mercredi 26 juin 2024

Galien

The Oxford Handbook of Galen
 

P. N. Singer & Ralph M. Rosen (Editors)



Publisher ‏ : ‎ Oxford University Press (June 21, 2024)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 752 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0190913687



The Oxford Handbook of Galen provides a comprehensive overview of the life, work, and legacy of Galen (129--c. 216 CE), arguably the most important medical figure of the Graeco-Roman world. It contains essays by thirty leading experts on Galen's life and background, his medical theories, his therapeutic and clinical practices, and his philosophical contributions in the areas of logic, epistemology, causation, scientific method, and ethics.

The authors offer accessible, but thorough and detailed, analyses of all major areas of Galen's thought, considered in their original historical context, as well as of the most important pathways of the transmission of his texts and his intellectual legacy, from late antiquity to early modern times and from western Europe to Tibet and China.

mardi 25 juin 2024

Réévaluer l'héritage de Claude Bernard

Re-appraising Claude Bernard's Legacy

History and Philosophy of the Life Sciences

2024



“Naked life”: the vital meaning of nutrition in Claude Bernard’s physiology
Cécilia Bognon-Küss

Reappraising Claude Bernard’s legacy: an introduction
Laurent Loison

Claude Bernard’s non reception of Darwinism
Ghyslain Bolduc
Caroline Angleraux 

Correction: Heredity as a problem. On Claude Bernard’s failed attempts at resolution
Laurent Loison  

Paris or Berlin? Claude Bernard’s rivalry with Emil du Bois-Reymond
Gabriel Finkelstein

Claude Bernard and life in the laboratory
Hans-Joerg Rheinberger

Heredity as a problem. On Claude Bernard’s failed attempts at resolution
Laurent Loison

La circulation des savoirs au Moyen Âge

Quand histoire et sciences se rencontrent : quel regard historique porter sur la circulation des savoirs au Moyen Âge ? 

