vendredi 26 août 2022

Gabrielle Falloppia

Gabrielle Falloppia, 1522/23-1562. The Life and Work of a Renaissance Anatomist


Michael Stolberg


Routledge
August 12, 2022 
256 Pages 5 B/W Illustrations
ISBN 9781032149707



Renaissance anatomist Gabrielle Falloppia is best known today for his account of the eponymous fallopian tubes but he made numerous other anatomical discoveries as well, was one of the most famous surgeons of his time, and is widely believed to have invented the condom.

Drawing on Falloppia's Observationes anatomicae of 1561 and on dozens of handwritten and published sets of student notes, this book not only looks at Falloppia’s anatomical lectures and demonstrations. It also studies Falloppia’s work on surgical topics – including the French disease and cosmetic surgery – on thermal waters, and on pharmacology. Last but not least, it uses student notes and the letters of contemporary scholars to throw a new light on Falloppia’s biography, on his very special relationship with the botanist Melchior Wieland, who lived in his house for several years, and on his conflicts with his fellow professors in Padua, one of whom, Bassiano Landi, was murdered just ten days after his funeral – by Falloppia’s disciples, as some believed.

Written by one of the leading scholars in the field of early modern medicine, this book will appeal to all those interested in the teaching and practice of anatomy, surgery, and pharmacology in the Renaissance.

Les Savoirs scientifiques, technologiques, et médicaux dans l’histoire de la France et du monde francophone

Les Savoirs scientifiques, technologiques, et médicaux dans l’histoire de la France et du monde francophone 


Appel à articles 

Les éditrices de French Historical Studies lancent un appel à articles pour un numéro spécial de la revue sur l’histoire de la science, la technologie, et la médicine, à paraître en 2025. Toutes les périodes de l’histoire entrent dans notre champ d’investigation, de l’époque médiévale à nos jours. Les perspectives métropolitaines, coloniales ou transnationales ainsi que des approches pluridisciplinaires sont encouragées. 

Les articles choisis pour ce numéro spécial vont représenter la richesse de la recherche et des approches actuelles dans ces domaines, tout et en indiquant des pistes de recherche prometteuses pour le futur. Une liste non-exclusive des thématiques envisagées comprend : 
  • Matériaux, matérialisme, matérialité
  • Epistémologie et ontologie
  • Les données et les archives
  • Histoires des émotions, des sens et des sensibilités  
  • Migrations et mobilités 

Pour soumettre un article, veuillez consulter www.editorialmanager.com/fhs/default.aspx. Après vous être enregistré.e, suivez les instructions de la section « Instructions for Authors ». Les articles peuvent être soumis en anglais ou en français, mais, dans les deux cas, ils doivent être conformes au style de FHS, et doivent être accompagnés d’un résumé ou abstract de 150 mots, dans les deux langues. Les manuscrits doivent comporter entre 8 000 et 12 000 mots. Concernant les illustrations, prises de vue, ou extraits de film, les auteurs doivent obtenir la permission écrite de les publier sous forme papier et digitale de la part des personnes dépositaires des droits sur ces images ou extraits audiovisuels, ou de la part des responsables des institutions d’où les images sont originaires. 

Les questions sont à adresser aux directrice et directeur du numéro spécial : April Shelford (shelfor@american.edu) et Peter Soppelsa (peter.soppelsa@ou.edu). 

La date limite pour soumettre les articles est fixée au 21 août 2023.


Call for Papers: Science, Technology, and Medicine in French and Francophone Histories
by April Shelford


The editors of French Historical Studies seek articles for a special issue on the histories of science, technology, and medicine to appear in 2025. Topics may range chronologically from the medieval period forward; they may focus on France or move beyond the hexagon, exploring colonial, imperial, transnational, or global dimensions.

Ideally, the articles selected for this special issue will suggest the richness of scholarship on these topics in French and francophone contexts, reflect current concerns and approaches, and indicate productive future directions. We are particularly interested in papers that address the following themes, though authors are by no means limited to these:
  • Materials, materialism, and materiality
  • Epistemology and ontology
  • Data and archives
  • Affect, emotion, and sensory history
  • Circulation and mobilities

Scholars with questions about whether their research would fit into the special issue are encouraged to contact the guest editors, April Shelford (shelfor@american.edu) and Peter Soppelsa (peter.soppelsa@ou.edu).

