lundi 4 novembre 2019

Hippocrate aujourd'hui

Hippocrates Now. The ‘Father of Medicine’ in the Internet Age 

Helen King

Imprint: Bloomsbury Academic
Series: Bloomsbury Studies in Classical Reception
Published: 14-11-2019
Format: Hardback 
Edition: 1st
Extent: 272
ISBN: 9781350005891


We need to talk about Hippocrates. Current scholarship attributes none of the works of the 'Hippocratic corpus' to him, and the ancient biographical traditions of his life are not only late, but also written for their own promotional purposes. Yet Hippocrates features powerfully in our assumptions about ancient medicine, and our beliefs about what medicine – and the physician himself – should be. In both orthodox and alternative medicine, he continues to be a model to be emulated.

This book will challenge widespread assumptions about Hippocrates (and, in the process, about the history of medicine in ancient Greece and beyond) and will also explore the creation of modern myths about the ancient world. Why do we continue to use Hippocrates, and how are new myths constructed around his name? How do news stories and the internet contribute to our picture of him? And what can this tell us about wider popular engagements with the classical world today, in memes, 'quotes' and online?

Gynécologie et embryologie ancienne

Gynaecology and embryology in Ancient, Medieval and Early-Modern Texts



Call for Papers

II INTERNATIONAL GYNECIA CONFERENCE
Funchal, March 26th to 27th 2020

The Project “Gynecia: Rodericus a Castro Lusitanus and the ancient medical tradition about gynaecology and embryology” organizes, on March 26th and 27th 2020, at Colégio dos Jesuítas of Universidade da Madeira, the II International Gynecia Conference, dedicated to the theme “Gynaecology and embryology in Ancient, Medieval and Early-Modern Texts”. The primary aim of the conference is to address all the possible facets and complexities of this theme, within the context of Western Medicine. Scholars working in an area related to the theme of the project and interested in participating in the Conference are invited to send a proposal. Proposals on Ancient, Medieval and Early Modern Medicine and Philosophy are welcome, especially those dealing with – but not limited to – one of the following topics:

1) women and/or children’s health;
2) embryology, human and animal generation;
3) pregnancy, (in)fertility, contraception, abortion;
4) monsters and hermaphrodites;
5) materia medica in gynaecological treatises;
6) astrology in medical texts about pregnancy and childbirth;
7) translating texts about women’s and children’s diseases (challenges, relevance and difficulties);
8) rhetoric and medicine.

Presentation of Proposals

Those interested in presenting a scientific communication at the Conference should submit an abstract according to the guidelines indicated below by December 15th 2019. Its acceptance will be communicated by January 15th 2020. The presentations (up to 20 minutes) may be written in any of the official languages of the Conference: Portuguese, Spanish, Italian, French and English.

All the communication related to the Conference must be done through the following email: gyneciarcl@gmail.com.


Scientific Committee
  1. Arnaldo Espírito Santo (Universidade de Lisboa)
  2. Cristina Santos Pinheiro (Universidade da Madeira)
  3. Helen King (Open University)
  4. Henrique Leitão (Universidade de Lisboa)
  5. João Nunes Torrão (Universidade de Aveiro)
  6. José Sotero Gomes (Hospital da Luz, Funchal)
  7. Manuel Vásquez Buján (Universidad de Santiago de Compostela)
  8. Miguel Ángel González Manjarrés (Universidad de Valladolid)
  9. Rodrigo Furtado (Universidade de Lisboa)


Organising Committee
  • Alessandra Foscati (Universidade de Lisboa)
  •  Bernardo Mota (Universidade de Lisboa)
  • Cristina Santos Pinheiro (Universidade da Madeira)
  • Joana Falcato (Universidade de Lisboa)
  • Joaquim Pinheiro (Universidade da Madeira)
  • Telmo Reis (Universidade da Madeira)


Directions for sending abstracts

Abstracts must be submitted in https://tinyurl.com/2gynecia before December 15th 2019 with the following information: name; email address; institutional affiliation; bio-bibliographical note (300 words), title of the presentation; 500 words abstract, 5 keywords, thematic area to which the proposal is ascribed.


For more information: https://projectgynecia.uma.pt/eventos/

dimanche 3 novembre 2019

Les stations thermales secondaires en France

Les stations thermales secondaires en France aux XIXe et XXe siècles : une autre histoire du thermalisme ?

Appel à communications


Cette journée d'étude s'intéresse aux stations thermales françaises de moindre importance, aux XIXeet XXe siècles. Elle cherche à mettre au jour leur histoire économique, sociale et architecturale. Par ce biais, cette journée vise à affiner les connaissances du phénomène thermal et de son développement, et à éclairer la variété des modèles et des formes de thermalisme.


ANNONCE

Argumentaire

Les travaux fondateurs de la recherche scientifique sur le phénomène thermal, pourtant marquant dans l’histoire de la société contemporaine, n’ont vraiment été réalisés qu’à partir des années 1980. Dans une moindre mesure que pour les stations balnéaires, ils se sont progressivement développés dans les années 1990 et 2000, donnant lieu à des publications majeures. Pour l’ensemble de cette production, force est de constater que le phénomène est majoritairement abordé à partir de l’étude des stations de montagne les plus anciennes et souvent aussi les plus fréquentées, dans les Pyrénées comme dans les autres massifs français. Ces monographies donnent une approche du thermalisme dont on peut se demander légitimement si elle correspond aux stations de moindre importance, qui demeurent peu étudiées.

Cette journée d’étude a pour ambition de réhabiliter ces stations plus modestes et de mettre au jour leur histoire économique, sociale et architecturale. Par ce biais, elle vise à affiner les connaissances du phénomène thermal et de son développement, et à éclairer la variété des modèles et des formes de thermalisme. À quel moment sont-elles créées ? Pourquoi n’ont-elles pas connu le succès ? Qui sont les propriétaires des établissements ? Comment financent-ils la création des infrastructures thermales ? Quel rôle ont joué les pouvoirs publics dans leur développement ? On peut également se demander si ces stations, par leur grand nombre, ne remettent pas en cause la chronologie généralement admise qui voit succéder au thermalisme mondain du xixe siècle, le thermalisme social du xxe siècle. Quels publics ont-elles permis d’accueillir ? Quelles stratégies ont été mises en œuvre pour attirer, préserver, exclure certaines clientèles ? En excluant les plus pauvres, ces stations modestes ne se sont-elles pas coupées d’un public local, certes populaire mais captif, et finalement plus profitable qu’on ne pourrait le penser ? Ces stations, enfin, ne sont-elles pas le lieu d’un premier tourisme et thermalisme « sociaux », bien avant le xxe siècle ?

Cette journée doit aussi permettre de déterminer s’il existe un modèle architectural propre à cette catégorie de stations thermales, d’identifier quels étaient leurs équipements, et enfin, de mesurer l’impact qu’elles ont pu avoir sur l’épanouissement de leur territoire, notamment dans les domaines urbain et touristique.


