lundi 4 octobre 2021

Construire une histoire du handicap et de la surdité au travers des siècles

Construire une histoire du handicap et de la surdité au travers des siècles


Séminaire




NOUVEAU LIEN D’INSCRIPTION
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=899




5 octobre 2021 – 16h30/18h45 (en ligne)

Susanne Commend (U. d’Ottawa) – Quel rôle et quel engagement pour l’historienne du handicap au Québec ? Autour du militantisme, du “capacitisme” et des outils du chercheur.

Mariama Kaba (HFH Zurich) – Expériences vécues de personnes ayant un handicap physique ou un polyhandicap dans des institutions suisses entre 1950 et 2010 : étude comparative et participative.



2 novembre 2021 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Fabrice Bertin (EHESS), Ninon Dubourg (FNRS-ULiège) & Gildas Brégain (CNRS-Arènes) – Introduction et échanges.



7 décembre 2021 – 17h/19h (en ligne & Raspail)


Maryam Koushyar (U. d’Evry) – Aux prémices de la loi du 23 novembre 1957, la Commission Interministérielle pour la Réadaptation Professionnelle des Mutilés, Invalides et Diminués physiques.

Christophe Capuano (U. Lyon II) – La prise en charge des personnes infirmes et âgées dépendantes à domicile au 20e siècle.



4 janvier 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Ghislain Baury (Le Mans U.-TEMOS) – Une devenue sourde dans la Castille du XVe siècle : Thérèse de Carthagène et ses écrits.

Peter Vestraete (UCLouvain) – Timidité et handicap: vers une histoire d’entraves (impediments) au 20e siècle.



1 février 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Olivier Schetrit (CNRS-CEMS) – Pour une histoire de l’art Sourd (titre provisoire).

Louis Daubresse (U. de Lorraine) – Perception(s) de la surdité au cinéma.



1 mars 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Jeremy Chabrol (U. de Paris 1-ANHIMA) – Le corps infirme en Grèce ancienne, aux époques archaïque et classique : entre rejet et acceptation.

Jérôme Bas (U. de Paris 8) – Porte-parolat et processus historique d’unification de la catégorie de handicap.



5 avril 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Marie-Lys Arnette (IFAO) – La main et l’oreille. Comment la surdité et les sourds étaient-ils perçus dans l’Antiquité égyptienne ?

Valérie Delattre (INRAP) – La lecture archéologique de la place des personnes handicapées dans les sociétés du passé.



3 mai 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Léo Delaune (Unistra) et Olivier Richard (Unistra) – Emotions et handicap physique au Moyen Âge.

Yann Cantin (université Paris 8) – L’image du sourd dans les médias entre 1950 et 1980.



7 juin 2022 – 17h/19h (en ligne & Raspail)

Caroline Husquin (U. de Lille) – Les perceptions et les représentations de l’atteinte corporelle du Ier s. avant n. è. au IVe s. n. è. et leurs évolutions.

Thomas Rodot (U. de Bourgogne) – Perceptions et réalités des sourds dans l’Occident du Bas Moyen-Âge : entre stigmatisation et intégration.



Langues du séminaire: français et LSF – sous titrages en temps réel



Organisation : : Fabrice Bertin (fabrice.bertin@ehess.fr), Ninon Dubourg (ninon.dubourg@gmail.com), et Gildas Brégain (Gildas.BREGAIN@ehesp.fr) (image : Wellcome Library no. 33600i (CCBY4.0)