To submit an article, visit www.editorialmanager.com/fhs/default.aspx. After registering, follow the submission instructions under “Instructions for Authors” on the website. Articles may be either in English or in French but must in either case conform to French Historical Studies style and must be accompanied by 150-word abstracts in both French and English. Manuscripts may be between 8,000 words and 12,000 words. For illustrations, stills, or film clips, authors must obtain written permission for both print and online publication from the relevant rights-holding persons or individuals.

Deadline for submission of papers to FHS is August 21, 2023.



jeudi 25 août 2022

Suicide masculin et masculinité dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle

Male Suicide and Masculinity in 19th-century Britain. Stories of Self-Destruction

Lyndsay Galpin

 

Bloomsbury Academic
Published 05 May 2022
ISBN 9781350264892



This book shows how interpretations of suicidal motives were guided by gendered expectations of behaviour, and that these expectations were constructed to create meaning and understanding for family, friends and witnesses. Providing an insight into how people of this era understood suicidal behaviour and motives, it challenges the assertion that suicide was seen as a distinctly feminine act, and that men who took their own lives were feminized as a result. Instead, it shows that masculinity was understood in a more nuanced way than gender binaries allow, and that a man's masculinity was measured against other men.

Focusing on four common narrative types; the love-suicide, the unemployed suicide, the suicide of the fraudster or speculator, and the suicide of the dishonoured solider, it provides historical context to modern discussions about the crisis of masculinity and rising male suicide rates. It reveals that narratives around male suicides are not so different today as they were then, and that our modern model of masculinity can be traced back to the 19th century.

Les sources de la folie

Les sources de la folie 


Appel à contributions


Les coordinateur·rice·s sont membres du projet ERC MaDAf « A History of Madness in West Africa: Governing Mental Disorder during Decolonisation (Senegal, Burkina Faso and Ghana - 1940s – 1970s)».

Voir : https://cordis.europa.eu/project/id/852448/fr ; https://madaf.hypotheses.org/. Gina Aït Mehdi (https://madaf.hypotheses.org/gina-ait-mehdi-posdoc)
Camille Evrard (https://madaf.hypotheses.org/camille-evrard-postdoc)
Raphaël Gallien (https://madaf.hypotheses.org/raphael-gallien-associated-phd-student)
Paul Marquis (https://madaf.hypotheses.org/paul-marquis-postdoc)
Romain Tiquet (https://madaf.hypotheses.org/romain-tiquet-pi).
 

Calendrier aux auteur·e·s 

30 septembre 2022 : envoi des propositions d’article, consistant en un résumé d’une vingtaine de lignes avec titre provisoire, nom(s), coordonnées et affiliations des auteur·e·s. Une adresse mail doit y être impérativement indiquée.
Le résumé doit présenter la nature des matériaux traités, les décrire brièvement, donner des éléments de contextualisation en lien avec la discipline et la question de recherche. Indiquer les possibilités de diffusion en ligne des sources – entières ou partielles.
1er novembre 2022 : réponse aux auteur·e·s (acceptation ou refus)
1er mars 2023 : envoi de l’article
15 juillet 2023 : envoi d’un rapport d’évaluation aux auteur·e·s
1er octobre 2023 : remise des versions finales de l’article
Printemps 2024 : sortie du numéro
 

Envoi des propositions
Les résumés puis les articles seront envoyés à la revue Sources (sources@services.cnrs.fr) en mettant en copie l’équipe de coordination du dossier : Romain Tiquet (romain.tiquet@gmail.com) ;
Camille Evrard (camillevrard@mailbox.org) ;
Paul Marquis (paul.marquis@sciencespo.fr) ;
Gina Aït Mehdi (aitmehdigina@gmail.com)
Raphaël Gallien (raphael.gallien@gmail.com)
 

Format
Les textes peuvent être soumis aux formats .doc, .docx, .odt, .rtf. Les résumés devront faire de 3 000 à 5 000 signes. Les articles devront comporter en moyenne 45 000 signes (comprenant la bibliographie, le résumé et les mots-clés) mais des textes plus courts ou plus longs pourront également être acceptés.

