jeudi 22 janvier 2026

Dialogues de Marbourg sur les arts anciens de la guérison

Marburg Dialogues on Ancient Healing Arts

Call for Papers

 

 5th Annual Meeting of the Working Group

 Date: June 19–20, 2026

 

Venue: University Library Marburg Marburg

 

Deadline: February 1, 2026

 

Organizers: Tanja Pommerening, Nils P. Heeßel

 

Dear colleagues, friends of ancient medicine, after another successful meeting of the Working Group “Marburg Dialogues on Ancient Healing Arts” (MGAH, German abbreviation) last July, we would now like to cordially invite you to the 5th annual meeting.

We would like to invite you to take part in actively shaping the conference. There are two ways in which you can do this: present your current research or PhD project related to “Ancient Medicine” as a 20-minute presentation followed by 20 minutes for discussion. We would especially like to encourage early career researchers to apply with a presentation. Alternatively, you can open our 90-minute discussion session with a 10-to-15-minute input presentation on a current topic in the history of pharmacy or medicine. Last year’s discussion session, for example, focused on the topic ‘AI and Ancient Medicine: opportunities, considerations and risks for the use of AI and other digital methods’. After an introduction to the topic, we split up into smaller groups to discuss the topic with the help of a handout, before coming together for a final plenary discussion.

This year, we are also pleased to announce that the public keynote lecture will be delivered by Prof. em. Dr. Liba Taub (University of Cambridge), a renowned expert on the history of science.

As in previous years, we have decided against having a predefined overarching theme in order to give all interested participants the opportunity to present their own topic. You are therefore free to present whatever you wish to share and discuss with a group of experts and other interested persons.

If you would like to present a 20-minute contribution, please send us your proposed title by e-mail. Please add an abstract of about 300 words, outlining the research question and the expected results of your project.

If you are interested in submitting a proposal for a 10 to 15-minute input lecture, please also send us your proposal for a discussion topic by e-mail. Please attach to your proposal a description of your thesis or topic.

The languages of presentation are German and English.

Please send all proposals by February 1, 2026 to Marta Chervinka (ag-mgah@staff.uni-marburg.de <https://home.staff.uni-marburg.de/imp/dynamic.php?page=mailbox> ), who is also available to answer any questions you may have.

 

Further information can be found on our website:

https://www.uni-marburg.de/en/fb16/igphmmr/marburg-dialogueson-ancient-healing-arts <https://www.uni-marburg.de/en/fb16/igphmmr/marburg-dialogueson-ancient-healing-arts> .


The final program will be announced in spring 2026.

mercredi 21 janvier 2026

Photographier la vie en institution

Dedans/Dehors : photographier la vie en institution (1840-1980)



Appel à contributions
 

Photographica - 14 | 2027 
Date de soumission des propositions : 9 février 2026



Direction éditoriale du dossier

Dossier thématique sous la direction de Alice Aigrain (Université de Strasbourg), Camille Joseph (Université Paris 8), Anaïs Mauuarin (EHESS).
 

Argumentaire


Dans son livre Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon mène une enquête pour documenter et reconstruire la trajectoire de son arrière-grand-mère diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. Rapidement, elle se pose la question des archives photographiques produites et conservées tant par l’institution asilaire que par le personnel soignant : « Je demande à Roseline si elle a conservé des photographies de l'époque... J'en avais plein les cartons me dit Roseline, mais j'ai tout foutu en l'air il y a un mois. J'ai rien gardé. Il aurait fallu le savoir avant... J'avais beaucoup de photos1. » 

Ce sont ces photographies, conservées, jetées, publiées ou encore vendues, que le prochain numéro de la revue Photographica souhaite documenter. Comment est produite, diffusée et utilisée la photographie dans les institutions coupées du monde extérieur, ces lieux clos dans lesquels les personnes vivent une vie recluse et régulée par des règles strictes (hôpitaux psychiatriques, internats, couvents, monastères, casernes, prisons, camps, sanatoriums, léproseries, foyers, maisons de retraite...) ? Si elle a souvent été étudiée comme instrument de contrôle ou de discipline (Sekula2, Tagg3), la photographie ouvre des espaces de circulation, de négociation et de contestation qui sont restés largement inexplorés. Ce numéro propose d’interroger la diversité des usages photographiques en contexte institutionnel – des pratiques officielles à celles des personnes qui y vivent ou y travaillent – afin de mieux saisir la complexité des rapports sociaux et des représentations qui s’y construisent, depuis les prémices de la photographie jusqu'aux années 1980.

La définition de ces institutions que Erwin Goffman a qualifiées de totales4 et les débats ouverts par ses travaux dans les années 1960 – prolongés, entre autres, par Michel Foucault5 et plus récemment par Corinne Rostaing6 – constituent un socle théorique à partir duquel nous souhaitons aujourd’hui questionner les pratiques, les usages et les circulations des corpus photographiques liés à ces institutions. Ce numéro entend interroger la façon dont ces corpus valident ces définitions ou, au contraire, en soulignent la dimension labile voire en testent la pertinence et les limites. On pourra ainsi se demander si, au sein d’espaces définis comme « clos », la photographie, à la fois comme pratique et comme objet, peut permettre des circulations « hors-les-murs ». Si oui, ces circulations sont-elles encadrées et contrôlées par l’institution, ou bien relèvent-elles de stratégies ou dynamiques qui témoignent au contraire d'une certaine porosité de ces espaces, parfois même recherchée par l’institution elle-même ? Comment certains corpus s’inscrivent-ils dans les fonctions d’exclusion ou de disciplinarisation au cœur de la définition de ces lieux de vie ? Comment d’autres pratiques semblent davantage capables de s’insérer dans les marges de manœuvre de ces espaces ? 