Alors que les synthèses sur l’histoire du handicap et de la surdité à toutes les époques historiques se multiplient actuellement dans la littérature anglo-saxonne, aucun ouvrage collectif n’a été publié dans la sphère francophone depuis le début des années 2000[1]. Les historiens du handicap et de la surdité de l’espace francophone sont aujourd’hui assez isolés, les réseaux constitués regroupant uniquement des historiens travaillant sur une thématique particulière (cécité[2], surdité[3]) ou sur la même période (par exemple le XXe siècle). L’histoire du handicap et celle de la surdité à l’époque contemporaine ont pris des chemins divergents. Les historiens de la surdité ont fondé leurs approches sur une conception culturelle de la surdité, conformément aux revendications portées par les mouvements associatifs sourds. Ne se reconnaissant pas dans la disability history, ils ont construit leurs propres réseaux scientifiques internationaux et ont construit une histoire de la surdité distante – parfois même hermétique – de celle du handicap. Les histoires du handicap et de la surdité ne se croisent donc que rarement, même si l’histoire des aveugles et celle des sourds s’entremêlent au cours de l’époque contemporaine : les sourds luttent d’ailleurs aux côtés des aveugles pour conquérir le droit à une éducation gratuite, laïque et obligatoire au cours des années 1930. Ce séminaire bimensuel a pour objectif de remédier à cette situation, en structurant un réseau francophone de recherche sur l’histoire du handicap et de la surdité toutes périodes historiques confondues.

La constitution d’un réseau francophone est d’autant plus urgente que le champ disciplinaire de l’histoire du handicap et de la surdité connaît actuellement un renouvellement considérable des méthodes et des approches scientifiques. Pendant de nombreuses années, le handicap a été considéré sous l’angle de l’histoire sociale de la marginalité, de la pauvreté et de la déviance. Dans les années 2000, les chercheurs ont clairement admis que la signification et donc l’expérience du handicap changeaient au fil du temps dans une culture donnée et entre cultures différentes[4]. Concernant la période médiévale, par exemple, la plupart des ouvrages publiés jusqu’à présent sont soit des études approfondies centrées sur des cas particuliers, soit des propos assez généraux sur la société étudiée[5]. De plus, les thématiques centrales divergent selon les époques : les historiens des époques médiévale et moderne prêtent un intérêt considérable au poids de la religion, ce qui n’est pas le cas des historiens de l’époque contemporaine. La littérature historique sur la période contemporaine a évolué d’un intérêt pour les politiques publiques, l’action des institutions éducatives[6], celle des associations[7] ou la trajectoire biographique ou l’action des grands personnages historiques (médecins, éducateurs), vers des approches transnationales[8] ou davantage biographiques[9], ou vers des approches plus intersectorielles, prenant en compte le genre ou la race. Dans le paradigme intersectionnel, le « handicap » ne constitue que l’une des multiples caractéristiques identitaires de l’individu. Seuls quelques travaux historiques ont pris en compte ce mode de pensée interdisciplinaire[10].

La littérature sur le handicap s’est rapidement développée après 2005, en s’appuyant sur une approche qui présente le handicap comme un phénomène socioculturel. Dans ces ouvrages, le handicap est mis en contraste avec la normativité au niveau conceptuel : il est conçu comme ce qui s’écarte des « normes » culturellement constituées à un moment donné[11]. En tant qu’histoire culturelle, l’histoire du handicap et de la surdité doit prendre en compte les continuités et les changements passés, en cultivant une vision à long terme entre les époques antiques et contemporaines, révélant les significations plurielles du handicap et de la surdité à travers les siècles[12]. Elle aurait avantage à considérer également les significations du handicap et de la surdité des territoires non occidentaux, afin de mieux cerner la manière dont les nombreuses vagues de migrations ont interprété le handicap et la surdité. Cette approche culturelle permet aussi de mettre en lumière la participation individuelle et collective des personnes handicapées aux rituels sociaux à différentes époques[13], une participation qui peut aussi être éclairée par l’archéologie[14].



Composition du comité scientifique :

Yann Cantin (Maître de conférence sur l’histoire des sourds, Université Paris 8).

Valérie Delattre (archéo-anthropologue à l’INRAP).

Caroline Husquin (Maîtresse de conférence en histoire antique, Université de Lille).

Olivier Richard (Professeur d’histoire médiévale, Université de Strasbourg).

Pieter Verstraete (Professeur associé en études du handicap, KU Leuven).