Appel à communications

Colloque International
Tunis – 17-19 février 2025


« Si nous voulons saisir la pensée scientifique d’une époque, nous devons, autant qu’il est possible, essayer de la saisir dans sa cohérence propre. Pas besoin de rappeler que nous ne devons pas, autant qu’il est possible, nous référer à des connaissances ultérieures, mais voir comment la pensée scientifique d’une époque met en jeu des éléments de valeur d’importance et d’origines très différentes, et selon une combinaison particulière.» (Jacques Roger, 1968)
Le renouvellement des perspectives de lecture et d’interprétation des savoirs anciens, à travers les textes ou d’autres formes de matériaux et de supports, a permis d’accorder progressivement une pleine légitimité – jadis sous-estimée – à la pratique d’une histoire des sciences. Celle-ci a d’ailleurs été étendue à une histoire des savoirs et des pratiques dans une perspective sociologique et anthropologique plus large. Quant à la notion même de science, elle reste largement sujette à débat et échappe le plus souvent aux exigences de toute définition stricte.
À la suite des travaux de Gérard Simon (pour l’histoire de la physique) ou encore de Jacques Roger (pour l’histoire de la biologie), un renouveau historiographique a invité à resituer la pensée, les savoirs et les pratiques scientifiques dans leur contexte, pour les envisager au sein de leur « cohérence propre » dans un cadre intellectuel et culturel qui dépasse celui de la science occidentale contemporaine. L’étude porte alors sur une temporalité plus large et sur un espace géographique plus étendu, englobant les influences mutuelles et les phénomènes de transmission.
Il s’agit encore de mettre en évidence la valeur scientifique de cette pensée antique et médiévale, pour rompre avec la conception d’une rationalité qui serait l’apanage de la pensée moderne, héritière de la révolution scientifique du XVIIe siècle. En effet, longtemps soumises aux visions positiviste et téléologique de l’histoire des sciences, les sciences anciennes sont considérées dans leur rapport à cette modernité vue comme l’émergence d’un savoir érigé en véritable science par l’acquisition d’une méthode, qui connut son aboutissement avec les progrès majeurs du XIX-XXe siècle. Les sciences
anciennes, quant à elles, étaient, au mieux, lues avec admiration par les tenants d’une lecture continuiste et progressiste, en recherche du précurseur de théories récentes, ou avec condescendance par les défenseurs d’une vision discontinuiste, soulignant les erreurs du passé corrigées par la modernité (Roger 1964). Cette attitude participe d’une disqualification des savoirs et des pratiques, qui seraient nécessairement dépassés ou « pré-scientifiques ».
Ce colloque s’inscrit à la suite des recherches qui envisagent une histoire globale des sciences et remettent en cause une lecture eurocentrée, selon laquelle la science aurait pris naissance avec les Grecs et l’activité spéculative, et connu un véritable essor au XVIIe siècle avec l’émergence de la méthode expérimentale (Rashed 1984, 1997). En particulier, la place assignée aux sciences arabes médiévales dans l’histoire est interrogée sous un jour nouveau (F. Sezgin, D.R. Hill, G. Saliba, C. Burnett, etc.). Les travaux majeurs de R. Rashed ont également promu une approche déterritorialisée. Ils accordent une place importante aux échanges et à la circulation (hommes, textes, objets, …) et remettent en cause « l’occidentalité de la science classique » (Rashed 1984), balisant ainsi un champ d’études en y établissant les normes de rigueur : interroger son objet et ses méthodes, porter un regard critique sur les textes, etc. (Crozet 2004)
Nous nous situons dans la continuité des résultats du projet de recherche Speculum Arabicum (UCLouvain, 2012-2017) et donnons suite aux pistes d’investigation qui en ont émergé (de Callataÿ, Cavagna & Van den Abeele 2021). Alors que la publication de synthèse qui en a découlé aborde la question des croisements culturels en ouvrant plusieurs dossiers thématiques (connaissance du ciel et de la terre, étude et usage du monde animal, diffusion de la connaissance), nous souhaitons revenir sur les enjeux méthodologiques propres à l’étude de l’histoire des sciences et de leur transmission. L’approche se veut dynamique et déterritorialisée, convoque l’expression des savoirs sous diverses formes – écrites, orales, iconographiques, archéologiques, artistiques – et souhaite explorer le(s) contexte(s) de leur émergence et de leur construction. La question des supports sera ainsi envisagée, en lien avec la diffusion manuscrite des ouvrages scientifiques et du rôle joué par la transition vers l’imprimé. De plus, l’influence des institutions sera aussi interrogée, en particulier le rôle des universités, des écoles, des bibliothèques, des hôpitaux et plus largement des politiques urbaines comme vecteurs d’intégration et de transmission des savoirs.
Enfin, si la science ne peut s’inscrire que dans une histoire longue, ce colloque sera l’occasion de réinterroger le rapport de l’histoire des sciences à l’historicité : est-ce que le système de « vérités » supposées acquises et atteintes à partir de la modernité qui les a construites détermine à lui seul ce qui par le passé est correct ou non, ou dans le passé appartient à la science ou non (Simon 1991) ? L’histoire des sciences est-elle alors une histoire comme les autres ? A-t-elle une temporalité propre ? Ses exigences, du fait qu’elle traite de la science, sont-elles les mêmes que pour une histoire économique,
culturelle, sociale ? Les normes de la science sont-elles les mêmes en tout temps, en tout lieu ? Doit-on lire les événements scientifiques comme éléments d’une histoire, au sein de leur histoire, ou à partir de leur histoire ? (Macherey 2007) Dans ce sens, quel statut accorder aux éléments constitutifs d’un savoir, inscrit dans sa temporalité, comme les savoirs alchimiques ou astrologiques ? Comment appréhender un discours selon des normes qui s’écartent de celles de notre temps, et qui ne sont pas nécessairement partagées entre toutes les disciplines (domaine littéraire ? scientifique ? philosophique ? médical ?), et qui elles-mêmes ont vu leurs contours fluctuer ? Comment dépasser un cloisonnement disciplinaire (notamment entre lettres et sciences), qui a longtemps nourri un jugement rétrospectif négatif sur les savoirs anciens ?
En somme, dans cet appel, nous souhaitons :
- Éviter les écueils d’une continuité cumulative en histoire des sciences ou à l’inverse d’une altérité absolue entre sciences anciennes et sciences modernes ;
- Réinterroger la dimension rationnelle ou scientifique des travaux et des expériences et observations qui nous ont été transmises (à l’écrit ou à l’oral) ;
- Réinterroger les aspects relatifs au développement d’une méthode scientifique et à son exigence relative chez les penseurs des périodes antérieures ;
- Explorer le rapport entre autorité et marginalité dans le développement des savoirs ;
- Aborder les questions relatives à la langue et aux parcours philologiques, comme véhicule et mode d’expression et de transmission des savoirs (traductions et commentaires, emploi des citations dans les compilations, etc.)
- Interroger la valeur de la culture orale dans un certain contexte et en confrontation avec l’émergence et la persistance de l’écrit ;
- Interroger les classifications des sciences au cours de l’histoire ;
- Explorer l’interconnexion entre différentes sciences ainsi que les échanges des savoirs et des savoir-faire entre elles,
- Interroger la notion de temporalité en histoire des sciences ;
- Explorer les lieux et pratiques du savoir : universités, bibliothèques, hôpitaux, etc. ;
- Analyser les espaces géographiques qui ont été des points de contact dans le développement de l’histoire des sciences.