Direction scientifique
Géraldine Baglin(UT2J, FRAMESPA/UMR5136 CNRS) 
Nicolas Meynen(UT2J, FRAMESPA/UMR5136 CNRS)


Date et lieu
Jeudi 30 avril 2020
Université Toulouse - Jean Jaurès, Maison de la Recherche

Modalités de soumission

Les propositions de communications (résumé de 1 500 signes précisant le titre de la communication, les points forts de l’argumentaire et les sources qu’elle mobilise), accompagnées d’un court curriculum vitae (notice de 500 signes précisant le nom sous lequel l’intervenant souhaite être cité, un contact téléphonique, un courriel, son affiliation institutionnelle et son laboratoire de rattachement le cas échéant), sont à adresser
au plus tard le 10 janvier 2020
conjointement aux deux adresses suivantes : nicolas.meynen@univ-tlse2.fr et geraldine.baglin@gmail.com


Bibliographie sélective

BOISSEUIL (D) et COSTE (J), Le thermalisme : approches historiques et archéologiques d'un phénomène culturel et médical, Paris, CNRS, 2015.

BOYER (M.), Le thermalisme dans le grand Sud-Est de la France, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2005.

BUCAILLE (R.), VIRIEUX (J.), et al., Thermalisme et architecture thermale en Puy-de-Dôme, XIXe-XXIe siècles, Clermont-Ferrand, Un, deux, quatre éditions, 2013.

CARRIBON (C.), Du thermalisme mondain au thermalisme social ? Les villes d’eaux françaises dans l’Entre-deux-guerres (1919-1939), thèse de Doctorat en Histoire sous la direction de Pierre Guillaume, Université Bordeaux Montaigne, 2001.

GRENIER (L.) dir., Le voyage aux Pyrénées ou la route thermale, Saint-Girons, Randonnées pyrénéennes, 1987.

GRENIER (L.) dir., Villes d’eaux en France, Paris, Institut français d’Architecture, 1985.

JAMOT (C.), Thermalisme et villes thermales en France, Clermont-Ferrand, Institut d’Études du massif Central, 1988.

JARRASSÉ (D.) dir., Villes d’eaux des Pyrénées occidentales : patrimoine et devenir, actes du colloque tenu à Salies-du-Béarn (Pyrénées-Atlantiques), Clermont-Ferrand, Institut d’Études du massif Central, 1996.

JARRASSÉ (D.) dir., 2 000 ans de thermalisme : économie, patrimoine, rites et pratiques, actes du colloque tenu en mars 1994 à Royat (Puy-de-Dôme), Clermont-Ferrand, Institut d’Études sur le massif Central, 1996.

JARRASSÉ (D.), Les thermes romantiques. Bains et villégiatures en France de 1800 à 1850, Clermont-Ferrand, Institut d’Études sur le massif Central, 1992.

JARRASSÉ (D.), L’architecture thermale en France entre 1800 et 1850, thèse de Doctorat en Histoire de l’art sous la direction de Bernard Dorival puis de Bruno Foucart, U Paris IV Sorbonne, 1987.

MOLDOVEANU (M.), Cités thermales en Europe, Arles, Actes Sud, 2000.

PENEZ (J.), Histoire du thermalisme en France au XIXe siècle. Eau, médecine et loisirs, Paris, Economica, 2004.

TOULIER (B.), Villes d’eaux : architecture publique des stations thermales et balnéaires, Paris, Imprimerie nationale, 2002.

WALLON (A.), La vie quotidienne dans les villes d’eaux (1850-1914), Paris, Hachette, 1981.

Bourse du Centre Michel Foucault

Soutien à la recherche 2019-2020 / Bourse IMEC /Centre Michel Foucault

Appel à candidatures



L’IMEC et le Centre Michel Foucault lancent un appel à chercheur pour l’attribution de la 1ère Bourse IMEC/Centre Michel Foucault.

L’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), préserve et met en valeur une collection exceptionnelle d’archives dédiée à l’histoire de la pensée et de la création contemporaine. Depuis sa fondation, l’IMEC contribue au rayonnement de la recherche sur la vie littéraire, éditoriale, artistique et intellectuelle. Dans ce cadre, l’IMEC souhaite renforcer sa politique de coopération professionnelle et scientifique avec le monde de la recherche, et en particulier auprès des chercheurs internationaux.

Objet de la bourse
Ouverte prioritairement à un doctorant / PhD, fondée sur une invitation en résidence et dotée de 2.000 euros, cette « Bourse IMEC / Centre Michel Foucault » sera dédiée à une recherche originale portant sur la pensée de Michel Foucault, ses influences et son rayonnement.

L’œuvre foucaldienne permet d’interroger l’ensemble du champ des sciences humaines et sociales. Dans le cadre magnifique de l’abbaye d’Ardenne, les collections de l’IMEC proposent de nombreuses ressources au premier rang desquelles les archives et la bibliothèque du Centre Michel Foucault, les archives de maisons d’édition, de revues et d’auteurs en dialogue avec la pensée de l’auteur des Mots et des choses.

Confié à l’IMEC en 1997, le fonds du Centre Michel Foucault est constitué des enregistrements des cours donnés par Michel Foucault au Collège de France, auxquels viennent s’ajouter certains séminaires donnés aux États-Unis, des entretiens et des émissions radiophoniques. On y trouve également les manuscrits de quelques articles, de la correspondance et des dossiers de presse. Une très importante bibliothèque d’études est associée aux documents d’archives.

Sélection des candidatures

La « Bourse IMEC/Centre Michel Foucault » est ouverte prioritairement à un.e chercheur.se doctorant.e/PhD, issu.e d’une université ou d’une grande école internationales. Parmi les critères retenus, figurent :

– l’intérêt du sujet et la qualité du dossier présenté, l’originalité de la démarche critique et documentaire, son lien avec les archives conservées à l’IMEC

– le parcours académique et les publications du. de la candidat.e

– les recommandations de professeur.e.s et spécialistes du domaine

Le.La lauréat.e sera désigné.e par un comité supervisé par le Président du Conseil scientifique de l’IMEC ou son.sa représentant.e et le président du Centre Michel Foucault ou son.sa représentant.e qui rendront leurs instructions et avis à la directrice générale de l’IMEC.

Statut du chercheur « Bourse IMEC / Centre Michel Foucault »

Inscrit.e dans une université ou une grande école internationale, le.a lauréat.e sera invité.e en résidence à l’abbaye d’Ardenne pour l’équivalent d’une durée de 2 mois. Le.a lauréat.e recevra une bourse d’un montant de 2 000 (deux mille) euros. Le.a lauréat.e bénéficiera du service d’orientation et de conseil de l’Institut ainsi que des instruments de recherche réalisés pour l’ensemble des fonds et collections et de la gratuité des titres d’accès. Le.a. lauréat.e sera invité.e à contribuer aux publications de l’IMEC, en particulier aux Carnets de l’IMEC, et sur tous supports de diffusion de l’Institut ainsi que sur le site internet du Centre Michel Foucault. Un contrat co-signé entre la directrice générale de l’IMEC et le.a lauréat.e formalisera le statut du boursier. La « Bourse de recherche IMEC/Centre Michel Foucault » n’est attribuée qu’une seule fois dans le cadre de ce contrat.

Évaluation

L’attribution de la bourse de recherche est soumise à une obligation de résultats. Un compte rendu sera remis à l’issue de sa résidence et communiqué au Conseil scientifique de l’Institut. Un article de 15 à 20.000 signes publiable conjointement sur le site du Centre Michel Foucault et celui de l’IMEC. Une conférence donnée dans un cadre à définir (éventuellement « (éventuellement à l’occasion des journées doctorales du Centre Foucault).

