samedi 18 juillet 2020

Éradiquer la surdité


Eradicating deafness?: Genetics, pathology, and diversity in twentieth-century America


Marion Andrea Schmidt


Series: Disability History
Hardcover: 232 pages
Publisher: Manchester University Press; 1 edition (June 16, 2020)
Language: English
ISBN-13: 978-1526138170



Is deafness a disability to be prevented or the uniting trait of a cultural community to be preserved? Combining the history of eugenics and genetics with deaf and disability history, this book traces how American heredity researchers moved from trying to eradicate deafness to embracing it as a valuable cultural diversity. It looks at how deafness came to be seen as a hereditary phenomenon at all, how eugenics became part of progressive reform at schools for the deaf, and how, from the 1950s on, more sociocultural approaches to disability and minority led to new cooperative projects between professionals and local signing deaf communities. Analysing the transformative effects of exchange between researchers and objects of research, this book offers new insight to changing ideas about medical ethics, reproductive rights, the meaning of scientific progress and cultural diversity.

Les infirmières et la grippe espagnole

Emblems of Resilience: Nurses, ‘Spanish Influenza’ (1918-1919) and the lessons for COVID-19

Online event

August 11 2020, 5pm

Register here: https://www.rcn.org.uk/news-and-events/events/lib-emblems-of-resilience-11082020



The image of the nurse as ‘invincible healer’ acted as calming device for whole populations during the 1918/19 flu pandemic. British nurses donned uniforms and veils, and presented themselves as both military heroines and self-sacrificing angels. Evidence from media such as newspapers, journals, novels and film indicate that people were genuinely moved by these powerful exemplars of hope and civic duty, and were thus enabled to practise a form of collective resilience.



Yet, the calm, cool and courageous image of the early-twentieth-century nurse belied the pressure she was under, and many nurses became severely traumatised as a result of their wartime experiences. These talks will explore not only the mirage of safety and control presented by nurses, but also the toll this mask of resilience took upon the human being behind it. Beyond this, it will examine the extent to which nurses were enabled to recover from the trauma they experienced, and what we can learn from this regarding the impact of the 2020 COVID-19 Pandemic.



This event explores new research by speakers Christine Hallett, Olivia Gordon and Amanda Gwinnup (University of Huddersfield), with reflections on contemporary experiences by historian and healthcare assistant Kelly Swaby.



Please register to attend, and a link will be circulated in advance with instructions on how to join the meeting. All tickets must be booked individually.

vendredi 17 juillet 2020

Le nursing psychiatrique aux États-Unis

Talking Therapy. Knowledge and Power in American Psychiatric Nursing

Kylie Smith


Rutgers University Press
196 pages, 4 b&w images, 6 x 9
Paperback,May 15, 2020,$28.95
978-1-9788-0145-5


Talking Therapy traces the rise of modern psychiatric nursing in the United States from the 1930s to the 1970s. Through an analysis of the relationship between nurses and other mental health professions, with an emphasis on nursing scholarship, this book demonstrates the inherently social construction of ‘mental health’, and highlights the role of nurses in challenging, and complying with, modern approaches to psychiatry. After WWII, heightened cultural and political emphasis on mental health for social stability enabled the development of psychiatric nursing as a distinct knowledge project through which nurses aimed to transform institutional approaches to patient care, and to contribute to health and social science beyond the bedside. Nurses now take for granted the ideas that underpin their relationships with patients, but this book demonstrates that these were ideas not easily won, and that nurses in the past fought hard to make mental health nursing what it is today.



Morale sexuelle et communisme

Morale sexuelle et communisme de 1917 à 1940

Appel à contributions

Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique

Nous soumettons ci-après un appel à contribution pour un numéro de la revue Cahiers d’histoire.Revue d’histoire critique à paraître dans le courant de l’année 2021. Ce dossier a pour thème la morale sexuelle et le communisme de 1917 à 1940. Notre réflexion appelle des contributions aussi bien sur les débats quant à l’avortement, la prostitution, le mariage, la famille, l’homosexualité, et plus généralement ce qui met en jeu la morale sexuelle et les enjeux de libération de ce qu’on nomme parfois les mœurs. Ces propositions d’articles peuvent concerner les débats au sein des milieux communistes autour de ces enjeux, les positions d’actrices et d’acteurs lié·es à cette histoire, mais aussi la dimension juridique quant aux questions sexuelles et l’organisation de la vie sociale.