[1] C. Barral, F. Paterson, H.-J. Stiker, M. Chauvière, L’institution du handicap. Le rôle des associations, PUR, 2000 ; A. Gueslin, H-J. Stiker (eds.), Handicaps, pauvreté et exclusion dans la France du XIXe siècle, Les éditions de l’Atelier, 2003 ; F. Collard, E. Samama (eds.), Handicaps et sociétés dans l’histoire, L’estropié, l’aveugle et le paralytique de l’Antiquité aux temps modernes, L’Harmattan, 2010.

[2] Ce réseau international des historiens de la cécité a été constitué par C. Kudlick et Z. Weygand à l’issue du colloque international « Histoire de la cécité et des aveugles. Représentations, institutions, archives » organisé en juin 2013 (publié dans un numéro spécial de la revue de philosophie Corpus, n° 67,2014 : « Éléments pour une contre-histoire de la cécité et des aveugles », dirigé par M. Chottin). Un deuxième colloque international « Blind Creations » organisé par V. Warne et H. Thompson s’est tenu à Royal Holloway en juin 2015 (publié dans le Canadian Journal of Disability Studies Vol.8 N°6, 2019, co-dirigé par les H. Thompson et M.F. Arentssen : « Cécités et Créations »). Puis, en juin 2016, un troisième colloque « Jacques Lusseyran entre cécité et lumière. Regards croisés », s’est tenu à la Fondation Singer-Polignac (publié dans un ouvrage collectif intitulé Jacques Lusseyran, entre cécité et lumière, co-dirigé par M. Chottin, C. Roussel et Z. Weygand). Un projet de quatrième colloque est en cours, à l’initiative de V. Warne, H. Thompson et M. Chottin.

[3] Les réseaux de la Deaf History international se sont constitués depuis 1991, plus de dix conférences internationales ont déjà été organisées dans différents pays européens et nord-américains.

[4] C. Kudlick, « Disability History : Why We Need Another “Other” », The American Historical Review, 108-3, 2003, pp. 763‑793. Voir également : W. J. Turner, T. V. Pearman (eds.), The Treatment of Disabled Persons in Medieval Europe : Examining Disability in the Historical, Legal, Literary, Medical, and Religious Discourses of the Middle Ages, EMP, 2010.

[5] I. Metzler, A Social History of Disability in the Middle Ages : Cultural Considerations of Physical Impairment, Routledge, 2013. J. Hsy, T. V. Pearman, J. R. Eyler (eds.), A Cultural History of Disability in the Middle Ages, Bloomsbury, 2020

[6] F. Buton, L’administration des faveurs. L’Etat, les sourds et les aveugles (1789-1885), PUR, 2009 ; P. Bourgalais, Les miroirs du silence. L’éducation des jeunes sourds dans l’Ouest 1800-1934, PUR, 2008.

[7] Par exemple, Y. Cantin, La communauté sourde de la Belle Époque, Archives et Culture, 2019.

[8] G. Brégain, Pour une histoire du handicap au XXe siècle. Approches transnationales (Europe et Amériques), PUR, 2018.

[9] A. Cantin, Y. Cantin, Dictionnaire biographique des grands sourds de France, Archives et Culture, 2017.

[10] M. Kaba, « Quelle place pour une perspective de genre dans la disability history ? Histoire du corps des femmes et des hommes à travers le handicap », Traverse, Revue d’histoire, n°3, 2006, p. 47-60. S. Barsch, A. Klein, P. Verstraete (eds.), The Imperfect Historian : Disability Histories in Europe, Peter Lang, 2013 ; C. Krötzl, K. Mustakallio, J. Kuuliala (eds.), Infirmity in Antiquity and the Middle Ages : Social and Cultural Approaches to Health, Weakness and Care, Ashgate, 2015.