Candidature

L’appel pour la « Bourse IMEC / Centre Michel Foucault » s’adresse prioritairement aux chercheurs.ses doctorants/PhD, spécialisé.es en sciences humaines issu.e.s d’une université ou d’une grande école internationales. Contact : appelbourseimec@imec-archives.com Appel chercheurs Bourse IMEC/ Centre Michel Foucault 3 La candidature doit être transmise par voie électronique à l’adresse suivante : appelbourseimec@imec-archives.com Un accusé de réception non automatisé est adressé dans les 10 jours ouvrés suivant la date de réception.


Le dossier de candidature se compose des pièces suivantes :

– Fiche de candidature à remplir (jointe)

– Curriculum vitae et lettre de motivation du candidat

– Publications du candidat

– Note d’intention entre 3 000 et 5 000 signes maximum

– Une lettre de soutien du directeur/de la directrice de recherche

– Une lettre de soutien d’une personnalité du monde académique

Le dossier sera exclusivement adressé au format PDF, sous forme d’un seul fichier.

L’objet du mail devra indiquer : nom et prénom du candidat et la mention « Candidature Bourse IMEC / Centre Michel Foucault ».

Merci de bien vouloir noter que tout dossier incomplet ne sera pas étudié.

Le format maximum autorisé est de 500 Ko.

En l’absence d’accusé de réception, les candidats sont invités à renouveler leur envoi et à écrire à l’adresse appelbourseimec@imec-archives.com

Calendrier

Date limite de dépôt des dossiers : 20/12/19

Désignation du/de la lauréat.e : 03/20

Durée de la résidence : 2 mois

Dossier et Fiche de candidature 2020

samedi 2 novembre 2019

Le corps féminin

Le corps féminin : actualité de la recherche

Appel à communication


Séminaire de Questes
13 décembre, 17 janvier, 28 février


« Ces gentes espaulles menues,
Ces braz longs et ces mains traictises,
Petiztetins, hanches charnues,
Eslevees, propres et faictises
A tenir amoureuses lices,
Ces larges reins, ce sadinet
Assis sur grosses fermes cuisses
Dedens son petit jardinet. »
« Les Regrets de la belle Heaulmiere », François Villon.

La vie de la femme médiévale, peu importe son origine sociale et géographique, est rythmée par son corps. Dévouée à la vie maritale et maternelle, la femme constitue une promesse de paix et d’alliance entre deux familles, et son corps procréateur matérialise la lignée. Par conséquent, une surveillance extrême s’exerce sur sa virginité, son comportement, sa fertilité, et le principe de chasteté prévaut, quel que soit son âge. Si le corps féminin doit être maîtrisé, il est aussi largement fantasmé. Une longue chevelure très blonde, des yeux et des sourcils à l’écart régulier, une peau blanche et transparente rehaussée de lèvres et de pommettes rouges, un front haut, un bassin large et une poitrine menue : telle est la description du beau corps médiéval. Parmi les femmes qui y répondent, la Vierge célèbre par sa beauté la spiritualité et la virginité. Son modèle inaccessible est contrebalancé par les corps fautifs et repentants d’Ève et de Marie-Madeleine, qui rappellent soit la nature charnelle et pécheresse du corps féminin, soit la soumission de la femme à l’homme.

Ce modèle traditionnel insistant sur l’oppression du corps féminin a été largement enrichi par les recherches récentes. Des cas d’étude ont en effet montré que le corps de la femme médiévale se pense désormais de manière plurielle. Des criminelles aux saintes, la rupture avec la cellule familiale catalyse bien souvent une vie singulière, et le lien que la femme entretient avec son propre corps en est modifié. Ainsi, les recherches actuelles sur la criminalisation ont mis en évidence un corps féminin à la fois protégé, surveillé, mais aussi dénoncé. Certains crimes apparaissent comme typiquement féminins (injures, infanticides), et les supplices infligés au corps criminel sont sexués. Alors que les hommes peuvent être pendus, les femmes, par pudeur, sont brûlées ou enterrées vivantes. Selon Didier Lett, le rapport de genre peut apparaître modifié lorsqu’il est question de sainteté : certains saints seraient féminisés, alors que les saintes gagneraient en masculinité. C’est ainsi que certaines femmes se déguisent en moines pour se retirer au désert (Vie des Pères du désert), tandis que la femme travestie dans la littérature pose la question du désir homosexuel (Roman de Silence).

Si, dans le domaine de la littérature courtoise, la mention du corps féminin peut se faire signe de reconnaissance pour sauver l’honneur masculin (Roman de Guillaume de Dole), un courant érotique s’intéresse, dès le XIIIe siècle, aux mots que les femmes posent sur leur propre corps. Ainsi, les femmes sont-elles capables de décrire leurs propres organes génitaux (le Jugement des Cons), et une origine féminine est proposée pour la première mention française du terme « clitoris », qui se dit landie (Roman de Renart). À l’opposé de la littérature, le sexe féminin interroge aussi le débat médico-théologique dès lors qu’il s’agit de démontrer, à travers l’accouchement marial, la nature humaine du Dieu incarné : bien que pensé comme indolore, cet événement n’en est pas moins naturel et décrit comme tel par la théologie (Tertullien, Thomas d’Aquin, Grégoire le Grand), la littérature mystique (Brigitte de Suède) et la peinture (Niccolò di Tommaso, Giorgio di Martini, Filippo Lippi).

Travailler sur le corps féminin engage ainsi à remettre en question l’image d’un Moyen Âge binaire et manichéen, et à interroger les catégories « homme » vs « femme », « masculinité » vs « féminité ». La recherche récente a montré à quel point ces classifications étaient en réalité moins strictes et exclusives qu’on ne le pense. Surtout, le séminaire entend présenter un corps féminin pluriel et varié. Profitant de la pluridisciplinarité de l’association, ces séances chercheront entre autres à savoir s’il existe un écart concernant le traitement du corps féminin selon les disciplines (archéologie, droit, histoire, littérature, histoire de l’art, philosophie, etc.). Si nous bornons ce séminaire à la période médiévale, les interventions qui ne se restreignent pas à l’espace géographique et culturel occidental sont les bienvenues.

Quelques axes d’études :
* Quel rapport la femme médiévale a-t-elle à son propre corps ? Quelles sources interroger ? Correspondances, commandes artistiques, traités médicaux…
* Y a-t-il une sexualité spécifiquement féminine ? Quel contrôle la femme peut-elle exercer sur son propre corps (avortement, prostitution, violences physiques, contraception, grossesse et parturition) ?
* Le corps paré : quel est le discours moral véhiculé sur l’apparence féminine ? En corollaire, que dit la laideur d’un corps de femme ?
* Peut-on parler de langage corporel féminin (émotions, gestes, comportements) ?
* De quelle manière le corps féminin est-il traité par la médecine ? L’anatomie féminine est-elle respectée dans les traités médicaux, les manuscrits, la peinture ou la sculpture ? Comment le corps était-il étudié ?
* Quelles porosités existent entre le corps féminin et le corps masculin (androgynie, travestissement, rapports du corps et de l’identité) ?
* Du corps idéalisé au corps dénigré : quel est l’impact du discours misogyne ?