Axes possibles pour les articles

À partir d'études s'appuyant sur des corpus photographiques produits depuis ces espaces de vie institutionnels, les propositions pourront s'inscrire dans les axes suivants. La liste n'est pas exhaustive, et nous invitons les auteurs et autrices à produire des articles interrogeant plusieurs de ces axes de façon transversale :
Axe 1 - Vues du dedans : la photographie par et pour les institutions

Une première pratique, peut-être la plus évidente, est celle initiée par les institutions elles-mêmes. Cette pratique institutionnelle est ancienne : dès les années 1870, par exemple, certains services hospitaliers – notamment en psychiatrie – mettent en place des laboratoires photographiques pour documenter leurs patient·es, les activités médicales et l’évolution des pathologies. De tels dispositifs nécessitent des moyens matériels, financiers et humains : recrutement d’opérateurs, négociation de budgets, organisation d'espaces dédiés, définition des protocoles de prise de vue et des règles de diffusion, etc. On retrouve des dynamiques similaires dans d’autres espaces clos (prisons, couvents, internats, etc.), où l’institution prend en charge, de manière plus ou moins centralisée, la production des images. Ces corpus incluent notamment des portraits des personnes recluses, des vues architecturales des bâtiments, des images des activités, du personnel ou encore de la vie quotidienne. Si certaines de ces archives ont déjà fait l’objet d’études, une part importante demeure inédite et mérite d’être explorée.

Il s’agit de comprendre comment s’organisent les conditions matérielles et sociales de production des photographies au sein de ces espaces. Lorsque la photographie est portée par un désir institutionnel, comment se déploie-t-elle ? Qui sont les opérateurs qui produisent les photographies mais aussi les commanditaires et les administrateurs ? Quelles sont leur matériel et leurs conditions de travail ? Les clichés s’inscrivent-ils dans une économie interne à l’institution ? Voit-on alors une profession de photographe émerger dans ces lieux, ou à l’inverse s’agit-il de mettre à contribution, dans les laboratoires photographiques internes par exemple, les personnes recluses ?

Les usages de ces photographies sont divers, et certaines circulent uniquement à l’intérieur de l’institution ou entre des institutions similaires. Elles peuvent alors y remplir des fonctions mémorielles, scientifiques, disciplinaires, politiques ou économiques que nous invitons à mettre en lumière. L’analyse de ces corpus permet de saisir comment la photographie, lorsqu’elle est portée par un projet institutionnel, participe à l’organisation, à la légitimation et parfois à la mise en tension des pratiques et des représentations propres à ces espaces clos.

Par ailleurs, la régulation de la pratique de la photographie s’inscrit dans des dynamiques plus générales, qui débordent l'enceinte de l'institution qui les produit. Il est ainsi possible de s'interroger sur la façon dont sont légitimés ou non les usages de la photographie dans ces espaces, ainsi que sur l'histoire de cette légitimité. Des dispositifs légaux entourent-ils ces pratiques et comment évoluent-ils ? On pourra ainsi se demander si des débats émergent concernant l’arrivée de la photographie dans ces espaces, alors qu'ils ont pour vocation de se situer à l’écart du reste de la société et à l’abri relatif des regards extérieurs.
 

Axe 2 - La photographie hors les murs : production, circulation, diffusion

Les photographies prises depuis ces espaces ne sont pas toujours produites par l'institution elle-même ni à destination d'elle-même. Des clichés produits par l'institution sont destinés à circuler au-dehors, pour valoriser l’institution, construire son image publique ou, au contraire, dissimuler certains aspects de la vie quotidienne. On s’interrogera ainsi sur le type de « documents » produits par les institutions et la diversité des supports mobilisés pour diffuser ces images hors des murs : albums, cartes postales, illustrations, affiches, etc. Il s’agira d’identifier quelles images ont circulé ainsi que les motivations derrière ces diffusions, notamment leur caractère promotionnel7. Du point de vue des personnes recluses, on examinera le rôle de la diffusion de ces images dans la médiatisation de leur expérience de vie.

Des acteurs extérieurs peuvent également intervenir afin de documenter ces lieux de vie, pour les rendre visible au dehors. Nous pensons notamment à la médiatisation de ces espaces par des photographes reporters, des photojournalistes, ou même des photographes intervenant dans le cadre de projets artistiques. Cela soulève la question de la relation qui existe entre les photographes et l'institution : Qui a accès à ces espaces clos ? Quelles démarches, quelles sociabilités encadrent la possibilité même de rentrer dans ces lieux pour y faire des clichés ? Quelles sont les conditions d'accès à ces espaces, et quel contrôle ont les institutions sur les images prises ? Comment les producteurs contournent les éventuels cadres posés par l'institution ? Quelle relation s'instaure entre les personnes photographiées et les photographes venus du dehors ? De même, il est possible de s'interroger sur les stratégies de détournement qui peuvent être mises en place lorsque les reportages sont empêchés.

On pense par exemple aux reportages de Détective qui, pour l'illustration de certains articles les plus outranciers sur ces institutions (prisons, hôpitaux psychiatriques), ne publient que marginalement des photographies en rapport avec le reportage ou le propos de l'article8. La photographie, en s'appuyant sur la mise en page, la typographie, l’agencement des images et de grossiers photomontages, sert surtout à provoquer chez les lecteurs l’effroi souhaité, même si elle est hors sujet. Cet exemple questionne la façon dont on comble l'absence de photographies lorsqu'on ne peut pas en faire. La multiplicité des supports servant la diffusion de ces photographies pose la question des discours qui les accompagnent : dénonciation de ces espaces ou défense de ces dispositifs, illustration d'une actualité ou d'un fait divers, portrait d'un acteur des lieux, etc. Le recours aux photographies peut tantôt accentuer et servir des discours institutionnels par la mise en image ou les modalités de leur publication, tantôt, au contraire, ouvrir une brèche et prendre ces discours à rebours 


Axe 3 - Déborder le cadre : la photographie par les personnes vivant et travaillant en institution

Dans son livre, Adèle Yon évoque avec Roseline, une infirmière psychiatrique ayant eu une intense pratique photographique, le type de clichés qu'elle n'a finalement pas conservés : « Des photos avec des fêtes que la bonne sœur faisait, des photos de carnaval... oui, oui, j'avais plein de trucs...9 ». Surgit alors la possibilité d'une photographie en interne, dont la production n'est toutefois pas gérée par l'institution et son administration, mais l'œuvre de photographes amateurs, en particulier des membres du personnel mais aussi des personnes recluses. Ces corpus sont-ils le fruit de pratiques individuelles ou émergent-ils dans le cadre de pratiques plus encadrées, des photo-club par exemple ? Quelles sont les réglementations encadrant la prise de photographies ? Quelles sont les possibilités techniques d'accès à un appareil ou à un laboratoire ?