Merci de prendre connaissance des règles de sélection des textes et des conditions de publication : https://www.sources-journal.org/160, ainsi que des instructions aux auteurs : https://www.sources-journal.org/164.

***
Présentation

Cette proposition de dossier spécial sur les sources de la folie en Afrique (continent et diasporas) s’inscrit dans le renouvellement épistémologique récent des études concernant le trouble mental sur le continent. Elle part du constat que les réflexions sur la nature et la diversité des sources mobilisées dans ce domaine par les chercheur·e·s restent clairsemées et fragmentaires. Ancré dans une perspective interdisciplinaire et de longue durée, ce dossier a pour objectif de montrer la richesse des matériaux exploités, autant que de promouvoir une réflexion sur des sources souvent situées à l’intersection de différentes médiations (médicales, administratives, (post)coloniales, etc.).

Si la question de la folie sur le continent africain a suscité de nombreuses recherches historiographiques depuis les années 1980, c’est généralement pour insister sur la psychiatrie coloniale comme un outil de contrôle social et biopolitique parmi d’autres, au service d’une mise en valeur rationnelle du monde colonisé, basée sur des préjugés raciaux, afin d’affirmer et de légitimer la mission civilisatrice (Sadowsky 1999 ; Jackson 2005 ; Mahone & Vaughan 2007 ; Keller 2007 ; Scarfone 2016). Constituant le pendant de cette première lecture, d’autres recherches se sont plutôt concentrées sur des figures de psychiatres – que l’on pense à Frantz Fanon ou Henri Collomb par exemple. Renversant le stigmate d’une psychiatrie présentée comme carcérale et essentialiste, ces médecins ont commencé à réfléchir à partir des années 1950 à l’étude des savoirs et des modèles locaux de prise en charge des troubles mentaux (Keller 2007 ; Khalfa & Young 2015 ; Collignon 2018 ; Robcis 2020). Cependant, aussi riche que soit cette première génération de travaux, très peu reviennent sur la spécificité des sources en contexte africain, ni sur les enjeux autour des conditions d’enquête et d’analyse empirique.

Au-delà des seuls terrains africains, plusieurs pistes de réflexion ont récemment été ouvertes par les sciences sociales sur les matériaux de recherche et les conditions d’études de la folie et de la maladie mentale. En histoire, certains travaux se centrent sur la nature des sources, leur particularité et la possibilité d’y accéder (Klein, Perreault & Thifault 2016), tandis que d’autres insistent davantage sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques de leur exploitation (Bueltzingsloewen 2015 ; Guignard & Guillemain 2016 ; Basso & Delbraccio 2017). À la suite du patient turn et du material turn (Roy 1985 ; Bacopoulos-Viau et Fauvel 2016) et des approches nombreuses en sciences sociales qui interrogent plus largement l’expérience sociale de la folie (Goffman 1968 ; Estroff ; 1998 ; Velpry 2008), les recherches contemporaines empruntent désormais de nouveaux itinéraires d’enquête, qui consistent notamment à s’approcher au plus près des parcours individuels, tant des malades et de leur famille que des médecins et personnels soignants (Derrien 2015 ; Le Bonhomme 2016 ; Le Bras 2018 ; Lebel & Thifault 2021). De ces études résulte une analyse des institutions et des dispositifs psychiatriques qui dévoile leurs caractères bien plus perméables et moins figés que d’apparence (Majerus 2013 ; Klein, Guillemain & Thifault 2018 ; Edington 2019). Dans la continuité de ce mouvement, les recherches contemporaines sur la folie en Afrique dépassent une lecture macroscopique pour s’intéresser au quotidien de la folie, au plus proche des acteurs et de leur environnement social, politique et économique (Aït Mehdi & Tiquet 2020 ; Marquis 2021 ; Gallien 2022).