Conditions de soumission :
Cet appel à communication s’adresse aux étudiants de master, de doctorat et aux jeunes chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, limitées à 300 mots et à une courte bibliographie, seront accompagnées d’une mention du sujet de mémoire et/ou de thèse du candidat. Elles devront être envoyées à l’adresse suivante : seminaire.lecorpsfeminin@gmail.com pour le 8 novembre, en vue d’une présentation de vingt minutes durant l’une des trois séances du séminaire, qui se tiendront les 13 décembre 2019, 17 janvier et 28 février 2020, et d’une publication dans la revue de l’association (questes.revues.org).

Bibliographie indicative :
-BASCHET, Jérôme, Corps et âmes, une histoire de la personne au Moyen Âge, Paris, Flammarion, 2016.
-BOLOGNE, Jean-Claude, Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées, Paris, Éditions du Seuil, 2010.
-BOUCHET, Florence, « L’écriture androgyne : le travestissement dans le Roman de Silence », Le nu et le vêtu au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence (Senefiance, 47), 2001, p. 47-58.
-EKHOLST, Christine, A Punishment for Each Criminal: Gender and Crime in Swedish Medieval Law, Leiden / Boston, Brill, 2014.
-FOEHR-JANSSENS, Yasmina, « Pour une littérature du derrière : licence du corps féminin et stratégie du sens dans les trois premiers récits des Cent Nouvelles nouvelles », Rien ne m’est seur que la chose incertaine : études sur l’art d’écrire au Moyen Âge offertes à Eric Hicks par ses anciens élèves et ses amis, éd. Jean-Claude Mühletahler, Denis Billotte, Alain Corbellari (et al.), Genève, Slatkine, 2011, p. 277-291.
-FOEHR-JANSSENS, Yasmina, « Un sein d’or et de lait : construire le corps invisible de l’épouse dans la Première Continuation de Perceval », French Studies, LXX (3),2016, p. 315-331.
-GREEN, Monica,The Trotula: a medieval compendium of women’s medicine,Philadelphia, University of Pennsylvania, 2001.
-LANEYRIE-DAGEN, Nadeije, L’invention du corps : la représentation de l’homme du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, Paris, Flammarion, 2006.
-LE GOFF, Jacques, TRUONG, Nicolas, Une histoire du corps au Moyen Âge, Paris, éditions Liana Levi, 2003.
-LETT, Didier, Hommes et femmes au Moyen Âge : histoire du genre, XIIe- XVe siècles, Paris, Armand Colin, 2013.
-PELLEGRIN, Nicole, McCLIVE Cathy (dir.), Femmes en fleurs, femmes en corps. Sang, santé, sexualités, du Moyen Âge aux Lumières, Presses Universitaires de Saint- Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, collection « l’école du genre », série« nouvelles recherches » n° 4, juin, 2010.
-RIBEMONT, Bernard, Sexe et amour au Moyen Âge, Paris, Klincksieck, 2007.
-ROSSIAUD, Jacques, Amours vénales, La prostitution en Occident, XIIe-XVIe siècle, Paris, Flammarion, 2010.
-ROSSIAUD, Jean, Sexualités au Moyen Âge, Paris, Gisserot, 2012.

Comité scientifique :
Marie-Antoinette Alamenciak
Marie-Christine Payne
Marie Piccoli-Wentzo

Matières vivantes

Matières vivantes


Appel à contribution pour la revue Tracés (n° 40)

Numéro coordonné par Amina Damerdji, Anthony Pecqueux & Matthieu Renault

Ce numéro de la revue Tracés entend rassembler des démarches qui ont à cœur de re-matérialiser leurs objets et de considérer comme vivante la matière ainsi interrogée. En parlant de « matières vivantes », nous engageons les auteurs et les autrices à considérer cette matérialité comme constitutive des objets qu’elles ou ils étudient. Les propositions pourront aborder (notamment) les processus concrets de re-matérialisation; leurs enjeux éthiques et politiques; et les décentrements et recompositions que de telles démarches ne manquent pas d’occasionner.

Peuvent être proposés des articles, notes, traductions et entretiens.

Date limite des propositions d’articles complets : 15 avril 2020.

Des propositions de résumés peuvent être envoyés jusqu’au 15 janvier 2020 à la coordinatrice et aux coordinateurs du numéro pour avis.

Voir les modalités complètes de soumission ci-dessous.

“Vivante, tu étais ce corps vêtu et non vêtu.” Dire-vivant: tel est le projet que le poète oulipien Jacques Roubaud formule à la fin de Quelque chose noir consacré à sa femme morte, Alix-Cléo Roubaud. Réussir à faire d’un cadavre, ce corps réduit à son organicité biologique caduque, une matière littéraire vivante: ce projet poétique représente un défi qui n’est pas étranger à celui que nous formulons ici, à savoir promouvoir des démarches qui ont à cœur de re-matérialiser leurs objets et de considérer comme vivante la matière ainsi interrogée. En parlant de “matières vivantes”, nous engageons les auteurs et les autrices à considérer cette matérialité comme constitutive des objets qu’elles ou ils étudient. Cet appel s’inspire notamment des recherches regroupées sous le terme de “nouveaux matérialismes” (Coole, Frost, 2010): cette expression désigne une floraison de travaux ayant en commun d’aller chercher la matière où on ne l’attend pas et de ré-agencer à partir de là nos manières de rendre compte du monde, en débusquant en retour les nouvelles formes d’idéalisme contemporain. Ces “nouveaux matérialismes” en tirent une leçon essentielle: “les choses, les humains et le monde sont toujours plus matériels que ce que vous croyez. Plus matériels, cela veut dire ici plus reliés” (Neyrat, 2016, p. 122). Plus généralement, cet appel à articles est ouvert à toutes les démarches et perspectives qui prêtent une attention particulière à la matérialité et qui en questionnent les enjeux.
Au-delà des implications d’une telle approche en termes de philosophie des sciences et d’histoire des savoirs, quel profit les enquêtes en sciences humaines et sociales peuvent-elles tirer de cette position? Quels sont les enjeux politiques et éthiques d’une telle démarche? Quels décentrements et recompositions de leurs objets, concepts et problèmes peut-elle encore occasionner? Voici, sans exhaustivité, quelques-unes des questions que souhaite poser ce numéro, largement exploratoire, de Tracés. Par “exploratoire”, il faut entendre qu’il circonscrit moins un domaine d’objets ou d’enquête, ou encore un espace notionnel, que des manières de prendre en compte et au sérieux la matière, ou plutôt les matières en tant que vivantes: celles qui nous composent voire nous re-composent (comme après une greffe ou une prothèse); celles qui nous entourent, au sein desquelles nous vivons et qui nous font vivre; celles que nous croyons faire, mais qui ne cessent aussi de se faire elle-même, etc.


1. Rematérialiser

Désignant un tournant théorique, un material turn, amorcé à la fin des années 1990 depuis plusieurs champs disciplinaires ou studies, les « nouveaux matérialismes » partagent une triple présupposition.

