg, « Cancers féminins et mobilités thérapeutiques depuis le Vanuatu vers la Nouvelle-Calédonie »




Pause 16:00 - 16:30





16:30 - 17:30


Conclusions générales

Dimitri Béchacq, PHEEAC, CNRS, Université des Antilles

Liam Lancreot, médecin de santé publique

 

Comité d'organisation

[Charlotte FLOERSHEIM]
Ideas, CNRS-AMU -Sesstim, Inserm-IRD-AMU

[Ary GORDIEN]
URMIS

[Rubis LE COQ]
IRISSO, Paris-Dauphine

[Blandine SALLA]
CeRCLEs, EHESS

[Samuel TRACOL]
Sorbonne Université, CRHXIX

[Gabriel GIRARD]
Sesstim, Inserm-AMU
 

lundi 17 mars 2025

Le rôle des experts médicaux dans le corpus platonicien

Medical Knowledge and Practices Facing Plato: New Perspectives on the Role of Medical Expertise in the Platonic Corpus
 

Workshop



The workshop will be held in Durham, in the Ritson Room of the Department of Classics and Ancient History (38 North Bailey) and online on MS Teams on 21–22 March 2025. For the link to the livestream or other information please do not hesitate to contact giulia.bernardini@durham.ac.uk or giovanni.trovato@phd.unipi.it


This event is a collaboration between Durham's Department of Classics and Ancient History and the Dipartimento di Civiltà e Forme del Sapere of Università di Pisa. It is sponsored by the Dipartimento di Civiltà e Forme del Sapere of Università di Pisa, the British Society for the History of Philosophy (BSHP), the Durham Centre for Language and Writing Systems (CLAWS), the, the Durham Center for Ancient and Medieval Philosophy (DCAMP), the Durham Institute of Medical Humanities (IMH), the MIND Association, and the Society for the Promotion of Hellenic Studies (SPHS).



Here is the schedule:


Friday, March 21

10.00-10.15. Welcome

Giulia Bernardini (Durham University) and Giovanni Trovato (Università di Pisa / Istituto Italiano per gli Studi Filosofici di Napoli)


Morning Session (chair: Giulia Bonasio)


10.15-11.00. Anna Novokhatko (Università di Trento / University of Thessaloniki) “Philosophers, physicians and spectators in Middle Greek comedy”

11.00-11.45. Giulia Bernardini (Durham University) “Eryximachus and the other Comedic Doctors”


Tea break


12.15-13.00. Matilde Berti (Durham University) “Plato’s Timaeus and the Hippocratic De Victu: A Medical Approach towards Virtue?”

13.00-14:30. Lunch break

Afternoon sessions (chair: Phillip Sidney Horky)

14.30-15.15. Francesco Pelosi (Università di Pisa) "Eugenics and music in Plato"

15.15-16.00. Caterina Pellò (University of Geneva) “Alcmaeon according to Plato: Physician and physikos”

Tea break


(Chair: Maria Cristina Mennuti)

16.30-17.15. Jilll Gordon (Colby College) “Disease and Sex Difference in Plato's Timaeus”

17.15-18.00. Sonja Tanner (UCCS) “Happiness is… Playing Checkers with Socrates: Logotherapy in Plato’s Charmides”



Saturday, March 22

Morning Session (chair: Chiara Blanco)

10.00-10.45. Philip van der Eijk (HU Berlin) “What does the doctor’s "knowledge of the overall nature of bodies" (Laws 857d2) consist in?"