Dans certains cas, cette pratique amateur épouse sans doute le rythme et les codes visuels de ces institutions. Non seulement elle témoigne de la vie dans ces espaces, en y révélant par exemple des scènes quotidiennes, mais elle peut même participer de cette vie interne en étant présente et en performant les rituels sociaux (anniversaires, fêtes, portraits, photographies de familles, etc.)10. La photographie en tant que pratique participe-t-elle a reproduire et importer des normes sociales qui caractérisent d’autres espaces de vie au sein de ces institutions totales en masquant leur dimension disciplinaire ? Les clichés réalisés dans ce cadre reproduisent-ils les codes visuels propres à ce type de photographies ? On pense également à des cas de censure tacite qui pèse sur ces pratiques, à l'instar de celle qui était appliquée par les photographes amateurs exerçant dans les camps d'internements soviétiques au milieu du XXe siècle, qui s'accordaient à ne jamais prendre des signes matériels de la situation d'emprisonnement tels que les barbelés11.

A l'inverse, on peut se demander si cette pratique photographique ne vient pas parfois déborder les codes officiels pour montrer une autre vision de la vie en institution : les clichés pris par les personnes vivant et travaillant dans ces espaces proposent-ils des jeux, des espaces de porosité contournant les enjeux de domination et de violence induits par l'aspect disciplinaire et normatif de leurs lieux de production ? On se demandera si, même quand elles sont prises sous le regard de l'institution, ces photographies peuvent mettre en cause la relation asymétrique faisant nécessairement des personnes recluses les objets (passifs) de la photographie. Est-ce là un moyen pour les personnes vivant dans l'institution de se réapproprier leur espace de vie et les représentations d'elles-mêmes ? De manière générale, on peut se demander dans quelle mesure il existe des usages spécifiques de la photographie au sein des institutions totales, parmi les personnes qui y vivent et y travaillent, et s'il s'y déploie une économie visuelle particulière.


On pourra même se demander dans quelle mesure et dans quelles conditions des pratiques clandestines, passées sous le radar des institutions, peuvent exister. En 1961 par exemple, un détenu algérien proche du FLN immortalisait clandestinement des pièces de théâtre à caractère politique à la prison des Baumettes de Marseille12. Quelle chaîne de solidarité peut permettre ce genre de pratiques, et, selon le contexte, quels objectifs les motivent ? Ont-elles par ailleurs des répercussions, lorsqu'elles sont découvertes, sur la place plus large accordée à la photographie dans les institutions ? Si le travail des historiens permet d'exhumer de telles images, on pourra se demander de quelles autres sources et méthodes nous disposons pour percevoir ces pratiques visuelles, nécessairement dissimulées dans les plis des archives.

On s'interrogera également sur la façon dont les photographies faites par des personnes recluses ou des membres du personnel, sont montrées et diffusées : que deviennent les tirages produits dans ces espaces ? Font-ils l'objet d'une mise en valeur sous la forme d'expositions, de projections, de feuillets, d'albums, etc. ? Existe-t-il des réseaux informels et clandestins entre les personnes vivant dans l'institution, ou bien la présence de la photographie fait-elle plus souvent l'objet d'arrangements entre l'institution, les photographes amateurs et les autres personnes recluses ?

En s'intéressant à ces pratiques photographiques amateurs qui échappent pour partie aux institutions disciplinaires, on se demandera non seulement dans quelle mesure elles viennent perturber, ou au contraire rejouer, les représentations que ces institutions se donnent d'elles-mêmes, mais également de quelles façons elles reconnectent ces institutions à l'écosystème social et politique qui les entourent et dans lesquels elles sont prises. 


À propos de méthodologie

On portera une grande attention aux articles prenant en compte toute la complexité des corpus étudiés et les enjeux de violence possiblement induite par certains clichés. Nous invitons les auteurs et autrices à engager une réflexion sur les modalités de leur publication dans la revue (format, légende, etc.).
Modalités de soumission et calendrier

L’appel est ouvert jusqu’au lundi 9 février 2026.

Les propositions (en français ou en anglais) devront inclure votre nom et votre affiliation, un résumé de l’article de 3000 à 4000 signes accompagné d’une bibliographie, ainsi qu’une courte note bio-bibliographique. Elles sont à envoyer à l’adresse suivante : redaction@photographica-revue.fr

Les auteur·ices dont les propositions seront retenues seront avisé·es début mars 2026.

Les articles, de 30 000 à 35 000 signes (espaces et notes comprises), seront à envoyer pour le 1er juin 2026.

Parution de la revue Photographica (no 14) : printemps 2027.

Bibliographie

Ouvrages et articles

Aigrain Alice, « Jules D., patient, modèle », Photographica, 5, 2022, 22-41.

Aigrain Alice, Des corps malade sous l’objectif, Paris, les Éditions de la Sorbonne, (à paraître).

Amiotte-Suchet Laurent et Audrey Higelin Cruz (dir.) Ethnographier les institutions totales, Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/numero-46/

Artières, Philippe, Attica, USA, 1971, Cherbourg, Le Point du jour, 2017.

Brookes, Barbara, "Pictures of People, pictures of places: Photography and the Asylum", Exhibiting Madness in Museums, Londres, Routledge, 2011, p.30-47.

Cialdella, Philippe, "Photographies d'asile", dans Hervé Guillemain (dir.), DicoPolHis, Le Mans Université, 2022.