L’objectif de ce dossier est donc de réfléchir aux sources mobilisables pour une étude qui, tout en considérant des dispositifs institutionnels qui entourent la folie, permet également de produire des connaissances sur l’ordinaire des troubles mentaux et de ceux qui les vivent. Il s’agira de confronter de manière croisée un ensemble varié de sources ayant trait à une intimité marquée par le stigmate social. Ces sources peuvent être archivistiques (archives coloniales, institutionnelles, médicales, personnelles), imprimées (presse, ouvrages, photographies) ou ethnographiques (enquêtes orales, observation participante, carnets de terrain). À travers ces différents corpus surgit par ailleurs la question du positionnement du chercheur face à des existences souvent fragiles et précaires. Comment ne pas redoubler la violence de l’assignation sociale et du regard qui objective, ni être confondu avec le médecin ou, plus largement, le personnel soignant ? Jusqu’où l’enquête peut-elle être menée sans pour autant accentuer des représentations sociales qui excluent et marginalisent ? Faut-il se limiter aux traces laissées par les patients et leurs familles dans les archives ou partir à leur rencontre, au risque de réactiver traumatisme et/ou exclusion sociale ? En s’intéressant aux sources à disposition pour l’étude de la folie, les chercheur·e·s sont confronté·e·s à un ensemble de questions éthiques qui traverseront l’ensemble des contributions du dossier.

Aux questions de secret médical, de protection de vies privées et à la possibilité de mettre à jour des intimités qui font tout pour se dissimuler au regard de l’autre, s’entrecroise la volonté d’une recherche qui souhaite dépasser tabous et non-dits, où prime la liberté de l’enquête. Travailler sur la folie c’est, plus encore que pour tout autre objet de recherche, devoir s’interroger sur le sens et les effets d’une démarche, ainsi que sur le corpus mobilisable pour y accéder – sa portée, ses limites et son inévitable coût pour les enquêté·e·s comme pour les chercheur·e·s.

La finalité de ce numéro est donc de donner à voir des itinéraires et des partis pris méthodologiques. Rarement univoques et au carrefour de plusieurs méthodes d’enquêtes, ceux-ci permettent de penser l’étude de la folie en Afrique au-delà des seuls discours médicaux ou religieux souvent hégémoniques.

Les contributions pourront s’inscrire dans trois axes.
 

Transcrire la folie : à propos de l’archive médicale

Les historien·ne·s n’ont pas manqué de s’interroger sur la spécificité de l’archive médicale, qui sélectionne certaines manifestations et caractéristiques dans l’optique de catégoriser les individus concernés. En contextes africains, ce processus de pathologisation s’articule aux médiations (post)coloniales, qui, à leur tour, sélectionnent des éléments au profit d’une narration spécifique (Hamani 2017 ; Gallien 2020). Il s’agit de promouvoir une recherche attentive à l’empreinte sociale des évènements retenus par les différentes autorités. L’objectif est notamment de dépasser les seules catégories médicales, coloniales ou religieuses afin de redonner de l’épaisseur à un trouble mental qui, au travers des descriptions qui en sont faites, ne se laisse jamais totalement enfermer à l’intérieur de démarcations plus ou moins explicites.

À ce titre, la question de l’accès aux dossiers de patients, celle de leur spécificité, de leur exploration et de leur diffusion constitue un enjeu fondamental afin de revenir sur la pluralité des documents qui leur donnent corps et réfléchir aux logiques qui les sous-tendent. Si le dossier de patient est souvent présenté comme une modalité universelle et uniforme de l’internement, on constate dans les faits de réelles variables selon les institutions et les localités, nous obligeant à plus de nuances lorsqu’il s’agit d’interroger cette mise en forme particulière de la maladie mentale. Les configurations locales et nationales, coloniales et postcoloniales, ou encore médicales, sociales et culturelles propres aux contextes africains se répercutent-elles sur l’ordonnancement et le contenu des dossiers psychiatriques ? Au-delà de leur contenu, il s’agit également de s’interroger sur leur état et leurs modalités de conservation : l’accès et l’archivage des dossiers en « terrains africains » se présentent-ils sous un angle spécifique ? Face à des archives parfois reléguées, les chercheurs doivent-ils·elles se faire archivistes et « sauver » ces dossiers ?