Repères bibliographiques
BEAUJOUAN, G., « La Science au XIVe siècle », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications , Janvier-Mars 1950, Vol. 3, No. 1, p. 5-20
BEAUJOUAN, G., « Réflexions sur les rapports entre théorie et pratique au Moyen Âge, The Cultural Context of Medieval Learning: Proceedings of the First International Colloquium on Philosophy, Science, and Theology in the Middle Ages—September 1973, Dordrecht : Springer Netherlands, 1975, p. 437-484.
BENMAKHLOUF & S. POINAT 2010 (dir.) (Vol. spéc.) Les sciences peuvent-elles se passer de leur histoire ?, Noesis 17, 2010, 7-15.
BLAY, M., « Peut-on comprendre la science sans l’histoire ? », dans A.-L. Rey (éd.), Méthodes et histoire. Quelle histoire font les historiens des sciences et des techniques ?, p. 161-171 BURNETT, CH., Scientia in Margine: Études sur les Marginalia dans les manuscrits scientifiques du moyen âge à la Renaissance, D. JACQUART and C. BURNETT (éds.), Geneva 2005. BURNETT Ch., Arabic into Latin in the Middle Ages, the translators and their intellectual and social context, Farnham, England: Ashgate/Variorum, 2009. CROZET, P., Les sciences arabes entre Antiquité et âge classique : la constitution d'un nouveau champ en histoire des sciences, 2004. halshs-01191455
DE CALLATAŸ, G., CAVAGNA, M. & VAN DEN ABEELE B. (éds.), Speculum Arabicum. Intersecting Perspectives on Medieval Encyclopaedism, Publications de l’Institut d’Études Médiévales, Turnhout : Brepols, 2021.
DE CALLATAŸ G. & VAN DEN ABEELE B. (éds.), Une lumière venue d’ailleurs : héritages et ouvertures dans les encyclopédies d’Orient et d'Occident au Moyen Âge (actes du colloque de Louvain-la-Neuve, 19-21 mai 2005), Turnhout : Brepols, 2008.
DRAELANTS, I., VAN DEN ABEELE, B. TIHON, A. (éds.), Occident et Proche-Orient : contacts scientifiques au temps des croisades. Actes du Colloque de Louvain-la-Neuve, 24-25 mars 1997, Louvain-la-Neuve : Turnhout, 2000 (Réminisciences, 4). DURIS, P, Quelle révolution scientifique ? Les sciences de la vie dans la querelle des Anciens et des Modernes (XVIe-XVIIIe siècles), Hermann, 2016.
HILL, D.R., « Science and Technology in Ninth Century Baghdad », dans Science in Western and Eastern Civilization in Carolongian Times, éd. PL Bouzer et D. Lohrmann; Birkhäuser; Boston, 1993.
HILL D.R. & KING, D. (éds.), Studies in Medieval Islamic Technology : From Philo to al-Jazari – From Alexandria to Diyar Bakr, Ashgate : Variorum, 1998.
JACQUART, D. (éd.), Comprendre et maîtriser la Nature au Moyen Age. Mélanges d’histoire des sciences offerts à Guy Beaujouan, Genève : Droz, 1994. JACQUART, D., « Quelle histoire des sciences pour la période médiévale antérieure au XIIIe siècle? » Cahiers de civilisation médiévale 39 - 153, 1996, p. 97-113.
KRUK R. , « La zoologie aristotélicienne. Tradition arabe. », GOULET R. (ed.), Dictionnaire des philosophes antiques ; Supplément. Paris : CNRS Editions, 2003, p. 329-334.
KRUK, R., « Early Arabic translators, their methods and problems », Babel 22.1, 1976, p. 15-20. MACHEREY, P., « Histoire des savoirs et épistémologie », Revue d’Histoire des Sciences, T. 60-1, 2007, p. 217-236.
ROGER, J., Pour une histoire des sciences à part entière, Albin-Michel, 1995.
ROGER, J. (avec GALIFRET Y., CANGUILHEM G., KAHANE E., MOULOUD N., SCHATZMAN E., VIGIER J.-P.) « Objectivité et historicité de la pensée scientifique », Raison présente, n°8, Octobre – Novembre – Décembre 1968, p. 23-54.
ROGER, J., « Réflexions sur l’histoire de la biologie (XVIIe-XVIIIe siècles) : problèmes de méthodes », Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, t. 17-1, 1964, p. 25-40.
RASHED, R. (éd.), Histoire des Sciences arabes, Seuil, 3 vol., 1997.
RASHED, R., Entre arithmétique et algèbre : recherches sur l’histoire des mathématiques arabes. Paris : Les Belles-Lettres, 1984. SALIBA, G., Islamic Science and the making of the European Renaissance, Mit Press, 2007. SEZGIN, F., Geschichte des arabischen Schrifttums. Vol. III. Medizin-Pharmazie, Zoologie-Tierheikunde, Leyde, 1970. SIMON, G., Science et Histoire, Paris : Gallimard, 2008. SIMON, G., « Optique et perspective : Ptolémée, Alhazen, Alberti », Revue d'histoire des sciences, 2001, p. 325-350. SIMON, G., « De la reconstitution du passé: À propos de l’histoire des sciences, entre autres histoires. », Le débat, 1991, 4-N° 66, p. 120-132.