10.45-11.30. Sophia Connell (Birbeck, University of London) “Seeds, fruits and eggs: The biomedical basis to agricultural metaphors in Plato”


Tea break


12.00-12.45. Francesco Ferro (Pontificia Università Lateranense) “Philosophical rhetoric as medicine for the soul: Zeno of Elea as bad pedagogue in the Parmenides”

12.45-13.30. Giovanni Trovato (Università di Pisa / Istituto Italiano per gli Studi Filosofici di Napoli) “Trees won't teach me anything. Nonanimal psychology in Plato’s Timaeus”

13:30-14:30. Lunch Break

Afternoon session (chair: George Alexander Gazis)

14.30-15.15. Jurgen Gatt (University of Malta) “A Hippocratic Look at the Platonic Physiology of Hearing in Timaeus”

15.15-16.00. Hermann Crüwell (University of Oxford) “Archaia physis: on the Platonic adaptation of a Hippocratic concept”
            

Tea break


16.30-17.15. Giulia De Cesaris (Università di Torino) "How does the kosmos stay in good health?"

17.15-17.30. Concluding remarks

Giulia Bernardini (Durham University) and Giovanni Trovato (Università di Pisa / Istituto Italiano per gli Studi Filosofici di Napoli)

dimanche 16 mars 2025

Quantifier et réformer l'alimentation au XIXe siècle

Les comptes du salut. Quantifier et réformer l'alimentation au XIXe siècle

Thomas Depecker


Presses Universitaires François-Rabelais
Date de parution : juin 2024
Nb de pages : 286
ISBN : 978-2-86906-938-1
EAN : 9782869069381


Comment la quantification du besoin alimentaire, l’idée d’une nécessaire équivalence entre les entrées alimentaires et les dépenses physiologiques, s’est imposée au XIXe siècle dans le savoir médical et dans les pratiques relatives à l’hygiène publique ?
Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, la comptabilité agricole se transforme et la relation entre la nourriture des animaux et les produits rendus devient une relation de débit à crédit qu’il s’agit d’inscrire et d’optimiser. Ces études dites de « zootechnie » puis « d’alimentation rationnelle » connaissent un succès grandissant au XIXe siècle et sont intégrées dans les formations du génie agricole comme dans l’activité de grandes entreprises.
Grâce à un travail sur les individus au carrefour de l’agronomie, de la chimie, de la médecine et de la réforme, ce livre montre comment l’alimentation rationnelle dépasse le cadre de l’exploitation animale. Elle est non seulement intégrée dans le corpus médical, mais elle est aussi employée dans l’administration des institutions, pour enfin être présentée à la population, notamment aux classes populaires, comme une technique hygiénique de conduite de vie. Une institutionnalisation de l’alimentation rationnelle qui préfigure les dispositifs actuels : formations spécialisées dans la diététique, enquêtes nutritionnelles et politiques nationales et internationales.

samedi 15 mars 2025

Le handicap dans la littérature féminine au XIXe siècle en France

Le handicap dans la littérature féminine au XIXe siècle en France

Ying Wang

 

PUM

Collection Espace littéraire  

168 pages / mars 2025

ISBN 978-2-7606-5106-7 29,95 $



La figure du handicapé occupe une place particulière dans l’histoire de la littérature. Elle a notamment capté l’attention de plusieurs autrices françaises du xixe siècle qui se sont penchées sur cette forme d’altérité avec lucidité, passion et sympathie. Sous leur plume, la « monstruosité » et les stigmates de l’invalidité corporelle, de la souffrance et de la déviance, ouvrent de nouvelles pistes de réflexion sur les problèmes liés au corps, au genre et à l’écriture féminine. Dans une société patriarcale où les discours scientifiques, religieux et moraux tendent à assimiler le handicap à la nature de la physiologie féminine, sa représentation permet aux écrivaines de transgresser les contraintes de leur sexe et de mettre en cause l’hégémonie de la normalité.

Avec sa brillante analyse de quatre romans – Anatole de Sophie Gay (1815), Olivier ou le secret de Claire de Duras (1822), Monsieur le Marquis de Pontanges de Delphine de Girardin (1835) et Laide de Juliette Lamber (1878) –, l’autrice cherche à enrichir le dialogue entre les études féministes et celles sur le handicap et à proposer des analyses croisées entre ces deux domaines.