La première est, selon la formule de Diana Coole et Samantha Frost dans leur introduction à New Materialisms: Ontology, Agency, Politics (2010), le constat d’un “épuisement des théories marxistes traditionnelles”, inaptes à penser nos rapports avec la matière physique qui nous environne comme avec la matière organique qui nous compose. Ainsi, dans le cas du changement climatique et des derniers avatars du capitalisme global, Jason Moore, dans Capitalism in the Web of Life. Ecology and the Accumulation of Capital (2015), propose comme clef de compréhension globale et transversale du monde dans lequel nous vivons, la restructuration d’une dialectique entre nature (êtres humains inclus) et culture qui, depuis des siècles, se serait exercée au détriment du premier terme, la nature, sans cesse appauvrie. En quoi ce type d’approche permet-elle de comprendre les nouveaux modes de mobilisation des luttes écologiques comme ceux, par exemple, qui défendent la création d’un statut juridique pour la protection des cours d’eau, montagnes et autres ressources naturelles? On peut également penser aux manifestant-e-s qui, pour s’opposer à la destruction d’arbres, ne se contentent pas de s’y accrocher mais se mettent à les habiter pleinement et à entretenir des relations avec l’ensemble du vivant. Ou encore aux ZAD, bien mal nommées “occupations”, alors qu’il s’agit précisément de composer avec la zone (par exemple, dans le cas de Notre-Dame-des-Landes: Barbe, 2016). Quels concepts issus du matérialisme historique, et d’autres traditions matérialistes, peuvent aujourd’hui être remodelés pour inclure, au-delà des structures économiques et institutionnelles, la matière organique qui nous compose et le monde, y compris physique, qui nous entoure? Comme nous en avertit Jason Edwards, pour comprendre les problèmes de demain, “nous aurons besoin de rappeler le matérialisme du matérialisme historique” (Edwards, 2010), c’est-à-dire non pas sa lettre mais son esprit en opérant, en somme, un retour à la matière.

Le deuxième point de départ de ce mouvement est une tentative pour pointer les limites d’un strict constructivisme et tâcher de les dépasser. Dans Sexing the Body. Genders Politics and the Construction of Sexuality paru en 2000, la biologiste Anne Fausto-Sterling fait un pas de côté par rapport aux travaux qui, dans la lignée de Trouble dans le genre de Judith Butler (2005 (1990)), mettent exclusivement l’accent sur la dimension socialement et “performativement” construite du genre. Il est significatif à cet égard que Butler elle-même ait cru nécessaire de parer à cette critique dans un essai au titre parlant Bodies that Matter (2009 (1993)) – dont la traduction française par Ces corps qui comptent masque la référence à la matière1. Remède, alors capital, aux théories essentialistes, le constructivisme a néanmoins opéré, selon Fausto-Serling, une torsion qui oblitère l’expérience physique d’être un corps sexué et tout ce qu’elle peut impliquer dans nos sociétés. L’identité et la différence se construisent dans une complexe interaction entre corps biologique, monde social et environnement naturel. En quoi une telle perspective permet-elle de renouveler les objets traditionnels des études de genre? Comment l’adapter aux études sur la race marquées par un ultra-constructivisme (Fornel et Lemieux, 2007), rempart salutaire contre le racisme biologique et ses rejetons contemporains, mais qui bien souvent écartent de fait la physicalité de l’expérience d’un sujet renvoyé à sa couleur de peau, à son phénotype, etc., comme l’avait remarqué de manière précoce Frantz Fanon (Fanon, 2011 (1952))? De telles perspectives permettent en outre d’outiller les enquêtes aux prises avec toutes les hybridations qui marquent les corps contemporains: les prothèses qui actualisent de plus en plus le cyborg imaginé par Donna Haraway (2007 (1985)), mais aussi les greffes, y compris potentiellement d’organes issus d’animaux (Rémy, 2009). Les travaux portant sur de tels “objets” sont vivement attendus.

Critiquer la prééminence accordée au langage est un troisième point commun à ces nouveaux matérialismes. Se décentrer du langage implique en retour de se montrer attentif aux corps, aux gestes, aux techniques, aux “objets” et à toutes les “associations hétérogènes” qui les caractérisent (Murdoch, 2012). Sur ce plan, ces nouveaux matérialismes sont susceptibles d’entrer en dialogue avec les visual studies où les artefacts sont envisagés comme porteurs de situations qui modifient l’objet montré; ou avec la sociologie et l’anthropologie de l’art qui ont également été renouvelées par des approches “matérielles” en rupture avec les approches centrées sur les discours; mais encore avec les études littéraires dites matérialistes qui refusent de séparer l’analyse d’un texte de son ou ses contextes de production et de réception. Si la sociologie de la littérature, en particulier dans sa version bourdieusienne (Sapiro, 2014), est une des manières d’investir ce terrain, l’anthropologie de l’écriture (Fraenkel, 1992) et l’histoire du livre, de la lecture et de l’édition (Chartier, 1993) ont également mis au point des outils susceptibles de dés-idéaliser les textes et de les comprendre dans leur matérialité. En quoi la position dans le champ littéraire ou l’engagement politique de l’autrice ou de l’auteur, l’intervention du personnel d’édition ou l’intériorisation des contraintes liées à la réception sont-ils nécessaires à la compréhension des textes littéraires? Des enquêtes littéraires ou linguistiques ancrées dans les processus matériels de production et de réception des textes ou des séquences de conversation sont ici particulièrement encouragées. On peut encore se référer au récent essai du chercheur espagnol López Alós (2019) Crítica de la razón precaria. La vida intelectual ante la obligación de lo extraordinario (Critique de la raison précaire. La vie intellectuelle face à l’obligation de l’extraordinaire), qui étudie les conséquences de la précarité matérielle des chercheurs sur leur production intellectuelle. Cet essai, qui vient d’être couronné par le prestigieux prix Catarata, ouvre lui aussi des pistes intéressantes, allant bien au-delà de la théorie “mécanique” du reflet, au sein de ce récent et pluridisciplinaire Material Turn.


2. Matière et organismes : des enjeux éthiques et politiques

Si l’on s’accorde pour dire que toute “matière vivante” est, d’une manière ou d’une autre, un composé de matières (auto-)organisées, les problématiques esquissées ci-dessus nous imposent de repenser l’organisme en tant que réalité biologique, mais aussi sociale et politique. “‘Organisme’ ce n’est pas beau comme un nom d’oiseau […] mais le mot ne sonne-t-il pas curieusement à nos oreilles ? Qui sait ce qu’il désigne? Un état particulier de la matière ou n’importe quel être vivant choisi pour être un objet d’expérimentation scientifique” (Wolfe, 2004, p. 28)? À défaut de pouvoir donner une définition univoque du mot “organisme”, on peut remarquer que l’une des principales fonctions que la notion a revêtues dans les débats scientifiques et philosophiques des derniers siècles, fut de s’opposer, au nom d’une conception holiste de l’irréductible spécificité du vivant, aux prétentions hégémoniques du “mécanicisme” et, partant, à la menace, réelle ou fantasmée, du déterminisme et du réductionnisme; un danger que la progressive molécularisation de la biologie n’aura cessé de faire renaître, allant jusqu’à faire dire à un physicien tel que Niels Bohr que “si l’on veut pousser l’observation d’un organisme aussi loin que possible au point de vue de la théorie atomique, il faudra pratiquer sur lui une intervention qui le tue” (ibid., p. 29). Cette formule suffit à indiquer qu’”en la matière”, enjeux scientifiques et enjeux éthiques sont toujours intimement liés.