Par ailleurs, à l’intérieur de ces dossiers, et au-delà de l’écriture médicale, se retrouvent parfois conditionnées des productions propres aux malades ou à leurs familles. Dans ces éléments s’exprime une condition subjective faisant place aux sentiments, attentes et horizons de l’interné par ailleurs rarement accessibles au chercheur. Correspondances, écrits intimes, dessins, et autres requêtes adressées par le malade à l’administration ou aux médecins : autant d’écritures de soi qui permettent d’approcher « par le bas » l’intimité et l’épaisseur de vies en souffrance psychique ainsi que leur inscription dans le tissu familial, institutionnel et plus largement social.
 

Au-delà de l’archive médicale : la diversité des sources écrites

D’autres types de documents écrits existent pour approcher l’étude du trouble mental sur le continent, qu’il s’agisse de registres de garde, de textes législatifs, de règlements propres aux établissements, de notes de médecins, d’extraits de presse, de littérature « grise » ou encore d’archives diplomatiques ou religieuses. Tous proposent un discours singulier sur la souffrance psychique, permettant de varier les échelles, les espaces et les angles d’analyse. L’étude de la folie peut se faire à partir de matériaux très divers, qui témoignent du caractère diffus de la prise en charge de la souffrance mentale, mais également de sa présence au quotidien. L’objectif de ce dossier est tout autant d’exposer ces matériaux que de réfléchir à leur possible croisement avec des sources écrites plus directement médicales. À l’inverse d’une folie insaisissable, et plus qu’un épisode faisant rupture dans le quotidien confiné au seul registre médical, le trouble psychique apparaît alors comme un fait social total, mobilisant l’ensemble des sphères de la société.

La diversité de ces sources implique une variété d’itinéraires de recherche et une inventivité pour se rapprocher de trajectoires de vie. Une somme de traces écrites qu’il s’agira aussi d’entrecroiser afin d’interroger leur point de jonction ou à l’inverse l’incommensurabilité des discours et modes de prise en charge en fonction des acteurs, lieux et temporalités. Face à chaque document, se pose ainsi la question de ce que peuvent dire les sources mais aussi de ce que l’on veut leur faire dire, de ce qu’elles mettent en scène ou, à l’inverse, de ce qu’elles taisent et ne cessent de vouloir dissimuler et invisibiliser.
 

Entre visible et invisible : matérialités et voix de la folie

Si les enjeux autour de l’écrit restent forts, l’objectif de ce dossier est également de faire émerger des problématiques plus directement liées à la question de l’expression de la folie dans sa contemporanéité, tant du point de vue de son observation directe (ethnographie et entretiens) que des traces matérielles et mémorielles qui façonnent son héritage. Ce dossier entend ainsi promouvoir des réflexions sur le travail de l’anthropologue confronté à l’institutionnalisation religieuse ou médicale du trouble (Legrip-Randriambelo 2020), mais également mettre en avant toute rencontre avec des formes de gestion de la folie plus diffuses, des pratiques les plus libérales aux expériences les plus carcérales (Petit 2020).

À partir de quels outils et selon quels cadres d’observation parvient-on à approcher la folie ? Des travaux usant de captations sonores ou visuelles offrent par exemple des pistes nouvelles pour approcher ces réalités (Akana, en cours). Plus largement, la question de la corporéité et de l’expression publique de la folie représente un espace d’investigation qui reste à ce jour encore peu exploré (Diagne 2016). La place accordée aux carnets de terrains et aux entretiens sollicitant notamment des personnes souffrant de troubles mentaux ou leurs proches constitue autant d’enjeux épistémologiques qu’éthiques qui méritent d’être explorés.

Avec la question du visible s’impose aussi la question de l’invisible. Ici se repose le problème de la catégorisation de la folie, face à des troubles qui sont souvent façonnés par différents discours et registres de langue plus ou moins compatibles. Un malade arrivant à l’hôpital peut avoir déjà connu plusieurs diagnostics issus des religieux ou tradithérapeutes qui viennent transformer la forme de son trouble. Le diagnostic du médecin ne vient-il dès lors qu’opacifier les représentations du malade et de ses proches, ou se laisse-t-il également pénétrer par des appréhensions nosographiques qui le précèdent ? De la même manière, jusqu’à quel point le tradithérapeute ou le religieux peuvent-ils se laisser influencer par le discours biomédical ? Autant de transactions qui n’émergent pas à l’écrit, mais se révèlent omniprésentes, chacun cherchant à se positionner face à l’autre. Bien que cette concurrence dans l’appréhension du trouble soit souvent relevée (Diagne et Lovell 2019), ce dossier sera ainsi l’occasion de réfléchir à leur articulation et aux moyens qu’ont les chercheur·e·s pour faire émerger ces enjeux souvent dissimulés.