Argumentaire

Les Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, sont une revue généraliste qui se donne comme objectif, à travers une grande diversité de thématiques, de développer une histoire polarisée autour du fonctionnement des dominations sociales dans toutes leurs dimensions politiques, économiques et culturelles. Cette approche s’accompagne d’une démarche réflexive sur les formes de production et les usages du savoir historique dans ces processus de domination.

Nous soumettons ci-après un appel à contribution pour un numéro de la revue Cahiers d’histoire.Revue d’histoire critique à paraître dans le courant de l’année 2021. Ce dossier a pour thème Morale sexuelle et communisme de 1917 à 1940.

La notion de morale suppose, comme le note le philosophe Yvon Quinioux, un dispositif idéaliste. Le matérialisme, pour qui la vie détermine la conscience plutôt que le sujet, analyse les rapports sociaux dans le cadre des fonctions sociales-économiques[1]. Le communisme a souvent été accusé d'amoralisme, voire de dépravation sexuelle, avec la menace fantasmée du “partage des femmes”[2]. Mais il faut plutôt souligner les croisements persistants et répétés des engagements communistes avec les différents aspects des normes de la morale sexuelle et l'enchevêtrement des enjeux : ceux de la lutte contre l’exploitation et ceux du combat contre ces normes. Le socialisme et les revendications féministes ont cheminé de concert depuis le XIXe siècle, à Londres avec Flora Tristan (1803-1844), Sylvia Pankhurst (1882-1960) ou Paris avec Louise Michel[3]. La féministe et révolutionnaire bolchévique Alexandra Kollontaï (1872-1952) lie étroitement les formes d’union et la morale sexuelle, aux formes de production. Elle appelle de ses vœux l’union libre, fondée sur l’égalité des sexes. Lénine définit le bolchevik, comme un homme dont les qualités intellectuelles et morales sont le produit d’une pédagogie adaptée à l’objectif de la révolution[4]. Le mouvement communiste, tout comme il veut régénérer le socialisme, propose une révolution des mœurs et une nouvelle morale sexuelle.

Les tensions entre les particularités nationales et le mouvement international se révèlent sans doute avec le plus de force lorsqu’il s’agit des questions liées à la morale sexuelle, du fait tout d’abord de la très grande diversité des situations nationales, dans ses multiples déclinaisons locales, culturelles et religieuses. Mais aussi, du fait de l’extrême diversité des situations entre des partis qui participent au pouvoir et des partis communistes très minoritaires, dont les positions politiques n’influencent que très marginalement la vie nationale comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis.

Il est impossible de séparer les évolutions des communismes et celle des sociétés dans leur ensemble. Ainsi la question de l’avortement illustre ces évolutions contradictoires. En France, comme en URSS, la question du contrôle des naissances, a longtemps été ainsi au cœur de ces polémiques. En 1920, la loi française condamne l’avortement en tant que crime (contre celles qui le pratiquent et celles qui y recourent). La même année dans la Russie soviétique, un décret du 18 novembre 1920 le légalise, tout comme la liberté d’union et de divorce, alors que les valeurs bourgeoises sont mises au pilori et que le travail des femmes est valorisé[5]. L’entre-deux-guerres connaît alors le choc des contradictions entre les impératifs économiques et les normes sociales. Les enjeux productifs et reproductifs du travail féminin ne peuvent être dissociés de ceux de la morale. Ce productivisme induit aussi des stéréotypes genrés et des représentations virilisées.

Notre réflexion appelle des contributions aussi bien sur les débats quant à l’avortement, la prostitution, le mariage, la famille, l’homosexualité, et plus généralement ce qui met en jeu la morale sexuelle et les enjeux de libération de ce qu’on nomme parfois les mœurs. Ces propositions d’articles peuvent concerner les débats au sein des milieux communistes autour de ces enjeux, les positions d’actrices et d’acteurs lié·es à cette histoire, mais aussi la dimension juridique quant aux questions sexuelles et l’organisation de la vie sociale.