Les propositions de communications (20 minutes en français, en anglais ou en arabe) ou de panels thématiques (3 communications) sont à envoyer au format word/pdf comprenant le(s) nom de(s) auteur(s), affiliation(s), titre et résumé (300-500 mots) avant le 21 juin 2024 [prolongation 30 juin] à l’adresse suivante : tunishistoiresciences@gmail.com
 

Organisateurs :
Meyssa Ben Saâd (Université de la Manouba/ SPHère UMR7219 – Univ. Paris Cité)
Kaouthar Lamouchi-Chebbi (Université de la Manouba/ SPHère UMR7219 – Univ. Paris Cité)
Florence Ninitte (Institut d’Études Avancées de Nantes) – Grégory Clesse (UCLouvain) -
Comité scientifique : Marouane Ben Miled (ENITunis) – Meyssa Ben Saâd (Univ. Manouba/SPHère UMR 7219) - Zeineb Cherni (Univ. Tunis) – Grégory Clesse (UCLouvain) – Godefroid de Callataÿ (UCLouvain) - Adnen El Ghali (SOCIAMM ULB) – Leila Hamouda (IPEIM Tunis) - Mehrnaz Katouzian-Safadi (CNRS UMR 7219) – Khaled Kchir (Bib. Nat. Tunisie) - Kaouthar Lamouchi-Chebbi (Univ. Manouba/SPHère UMR 7219) - Hamdi Milka (Univ. Kairouan) – Sébastien Moureau (UCLouvain) - Florence Ninitte (IEA Nantes) – Souad Touzri (Univ. Manouba) - Baudouin Van den Abeele (UCLouvain)

lundi 24 juin 2024

Anatole-Félix Ledouble et les leçons d'anatomie

Anatole-Félix Ledouble et les leçons d'anatomie

Carnets d'histoire no4(1)

Dossier : Anatole-Félix Ledouble et les leçons d'anatomie - Réalisée par des enseignants de la Faculté de médecine et de l'université de Tours, cette revue numérique semestrielle se veut accessible à tous et participative.

Anatole-Félix Ledouble est connu pour avoir été « l’homme des variations » anatomiques. Considéréescomme des jeux de la nature (lusi Naturae), de telles variations, connues depuis l’antiquité et révélées par la pratique de la dissection humaine dès la Renaissance, n’avaient eu guère d’incidence sur les descriptions du corps humain en médecine au fil des siècles ; elles sont en effet peu mentionnées dans les traités, encore moins représentées dans les leçons d’anatomie académiques figées par le pinceau du peintre.

À l’inverse, elles ont nourri le champ des représentations extra-ordinaires, des croyances et des contes friands de monstres et d’anomalies tératologiques.

En soumettant leur fréquence aux statistiques, en observant, énumérant, classant et expliquant ces « conformations inaccoutumées » (Os du crâne : XVI) aussi bien sur les pièces anatomiques à sa disposition que sur des représentations sculptées ou peintes, Ledouble a créé les fondements de « l’anthropologie zoologique », qui devaient lui donner une assise scientifique en médecine. Les bénéfices en sont évidents : que le cerveau modèle le crâne et non le contraire fut une avancée en neuro-anatomie et neuro-chirurgie par exemple. Mais on sait aussi les dérives extra-médicales qu’a connues ce type d’anthropologie, telle celle qu’Alphonse Bertillon mit au service d’une criminologie douteuse (qui participa de la condamnation d’Alfred Dreyfus), ou pire, celle imaginée par le régime nazi pour distinguer la race aryenne des autres ne méritant pas de vivre.
S’intéresser à l’oeuvre de Ledouble n’est pas faire oeuvre hagiographique, mais essayer de comprendre comment ce savant est à la fois le produit de son époque, soucieux d’une démarche scientifique, et l’héritier d’une culture «humaniste», formé aux arts et aux lettres. C’est aussi nous interroger sur le sens que nous voulons donner aujourd’hui à l’histoire de la médecine – qui englobe différents champs de recherche – et sur sa place dans les études médicales, tout en remettant en question sa propre démarche méthodologique qui devrait être multidisciplinaire.