La question des héritages matériels, des espaces et des objets de la folie constituera un autre volet de ce dossier. Si les recherches sur la folie en Afrique ont beaucoup insisté sur les discours et l’héritage de la psychiatrie coloniale (Kilroy-Marac 2019), on sait finalement encore peu de choses sur le quotidien des institutions, leurs continuités et réappropriations patrimoniales et les enjeux de leur agencement (accès à l’eau, éloignement de la route, visibilité de l’institution, etc.). Au-delà des seuls espaces médicaux ou religieux qui s’imposent souvent, les propositions d’articles pourront envisager d’autres lieux, par exemple la rue ou le strict espace familial. L’examen des objets du quotidien, de mobiliers rituels et des médecines curatives, dans le prolongement des recherches sur les « cultures matérielles » de la psychiatrie et de la folie (Majerus & Ankele 2020), intéresseront, enfin, ce dossier.
 

Bibliographie

Aït Mehdi, Gina, et Romain Tiquet. 2020. « Introduction au thème. Penser la folie au quotidien ». Politique africaine, n° 157 : 17-38. https://doi.org/10.3917/polaf.157.0017.

Akana, Parfait. 2022. « Le thème de la folie dans la création télévisuelle au Cameroun. Essai d’anthropologie visuelle ». Projet de recherche en cours.

Bacapoulos-Viau, Alexandra, et Aude Fauvel. 2016. « Tales from the Asylum: Patient Narratives and the (De)construction of Psychiatry ». Medical History 60 (1). https://doi.org/10.1017/mdh.2015.65.

Basso, Elisabetta, et Mireille Delbraccio. 2017. « Introduction : La psychiatrie en ses archives, entre histoire et épistémologie ». Revue d’histoire des sciences 70 (2) : 255-273. https://doi.org/10.3917/rhs.702.0255.

von Bueltzingsloewen, Isabelle. 2015. « Vers un désenclavement de l’histoire de la psychiatrie ». Le Mouvement social, n° 253 : 3-11. https://doi.org/10.3917/lms.253.0003.

Collignon, René. 2018. « Henri Collomb and the Emergence of a Psychiatry Open to Otherness through Interdisciplinary Dialogue in Post-independence Dakar ». History of Psychiatry 29 (3): 350-362. https://doi.org/10.1177/0957154X18777210.

Diagne, Papa Mamadou, et Anne M. Lovell. 2019. « Falling, Dying Sheep, and the Divine: Notes on Thick Therapeutics in Peri-Urban Senegal ». Culture, Medicine, and Psychiatry 43 (4) : 663- 685. https://doi.org/10.1007/s11013-019-09657-2.

Derrien, Marie. 2015. « “La tête en capilotade” : les soldats de la Grande Guerre internés dans les hôpitaux psychiatriques français (1914-1980) ». Thèse de doctorat en histoire. Lyon : Université Lyon 2. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01715662/document.

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r
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Velpry, Livia. 2008. Le quotidien de la psychiatrie. Sociologie de la maladie mentale. Paris : Armand Colin.

mercredi 24 août 2022

Catherine II face à la variole

The Empress and the English Doctor: How Catherine the Great defied a deadly virus 

Lucy Ward


Publisher ‏ : ‎ Oneworld Publications (June 7, 2022)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 352 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0861542451



‘Sparkling history…with a fairytale atmosphere of sleigh rides, royal palaces and heroic risk-taking’ The Times

‘It is hard to imagine a more timely or important book… a must-read’ Jojo Moyes

A killer virus…an all-powerful Empress…an encounter cloaked in secrecy…the astonishing true story.

Within living memory, smallpox was a dreaded disease. Over human history it has killed untold millions. Back in the eighteenth century, as epidemics swept Europe, the first rumours emerged of an effective treatment: a mysterious method called inoculation.