Modalités de contribution

Les résumés des propositions d’articles compteront entre 300 et 500 mots et seront accompagnés d’un titre provisoire et de 5 à 6 mots-clés ainsi que d’une courte notice biographique.
Ils devront parvenir avant le 30 septembre 2020

aux coordinatrices et coordinateurs de ce dossier, à l’adresse mail suivante :


Les auteur·res dont les propositions auront été retenues devront proposer pour le 15 janvier 2021 leur article complet qui ne devra pas excéder 40 000 signes.

Les auteur·es auront soin de veiller à respecter les normes éditoriales de la revue Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique : https://journals.openedition.org/chrhc/1296
Les coordinateur·rices du dossier
Bertrand Michel,
Héloïse Morel,
Olivier Mahéo,
Thierry Pastorello.


Références

Anton Lorena, « On n'en parlera jamais... ». Interroger la mémoire de l'avortement en Roumanie communiste », Ethnologie française, 2014/3 (Vol. 44), p. 421-428. DOI : 10.3917/ethn.143.0421. URL : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2014-3-page-421.htm

Brohm, Jean-Marie. Corps et politique. Paris : J.-P. Delarge, 1975.

Carleton, Gregory. Sexual Revolution in Bolshevik Russia. Pittsburgh: University of Pittsburgh Press, 2005.

Claro Mona, « Avortement et norme procréative de la dernière génération soviétique en Russie », Cahiers du Genre, 2016/1 (n° 60), p. 15-37. DOI : 10.3917/cdge.060.0015. URL : https://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2016-1-page-15.htm

Clit, Radu. La sexualité collective : de la révolution bolchévique à nos jours. Paris: Éd. du Cygne, 2007.

Corber, Robert J. Homosexuality in Cold War America: Resistance and the Crisis of Masculinity. Durham, N.C: Duke University Press, 1997.

Darabos, Enikő. « Revolution in Sexual Ethics: Communism and the “Sex Problem” » Dans: The Russian Revolution as Ideal and Practice. Critical political theory and radical practice. Cham : Springer, pp. 51-65, 2020.

Darmangeat, Christophe. Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était : aux origines de l’oppression des femmes. Toulouse : Smolny, 2009.

Droz, Jacques, Histoire générale du socialisme, Paris, PUF, 1972.

Field, Deborah A. Private Life and Communist Morality in Khrushchev’s Russia. New York; Washington, DC/Baltimore; Bern; Frankfurt, M; Berlin; Brussels; Vienna; Oxford: Lang, 2007.

Fitzpatrick, Sheila. « Sex and Revolution: An Examination of Literary and Statistical Data on the Mores of Soviet Students in the 1920s ». Journal of Modern History, 1978, 252‑78.

Forest, Philippe. Aragon. Paris : Gallimard, 2015.

Healey, Dan. « What Can We Learn from the History of Homosexuality in Russia? » History Compass 1, no 1 (2003).

Kollontaĭ, A, et Judith Stora-Sandor. Marxisme et révolution sexuelle. Paris : F. Maspero, 1979.

Kott, Sandrine et Françoise Thébaud. Le « socialisme réel » à l’épreuve du genre. Clio 41. Paris: belin, 2015.

Le Naour Jean-Yves, Valenti Catherine, Histoire de l'avortement : XIXe-XXe siècle, Paris : Seuil, 2003.

McLellan, Josie. Love in the Time of Communism: Intimacy and Sexuality in the GDR. Cambridge : Cambridge University Press, 2011.

Mendès, Véronique, « Voyage en Icarie. Jeunesse et conflits de générations, 1848-1898 », Siècles. Cahiers du Centre d’histoire « Espaces et Cultures », no. 28, décembre 2008, pp. 37‑58.

Mole, Richard C. M. Soviet and Post-Soviet Sexualities. New York : Routledge, 2019.

Prochasson, Christophe, Les intellectuels et le socialisme : XIXe-XXe siècle, Paris, Plon, 1997.

Quiniou, Yvon, « La question morale dans le marxisme », Autres Temps, vol. 68, no. 1, 2000, pp. 10‑18.

Robrieux, Philippe. Histoire intérieure du Parti communiste. 1, 1, Paris: Fayard, 1980.

Studer, Brigitte, « Communisme et féminisme », Clio. Femmes, Genre, Histoire, 41 | 2015, 41 | 2015, 139-152, URL : https://journals.openedition.org/clio/12393

Thébaud, Françoise, Écrire l’histoire des femmes et du genre, Paris : ENS Éditions, 2007.