Deleuze, Gilles, « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle », in Pourparlers 1972 - 1990, Les éditions de Minuit, Paris, 1990

Goffman, Erving, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, les éditions de Minuit, 1968.

Higelin-Fusté, Audrey , « La photographie carcérale : représentation, trahison ou instrumentalisation de l’architecture pénitentiaire ? », Les Carnets du LARHRA [En ligne], 2012, URL : https://publications-prairial.fr/larhra/index.php?id=1129

Honoré, Célia, Photographier les criminelles. Figures de la déviance féminine dans la culture visuelle de la modernité (France, 1855-1914), Thèse de doctorat, 2024, Université de Genève.

Honoré Célia, « Les insurgées de la Commune vues par Ernest Appert », Photographica, 5, 2002, 42-65.

Joschke, Christian, « La photographie au service des psychiatres ». L'Histoire - Les Collections, 51(2), 2011, p.78-79.

Luchsinger Katrin et Stefanie Hoch (dir.), Behind Walls. Photography in Psychiatric Institutions from 1880 to 1935, Zurich, Scheidegger & Spiess – Kunstmuseum Thurgau, 2022.

Marchetti Anne-Marie, "Arrêt sur image", Perpétuités, Paris Plon, 2001.

Margolis, Eric et Jeremy Rowe, "Images of assimilation: Photographs of Indian schools in Arizona", History of Education 33-2, 2004, p. 199-230.

Pearl, Sharrona, "Through a Mediated Mirror: The Photographic Physiognomy of Dr Hugh Welch Diamond." History of Photography, 33(3), 2009, p.288–305.

Renneville, Marc, « Démons et déments. Quand Détective enquête sur la folie », Criminocorpus [En ligne], 2018, URL : http://journals.openedition.org/criminocorpus/5017

Rostaing Corinne, "Institution totale : ambiguïtés et potentialités d'un concept bien vivant", Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/Rostaing

Sanchez, Jean-Lucien, "Le traitement du bagne colonial de Guyane par le magazine Détective", Criminocorpus [En ligne], 2018, URL: https://journals.openedition.org/criminocorpus/5112

Sekula Allan, "The Body and the Archive", October 39, 1986, p. 3-64.

Sekula, Allan, Ecrits sur la photographie, Paris Editions des Beaux Arts de Paris, 2018.

Skidmore, Colleen, "Photography in the Convent: Grey Nuns, Québec, 1861", Histoire sociale/Social History, vol. 35, n°70, 2002, p.279-310.

Suenens Kristien et Anne Roekens, « Portraits voilés », Photographica, 5, 2022, 64-82.

Tagg, John, The Burden of Representation, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1993.

Tagg, John, The Disciplinary Frame. Photographic Truths and the Capture of Meaning, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2009.

Tcherneva, Irina , “For an Exploration of Visual Resources of the History of Imprisonment”, The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies [En ligne], 19, 2018, URL : https://journals.openedition.org/pipss/5003


Catalogues d’exposition et colloques :

Face à ce qui se dérobe, les clichés de la folie, Chalon-sur-Saône, Musée Nicéphore Niepce, 18 octobre 2025 -19 janvier 2026.

"Patient·e·s et personnel soignant. Interroger les rapports de pouvoir en psychiatrie au XXe siècle à travers les archives audiovisuelles" Colloque organisé par Mireille Berton et Jessica Schüpbach, Lausanne, 27-28 mars 2025, UNIL.

Aigrain Alice, « Les multiples usages de la photographie par Bourneville à l’hospice de Bicêtre ». L’enfance aliénée sous l’œil du docteur Bourneville, cat. Exp. Paris, DGDBM – Université Paris Cité, PhotoSaintGermain, 2024, p.73-81.

"Ethnographies Plurielles – Institutions totales",colloque organisé par la Société d'Ethnologie Française, Aubervilliers, 29-30 novembre 2021, Campus Condorcet.

L’Impossible Photographie : prisons parisiennes, 1851-2010, catalogue d’exposition [Paris, Musée Carnavalet, 10 février-4 juillet 2010], Paris, Paris Musées, 2010.

Notes

1 Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth, Paris, Editions du Sous-sol, 2025, p. 302.

2 John Tagg, The Burden of Representation, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1993.

3 Allan Sekula, “The Body and the Archive”, October 39, 1986, p. 3-64.

4 Une institution totale est définie par Goffman comme « un lieu de résidence et de travail, où un grand nombre d’individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées. Les prisons constituent un bon exemple de ce type d’institutions mais nombre de leurs traits caractéristiques se retrouvent dans les collectivités dont les membres n’ont pas contrevenu aux lois. » Erving Goffman, Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Editions de Minuit, 1968, p. 41.

5 Michel Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.

6 Rostaing Corinne, « Institution totale : ambiguïtés et potentialités d'un concept bien vivant », Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales [En ligne], n°46, 2023, URL : https://www.ethnographiques.org/2023/Rostaing

7 On pense par exemple à l’« efficacité » du processus d’amalgamation tel qu’il a pu être mis en scène par les clichés « avant/après » des pensionnats du sud-ouest des Etats-Unis accueillant des enfants indigènes. Voir Eric Margolis et Jeremy Rowe, “Images of assimilation: Photographs of Indian schools in Arizona”, History of Education 33-2, 2004, p. 199-230.

8 Renneville, Marc, « Démons et déments. Quand Détective enquête sur la folie », Criminocorpus [En ligne], 2018, URL : http://journals.openedition.org/criminocorpus/5017

9 Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth, Paris, Editions du Sous-sol, 2025, p. 302.

10 Pierre Bourdieu, Un art moyen, Paris, Les éditions de Minuit, 1965.

11 Irina Tcherneva, “For an Exploration of Visual Resources of the History of Imprisonment”, The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies 19, 2018, URL: http://journals.openedition.org/pipss/5003

12 Fanny Layani « Théâtre et politique en prison : le FLN aux Baumettes (Marseille, 1961) » dans Marie Chominot et Sébastien Ledoux (dir.), Algérie. La guerre prise de vues, 2024, Paris, CNRS Editions, p. 75-90.

mardi 20 janvier 2026

Les communautés charbonnières et la santé

Blood is the price of coal: Coal communities, health and welfare in Britain and beyond from the 19th century to the present
 

Call for papers

 

When and where:
University of Warwick, Coventry, on Thursday 18 June 2026.
 