But a key problem remained: convincing people to accept the preventative remedy, the forerunner of vaccination. Arguments raged over risks and benefits, and public resistance ran high. As smallpox ravaged her empire and threatened her court, Catherine the Great took the momentous decision to summon the Quaker physician Thomas Dimsdale to St Petersburg to carry out a secret mission that would transform both their lives. Lucy Ward expertly unveils the extraordinary story of Enlightenment ideals, female leadership and the fight to promote science over superstition.

Poste en histoire des sciences de la vie

Tenure-Track Professor in History of the Modern Life Sciences 

Call for applications 

Harvard University

Faculty of Arts and Sciences, Department of History of Science Cambridge, MA


Position Description: The Department of History of Science seeks to appoint a tenure-track Assistant Professor or tenure-track Associate Professor in the History of the Modern Life Sciences, broadly construed. The position involves undergraduate and graduate teaching, as well as advising graduate students at M.A. and Ph.D. levels. The appointment is expected to begin on 1 July 2023.


Keywords: faculty, tenure-track, history, biology, biomedicine, race, ethnicity, life science, Boston, Cambridge, Massachusetts, MA, Northeast, New England

Basic Qualifications: Doctorate in History of Science, History, Science Studies, or related disciplines required by the time the appointment begins.

Additional Qualifications: Demonstrated strong commitment to teaching and advising is desirable.

Special Instructions: Please submit the following materials through the ARIeS portal (https://academicpositions.harvard.edu/postings/11515). Applications must be submitted no later than 1 October 2022.



1. Cover letter.

2. Curriculum Vitae.

3. Teaching/advising statement (describing teaching philosophy and practices, draft syllabi may be included).

4. Research statement (describing the dissertation and provisional plans for the next project).

5. Statement describing efforts to encourage diversity, inclusion, and belonging, including past, current, and anticipated future contributions in these areas.

6. Names and contact information of 3 referees. The committee will ask for letters on behalf of long-listed candidates.

7. Writing sample or copies of publications.


Harvard is an equal opportunity employer. All qualified applicants will receive consideration for employment without regard to race, color, religion, sex, national origin, disability status, protected veteran status, gender identity, sexual orientation, pregnancy and pregnancy-related conditions, or any other characteristic protected by law.



Contact Information: Yaz Alfata, Search Committee, Department of History of Science, Harvard University, Science Center 371, 1 Oxford Street, Cambridge MA 02138.

yalfata@fas.harvard.edu

mardi 23 août 2022

L'architecture et le médecin américain moderne

Building Schools, Making Doctors: Architecture and the Modern American Physician

Katherine L. Carroll

 
Publisher ‏ : ‎ University of Pittsburgh Press (May 31, 2022)
Language ‏ : ‎ English
Hardcover ‏ : ‎ 438 pages
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-0822947059


In the late nineteenth century, medical educators intent on transforming American physicians into scientifically trained, elite professionals recognized the value of medical school design for their reform efforts. Between 1893 and 1940, nearly every medical college in the country rebuilt or substantially renovated its facility. In Building Schools, Making Doctors, Katherine Carroll reveals how the schools constructed during this fifty-year period did more than passively house a remodeled system of medical training; they actively participated in defining and promoting an innovative pedagogy, modern science, and the new physician.

Interdisciplinary and wide ranging, her study moves architecture from the periphery of medical education to the center, uncovering a network of medical educators, architects, and philanthropists who believed that the educational environment itself shaped how students learned and the type of physicians they became. Carroll offers the first comprehensive study of the science and pedagogy formulated by the buildings, the influence of the schools’ donors and architects, the impact of the structures on the urban landscape and the local community, and the facilities’ privileging of white men within the medical profession during this formative period for physicians and medical schools.