Trotsky, Léon. Leur morale et la nôtre.. Paris : Sagittaire, 1939.

Varga-Harris, Christine. Stories of House and Home: Soviet Apartment Life during the Khrushchev Years. Ithaca; Londres : Cornell University Press, 2015.

Yvert-Jalu, Hélène, « L’avortement en Union Soviétique », Annales de démographie historique, vol. 1990, no. 1, 1990, pp. 431‑437.


Notes

[1] Yvon Quiniou, , « La question morale dans le marxisme », Autres Temps, vol. 68, no. 1, 2000, pp. 10‑18.

[2] Sur les accusations d’amoralité voir notamment les écrits du philosophe Yvon Quiniou qui démontrent clairement la place des normes morales et des jugements de valeur dans l’œuvre de Marx (Ibid.)

À propos du partage des femmes, initié comme une farce par Aristophane par la voix de Praxagora qui instaure le communisme intégral dans la Cité, son thème est repris par Campanella dont les Icariens prônent la chasteté mais aussi la mise en commun des femmes. Certains compagnons “icariens” d’Etienne Cabet plaident en faveur de cette communauté sexuelle en Icarie, à Corning en Iowa. Voir Véronique Mendès « Voyage en Icarie. Jeunesse et conflits de générations, 1848-1898 », Siècles. Cahiers du Centre d’histoire « Espaces et Cultures », n° 28, décembre 2008, pp. 37‑58. Pour Aristophane voir acques Droz, Histoire générale du socialisme, Paris, PUF, 1972.

Christophe Prochasson cite longuement Campanella dans : Christophe Prochasson, Les intellectuels et le socialisme: XIXe-XXe siècle, Paris, Plon, 1997.

[3] Joseph Fourier propose de mesurer le niveau d’émancipation de la société à l’aune de celui des femmes. Auguste Bebel (1840-1913) écrit lui en 1879 la Femme et le socialisme, qui assigne à la IIe Internationale la tâche de libérer la femme. Sur ces questions voir Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes et du genre, ENS Éditions, 2007.

[4] Annie Kriegel les Communistes 1920-1970, Paris : Ed. du Seuil, 1985 p. 66

[5] En 1936, un décret met fin à cette légalisation pour criminaliser l’avortement. Il est à nouveau autorisé en 1955. Voir Hélène Yvert-Jalu, « L’avortement en Union Soviétique », adh Annales de démographie historique, vol. 1990, no. 1, 1990, pp. 431‑437. https://www.persee.fr/doc/adh_0066-2062_1990_num_1990_1_1783

jeudi 16 juillet 2020

Le dernier numéro d'HIstory of Psychiatry

History of Psychiatry - Volume 31 Issue 3, September 2020




Articles

Alteration of consciousness in Ancient Greece: divine mania

Yulia Ustinova
 

History of the opposition between psychogenesis and organogenesis in classic psychiatry: Part 2

Yorgos Dimitriadis 


Freud and Albert Moll: how kindred spirits became bitter foes

Harry Oosterhuis

The electroshock triangle: disputes about the ECT apparatus prototype and its display in the 1960s

Elisabetta Sirgiovanni, Alessandro Aruta

Malaria therapy in Spain: 100 years after its introduction as a treatment for the general paralysis of the insane
Olga Villasante

Patients behind the front lines: the exchange of mentally-ill patients in the 1948 Arab–Israeli War

Daniel Argo, Vladislav Fainstein, Edgar Jones, Moshe Z Abramowitz 


Foucault’s Folie et déraison: its influence and its contemporary relevance

Andrew Scull


Naum Efimovich Ischlondsky: a forgotten protagonist of the concept of reflexology

Birk Engmann



Classic Text No. 123


‘The schizophrenic basic mood (self-disorder)’, by Hans W Gruhle (1929)

Lennart Jansson, Josef Parnas



Book Reviews
 
Book Review: Edward Shorter and Max Fink, The Madness of Fear: A History of Catatonia

David Kilgannon


Book Review: Claire E Edington, Beyond the Asylum: Mental Illness in Colonial Vietnam

Thuy Linh Nguyen

Book Review: Lucas Richert, Strange Trips: Science, Culture, and the Regulation of Drugs

Andrea Ens



Research on the history of psychiatry

Research on the history of psychiatry

Patients-experts, patients-partenaires

Patients-experts, patients-partenaires : Quels dispositifs de participation en santé ? 