Après avoir été longtemps boudé par les sciences humaines et sociales2, le corps a commencé à devenir, dans les années 1960, un objet légitime de recherche. Citons à titre d’exemples: les travaux de Michel Foucault sur le corps comme cible première du pouvoir (1964; 1975; 1976-2018); l’attention aux gestes et pratiques corporelles comme clés de lecture du social chez Pierre Bourdieu ou Erving Goffman; les analyses réunies dans la trilogie Histoire du corps dirigée par Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello (2006); etc. Néanmoins, comme le remarque Dominique Guillo dans La Tentation du corps ce “regain d’intérêt” pour les représentations et les pratiques du corps ne constitue pas nécessairement un “regain d’intérêt pour le corps comme réalité matérielle” (Guillo, 2007). Et pour cause, les divers renouvellements du darwinisme social invitent à la méfiance, qu’il suffise de mentionner l’usage des neurosciences à des fins de naturalisation d’une bonne pédagogie scolaire comme dans Les Lois naturelles de l’enfant, récent livre à succès de Céline Alvarez. D’autant plus que les sciences cognitives bénéficient de financements et d’une reconnaissance dans l’espace public sans commune mesure avec le sort réservé aux sciences humaines et sociales. Ces dernières ne pourraient-elles pas néanmoins occuper le terrain d’une critique des conditions matérielles – profil social des cobayes et des scientifiques, financements etc. – dans lesquelles ces expérimentations, présentées comme indépendantes de toutes contraintes sociales, sont réalisées? Dans ce domaine, l’apport de la pensée féministe, et plus spécifiquement des feminist science studies, à la thématisation des politiques de la connaissance biologique est capital. Bonnie Spanier a ainsi pu montrer comment les logiques de la division (binaire) hétérosexuelle œuvraient jusque dans la biologie moléculaire, y compris pour décrire des formes de reproduction non-sexuée, à travers par exemple l’usage arbitraire des notions de cellules “mâles” (donneuses) et “femmes” (receveuses) (Spanier, 1995).

Nous nous intéressons ici également à ce qu’on peut appeler, à la suite de Bernard Stiegler, une “organologie générale” conçue comme une méthode d’analyse des relations entre “trois types d’’organes’: physiologiques, techniques et sociaux.” Le rapport duel entre la nature et le social semble ainsi pouvoir être dépassé dans un troisième terme, celui d’organe social, dont la signification n’est peut-être pas seulement métaphorique. Des travaux sur l’organicité du social sont donc attendus comme, inversement, des réflexions critiques sur les conceptions de l’organisme comme société. Cette idée du corps-société, introduite notamment par Alfred Espinas suite à des recherches sur les organismes pluricellulaires et dont on peut percevoir des échos jusque dans la philosophie des instincts de Nietzsche à la même période (Stiegler, 2001), fut clairement formulée par Charles Whitman Otis en 1890: “Pour les mêmes raisons que le sociologue affirme que la société est un organisme, le biologiste déclare que l’organisme est une société” (d’Hombres, 2009). Si ces thèses ne remettaient pas encore fondamentalement en cause les frontières entre réalités biologiques et réalités sociales, elles ne se limitaient pas pour autant à établir entre elles des analogies, mais supposaient déjà l’existence de rapports dialectiques autrement plus complexes – qui devraient du reste nous interdire de concevoir des notions comme celle de “colonie de cellules” ou, plus ancienne, de “république des réflexes” chez von Uexküll (Wolfe, 2004, p. 29), comme le fruit d’un transfert unilatéral du langage de la biologie vers celui de la politique. Quelles sont les conditions sociales et les implications éthiques de tels processus de traduction d’un domaine à l’autre, et réciproquement? À quel point ont-ils pu se populariser et se diffuser en dehors du champ scientifique? Nous encourageons les contributions qui se confronteront à de tels questionnements.

S’il est légitime de parler de “nouvel organicisme”, force est de constater que ses implications politiques sont profondément différentes de celles de son prédécesseur des siècles passés, dans la mesure où, pour le dire sommairement, il substitue l’autonomie (dans la relation) à l’hétéronomie, à l’égard du corps-organisme social. Yves Citton a cependant montré qu’un imaginaire de l’auto-organisation nourrissait déjà, au XVIIIe siècle, à la croisée de la science et de la politique, le matérialisme de d’Holbach, Helvétius et d’autres en étant étroitement lié à “l’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières” (Citton, 2006). Ce n’est à cet égard pas un hasard si l’écologie profonde de Næss s’est revendiquée d’une filiation spinoziste et si certains aujourd’hui se proposent de développer une “biologie spinoziste” (Atlan, 2018); ou encore si on a pu identifier dans la pensée de Spinoza les prémisses de la catégorie de “transindividuel” (Balibar, 2018) introduite par le philosophe des techniques Gilbert Simondon dans les années 1960. Ce dernier exemple nous rappelle que le retour à l’ontologie spinoziste est indissociable du retour politique, “autonomiste” en particulier (Negri, 2006), à Spinoza initié dans les années 1960 en réponse à la crise traversée par le marxisme (Renault, Sibertin-Blanc, 2018). Ces travaux, parmi d’autres, constituent à n’en pas douter une invitation à repenser politiquement l’organisation au-delà de l’opposition, souvent stérile, entre “horizontalité” et “verticalité”, et à renouveler les conceptions de l’autonomie et de la relationalité des luttes au-delà du mot d’ordre, souvent creux, de leur convergence.

Sont donc sollicitées dans cet axe des contributions – enquêtes sociologiques et anthropologiques, travaux d’histoire et/ou de philosophie des sciences et des techniques… – explorant les intersections, passées, présentes, et pourquoi pas futures (science-fiction, utopie) entre théorie des organismes biologiques, politique du vivant et renouvellement des formes d’organisation politique/militante.


3. Décentrements – recompositions

Un dernier axe voudrait prendre acte d’une des conséquences de ces perspectives : les décentrements qu’elles opèrent par rapport à l’humain (et le mâle), ses langages et ses pratiques, par rapport à tout ce qui a été / est appelé à occuper une place centrale, prééminente dans notre façon de concevoir le monde et la manière de le rendre habitable. Qu’il s’agisse de “matière vibrante” (Bennett, 2009, qui investigue tant le métal que les gants de travail ou les oméga-3 et l’humus) ou de terre qui parle (Abram, 2013), d’animaux d’”espèces compagnes” (Haraway, 2010) ou d’espèces a priori plus éloignées, tous ces décentrements dessinent un monde autre- ou plus-qu’humain, au sein duquel ce qui importe s’élargit à tout le vivant, voire contribue à rendre vivants des “choses” ou des “objets” généralement considérés comme inertes ou comme des formes de vie secondaires tels que les lacs, les fleuves, les montagnes – bref à en faire des matières vivantes.

Cela signifie que ces décentrements sont tout autant des repeuplements, au sens où ils nous font compter avec tout un ensemble d’entités qui jusqu’à présent ne comptaient pas ou si peu: ils nous obligent, en premier lieu à “faire avec” elles. Plusieurs tentatives ont été faites pour penser les conséquences de ces repeuplements, à l’instar de celle de Bruno Latour qui a proposé la mise en place d’un “parlement des choses” (1994), c’est-à-dire que soient représentés sur le plan politique les non-humains qui nous sont associés; ou encore pour faire valoir des qualités “non-pures”, c’est-à-dire les qualités par lesquelles on se compromet au lieu de se réfugier derrière une posture morale, comme la diplomatie (Morizot, 2017) afin de mettre à l’épreuve une réelle cohabitation avec les loups, les ours et autres espèces sauvages. Pour autant, il reste à analyser ces recompositions ou re-membrements, selon l’expression employée par Donna Haraway (le français rendant bien mal la polysémie de re-member) pour articuler héritage et renouvellement et en faire quelque chose d’organique, qui ne soit pas qu’une posture mais qui infuse les comportements les plus quotidiens.