Nous remercions Martine Augouvernaire, responsable de la Bibliothèque Émile- Aron, Alexandra Louault, infographiste et Daniel Bourry, responsable du Pôle Print, pour leur concours précieux dans la réalisation de ce numéro qui associe enquêtes historiques, médicales et artistiques.
Nos vifs remerciements aussi au nouveau doyen, le Pr Denis Angoulvant, pour le soutien renouvelé du décanat à la revue.

La rédaction Jacqueline Vons et Stéphane Velut

 
4 Éditorial
 

RECHERCHE

5 Anatole Félix Ledouble et les leçons d’anatomie

6 Leçons d’anatomie
Stéphane Velut

8 Les leçons d’anatomie dans la peinture hollandaise des XVIIe
et XVIIIe siècles commentées par Anatole-Félix Ledouble
Jacqueline Vons

36 La correspondance d'Anatole-Félix Ledouble : analyse d'une
méthode de travail
Élise André

54 Anatole Félix Ledouble (1848-1913), professeur à l’École de
Médecine, anthropologue génial et respectable, artisan de la
renaissance d’un Rabelais anatomiste et médecin, esthète et
poète : biobibliographie
Hervé Watier

74 Léonard de Vinci : de l’anatomie à la peinture
Dominique Le Nen

PUBLICATIONS
94 Mademoiselle le Dr Henri Verneuil
Pierrette Dieu-Caire

HOMMAGE
120 Catherine Barthélémy première femme présidente de l’Académie
nationale de médecine depuis 1820
Jacques Battin

Postdoctorat sur la peste

Post-doctoral Contract

Call for applications


AVIGNON
UNIVERSITE


As a part of the PEPR Debs-Plague Project, Avignon University is offering a two-year postdoctoral
contract, associated with CIHAM-UMR 5648 (Lyon-Avignon) and PACEA-UMR
5199 (Bordeaux).


Start Date: October 1, 2024
Contract Duration: 24 months
Type of Contract: Fixed-term post-doctoral contract
Salary and Material Conditions: Approximate salary of €3,298 gross per month. Travel
expenses for archival research will be covered by the project. A computer will be provided.
 

Research Context/Position Profile
This contract is a part of the PEPR MIE (Priority Research Programs and Equipment, Emerging
Infectious Diseases), DEBS-Plague, led by Florent Sebbane (Research Director, Institut
Pasteur de Lille, INSERM, CNRS, University of Lille) and funded by the ANR.
The aim is to understand the dynamics of plague spread in late-medieval and early-modem
France and to identify French ecosystems that were potentially favourable or unfavourable to
its thriving there. The project will be based on an interdisciplinary approach, combining
historical, archaeological, biological, mathematical, and engineering sciences, and relying on
an international team of researchers. By deciphering the environmental, biological, and societal
factors governing the risk of plague re-emergence in France, the project's goal is to limit or
even prevent possible plague outbreaks.

The leaders of the archaeological and historical investigation team of the DEBS-Plague project
(Dominique Castex, Research Director, CNRS; Marilyn Nicoud, Professor, Avignon
University; Philip Slavin, Professor, University of Stirling) aim to reconstruct the geography
of each plague wave that spread in France between the second half of the 14th century and the
early 17th century, to shed light on the socio-economic, demographic, geographical, and
environmental contexts facilitating their spread, and consequently, to understand if there were
inland areas where animal reservoirs existed and potentially still exist.


Position Duties
Using various archival sources and secondary works, J.-N. Biraben was the first to propose
reconstructing the stages of the spread of medieval and modem plague epidemics and the
different waves that affected the European continent. These data have been partially digitized
for the second plague pandemic (Biintgen et al. 2012). However, recent ongoing work
highlights the shortcomings of this initial survey, and these data will need to be revised and
updated.

Furthermore, there is archaeological data, based on a census of sites related to medieval plague
epidemics in France and elsewhere in Europe, available to corroborate a spatial analysis, based
on mapped textual data.