Appel à communications 

SORBONNE UNIVERSITÉ

Journée d’Études 

17 et 18 décembre 2020

L’objectif de cette journée d’études sera d’analyser des notions qui connaissent un grand succès depuis quelques années dans le champ de la santé : celles en particulier de « patient expert » ou « patient partenaire », d’ « éducation thérapeutique » ou encore de « démocratie sanitaire ».

Soumettre un abstract :

3000 signes maximum. Deadline: 18 septembre 2020. Envoyer par email à renaud.debailly@sorbonne-universite.fr ; antoine.guillain@sorbonne-universite.fr et claire.crignon@sorbonne-universite.fr


Contexte

Au moment de l’épidémie de Sida, le rôle des associations de patients devient de plus en plus  important pour faire entendre la voix des malades, de leurs proches et engager le dialogue entre  médecine et société (Dodier et Barbot, 2000; Epstein, 2001; Dalagalarrondo, 2015). Avec le développement de traitements plus efficaces, la maladie tend à se transformer en affection chronique au long cours, avec laquelle le patient doit apprendre à composer. La chronicisation des maladies comme le diabète, le cancer etc. conduit à réfléchir au rôle que l’on peut assigner aux patients dans la prise en charge de leur propre maladie et dans le suivi du traitement (observance), mais aussi à la façon dont les interactions entre malades modifient les conduites ou la perception de leur propre condition.

Même une maladie comme le COVID-19, par définition aigüe, tend à être présentée comme chronique puisque des symptômes peuvent persister au-delà de l’affection et que des individus peuvent aussi être considérés comme porteurs de l’infection alors même qu’ils ne présentent aucun symptôme. L’imposition de « gestes barrières » à l’ensemble d’une population peut être envisagée comme une forme collective d’éducation thérapeutique, l’idée étant ici de sensibiliser la population au risque d’un éventuel retour de la pandémie ou de la maladie sous sa forme aigüe.

Les questions de l’éducation thérapeutique et du patient expert ont fait l’objet d’analyses importantes et fouillées dans le champ des sciences de l’éducation (Tourette-Turgis, 2015), dans celui de la sociologie (Jouet et al., 2012) et dans celui de l’histoire des pratiques éducatives en médecine (Grimaldi et al, 2017).


Cette journée proposera un éclairage plus large en incluant d’autres domaines des sciences humaines et sociales, que ce soit la philosophie (des sciences, de la médecine, philosophie politique, éthique biomédicale), la sociologie, l’histoire, mais aussi les sciences de l’information et de la communication. Les médias jouent en effet un rôle de plus en plus important dans la diffusion d’informations scientifiques ou vulgaires (et parfois erronées) sur les maladies et la santé publique.

Les communications proposées lors de cette journée auront pour but :

● D’éclairer le contexte d’apparition de ces notions et de retracer leur histoire.

● De mobiliser des enquêtes de terrain et des retours d’expérience sur le rôle des associations, sur les formations universitaires en éducation thérapeutique, sur les programmes mis en oeuvre au sein de services médicaux afin de comprendre les objectifs recherchés et la manière dont la relation thérapeutique se trouve modifiée. On s’intéressera aussi aux récits de patients sur leur expérience de la maladie et aux réflexions qu’ils ont pu proposer sur le rôle qui leur était assigné dans le suivi du traitement ou sur la manière dont la maladie vient bouleverser le rapport aux autres et le positionnement social (Sontag, 1978; Ogien, 2017).

● De s’interroger sur les outils et les cadres théoriques pertinents pour analyser ces notions, les enjeux de leur apparition et leur usage. On étudiera la dimension épistémologique de la notion de « patient expert » et le partage qui s’effectue entre expertise médicale et savoir d’expérience. La question de la hiérarchisation du savoir et celle de l’autorité épistémique feront l’objet d’une attention particulière (Gross, 2017; Bandini, 2012; Collins et Coulter, 2011).

● De réfléchir à la manière dont la chronicisation des maladies et la détection de plus en plus personnalisée et précoce des maladies tend à brouiller la frontière entre normal et pathologique et à faire de tous les individus des patients potentiels ou des individus cliniquement sains mais biologiquement malades (Nordenfelt, 1994).