[11] E. Bösl (ed.), Disability History : Konstruktionen von Behinderung in der Geschichte, Transcript, 2010, p. 29‑43 ; C. Nolte (ed.), Homo debilis : Behinderte, Kranke, Versehrte in der Gesellschaft des Mittelalters, Didymos, 2009 ; J. Eyler (ed.), Disability in the Middle Ages : Reconsiderations and Reverberations, Ashgate, 2010.

[12] R. M. Toivo, S. Katajala-Peltomaa, Lived Religion and the Long Reformation in Northern Europe c. 1300–1700, Brill, 2016.

[13] Voir la série A Cultural History of Disability in … (Antiquité : C. Laes (ed.) ; époque médiévale : J. Hsy, T. Pearman, J. Eyler (eds.) ; Renaissance : S. Anderson, L. Haydon (eds.) ; dix-huitième siècle : D. C. Gabbard, S. B. Mintz (eds.) ; long dix-neuvième siècle : J. Huff, M.S. Holmes (eds.) ; âge moderne : D. T. Mitchell, S. L. Snyder (eds.)).

[14] V. Delattre (ed.), Décrypter la différence : lecture archéologique et historique de la place des personnes handicapées dans les communautés du passé, Paris, Les Défis De La Civilisation, CQFD, 2009.

Gerda Henkel Fellowships

Gerda Henkel Fellowships for the History of Knowledge and the History of Science

Call for applications


Announcement: 2 Fellowships for Postdoctoral Researchers and 1 Fellowship for Doctoral Students

Supported by the Gerda Henkel Foundation, the IZEA establishes a new fellowship programme on the history of knowledge and the history of science in 2021.

Studying the history of knowledge and the history of science is a core concern of the Interdisciplinary Centre for European Enlightenment Studies (IZEA) in Halle. Under the title “Structures of Knowledge”, one of the four research areas of the Centre examines eighteenth-century practices of acquiring, questions of ordering and techniques of disseminating knowledge. Institutionally part of the Martin Luther University Halle-Wittenberg, one of the most important universities in the Enlight-enment period, and located at the site of the Francke Foundations, a research visit at the IZEA allows access to numerous resources which are relevant to the history of knowledge and the history of sci-ence. In addition to the historical collections of the University and State Library Saxony-Anhalt (ULB), the library of the Francke Foundations and the Marienbibliothek zu Halle an der Saale, these include the university collections extending into the eighteenth century, especially in the fields of the natural sciences and anatomy, as well as the collections of the German National Academy of the Sciences Leopoldina.

With the new fellowship programme, initially funded by the Gerda Henkel Foundation for a period of two years, the IZEA intends to specifically promote research in the history of knowledge and the history of science with a focus on the period of Enlightenment, hence, a field which receives par-ticular relevance in current debates in science politics and society more generally.

For the year 2021, the IZEA offers two fellowships for postdoctoral researchers for up to three months amounting to 2,300€ per month, and one fellowship for doctoral students for up to three months amounting to 1,600€ per month.

The fellows work for up to three months in their own offices at the IZEA and participate in the Cen-tre’s research programme. They present their research results in a public lecture and in the blog Café Lumières: 18th-Century Research in Dialogue, which the IZEA operates in cooperation with the Voltaire Foundation in Oxford (UK).

Please send your application to izea@izea.uni-halle.de by 15 January 2022.

Your application should include the following documents:
• Letter of motivation
• Curriculum vitae
• List of publications and the copy of a published article (for doctoral students: if available)
• Title and outline of the research project to be undertaken at the IZEA (max. 5 pages)
• For doctoral students: a letter of recommendation
In case of questions, please contact the research coordinator of the IZEA, Dr. Andrea Thiele (andrea.thiele@izea.uni-halle.de).

dimanche 3 octobre 2021

Imprimer la connaissance médicale

Printing Medical Knowledge: Vernacular Genres, Reception and Dissemination



Nuncius, Volume 36 (2021): Issue 2 (Jun 2021): Special Issue: 



Online ISSN: 1825-3911 Print ISSN: 0394-7394
Publisher: Brill

 
Printing Medical Knowledge
Vernacular Genres, Reception and Dissemination
Sabrina Minuzzi