Conference summary:
This free one day conference aims to bring together researchers from higher education, community and campaign groups to explore the history of health and welfare in Britain’s coal mining industry.

Held jointly by the University of Warwick's Centre for the History of Medicine, Science and Technology, and Modern Records Centre, the event will run alongside an exhibition which will explore some of the themes covered by the speakers through the National Union of Mineworkers' archives.

We welcome contributions from new and established researchers, working inside and outside higher education.

Confirmed participants include:  

Jörg Arnold (University of Augsburg / Institute for Contemporary History Munich - Berlin), author of The British Miner in the Age of DeIndustrialization
Keith Gildart (University of Wolverhampton), Principal Investigator on research project On Behalf of the People: Work, Community and Class in the British Coal Industry 1947-1994 and former miner
Quentin Outram (University of Leeds), Secretary of the Society for the Study of Labour History and co-editor of Coal in Victorian Britain
Conference themes:

Subjects that could be addressed include but are not limited to:

  • The human cost of coal, including: Mining disasters, their contemporary impacts and later memorialisation.
  • Industrial accidents, industrial diseases and workers’ compensation.
  • Mine safety and the improvement of conditions.
  • Mining and mental health.
  • Industrial health and welfare, including: Pre-nationalisation provision in and beyond the colliery.
  • National Coal Board provision, including the NCB Medical Service, housing and the Coal Industry Social Welfare Organisation.
  • Trade union campaigns and benefit schemes.
  • Sport and social provision as mining welfare.
  • Coal and community, including: Environmental impact.
  • Mining families and the intergenerational effects of the mining industry.
  • Impacts of the industry with particular reference to gender, race and ethnicity.
  • Coalfield communities after coal: the effects of deindustrialisation.

 

Submission guidelines

We wish to make space for dialogue between academic and community-based researchers, and welcome involvement from mining heritage and local history groups / researchers from former coalfield communities. We welcome and encourage alternative presentational styles. Possible formats for contributions could include: 15-20 minute papers.
5 minute lightning papers (for example showcasing a particular object or archival source, or highlighting a particular place, event, individual or experience).
 

Round table discussions.
 

Posters or displays.

Please send us an abstract / short outline of your contribution (maximum of 300 words), with a short biographical introduction (maximum 150 words) through our online form.

Submission deadline: 25 January 2026.

Successful contributions will be confirmed within a month of the contribution deadline.

Limited funding for travel support will be available, with priority given to early career researchers or participants who cannot draw upon institutional funding.
Conference updates

Interested in receiving updates about the conference, including information about the final programme? Register your interest through our online form.

For additional enquiries, please contact the conference organisers at archives@warwick.ac.uk .

lundi 19 janvier 2026

Espace, lieu et patients

Space, Place, and Patients

Call for papers


2nd Annual Virtual Conference for Graduate Students and Early Career Researchers
February 19-21, 2026, via Zoom


The American Association for the History of Nursing (AAHN) invites submissions for a virtual conference on space, place, and patients from senior undergraduate students, graduate students, and early career researchers (defined as up to 5 years post-PhD).

Submissions that consider nurses or the role of the nursing profession in these issues are welcomed. However, presentations can consider any aspect of healthcare history within any geographic or temporal frame.

You do not need to be an AAHN member to submit an abstract, but accepted presenters must be (or become) members to present at the conference. We offer a special membership discount for students: two students from the same institution can become members for $100 USD. More information on AAHN membership and membership benefits can be found here.

Presenters will have 20 minutes to deliver their paper, followed by a 10-minute question and answer period.

Please upload your 250-word abstract AAHN Graduate Student & Early Career Researcher Online Conference Abstract SubmissionsFill out form by January 23, 2025. We will notify the accepted presenters by the end of January.

Contact Information
Dr. Erin Spinney
President, American Association for the History of Nursing

Contact Email
erin.spinney@unb.ca

URL
https://aahn.memberclicks.net/2026-graduate-student-virtual-conference

dimanche 18 janvier 2026

Les hôpitaux du monde ibérique

Pensar los hospitales del mundo ibérico (ss. XIV-XVI)


Raúl Villagrasa-Elías



Publication year: 2025

Language: Spanish

Subjects: History and Historiography

Collection: Biblioteca de Historia. Premio Nacional de Edición Universitaria (UNE), Mejor colección, 2015

Este libro analiza las transformaciones hospitalarias en la transición entre las épocas medieval y moderna en diferentes reinos de la península ibérica. Aplica una perspectiva novedosa al comparar casos de estudio de las coronas de Castilla y Aragón, superando barreras historiográficas tradicionales. Se nutre de una variada selección de documentos inéditos y editados recuperados de archivos nobiliarios, municipales y eclesiásticos. Esta monografía es una aproximación teórica basada en tres conceptos que le sirven al autor para acuñar un cuarto. Las «redes hospitalarias» permiten explicar la evolución del tejido asistencial a lo largo del tiempo y el espacio, relacionando campo y ciudad. Las «reformas hospitalarias» se enfocan en los cambios institucionales urbanos y transversales de la caridad: aumento de la burocracia, preocupación por la salud, equipos laborales complejos, etc. Los «modelos hospitalarios» miden la transferencia cultural e institucional dentro y fuera de la península ibérica con las correspondientes dinámicas que cruzan el mar Mediterráneo y el océano Atlántico. Y, para cerrar la obra, el autor reflexiona sobre el papel de las escrituras y los diplomas que, más allá de repositorios de información, fueron justamente los elementos transformadores que permitieron el «renacimiento hospitalario» de la península ibérica. Finalmente, este ensayo apuesta por una renovación metodológica que pasa por la ciencia abierta y las humanidades digitales, al estar conectado con las páginas web de los proyectos «Scripta manent» (https://www.scriptamanent.info/) y «Rethos» (https://rethos.scriptamanent.info/) y con sus bases de datos, permitiendo así difundir materiales complementarios y compartir los datos generados en esta investigación.