● De prendre la mesure des enjeux sociétaux, éthiques, et politiques de ces notions et de leur apparition dans les discours en santé publique. Il convient dans cette perspective de questionner la circulation de ces notions dans des univers sociaux différents et d’analyser les manières dont les acteurs se les approprient.

Bibliographie

Bandini, Aude. 2012. Wilfrid Sellars et le mythe du donné . Presses Universitaires de France.

Barbot, Janine et Nicolas Dodier. 2000. L'émergence d'un tiers public dans la relation malade-médecin. L'exemple de l'épidémie à VIH. Sciences sociales et santé . 18(1) pp. 75-119.

Collins, Alf et Angela Coulter. 2011. Making shared decision-making a reality: No decision about me, without me . Disponible à l’adresse: https://www.kingsfund.org.uk/sites/default/files/Making-shared-decision-making-a-reality-paper-Angela-Coulter-Alf-Collins-July-2011_0.pdf

Dalgalarrondo, Sébastien. 2015. Sida : la course aux molécules . New edition. Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, Paris.

Epstein, Steven. 2001. Histoire du sida. 1. Le virus est-il bien la cause du sida ? 2. La grande révolte des malades . Les Empécheurs de penser en rond, Paris.

Grimaldi, André, Yvanie Caillé, Frédéric Pierru et Didier Tabuteau. 2017. Les Maladies chroniques. Vers la troisième médecine . Odile Jacob, Paris.

Gross, Olivia. 2017. L'engagement des patients au service du système de santé . Collection : la Personne en Médecine. DOIN.

Jouet, Emmanuelle, Olivier Las Vergnas et Luigi Flora. 2012. Patients' experiential knowledge recognition - a state of the art. Socialno Delo , Faculty of Social Work - University of Ljubljana, 51(1-3), pp.10-80.

Nordenfelt, Lennart Y. 1994. Concepts and Measurement of Quality of Life in Health Care . Springer Science & Business Media.

Ogien, Ruwen. 2017. Mes Mille et Une Nuits : la maladie comme drame et comme comédie. Albin Michel, Paris.

Sontag, Susan. 1978. Illness as a metaphor . Farrar, Straus & Giroux, New York.

Tourette-Turgis, Catherine. 2015. L’Education Thérapeutique du Patient : La maladie comme occasion d’apprentissage . Collection : éducation thérapeutique, soin et formation. Éditions De Boeck, Paris.

mercredi 15 juillet 2020

La construction des professions juridiques et médicales

La construction des professions juridiques et médicales. Europe occidentale, XVIIIe-XXe siècle



Édité par Jean-Paul Barrière et Hervé Leuwers



Presses Universitaires du Septentrion
Support Livre broché
2020
Nb de pages 308 p. 
ISBN-13 978-2-7574-2959-4




La structuration des activités juridiques et médicales en Europe depuis le XVIIIe siècle a été jusqu'ici trop peu étudiée de manière conjointe, sous l’angle de leur professionnalisation et de leur inscription territoriale.

L’ouvrage résulte d’une collaboration pluridisciplinaire entre historiens, sociologues et juristes. Après avoir présenté la notion de professionnalisation, dans ses dimensions historiographique et sociologique, les contributions analysent les modalités, les rythmes et les limites de la structuration d’activités liées au droit, à la médecine et à l’ordre public dans l’aire continentale ouest-européenne marquée par la tradition romaine (France, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne).

De manière originale, les professions libérales au sens strict sont rapprochées d’autres métiers d’ordre public (juges, policiers, gardes champêtres…).

Les normes interrogées par le handicap

Les normes interrogées par le handicap

Appel à communications

Suite à l’annulation de la Conférence Alter 2020 dans le contexte de la pandémie de COVID 19, nous relançons l’appel à communications sur « les normes interrogées par le handicap » (voir pj et sur le site https://alterconf2021.sciencesconf.org) en vue de la Conférence Alter 2021 : celle-ci aura lieu à Rennes les 8 et 9 avril 2021.

La Conférence Alter s’adresse à tous ceux et celles qui sont engagé·e·s dans les recherches en sciences humaines et sociales sur le handicap et la perte d’autonomie : conception et animation de la recherche, enquête de terrain, valorisation scientifique, etc. Les réponses pourront s'inscrire dans l'ensemble des domaines sociaux (éducation, emploi, culture et loisirs, logement, transports, aides humaines et techniques, participation politique, vie affective et sexuelle, etc.).