15th-Century Practical Medicine in Print
Beyond the Profession, towards the miscere utile dulci
Sabrina Minuzzi

Early Vernacular Medical Advice Books and Their Popular Appeal in Early Modern Italy
Sandra Cavallo

The Reception, Consumption and Broader Context of a French Vernacular Plague Tract Printed in 1495
Elma Brenner

The Lament of the Melons
Singing Preventive Health Advice in Early Modern Italy
Tessa Storey

 Popularising and Personalising an Illustrated Herbal in Dutch
Andrea van Leerdam

Materia Medica and the History of the Book in Seventeenth-Century Portugal
Bruno Barreiros and Palmira Fontes da Costa

The Triumph of Theriac
Print, Apothecary Publications, and the Commodification of Ancient Antidotes (1497–1800)
Barbara Di Gennaro Splendore

Public Baths and Bathing Habits in Late Antiquity. A Study of the Evidence from Italy, North Africa and Palestine A.D. 285–700, by Sadi Maréchal
Giacomo Savani

The Thirteenth-Century Animal Turn: Medieval and Twenty-First-Century Perspectives, by Nigel Harris
Tim Wingard

Physiognomy in Ming China: Fortune and the Body., by Xing Wang
Lu Zhao

Forgotten Healers: Women and the Pursuit of Health in Late Renaissance Italy., by Sharon Strocchia
Tessa Storey

Books Reviews
Fermat et les débuts modernes de la géométrie., by Roshdi Rashed
Enrico Giusti


Burchard de Volder and the Age of the Scientific Revolution., by Andrea Strazzoni
Ferdinando Abbri


Crocologia. A Detailed Study of Saffron, the King of Plants., by Sally Francis and Maria Teresa Ramandi, eds.
Fabrizio Baldassarri


La philosophie de la biologie avant de la biologie. Une histoire du vitalisme, by Charles Wolfe & The Gestation of German Biology. Philosophy and Physiology from Stahl to Schelling., by John H. Zammito
Francesco Paolo de Ceglia


Plague and the city, by Lukas Engelmann, John Henderson, and Christos Lynteris, eds
Maria Conforti


Blood Relations. Transfusion and the Making of Human Genetics, by Jenny Bangham
Francesco Cassata

La médicalisation des grossesses gémellaires au Québec

La médicalisation des grossesses gémellaires au Québec entre 1930 et 1980
 
Conférence de Karine Forget
 
Mardi 5 octobre 2021
local 1092 du pavillon Ringuet de l'UQTR.

Organisée par le Département sage-femme de l'UQTR.

Karine Forget est étudiante à la maîtrise en études québécoises de l'UQTR.  Elle a à son actif plusieurs présentations sur la question des grossesses gémellaires et l'histoire de l'accouchement et de la périnatalité au Québec.

 

samedi 2 octobre 2021

Histoire des vaccins

Les Vaccins : toute une histoire !

Cours public 

Ouvert à toutes personne intéressée, les jeudis de 12h15 à 13h15, en présentiel et en streaming live.

Un produit, une seringue, un geste - le vaccin est au cœur du débat public depuis quelques mois. Recherche médicale, industries pharmaceutiques, vaccinodromes, mobilisations antivax…quelle est l’histoire des vaccins ? L’étude du passé permet de remettre en contexte les enjeux politiques, économiques et sociaux liés à la vaccination et apporter des clés de lecture pour décrypter les dynamiques sanitaires de cette crise globale provoquée par le SARS-CoV-2.

Ce cours, ouvert à toutes et à tous et proposant cinq rencontres thématiques avec des spécialistes de la santé de différents horizons disciplinaires, invite à une réflexion collective sur les réponses sanitaires et politiques liées à la pandémie actuelle.