Ying Wang est professeure de français et de chinois au Department of Modern Languages and Cultures de la Pace University à New York.

vendredi 14 mars 2025

Poste de MCF en histoire de la santé à Strasbourg

Poste de MCF en histoire de la santé XIXe-XXIe siècles 

Appel à candidatures



Le Département d’Histoire des Sciences de la Vie et de la Santé (DHVS) de l’université de Strasbourg recrute pour la rentrée 2025 (1/09/2025) un·e MCF contractuel·le d’un an (renouvelable).


L’intitulé du profil de poste est le suivant : « Histoire de la santé, socio-histoire de la santé ou histoire médicale, XIXe-XXIe siècles » (section 72, 22, 19)

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 4 avril 2025. Elles seront ensuite évaluées par un comité de sélection.

Les détails du profil, les indications sur la constitution du dossier et les modalités de candidatures sont explicitées dans le profil au bout de ce lien : https://www.unistra.fr/fileadmin/upload/unistra/recrutement/Annee_2025/med.pdf


Les dossiers complets sont à faire parvenir avant le 04 avril 2025 à Mme Anne Langoureau, directrice des Ressources Humaines, Faculté de Médecine, Maïeutique et Sciences de la Santé) : anne.langoureau@unistra.fr

Pour plus d’informations sur :
- le profil enseignement, veuillez contacter Christian Bonah, directeur du DHVS : bonah@unistra.fr
- le profil recherche, veuillez contacter Camille Lancelevée, co-responsable de l’axe 2 du Laboratoire SAGE : lancelevee@unistra.fr

Pour en savoir plus sur le DHVS : https://dhvs.unistra.fr/

jeudi 13 mars 2025

Mutations des professions de santé et attractivité des territoires

Mutations des professions de santé et attractivité des territoires

Appel à communication 

 

Colloque

Chaire Santé, Vulnérabilités, Territoires/Sciences Po Lille, 27-28 novembre 2025


L’accès au soin est devenu une préoccupation majeure des pouvoirs publics. Depuis une quinzaine d’années, plusieurs rapports parlementaires énumèrent des mesures visant à enrayer le creusement des inégalités entre les territoires en matière d’offre médicale en France. En parallèle, la notion de « désert médical » s’est imposée dans le discours politico-médiatique pour décrire ce phénomène de raréfaction de l’offre en matière de santé (Chevillard et alii, 2018), au risque de proposer une vision réductrice, isolant la profession médicale du reste des services publics et ignorant la diversité des métiers du champ sanitaire. Organisé dans le cadre de la Chaire Santé, Vulnérabilités, Territoires, ce colloque a pour objectif d’interroger les relations que peuvent entretenir ces dynamiques territoriales d’accès au soin avec les reconfigurations professionnelles à l’oeuvre dans le champ de la santé, dans une perspective pluridisciplinaire.