samedi 17 janvier 2026

Les anarchistes contre l'alcool

Sobres pour la révolution. Les Anarchistes contre l'alcool
 

Mathieu Léonard


Nada éditions
Format : 11 x 17 cm
Nombre de pages : 192 p.
Date parution : 9 janvier 2026
ISBN : 9791092457957


Dès le début du XXe siècle, des anarchistes multiplient les initiatives contre la « pieuvre alcool », considérée comme un poison systémique, alliée tacite de l’autorité. L’anarchisme se révèle alors non seulement comme une révolte politique, mais comme une quête d’émancipation intégrale, où la régénération du corps devient un défi à l’ordre bourgeois.

Dans ce tour d’horizon des positions libertaires sur l’alcool, on croisera, entre autres, Tolstoï prônant une morale rigoriste, les illégalistes abstèmes de la bande à Bonnot, Emma Goldman dénonçant la « farce » de la prohibition américaine, jusqu’aux femmes zapatistes, partisanes de la « loi sèche », et aux straight edge électrisés par la sobriété radicale.

Mathieu Léonard est historien indépendant et vigneron.


vendredi 16 janvier 2026

Handicap et engagements

Handicap et engagements. Le sport au travail. Politiques de l’emploi et solidarités

Le Mouvement Social, 2025/3 292

Presses de Sciences Po
127 pages


Pages 3 à 11
Pour une histoire du handicap Par Gildas Brégain

Pages 13 à 34
Les ouvriers et ouvrières aveugles des ateliers spécialisés et leurs mobilisations (France, Espagne, années 1900-1939) Par Gildas Brégain

Pages 35 à 56
La politisation du handicap chez Suzanne Fouché, experte et porte-parole des « diminués physiques » dans l’entre-deux-guerres Par Jérôme Bas

Pages 57 à 79
« Un amputé peut-il travailler normalement ? »
L’internationalisme médical et les personnes handicapées en Grèce, 1935-1955 Par Francesca Piana

Pages 81 à 104
Un sport ouvrier en quête de racines 
Strasbourg au lendemain de la Grande Guerre Par Daphné Bolz, Lise Cardin et Tony Froissart

Pages 105 à 119 
Le sport dans le monde wendélien : le cas de la Lorraine de 1906 à 1978 Par Xavier Breuil

Pages 121 à 141 
Un cas de « retour à la terre » sous le régime de Vichy (1942-1944) Par Jacques Rémy

Pages 143 à 164 
Les préretraites en France, 1970-2000 : un brouillage des solidarités Par Nicolas Hatzfeld

jeudi 15 janvier 2026

Savoirs olfactifs

Savoirs olfactifs : Connaître par l’odorat, du XVIIIe siècle à nos jours

Appel à communications

 

Colloque international et interdisciplinaire

22-23 octobre 2026
Maison française d’Oxford (Royaume-Uni)

Organisation :

Rémi Digonnet, Université Jean Monnet de Saint-Étienne/ECLLA, Judith Rainhorn, Paris 1/CHS/IUF,
Marie Thébaud-Sorger, CNRS/CAK, Érika Wicky, Université Grenoble-Alpes/LARHRA

 

Selon Condillac, l’odorat est « de tous les sens celui qui paraît contribuer le moins aux connaissances de l’esprit humain » (1754 ; Jaquet, 2010). Cette conception reste profondément ancrée jusque dans la langue où le flair demeure une métaphore privilégiée pour désigner une connaissance approximative ou intuitive. C’est ce lieu commun qu’il s’agira de questionner lors de ce colloque interdisciplinaire en le mettant à l’épreuve des usages et des pratiques grâce à l’étude de l’objectivation des savoirs olfactifs depuis le XVIIIe siècle, qu’ils s’expriment à travers des textes (traités, ouvrages, formules, etc.), des images (illustrations, photographies, peintures, etc.) ou encore des objets (olfactomètres, etc.).

Au-delà des savoirs nécessaires à la survie (qualité de l’air et des aliments) et des stéréotypes sociaux véhiculés par l’olfaction (Hsu, 2020 ; Corbin, 1982), les savoirs olfactifs font partie intégrante de nombreuses pratiques savantes, médicales, artisanales, ou encore domestiques. Bien que le recours à l’odorat ait fait l’objet d’une remise en cause dès la fin de la période moderne (Roberts, 1995), l’objectivation des sens par l’instrumentation n’a pas complètement enrayé le recours aux expertises organoleptiques et aux appréciations olfactives (Kiechle, 2017). Par exemple, celles-ci ont continué à présider à la caractérisation des matériaux, à la classification des espèces végétales et fongiques ou encore à l’élaboration d’un diagnostic médical. Dans le domaine des artisanats, l’olfaction constitue le plus souvent un savoir tacite, mais les documents tels que les traités techniques rappellent que l’odeur a aussi bien souvent été convoquée pour signaler une matière frelatée ou l’état d’avancée d’un processus de transformation chimique. À la même époque, l’émergence de matières premières de synthèse, favorisant la création en parfumerie (Briot, 2015) a ouvert la voie à la formulation d’un jugement esthétique fondé sur l’odorat (Jaquet, 2015).


Depuis le XXe siècle, parfumeurs et œnologues renforcent l’idée d’une expertise olfactive tandis que celle-ci fait l’objet d’une institutionnalisation. En effet, des écoles apparues au milieu du XXe siècle ont permis la mise en œuvre d’une pédagogie sensorielle comme la méthode Jean Carles dont l’approche des matières premières par comparaison reste un aspect important des formations en parfumerie. En marge de cette expertise, d’autres métiers n’ont cessé de solliciter l’odorat comme les professions médicales ou le métier de pompier (Candau, 2010). Aujourd’hui, des associations forment les citoyens à reconnaître les polluants pour les signaler et mieux s’en prémunir. S’inscrivant dans une perspective hédonique, de nombreuses formations sont aussi offertes aux amateurs souhaitant développer leur odorat pour mieux apprécier les vins, les épices, le café ou les parfums. La plupart des musées mettent aujourd’hui des reconstitutions olfactives et des dispositifs immersifs au service d’une pédagogie sensorielle s’appuyant sur les émotions.