The post-doctoral researcher's work will consist of conducting research in various archival
repositories, to contribute to building up and expanding a database in-progress that
geographically and chronologically identifies and lists different plague outbreaks France,
approximately between 1360 and 1500. This chronological field is intended to ensure a solid
basis without having to confront an excessively large set of writings. Various types of sources
will be identified, consulted and analysed (notarial archives, deliberation registers, municipal
by-laws, chronicles, etc.)

The recruited individual will develop a GIS-based cartographic toolkit to manage and process
geographical data and to help create a map of affected sites. This work will be put into
perspective with data from archaeological excavations, whether from sites where plague aDNA
has been found or from sites affected by epidemics of unknown nature.
The post-doctoral researcher will participate in the research group's work meetings, scientific
events, and the publication of collaborative studies. S/he will need to be available for video
conferencing one day per month for coordination meetings.
 

Qualifications and Skills:

Degree:
• A candidate must hold a PhD in Medieval History at the time of application submission,
having obtained the degree within the past 5 years as of the application submission date.
Required Skills:
• A candidate must be fluent in French and proficient in Old French.
• Must have an excellent knowledge of Latin.
• Must have a good knowledge of late medieval palaeography.
• Must have an excellent knowledge of English (spoken and reading) for building
bibliography and database, and for communication within an international group.
• Must be willing to travel to work in local archives in France.
• Must have an ability to work independently and in a group.
• Must be willing to undergo a training and acquire advanced skills in current spatial
analysis tools ( e.g., GIS).
 

Application Process:

The application should include:
• A detailed Curriculum Vitae with academic background and a list of any publications.
• A cover letter specifying past and present research and experiences, and explaining how
the applicant plans to integrate these into this research and the DEBS-Plague project
more broadly.
 

Applications should be sent by July 8, 2024, to the following addresses:
• Dominique Castex: Dominique.Castex@u-bordeaux.fr
• Marilyn Nicoud: marilyn.nicoud@univ-avignon.fr
• Philip Slavin: philip.slavin@stir.ac.uk
 

Applications will undergo an initial selection process, followed by a Zoom interview with
shortlisted candidates.
 

Preliminary bibliography
Biraben, J.-N., Les hommes et la peste en France et dans Jes pays europeens et
mediterraneens
, 2 t., Paris-La Haye, 1975-1976
Buntgen, U., Ginzler, C., Esper, J., Tegel, W., et McMichael, A. J., « Digitizing Historical
Plague», Clinical Infectious Diseases, 55-11 (2012), p. 1586-1588.
http:/ /www.jstor.org/stable/ 41721875
Krauer, F., Schmid, B.V., « Mapping the Plague through Natural Language Processing»,
Epidemics, 41 (2022), 10065, https://doi.org/10.1016/j.epidem.2022.100656
Lazzari, G., Colavizza, G., Bortoluzzi, F. et al.,« A Digital Reconstruction of the 1630-1631
Large Plague Outbreak in Venice», Scientific Reports, 10 (2020), 17849.
https://doi.org/10.1038/s41598-020-74775-6
Roosen J, Curtis D.R.,« Dangers of Noncritical Use of Historical Plague Data», Emerg.
Infect. Dis.
, 24-1 (2018), p. 103-110
doi: 10.3201/eid2401.170477. PMCID: PMC5749453.
Slavin, P., «Out of the West: Formation of a Permanent Plague Reservoir in South-Central
Germany (1349-1356) and its Implications», Past and Present 252 (2021), 3-51

dimanche 23 juin 2024

Le journal de campagne du baron Percy

A Surgeon in Napoleon’s Grande Armée: The Campaign Journal of Baron Percy



Calum Johnson 


Publisher ‏ : ‎ Pen and Sword Military (May 30, 2024)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 344 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1399044257


Pierre-François Percy was Surgeon-in-Chief of Napoleon’s Grande Armée. This is the first English translation of Baron Percy’s notebooks, containing his interesting, revealing, and informative testimony of the Revolutionary and Napoleonic campaigns in which he played an active role, as the most senior surgeon in the French Army, from 1799-1807.

In his journal, Percy writes intimately about his life on campaign. He recounts his experiences across Europe, particularly in Switzerland (Helvetia), Germany, and Poland. The journal shows Percy’s delight at seeing his surgeons recognized for their work at Eylau, and his notes express his shock at the brazen corruption of military officials and the indiscriminate pillaging to which the French army frequently resorted. He recounts his audiences with Napoleon, during which his pleas for more resources and a more professional military surgical corps frequently fell on deaf ears. Details that may have seemed trivial to Percy’s contemporaries – about food, accommodation, dress, and transport – now offer a vital insight into the persistent struggles, and occasional pleasures, of those who followed Napoleon on his quest to conquer Europe.