Cela signifie encore qu’il reste, au-delà des seuls concepts, à montrer aussi finement que possible des recompositions déjà à l’œuvre: des cohabitations par lesquelles des entités vivantes apprennent les unes des autres, sans que cela se fasse de manière forcément symbiotique (le voisinage impliquant toute la palette des relations possibles). Nous encourageons ainsi les propositions d’articles qui chercheront à décrire et analyser de telles cohabitations à plusieurs échelles: celle du corps greffé par exemple, ou du corps qui apprend à vivre avec une prothèse; ou celle du milieu (Deleuze, Guattari, 1980), au sens où partir du milieu implique d’observer les relations qui le composent; jusqu’aux échelles politiques ou judiciaires, si par exemple des non-humains se mettent à intenter et gagner des procès (Stone, 2017 (1972); Vanuxem, 2018).



Bibliographie indicative

Abram David, 2013, Comment la terre s’est tue. Pour une écologie des sens, Paris, La découverte.

Alaimo Stacy, Hekman Susan, 2007, Material Feminisms, Bloomington, Indian University Press.

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Barbe Frédéric, 2016, “La ‘zone à défendre’ de Notre-Dame-des-Landes ou l’habiter comme politique”, Norois n° 238-239, p. 109-130.

Benett Jane, 2009, Vibrant Matter: A Political Ecology of Things, Durham / London, Duke University Press.

Butler Judith, 2005 (1990), Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, Paris, La découverte.

Butler Judith, 2009 (1993), Ces corps qui comptent. De la matérialité et des limites discursives du « sexe », Paris, Editions Amsterdam.

Chartier Roger (dir.), 1993, Pratiques de la lecture, Paris, Payot.

Citton Yves, 2006, L’envers de la liberté. L’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières, Paris, Éditions Amsterdam.

Coole Diana, Frost Samantha (ed.), 2010, New Materialisms: Ontology, Agency, Politics, Durham / London, Duke University Press.

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Deleuze Gilles, Guattari Félix, 1980, Mille plateaux. Capitalisme et schizophrénie 2, Paris, Éditions de Minuit.

d’Hombres Emmanuel, 2009, “‘Un organisme est une société, et réciproquement?’ La délimitation des champs d’extension des sciences de la vie et des sciences sociales chez Alfred Espinas (1877)”, Revue d’histoire des sciences, n° 62, p. 395-422.

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Foucault Michel, 1975, Surveiller et punir. Naissance de la prison, Paris, Gallimard.

Foucault Michel, Histoire de la sexualité, 4 vol. Paris, Gallimard ; vol. 1 : La volonté de savoir, 1976 ; vol. 2 : L’usage des plaisirs, 1984 ; vol. 3 : Le Souci de soi, 1984 ; vol. 4 : Les Aveux de la chair, 2018.

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Keil Daniel, 2017, “The Ontological Prison. New Materialisms and their Dead Ends”, Kontradikce/Contradictions, vol. 1 n° 2, p. 41-62.

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López Alós Javier, 2019, Crítica de la razón precaria. La vida intelectual ante la obligación de lo extraordinario, Madrid, La Catarata.

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Negri Antonio, 2006 (1982), L’Anomalie sauvage. Puissance et pouvoir chez Spinoza, Paris, Éditions Amsterdam.

Neyrat Frédéric, 2016, “La matière sombre. Courte étude sur les nouveaux matérialismes et leur sombre revers”, Lignes n° 51, p. 117-130.

Rémy Catherine, 2009, “Le cochon est-il l’avenir de l’homme ? Les xénogreffes et l’hybridation du corps humain”, Terrain n° 52, p. 112-125.

Renault Matthieu, Sibertin-Blanc Guillaume, 2018, “Se réapproprier Spinoza. Usages et mésusages d’un philosophe à la mode”, Revue du Crieur n° 10, p. 144-159.

Sapiro Gisèle, 2014, La Sociologie de la littérature, Paris, La découverte.

Spanier, Bonnie, 1995, “Biological Determinism and Homosexuality”, National Women’s Studies Association Journal, 7, p. 54-71.

Stiegler Barbara, 2001, Nietzsche et la biologie, Paris, PUF.

Stone Christopher, 2017 (1972), Les arbres peuvent-ils plaider ?, Paris, Le passager clandestin.

Vanuxem Sarah, 2018, La propriété de la terre, Marseille, Éditions Wildproject.

Wolfe Charles T., 2004, “La catégorie d’’organisme’ dans la philosophie de la biologie. Retour sur les dangers du réductionnisme”, Multitudes n° 16, p. 27-40.




Modalités de soumission
L’appel à contribution a valeur de cadrage et permet la sélection des contributions en fonction de leur pertinence par rapport au thème et aux enjeux du numéro. Il a, en outre, vocation à suggérer aux rédacteurs potentiels quelques pistes générales de réflexion.

Articles

Les articles représentent des contributions originales à la recherche, qui suivent les normes habituelles de la production scientifique. Ils doivent tous se positionner par rapport à l’appel à contributions.

Différents types d’approches sont possibles, permettant de diversifier la manière d’aborder la thématique : nous accueillons tant des articles à vocation essentiellement théorique, que des contributions fondées sur des recherches empiriques, où les enjeux méthodologiques seront précisés et discutés.

Tracés étant une revue interdisciplinaire, les articles doivent pouvoir être compréhensibles et pertinents pour des lecteurs et des lectrices non spécialistes; ils peuvent également faire appel à des méthodes et des références de plusieurs disciplines, ou interroger les présupposés ou les outils empiriques et théoriques d’une discipline à partir du point de vue d’une autre discipline.

Les articles soumis ne peuvent excéder 40 000 signes (espaces, notes, et bibliographie incluses).

Notes

Nous publions des notes critiques qui présentent un ensemble de travaux (éventuellement un ouvrage en particulier), une controverse scientifique, ou l’état d’une question actuelle. Elles doivent dans tous les cas se rattacher explicitement à la thématique du numéro et permettre d’éclairer des orientations de recherche ou des débats inhérents à cette dernière, notamment pour des lecteurs et des lectrices non spécialistes des disciplines concernées.

Les notes soumises ne peuvent excéder 25 000 signes (espaces, notes, et bibliographie incluses).

Entretiens

Des entretiens avec des chercheurs, chercheuses ou d’autres expert-e-s des questions étudiées sont également publiés dans chaque numéro. Les contributeurs et les contributrices qui souhaiteraient en réaliser sont invité-e-s à prendre contact directement avec le comité de rédaction (redactraces [a] groupes.renater.fr).

Traductions

Les traductions sont l’occasion de mettre à la disposition du public des textes peu ou pas connus en France et qui constituent un apport capital à la question traitée. Il doit s’agir d’une traduction originale. Le choix du texte devra se faire en accord avec le comité de rédaction et les questions de droits devront être réglées en amont de la publication.