Voix négligées dans les sciences prémodernes

Neglected Voices in Premodern Sciences, from Persia to Iceland

Call for Abstracts
 

(Routledge, “Global Perspectives on the History of Natural Philosophy”)


Most of the studies about Pre-modern European sciences have been dedicated to the role played by a relatively small number of primary characters (Avicenna, Albert the Great, Roger Bacon, Nicole Oresme, Nicholas of Cusa, to name but a few) who had a significant impact on knowledge, culture and modi pensandi of the Latin West throughout and beyond the Middle Ages. However, this presentation has led to two closely related consequences. The first consequence is that while the works of the “main” authors tend to be thoroughly studied and thus their ideas continuously observed and reinforced, those of other, less known characters, have received little, if any, attention, or have simply been forgotten, primarily when they evolved on the fringe of the mainstream. The second consequence is that Pre-modern and Medieval science is often perceived as a monolith, one composed, and shaped, only by a few inspired authors.
In response to this observation, this book aims to shed light on these neglected voices in Pre-modern sciences and to give a voice even to those ‘underrated’ actors (authors, scribes, compilers, copyists, readers, users…) who nevertheless have somehow contributed to the formation of Medieval science. Within this perspective, the volume addresses these issues from the point of view of both ideas and practices, which are particularly delicate to interrogate when dealing mainly with textual material. For this purpose, several axes (not exhaustive) have been defined:


1) Authors against the tide: This section is particularly interested in authors who, in various ways, went against the major scientific tendencies of their time and developed their science as “free electrons” by contrast to their contemporaries. Several cases are to be considered: (1) authors whose scientific involvement goes against the traditional ways of thinking by exploring original and even daring theories and practices in opposition to what was in vogue at their time; (2) authors who evolved outside the main intellectual centers and networks of the time. This can be due either to their geographical situation on
the periphery of the traditional radiating places in the development of sciences or because
they did not belong to any organization, institutional group or religious order promoting
the diffusion and assimilation of knowledge.


2) Actors in the “physical” margins: This point focuses on those who added scientific contents into the “broader margins” of a Late Medieval work, i.e. in the actual margins, at the beginning or end of a manuscript or of a codicological unit. The contributions can analyze the authors’ identities, if they can be reconstructed, as well as the new contents which were added (ideas, sources, relationships with the main texts, reasons for which they were inserted, circulation…). Moreover, the texts considered can be both paratextual additions (comments, glosses, scholia…) or actual “guest texts”.


3) Unknown actors: This point questions the role of discrete authors, almost invisible and unknown, in the development and diffusion of Medieval knowledge. It aims to bring to light unpreserved authors who are known only through other posterior works. Within this perspective, one could consider both characters who left no written traces and authors whose works have been lost and are only known by later quotes. Papers focusing on figures evolving in an “oral culture” (for instance in the pre-Islamic context), who provided a basis for further scientific developments, will be particularly welcome.
Similarly, the scientific contribution of teachers, whose ideas and practices were kept through the writings of their students, deserves to be taken into account. Finally, papers highlighting the role of oral witnesses, practitioners and merchants, who might contribute to the transmission of knowledge by bringing empirical data taken from their daily practice, will be highly appreciated.


4) Authors between traditions: Another line of research will be dedicated to the study of the dissemination and use of scientific knowledge in areas outside the scientific field (art, literature…). In the first case, this volume is interested as much in the depictions of the figure of the experimenter or the scholar as in the artistic exploitation of the scientific disciplines. In the second case, a particular attention will also be paid to the integration of scientific knowledge into the literary domain. The sciences, as well as some scientific figures, become motifs and themes with specific narrative functions. Conversely, one might also consider the way in which scientific discourse is fed and expressed through a literary medium.


5) Authors on the fringes of historiography: Finally, this book also wants to give a voice to authors who received less attention despite their actual importance and significant contribution to premodern sciences. In particular, the historiographical readings and the appreciation of an author’s significance have been oriented, among other criteria, by their impact on European thought. Nevertheless, this attitude tends to exclude certain important characters from our usual research horizons. This is notably the case of authors who were not translated into Latin during the Middle Ages and who hardly reached
European Latin scholars at that time. From this point of view, this book gives the opportunity to reassess the original contribution of such authorities and even to reevaluate their possible influence on later works in more indirect ways, outside the scope of the translations.


Abstracts (250/300 words) should be sent to:
Meyssa Ben Saad (mbs.bsaad@gmail.com), Mattia Cipriani
(mattia.cipriani80@gmail.com), Grégory Clesse (gregory.clesse@uclouvain.be), or
Florence Ninitte (Florence.Ninitte@univ-nantes.fr).
Contributions will be written in English.
Abstracts submission deadline: on the 30th of September 2022.
Submission deadline for the completed articles: on the 30th of April 2023.