Lien web pour s’inscrire en présentiel, suivre les conférences en streaming live, ou les revisionner plus tard : https://www.unige.ch/rectorat/maison-histoire/actualites/vaccins/

 

Programme :

7 OCTOBRE 2021 - Variolisation et vaccination, continuité et rupture
Anne-Marie Moulin (Université de la Sorbonne)


21 OCTOBRE 2021 - La vaccination, une histoire matérielle et symétrique de la confiance
Gaëtan Thomas ( Sciences Po Paris)



4 NOVEMBRE 2021 - Du pis de la vache à l’ARNmessager: une histoire chahutée des vaccins et de leurs opposants
Françoise Salvadori ( Université de Bourgogne)
Laurent-Henri Vignaud (Université de Bourgogne),



18 NOVEMBRE 2021 - Ce «tueur d’enfants» évitable par la vaccination: la rougeole et son (impossible?) éradication à l’heure de la Covid-19
Laurence Monnais (Université de Montréal)



2 DÉCEMBRE 2021 - Covid-19, les vaccins dans la course?
Antoine Flahault (Université de Genève)
Michael Balavoine (Revue Médicale Suisse)

De praestigiis daemonum

Cinq livres de l’imposture et tromperie des diables, des enchantements & sorcelleries - 1569
De praestigiis daemonum

 

WIER Jean


Éditions Jérôme Millon
2-84137-387-1 - Année : 2021 - 768 Pages

Précédé de : Jean Wier et les démons du savoir par Serge Margel
Suivi de : Jean Wier à l'épreuve de la psychiatrie par Eva Yampolsky



Comment Satan forge-t-il ses illusions, celles qui font croire aux métamorphoses des hommes en bêtes ou aux vols nocturnes des sorcières vers le sabbat ?

De l’imposture des démons de Jean Wier est un ouvrage important qui non seulement a marqué l’histoire de la médecine, voire de la psychiatrie, mais il représente aussi un tournant dans l’histoire du christianisme, et dans les premières luttes contre la chasse aux sorcières. Wier a été un des premier à dire qu’au lieu d’offrir des femmes à Vulcain en holocauste, il aurait mieux fallu les soigner avec de l’hellébore.
Commencées dès la première moitié du XVe siècle, les grandes chasses aux sorcières se poursuivent au XVIe partout en Europe. Le débat sur les jeux du diable et de l’illusion trouve une nouvelle vigueur, avec la multiplication des procès et des textes qui s’en nourrissent, et la cristallisation, dans ces mêmes textes, du mythe du sabbat, autour duquel se structure l’idée d’une secte satanique, d’une « sorcellerie conspiratrice » travaillant à la ruine de l’Eglise et de l’Etat. Ce sont les voix qui défendent la réalité du crime sabbatique, qui sont les plus nombreuses, ou qui, du moins, se font le plus entendre. Leur dernier grand adversaire, pour le XVIe siècle, est le médecin du duc Guillaume de Clèves, Jean Wier. Il est un des plus influents opposants au célèbre Marteau des sorcières d’Institoris et Sprenger et aux défenseurs, nombreux, de la théorie du « transport réel et corporel » des adeptes du démon.
S’il a marqué l’histoire de la médecine, voire de la psychiatrie, De l’imposture des démons représente un tournant dans l’histoire du christianisme, et dans les premières luttes contre la chasse aux sorcières. Il jouera un rôle important dans la reconnaissance de l’irresponsabilité de celles des sorcières qui étaient non pas possédées par le diable et (ou) hérétiques, mais délirantes ou mélancoliques. Publié à Bâle en 1563, le De Praestigiis daemonum et incantationibus ac venificiis libri V connaît plusieurs éditions. Il est traduit du latin en allemand en 1565, en français en 1567 par le médecin Jacques Grévin.

vendredi 1 octobre 2021

Une histoire populaire de la psychanalyse

Histoire populaire de la psychanalyse

Florent Gabarron-Garcia



La Fabrique
10 septembre 2021


« La psychanalyse doit se tenir à l’écart de la politique. » Cette ligne de conduite, hâtivement attribuée à Freud, a autorisé tous les revirements jusqu’aux plus récents qui voient la psychanalyse régulièrement convoquée au chevet des pires positions réactionnaires (contre le féminisme, l’antiracisme, les mouvements sociaux…). C’est aussi une façon commode d’enterrer tout un pan de l’histoire de la discipline, et avec lui son legs révolutionnaire.