Il est donc demandé aux contributeurs et aux contributrices de bien préciser pour quelle rubrique l’article est proposé. La soumission d’articles en anglais est également possible, mais si l’article venait à être retenu pour la publication, sa traduction nécessaire en français demeure à la charge de l’auteur-e.

Procédure

Les auteur-e-s devront envoyer leur contribution (article complet) avant le 15 avril 2020. Celle-ci sera envoyée au comité de coordination du numéro 40 de Tracés (soumission-articles.traces@groupes.renater.fr), à savoir Amina Damerdji (aminadamerdji@gmail.com), Anthony Pecqueux (Anthony.PECQUEUX@msh-lse.fr) & Matthieu Renault (matthieu.renault@gmail.com).
Les auteur-e-s peuvent informer en amont les coordinateurs de leur projet par courrier électronique en indiquant le titre de leur contribution, la rubrique dans laquelle ils le proposent, ainsi qu’un bref résumé du propos. La date limite des propositions est fixée au 15 janvier 2020. Un retour est fait aux auteur-e-s sur la recevabilité de leur proposition.
Chaque article est lu est par un-e membre du comité de rédaction et par deux évaluateurs et évaluatrices extérieur-e-s. Nous maintenons l’anonymat des lecteurs et lectrices et des auteur-e-s. A l’aide de ces rapports de lecture, les coordinateurs et la coordinatrice du numéro rendent un avis sur la publication et décident des modifications à demander aux auteur-e-s afin de pouvoir publier l’article.
Dans le cas de propositions trop éloignées de l’appel à contribution ou des exigences scientifiques de la revue, les coordinateurs et la coordinatrice se réservent le droit, en accord avec le comité de rédaction, de rendre un avis négatif sur la publication sans faire appel à une évaluation extérieure. Hormis ces exceptions, une réponse motivée et argumentée est transmise aux auteur-e-s suite à la délibération du comité de lecture.
Nous demandons aux contributeurs et contributrices de tenir compte des recommandations en matière de présentation indiquées sur notre site.
Les articles envoyés à la revue Tracés doivent être des articles originaux. L’auteur-e s’engage à réserver l’exclusivité de sa proposition à Tracés jusqu’à ce que l’avis du comité de lecture soit rendu. Elle ou il s’engage également à ne pas retirer son article une fois que la publication a été acceptée et que l’article a été retravaillé en fonction des commentaires des lecteurs et lectrices.
NB : L’insertion d’images et de supports iconographiques en noir et blanc et en couleurs est possible en nombre limité (Précisez-le dans votre déclaration d’intention). Celles-ci doivent être livrées libres de droit (sauf exception, la revue ne prend pas en charge les droits de reproduction); elles limitent le nombre de signes à hauteur de 2500 signes par image pleine page, et de 1500 signes par image demi-format. Pour des projets spécifiques, il est possible de faire établir un devis pour une cahier hors-texte.
Que la traductrice Charlotte Nordmann a reportée finement dans le sous-titre : De la matérialité et des limites discursives du « sexe », là où le sous-titre anglais ne comprend que : On the Discursive Limits of « Sex » [↩]
À l’exception au moins de l’anthropologie – et au-delà du classique de Marcel Mauss : la description des corps fait partie intégrante des monographies classiques. [↩]

vendredi 1 novembre 2019

Hygiénisme, santé alimentaire et études médicales

Hygiénisme, santé alimentaire et études médicales (XIXe-XXIe siècles)


Journée d'étude 

Dans le cadre du projet Hysam de la fédération des MSH de Bourgogne et Franche-Comté (« Transmission, Travail, Pouvoirs »).

Vendredi 8 novembre 2019 à la MSHE Ledoux à Besançon 
(Salle 5 ; accès : esplanade Germaine Tillon, rue Charles Nodier ou Place Saint-Jacques, site Arsenal).


MATINÉE OUVERTE AU PUBLIC
[communication : 20 minutes ; discussions : 15 minutes]

8h05 Accueil

SESSION 1 • DISCUTANT MATTHIEU DUBOYS DE LABARRE

8h25 Fabien Knittel (Centre Lucien Febvre, EA 2273, Université de Bourgogne-Franche-Comté, UFC)
Introduction / Quelques considérations sur l’hygiénisme, les agronomes et le lait (XIXe s.)

9h Juliette Ronsin (IHMC, UMR 8066, CNRS, ENS-Ulm)
Contrôler par la santé et l’hygiène. Le cas des travailleurs yougoslaves dans le Pays de Montbéliard dans les années 1960-1980

9h35 Yann Renisio (Université d’Uppsala)
Situer les futurs médecins dans l’espace socia l: le cas de la Suède (1970-2015)

10h10 Pause

10h30 Pierre Verschueren (Centre Lucien Febvre, EA 2273, Université de Bourgogne-Franche-Comté, UFC)
Prolégomènes à une prosopographie de l’Inserm

SESSION 2 • DISCUTANT FABIEN KNITTEL

11h05 Maeva Durand (INRA-CESAER, UMR 1041)
Le métier d’aide à domicile. Institutionnaliser « la débrouille » (au féminin) dans le
domaine de la santé

11h40 Matthieu Duboys De Labarre (Agro Sup Dijon, INRA-CESAER, UMR 1041)
Processus de mise sur agenda d’une politique alimentaire : l’exemple d’UNITERRE

12h15 Déjeuner

APRÈS-MIDI RÉSERVÉE AUX PARTICIPANTS DU PROJET HYSAM
14h-15h30 Discussions / perspectives / projets

Maude Abbott et le musée médical

Maude Abbott and the Medical Museum


Call for papers


McGill University
Montreal, Quebec, Canada
October 15-16, 2020

Maude Abbott is a world-famous Canadian physician best known for her work on congenital heart anomalies. Her Atlas of Congenital Heart Disease(1936) laid the foundation for many medical innovations and contributions to our understanding of congenital cardiac disease. She was also important in the development of medical museums, acting as cofounder of the International Association of Medical Museums in 1907 and serving as Director of McGill University’s medical museum during its golden age from 1898 to 1923. As such, she established McGill as an important node in the global network of medical museums. The Maude Abbott Medical Museum https://www.mcgill.ca/medicalmuseum/ showcases her collections for students and visitors from around the world.

A day-long seminar (October 16, 2020) aims to bring together individuals who have investigated or are investigating the life and work of Maude Abbott. We are interested in research from a variety of disciplines and topics, such as Abbott’s medical innovations, museology experience, publications, teaching, role as a pioneering female doctor, relationships with other figures, and Abbott as a subject of portraiture and world traveller. We are also interested in discussions related to the role of the medical/science museum in the university today.

The event will open the evening of October 15, 2020 with a lecture by Dr. Sam Alberti (Keeper of Science and Technology for National Museums Scotland) on the history and current relevance of museums in the university setting (Andrew F. Holmes Dean of Medicine Distinguished Lecturer in conjunction with McGill University’s bi-centennial celebrations). October 16, 2020 will be a day of participant talks and discussions, with an opportunity to visit the Maude Abbott Medical Museum and see its renowned specimens.

Please submit an abstract of 250 words (related to a 20 minute talk) and a short CV to medicalmuseum.med@mcgill.ca by November 30, 2019. Acceptance notifications will be issued by December 20, 2019.

For more information or other questions, please contact:
Professor Annmarie Adams at annmarie.adams@mcgill.ca
(514) 398-2915
Richard Fraser at richard.fraser@mcgill.ca