Axe 1 : Professions de santé, quelles recompositions ?
Envisager le monde de la santé sous l’angle des dynamiques professionnelles conduit d’abord à s’interroger sur les mutations que connaît ce secteur et les effets de ces transformations sur les pratiques et les stratégies des acteurs et actrices du soin. Alors que la sociologie des professions s’est largement construite autour de l’analyse du cas des médecins (Freidson), les sciences sociales envisagent désormais le champ de la santé à travers la diversité des professions, médicales et paramédicales, autant que des modes d’exercice (libéral, hospitalier, salarié). On s’interrogera donc sur les reconfigurations de la structure du corps médical, sous l’effet de sa féminisation (Hardy, 2013) ou de la démocratisation de l’accès aux études de santé, tout en analysant l’émergence et l’institutionnalisation de nouvelles professions de santé. La médicalisation de la profession d’infirmier, envisagée parfois comme une solution à la désertification médicale, s’incarne notamment dans la création des infirmiers de pratique avancée, dont les attributions recoupent certaines missions traditionnellement dévolues au médecin (Galfout et alii, 2024) rappelant le rôle confié au XIXe siècle aux officiers de santé (Faure). Le développement de la recherche en sciences infirmières en France entraîne également la création d’un domaine de savoirs qui peut enrichir la prise en soin des populations vulnérables et apporter des réponses aux disparités territoriales en matière de santé (Projet PEIPA, Julie Devictor). Les relations entre médecins et autres professions de santé feront également l’objet d’une attention particulière, alors que les formes de collaboration se multiplient, au sein des maisons de santé pluriprofessionnelles par exemple. Ces structures contribuent au renforcement de la relation d'interdépendance entre professionnels libéraux et autorités publiques, contribuant à la création d’un nouveau « statut libéral sous contraintes » (Moyal, 2019).
Les pratiques professionnelles connaissent également d’importantes mutations, liées à de nouvelles aspirations des praticiens (attention plus forte au besoin de concilier vie privée et vie professionnelle) et à un changement de rapport au travail (réduction du temps de travail, recours au temps partiel, refus de l’exercice solitaire). On pourra également envisager le rôle du numérique dans ces reconfigurations, notamment à travers l’utilisation des plateformes telles
que Doctolib dans les changements organisationnels. L’impact de la pandémie de Covid-19 fera également l’objet d’une attention spécifique afin de déterminer dans quelle mesure les réorganisations professionnelles qu’elle a provoquées ont pu accélérer des processus à l’oeuvre ou au contraire les ralentir, voire y mettre un terme au profit d’autres mutations.

Axe 2 : Les inégalités territoriales en matière de santé, quels constats et quels diagnostics ?
L’analyse des dynamiques territoriales en matière d’accès au soin constituera un deuxième axe de réflexion. Si l’inégale répartition de l’offre médicale dans certaines régions est mise en évidence depuis le XVIIIe siècle (Carini-Belloni, 2022), le phénomène s’est accentué au cours des dernières années (Vigneron, 2011). Ainsi, la densité de médecins généralistes libéraux n’a cessé de diminuer entre 2012 et 2022 (-13 % pour la région Hauts-de-France et -12 % en France métropolitaine), tandis que l’inégale répartition des praticiens sur le territoire conduit, de fait, à des disparités importantes pour certaines spécialités comme la psychiatrie (3,9 pour 100 000 habitants dans les Hauts-de-France contre 9,2 pour l’ensemble du territoire métropolitain). Ces chiffres, qui servent à la production de cartes visant à mettre en évidence des formes de désertification médicale, doivent être croisées à d’autres données liées à l’analyse des besoins de santé d’une population (Déplaude, 2011) pour affiner description de l’accessibilité spatiale aux soins en France (comme l’accessibilité potentielle localisée). On se posera alors la question des indicateurs utilisés pour identifier les zones déficitaires ou sous dotées par les pouvoirs publics, tout en s’interrogeant sur la spécificité de la santé publique par rapport à d’autres secteurs en termes de dynamiques (éducation, culture, sport, commerces). La dimension territoriale dans le choix d’implantation des professionnels de santé constituera également une piste de réflexion (Dumontet et alii, 2016)