Il n’y a donc ni césure chronologique claire sur la durée, ni exclusion entre savoirs tacites et prescriptifs. Les usages de l’odorat bien au contraire nous invitent à reconsidérer ces relations et leurs multiples combinaisons : en recentrant l’attention sur l’observation des usages des savoirs olfactifs, dans de multiples contextes, ce colloque pluridisciplinaire permettra de reconsidérer la place de ce sens réputé bas dans l’économie générale des savoirs depuis la « révolution olfactive » identifiée au XVIIIe siècle (Corbin, 1982) aux plus récentes avancées des neurosciences.


Parmi les pistes de recherche susceptibles d’être exploitées figurent, par exemple :

- - Le langage et les langues : Peut-on parler d’un langage propre aux odeurs ? L’univers olfactif fait-il suffisamment système pour définir une éventuelle communication olfactive ? Le discours olfactif fait-il preuve d’un universalisme ou au contraire de variations linguistiques reflétant des modes de perceptions variés ? En quoi la langue est-elle le témoin ou le vecteur d’un savoir olfactif ?

- - La respiration et les interactions des corps avec l’air : geste primaire de l’olfaction, comment la respiration a-t-elle permis de qualifier la nature des émanations, bonnes ou mauvaises, et notamment d’observer et d’appréhender, les toxicités aériennes (pathogènes, pollutions, etc.) dans des environnements variés (air intérieur/extérieur, lieux publics, espaces de travail, etc.) ?

- - La physiologie et la compréhension du système olfactif : Comment la façon dont l’olfaction et les odeurs ont été comprises a-t-elle influencé les conceptions quant à sa capacité à fournir un savoir fiable?

- - L’olfactométrie : Qu’il s’agisse de mesurer les odeurs ou la sensibilité olfactive, comment ces démarches d’objectivation ont-elles transformé le rapport aux savoirs olfactifs? Quels instruments et dispositifs techniques ont été mis en œuvre pour ces opérations ? Comment la mesure de la sensibilité olfactive a-t-elle nourri les stéréotypes raciaux (Dias, 2004)

- - Les méthodes d’enseignement : Comment apprendre à sentir? Quelles méthodes et instruments pédagogiques ont été développés pour former les experts de l’olfaction?


- - La question de l’expertise : Comment l’expertise olfactive est-elle évaluée et reconnue? Certaines expertises professionnelles sont-elles liées à des savoirs olfactifs? Qu’en est-il des expertises qui s’avèrent erronées ou dont la fiabilité est mise en cause par des controverses ?

- - Les hiérarchies sensorielles : Comment les savoirs olfactifs sont-ils considérés par rapport aux autres sens? Comment s’articulent-ils avec les autres savoirs sensoriels? Comment les savoirs olfactifs conditionnent-ils les jugements sociaux? Qu’en est-il lorsque la faiblesse de l’olfaction humaine incite au recours à d’autres experts olfactifs, notamment animaux ?

- - Les enjeux de genre : Jugés moins fiables, mais aussi intuitifs, voire émotifs, les savoirs olfactifs ont souvent été appréhendés à travers les stéréotypes de genre. Comment ce rapport au féminin s’articule-t-il avec l’évaluation des savoirs olfactifs? Sont-ils appréhendés de manière spécifique dans la sphère domestique?

Ce colloque vise à stimuler une réflexion collective interdisciplinaire et s’adresse à toutes les disciplines des arts et des sciences humaines et sociales comme aux spécialistes de la médecine, de la chimie, des neurosciences, de l’architecture, etc. Nous attendons les contributions de jeunes chercheurs et chercheuses comme celles des spécialistes confirmés dans leur domaine. Les propositions de communication en Français ou en Anglais, d’environ 3 000 signes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à adresser à Rémi Digonnet (remi.digonnet@univ-st-etienne.fr) et Érika Wicky (erika.wicky@univ-grenoble-alpes.fr) avant le 15 avril 2026.


Ce colloque international est organisé par la Chaire de Professeure junior « Olfactions » (Université Grenoble-Alpes / LARHRA). Il sera accueilli par la Maison française d’Oxford (CNRS). Il bénéficie du soutien du Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS/MNHN, Paris), du laboratoire ECLLA (Université Jean-Monnet de Saint-Etienne), de la Chaire Santé-SHS de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Institut universitaire de France (IUF). Les frais de transport et de séjour des intervenant·es seront pris en charge.


Éléments de bibliographie :

Baicchi, Annalisa, Rémi Digonnet and Jodi L. Sandford (Eds.), Sensory Perceptions in Language, Embodiment and Epistemology, Cham: Springer, 2018.

Bensaude-Vincent, Bernadette. « Le corps refoulé des chimistes », Matière à penser: Essais d’histoire et de philosophie de la chimie, Paris: Presses universitaires de Nanterre, 2012, p. 65-76.

Boddice, Rob and Mark M. Smith. Emotion, Sense, Experience, Cambridge: Cambridge University Press, 2020.

Briot, Eugénie. La Fabrique des parfums: naissance d’une industrie de luxe. Paris: Vendemiaire, 2015.

Candau, Joël. Mémoire et expérience olfactives. Paris: PUF, 2000.

Chazot, Isabelle. « Jean Carles, le magicien de la parfumerie », Nouvelles de l’Osmothèque, n°52, 2010.

Chen, Anna. « Perfume and Vinegar: Olfactory Knowledge, Remembrance, and Record keeping », The American Archivist, vol. 79, n°1, 2016, pp. 103-120.