On verra dans ce livre Freud accueillir avec enthousiasme la révolution de 1917 et encourager Vera Schmidt dans ses efforts pour acclimater la psychanalyse dans la Russie bolchévique ; Wilhelm Reich combattre en Autriche puis en Allemagne la prétendue neutralité politique de la discipline ; on suivra la trajectoire de François Tosquelles de la guerre d’Espagne à l’hôpital de Saint-Alban, celle de Jean Oury de Saint-Alban à la clinique de La Borde ; on découvrira le renouveau d’une psychanalyse révolutionnaire dans l’Allemagne des années 1960 avec le SPK (Collectif de patients socialistes) dont le programme était de Faire de la maladie une arme.


Un héritage précieux que Florent Gabarron-Garcia ravive pour remettre enfin la psychanalyse au cœur des luttes d’émancipation.



La folie du suicide

La folie du suicide. Une histoire médicale de la mort volontaire en France au XIXe siècle

Conférence d'Eva Yampolsky (Historienne, Université de Lausanne)

Lundi 4 octobre de 18h à 20h 

Lien pour inscription (vers Zoom) :

https://chaire-philo.fr/calendrier/la-folie-du-suicide-une-histoire-medicale-de-la-mort-volontaire-en-france-au-19e-siecle/

 

 Dans cette thèse en histoire de la médecine, Eva Yampolsky a étudié comment, dès la naissance de la psychiatrie moderne en France au tournant du XIXe siècle, le suicide devient un véritable objet médical. Cette étude concerne les théories médicales sur le suicide au XIXe siècle, et plus précisément de la dépénalisation de cet acte en 1791 jusqu’à la fin du Second Empire. Dès sa dépénalisation émerge un postulat selon lequel tout suicide constitue un acte de folie. Il ne s’agit donc plus de prouver une coïncidence entre le suicide et la folie, comme on le constate avant 1791, mais de faire de tout suicide un acte de folie. Son objectif a été d’étudier comment, selon quels critères, motifs, arguments et influences, la médecine mentale parvient à inscrire cet acte dans le cadre médical. Bien que la position médicale sur la pathologie du suicide se transforme au cours du XIXe siècle, cet acte continue à dépendre d’abord et avant tout de l’expertise médicale. À partir de là, Eva Yampolsky montre que les positions médicales et psychiatriques sur la pathologie du suicide sont déterminées autant par des développements médicaux (tout particulièrement en médecine mentale, en médecine légale et en hygiène publique), que par des influences sociales (morales et religieuses, politiques, économiques et médiatiques).

Cette recherche se base essentiellement sur une analyse de textes médicaux publiés et manuscrits (articles de revues spécialisées, dictionnaires de médecine, traités, mémoires pour des prix, thèses de médecine). Cette analyse permet de comprendre comment le suicide comme objet médical se construit au moment même où la psychiatrie se constitue en branche médicale à part entière. Dès lors que le suicide s’érige en objet médical, la médecine mentale reconsidère tout un ensemble de questions. S’agit-il d’une maladie, d’un symptôme, d’un acte libre ? Comment les aliénistes articulent-ils les causes physiques et psychiques aux causes sociales et morales ? Quel rôle la morale et la religion jouent-elles dans la théorisation médicale du suicide, et comment sont-elles intégrées dans la conception médicale et hygiéniste de cet acte ? Pour comprendre comment le suicide se transforme d’un crime à une psychopathologie chronique et une maladie sociale, Eva Yampolsky aborde également les contributions déterminantes de l’hygiène publique et de la médecine légale. Elle analyse enfin les différentes mesures préventives et thérapeutiques qui ont été élaborées au cours du XIXe siècle.