Axe 3 : Le rôle des acteurs institutionnels dans la réduction des inégalités d’accès au soin
La crainte du corps médical de voir remise en question la liberté d’installation apparaît aujourd’hui comme un puissant facteur de mobilisation professionnelle, tandis que la régulation de l’installation des dentistes entrée en vigueur début 2025 révèle les tentatives de contrôle de la répartition des professionnels sur le territoire. Cependant, au-delà de l’alternative classique entre politiques incitatives et exercice de la contrainte, on se penchera sur la diversité des mesures adoptées pour tenter de « repeupler » des zones sous-dotées par l’État ou les collectivités territoriales (Chevillard et alii, 2015). Dans le sillage de nombreux travaux en économie de la santé, on s’interrogera sur le rôle des politiques publiques dans la réduction des inégalités territoriales en matière de santé. On se penchera sur l’éventail des mesures déployées, à commencer par celles qui concernent la formation et l’installation des jeunes médecins (contrat d’engagement de service public, aides à l’installation…), dont le caractère éclaté et peu coordonnée peut nuire à la lisibilité (Barnay, 2024). Plus largement, les évolutions récentes du gouvernement de la santé publique – la mise en place des ARS et du schéma régional, de la création des communautés professionnelles territoriales de santé ou encore de la suppression du numerus clausus (Déplaude, 2019) – permettent d’envisager le rôle de l’État régulateur sur les professionnels de la santé (Hassenteufel, 1997 ; Schweyer, 2010). Enfin, les stratégies locales pour recruter des professionnels de santé (ARS, collectivités locales, élus, organisations professionnelles, syndicats) et le recours au marketing territorial dans des zones peu attractives seront étudiées, en lien avec les politiques d’aménagement du territoire (Chamard, Gayet, 2014 ; Alaux et alii, 2024).

Dans une perspective résolument interdisciplinaire, cet appel à communications s’adresse aux chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales (sociologie, science politique, droit, économie, histoire, géographie) autant qu’en sciences de la santé (santé publique, sciences infirmières). Pour rejoindre les préoccupations de recherche de la Chaire Santé, Vulnérabilités, Territoires, les études portant sur la région Hauts-de-France seront les bienvenues, même si tous les espaces pourront être envisagés, pour permettre les comparaisons entre terrains d’enquête. Les communications pourront être faites en français ou en anglais.

Le colloque aura lieu à Sciences Po Lille, 9 rue Angellier.

Pour répondre à l’appel à communication, merci d’adresser pour le 30 avril un résumé de la proposition en 5000 signes accompagné d’une brève biographie de l’auteur·e à l’adresse suivante : charles-antoine.wanecq@sciencespo-lille.eu


Comité d’organisation :
-Sandrine Lévêque, PU en science politique, Sciences Po Lille, CERAPS
-Paul Quindroit, MCF en sciences infirmières, UFR3S, Université de Lille, METRICS
-Charles-Antoine Wanecq, Post-doctorant en histoire, Sciences Po Lille, IRHiS
-Jingyue Xing-Bongioanni, MCF en sociologie, Université de Lille, CLERSE
-Hélène Farcy, Responsable Territoire et partenariats, UFR3S, Université de Lille
 

Comité scientifique :
-Guillaume Chevillard, docteur en géographie, maître de recherches à l’IRDES
-Karine Faure, PU-PH, chef de service des maladies infectieuses au CHU de Lille, Vice-doyenne Recherche, UFR3S, Université de Lille
-Hélène Gorge, MCF HDR en sciences de gestion, ILIS, Université de Lille, LUMEN
-Mathilde Horn, PU-PH en psychiatrie, UFR3S, Université de Lille
-Christine Le Clainche, PU en économie, Université de Lille, LEM
-Pierre Mathiot, PU en science politique, Sciences Po Lille, CERAPS
-Etienne Peyrat, MCF en histoire, Sciences Po Lille, IRHiS
-Philippe Sabot, PU en philosophie, Université de Lille, STL
-Johanne Saison, PU en droit public, Université de Lille, CRDP
 

Suggestions bibliographiques
AGUILARD S., COLSON S., INTHAVONG K., 2017, « Stratégies d’implantation d’un infirmier de pratique avancée en milieu hospitalier : une revue de littérature », Santé Publique, 29, 2, p. 241-254.
ALAUX C., CARMOUZE L., ROCHETTE C., « Démarches d’attractivité des métropoles en matière de santé et de bien-être », in EDDAZI F, DOURNEL S ALLORANT P. GUÉRIT F., 2024, Intercommunalité et santé: un nouvel acteur de la santé publique ?, Le Kremlin-Bicêtre, Mare & Martin, p. 269-285.
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