Cette 9ème Conférence Alter propose d’interroger la construction de la normalité et, plus globalement, le système de pensée qui structure nos sociétés, selon lequel être « valide » serait la norme, au double sens de la situation la plus répandue et la plus souhaitable. Cette perspective critique entend ainsi mettre en évidence la manière dont nos sociétés sont structurellement construites en référence à cette figure de l’individu valide. Si l’injonction récente à construire des sociétés inclusives semble signaler un tournant radical, qu’en est-il concrètement ? En a-t-on réellement fini avec les représentations tendanciellement négatives, défectives, voire tragiques, du handicap ? Les figures « héroïsées » du handicap, devenues omniprésentes dans l’espace public, ne prolongent-elles pas (en les inversant) ces approches du handicap comme écart à la norme ? Certains chercheurs et militants désignent cette construction dominante de la norme et du handicap par la notion de validisme (ableism). Comment les recherches contribuent-elles à cette analyse de la norme/des normes et comment pouvons-nous en tenir compte dans la manière dont nous conduisons nos recherches ?

A cet appel dont la thématique nous paraît plus que jamais d’actualité, nous ajoutons la possibilité de proposer des communications en lien avec la crise sanitaire et sociale que nous traversons en raison de la pandémie (voir à la fin de l’appel). Les propositions acceptées en 2020 seront automatiquement acceptées sans nouvelle évaluation (sauf modification majeure). Il faudra cependant les déposer sur le site Alter2021 pour manifester votre intention de participer.

Les nouvelles propositions sont bienvenues. Cette conférence est prévue en présentiel, sous réserve de l'évolution de l'épidémie et des contraintes de déplacements et de regroupement qui pourront nous contraindre à envisager des modalités alternatives d'organisation.


Les propositions sont attendues pour le 1er octobre 2020. Elles doivent être déposées sur le site https://alterconf2021.sciencesconf.org (Il est pour cela nécessaire de se créer un compte sciencesconf ou de s’y connecter).



***


Further to the cancellation of the Alter 2020 conference due to the Covid-19 pandemic, we are renewing the call for proposals on “norms interrogated by disabilities” for the Alter 2021 conference (see attached file and on https://alterconf2021.sciencesconf.org ). It will take place in Rennes on April 8th and 9th, 2021.

The Alter conference is directed at everyone involved in human and social science research on disability and the loss of autonomy: including work that addresses conceptional and organisational aspects of research, field research, scientific production, qualitative and quantitative methods, etc. Responses about all social fields are welcome (education, employment, culture and recreation, housing, transport, human and technical assistance, political participation, emotional and sexual life, etc.).

This 9th conference aims to discuss the construction of normality and, more broadly, the system of thought that structures our societies in which being “able” is the norm in the sense of both the most widespread and the most desirable situation. The aim of this critical perspective is therefore to highlight how our societies are structured in relation to the notion of the able individual. While the recent call to build inclusive societies would appear to herald a radical turning point, what is the reality? Have we truly finished with representations of disability that tend towards the negative, the defective or even the tragic? To what extend are the “heroized” figures of disability, omnipresent in the public space, perpetrating the representation of disability as a deviation from the norm? Some researchers and activists refer to this dominant construction of norm and disability as the notion of ableism. How does the research contribute to this analysis of the norm(s) and how can we take it into account in the way we conduct our own researches?


The theme of this conference seems more topical than ever and we would like to add the possibility to submit communications related to the crisis linked to the pandemic that we are going through (see at the end of the call). Proposals accepted in 2020 will be automatically accepted without further evaluation(unless there is a major change). However, you will have to submit them on the Alter2021 site to indicate your intention to participate. 

New proposals are welcome. 

This conference is scheduled onsite, providing the evolution of the COVID 19 epidemic and travel and grouping restrictions that may force us to consider alternative organisational conditions.
Deadline for the call for proposals : 1st october 2020. Submission on the website https://alterconf2021.sciencesconf.org

To submit your proposal, please create your sciencesconf account. This account gives you access to the Sciencesconf platform and all the sites of the conference: Sciencesconf-Registration.