Percy documents his experiences of some of the major battles of the period; namely, Jena, Eylau, and Friedland. As a surgeon, he witnessed the enormous scale of devastation wrought by these significant battles, so often glorified in the historiography as tactical successes. His descriptions are meticulous and personal; injuries are described scientifically, their stark details offering a vivid and horrifying picture of the aftermath of the fighting.

Percy’s singular position – living with the soldiers and sharing in their poor conditions, while also being aware of the administrative decisions that governed (and often negatively impacted) their lives – makes for an account that is simultaneously fascinating for the general reader and invaluable for scholars of military and surgical history.

Genre(s) et sexualité(s) dans l’histoire de la philosophie occidentale

Genre(s) et sexualité(s) dans l’histoire de la philosophie occidentale

Appel à communications

Aix-en-Provence, France, 12-14 novembre 2024


Aix-Marseille Université et le Centre Gilles Gaston Granger (CNRS UMR 7304) organisent, avec le soutien du GIS-Institut du Genre, un colloque international sur « Genre(s) et Sexualité(s) dans l’histoire de la philosophie occidentale ». (english below)

Le genre et la sexualité semblent à première vue des objets de réflexion secondaires dans l’histoire de la philosophie. D’abord parce que les philosophes y ont consacré peu d’écrits. Ensuite, parce que ces écrits sont souvent considérés comme moins philosophiques que d’autres, et peu systématiques. Les questions liées à la différence des sexes, au genre, ou à la place de la sexualité dans une anthropologie philosophique semblent éloignées d’une forme de pensée qui se conçoit volontiers comme universelle et non genrée, propre à un sujet rationnel qui, comme tel, n’est pas marqué par la différence sexuelle.

On pourrait en conclure que genre et sexualité ne deviennent des thèmes philosophiques dignes d’intérêt qu’avec le développement récent des critiques féministes de ce sujet universel et asexué, lequel se révèle alors comme un sujet sexuellement situé, masculin, dont le discours philosophique, sous sa généralité apparente, est potentiellement vecteur de domination et producteur de hiérarchies. C’est ainsi que s’ouvre, à partir des années 80, un nouveau champ d’études en histoire de la philosophie, particulièrement dans la littérature anglo-saxonne, où le genre devient une catégorie interprétative et critique, non seulement en histoire de la philosophie politique (e.g., Okin 1979 ; Pateman 1988) mais aussi dans l’histoire de la métaphysique et de l’épistémologie (e.g., Lloyd 1984 ; Collin, Pisier, Varikas 2000).

Cette césure entre un avant et un après, une fois produits ses effets massifs de nouveauté et de relecture critique, gagne à être repensée dans le cadre d’une interrogation plus fine des textes de la tradition philosophique. C’est le principal objectif que s’assigne le colloque « Genre(s) et sexualité(s) dans les discours philosophiques » en proposant de conjuguer les deux approches : historique et critique.

D’un point de vue historique, nous souhaitons interroger des discours philosophiques variés sur le genre et la sexualité, afin d’analyser et d’éclairer la spécificité de leur conceptualité. Nous sollicitons donc la contribution de spécialistes en histoire de la philosophie (antique, médiévale, moderne et contemporaine) pour interroger la manière dont les concepts de sexe et de genre répondent, ou au contraire résistent, aux corps de doctrines dans lesquels ils s’inscrivent. Sont également bienvenues les approches comparatives et dialogiques au sein d’un contexte ou d’une période philosophique déterminée (e.g. Pellegrin 2020).

D’un point de vue critique, le colloque entend interroger le pouvoir idéologique de ces discours : la manière dont ils ne servent pas seulement de relais à des préjugés historiques, mais contribuent à former et à justifier des croyances communément partagées, qui marquent encore aujourd'hui nos manières habituelles de penser le genre. Nous sollicitons donc également des contributions partant de la tradition critique (sociale ou poststructuraliste, féministe et écoféministe) afin de repenser certaines œuvres philosophiques de l’histoire de la philosophie occidentale, des plus fameuses aux moins lues.

Comité scientifique

Maddalena Bonelli, Università degli studi di Bergamo

Martina Ferrari, Villanova University, USA

Stanimir Panayotov, Institute for Literature, Bulgarian Academy of Sciences

Marie-Frédérique Pellegrin, IRHIM CNRS UMR 5317



Les propositions de contribution, rédigées en français ou en anglais, ne doivent pas excéder 500 mots. Merci de les envoyer avec une courte bio-bibliographie à : isabelle.koch@univ-amu.fr, paula.lorelle@univ-amu.fr.

Date limite d’envoi : 15 juillet 2024 – Communication des résultats : 10 août 2024.

Informations complémentaires : nous ne pourrons pas financer le transport et l’hébergement, mais des financements limités peuvent être proposés sur demande pour les étudiantes et étudiants en Master et en Doctorat.




Gender/s and Sexuality/ies in the History of Western Philosophy

Call for applications

Aix-en-Provence, France, November 2024, 12th to 14th


Aix Marseille University and the research team Centre Gilles Gaston Granger (CNRS UMR 7304) are organizing, with the support of the GIS – Institut du Genre, a three days event on “Gender/s and Sexuality/ies in History of western Philosophy”

Gender and sexuality might first seem to be marginal objects of reflection in the History of western philosophy. Firstly, because there are little writings about them. Secondly, because these writings are often considered as less philosophical and systematic. Questions related to sexual difference, gender, and the place of sexuality in a philosophical anthropology, seem far removed from a reflection that often considers itself as universal and non-gendered, attached to a rational subject which, as such, is not marked by sexual difference.

One might conclude that gender and sexuality have only become worthy of interest, as philosophical themes, with the recent development of feminist critiques of this universal subject. Through this critique, the philosophical subject appears to be sexually situated and masculine, and his philosophical discourse, despite its seeming generality, appears to produce hierarchies and domination. A new field of study thus emerges in the 80’s, particularly in Anglo-Saxon literature, where gender becomes a critique and interpretative category, not only in the history of political philosophy (e.g. Okin 1979 ; Pateman 1988), but also in the history of metaphysics and epistemology (e.g. Lloyd 1984 ; Collin, Pisier, Varikas 2000).

This break, once produced its massive effects of renewal and critical readings, needs to be reconsidered in the context of a finer analysis of the philosophical tradition. This is the main objective of the two-days event “Gender/s and Sexuality/ies in History of western Philosophy”, which intends to combine both historical and critical approaches.

From a historical standpoint, one would like to question various philosophical discourses about gender and sexuality, in order to analyze and enlighten their specific conceptuality. We encourage contributions of specialists in Ancient, Modern and Contemporary Philosophy, questioning the way in which the concepts of sex or gender fit or resist to the larger doctrine in which they appear. Among this historical standpoint, comparative and dialogical approaches, within a specific philosophical period or context, are also welcome (e.g. Pellegrin 2020).

From a critical standpoint, one would like to question the ideological power of these discourses: the way in which they do not only relay historical prejudices, but contribute to form and justify common beliefs about gender which still inform our actual ways of thinking about it. In this sense, we encourage contributions that intend to start from the critical tradition (social or poststructuralist, feminist or ecofeminist), in order to reconsider particular philosophical works, from the most famous ones to the less known texts in the history of western philosophy.

Scientific board

Maddalena Bonelli, Università degli studi di Bergamo

Martina Ferrari, Villanova University, USA

Stanimir Panayotov, Institute for Literature, Bulgarian Academy of Sciences

Marie-Frédérique Pellegrin, IRHIM CNRS UMR 5317



Abstracts of no more than 500 words are to be submitted in English or French. Please send your proposal and a short bio-bibliography to : isabelle.koch@univ-amu.fr and paula.lorelle@univ-amu.fr

Deadline : July 15th, 2024. Authors will be notified of acceptance by August 10th, 2024.

Additional information : we will not be able to provide funding for travel and accommodation. However, limited funding may be available upon request for participating graduate and PhD students.

samedi 22 juin 2024

Fléaux, parcs et pouvoir dans le New York de l’ère progressiste

The Lung Block: Plagues, Parks, and Power in Progressive-Era New York
 

Adrienne deNoyelles

Publisher ‏ : ‎ University of Pittsburgh Press (June 4, 2024)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 264 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0822947868



Public health, housing, poverty, and immigration dominated social and political discourse in early twentieth-century New York, much as they do today. The Lower East Side provided an urban environment where infectious disease and other public health concerns flourished. One city block in particular, known in muckraking circles as “The Lung Block,” housed four thousand first- and second-generation Americans in dilapidated tenements where deadly tuberculosis spread uninhibited. The Lung Block looks at a 1903 reform crusade to demolish this working-class tenement neighborhood and replace it with a park. Progressive reformers aimed to confront the area’s moral and environmental dangers, but their conceptualization of the problem and methods for addressing it placed them into direct conflict with the hand-to-mouth priorities of the residents. The campaign and its eventual failure illuminate the formidable social barriers distancing urban reformers and the marginalized populations they intend to help.