Condillac, Étienne Bonnot. Traité des sensations. London and Paris: de Bure, 1754.

Corbin, Alain. Le miasme et la jonquille: L’Odorat et l’imaginaire social XVIIIe-XIXe siècles. Paris: Aubier- Montaigne, 1982.

Dias, Nélia. La mesure des sens: les anthropologues et le corps humain au XIXe siècle. Paris: Aubier, 2004.

Digonnet, Rémi. Métaphore et olfaction: une approche cognitive. Paris: Honoré Champion, 2016.

Hsu, Hsuan L. The Smell of Risk: Environmental Disparities and Olfactory Aesthetics, New York University Press, 2020.

Jaquet, Chantal. Philosophie de l’odorat. Paris: PUF, 2010.

Jaquet, Chantal (ed). L’Art olfactif contemporain, Paris: Classiques Garnier, 2015.

Jaquet, Chantal. Philosophie du Kôdô. Paris: Vrin, 2018.

Kiechle, Melanie A. Smells Detectives: An Olfactory History of Nineteenth-Century Urban America, Seattle: University of Washington Press, 2017.

Noor, Rao. “Aromas of knowledge, networks of scent: tracing the olfactory imagination of a 17th-century Ottoman traveler”, Senses and Society, 2022.

Palmer, Richard. “In bad Odour: Smell and its Significance in Medicine from Antiquity to Seventeenth-Century”, Medicine and the Five Senses, W. F. Bynum and Roy Porter (eds). Cambridge U P, 1993, p. 61-68.

Press, Daniel and Minta, Steven C. “Biologie: The Smell of Nature: Olfaction, Knowledge and the Environment”, Ethics, Place and Environment, vol. 3, n°2, 2000, pp.173 – 186.

Rinck, Fanny. “La part langagière de l’expertise olfactive”, Pour une linguistique sensorielle, Digonnet (Ed.), Paris: Honoré Champion, 2018.

Roberts, Lissa. “The Death of the Sensuous Chemist: The ‘new’ Chemistry and the Transformation of Sensuous Technology”, Studies on History of Sciences, vol. 26, n°4, 1995, pp. 503-529.

Sibum, Otto H. “Science and the Knowing Body: Making Sense of Embodied Knowledge in Scientific Experiment » Reconstruction, Replication, Re-enactement in the humanities and social sciences, Amsterdam : Amsterdam University Press, 2020.

Thyssen, Geert. “Odorous childhoods and scented worlds of learning: a sensory history of health and outdoor education initiatives in Western Europe (1900s-1960s)”, The Senses and Society, vol. 14, n°2, 2019, pp. 173-193.

Wicky, Érika. “A good eye, taste and flair: the sensory skills of the fin-de-siècle collector”, Scents of Value. Smells and Social Life in English, French, and German Literature (1880-1939), Frank Krause and Katharina Harold (eds.), London, Judicium, 2021a.

Wilson, Donald A., Stevenson, Richard J. Learning to Smell: Olfactory Perception from Neurobiology to Behavior, Baltimore: The Johns Hopkins University Press, 2006.


- - - - - -

Olfactory knowledge: Learning through smell from the 18th century to the present day

Call for papers

International Conference

October 22-23, 2026 - Maison française d’Oxford (United Kingdom)



Organizers:

Rémi Digonnet, Jean Monnet University of Saint-Étienne / ECLLA, Judith Rainhorn, Paris 1 Panthéon Sorbonne / CHS /IUF,
Marie Thébaud-Sorger, CNRS / CAK, Érika Wicky, Grenoble-Alpes University / LARHRA

According to Condillac, smell is “of all the senses, the one that seems to contribute least to the knowledge of the human mind” (1754; Jaquet, 2010). This perception is well grounded in language as illustrated by the French expression flair, a favored metaphor for approximate or intuitive knowledge. Such a popular belief will be questioned during this interdisciplinary conference by testing it against uses and practices through the study of the objectification of olfactory knowledge since the 18th century, whether it be expressed through texts (treatises, books, formulas, etc.), images (illustrations, photographs, paintings, etc.) or objects (olfactometers, etc.).

Beyond the knowledge necessary for survival (air and food quality) and the social stereotypes conveyed by olfaction (Hsu, 2020; Corbin, 1982), olfactory knowledge is an integral part of many scholarly, medical, artisanal, and domestic practices. Although the use of smell has been questioned since the end of the modern period (Roberts, 1995), the objectification of the senses through instrumentation has not completely eliminated the use of organoleptic expertise and olfactory assessments (Kiechle, 2017). For example, these have continued to play a key role in the characterization of materials, the classification of plant and fungal species, and even the development of medical diagnoses. In the field of crafts, olfaction is most often tacit knowledge, but documents such as technical treatises remind us that smell has also often been used to indicate adulterated materials or advanced chemical transformation processes. At the same time, the emergence of synthetic raw materials, which encouraged creativity in perfumery (Briot, 2015), paved the way for the formulation of aesthetic judgments based on smell (Jaquet, 2015).

Since the 20th century, perfumers and oenologists have reinforced the idea of olfactory expertise, which has become institutionalized. Schools that emerged in the mid-20th century have enabled the implementation of sensory teaching methods such as the Jean Carles method, whose comparative approach to raw materials remains a major component of perfumery training. Alongside this expertise, other professions have continued to rely on the sense of smell, such as doctors or firemen (Candau, 2010). Today, several associations train citizens to recognize pollutants so that they can report them and better protect themselves. From a hedonistic perspective, numerous training courses are also offered to non-professionals who wish to develop their sense of smell in order to better appreciate wines, spices, coffees, or perfumes. Most museums now use olfactory reconstructions and immersive devices for sensory education based on emotions.

There is therefore no clear chronological break in terms of duration, nor any exclusion between tacit and prescriptive knowledge. On the contrary, the uses of smell invite us to reconsider these relationships and their multiple combinations: by refocusing attention on the observation of the uses of olfactory knowledge in multiple contexts, this multidisciplinary conference will allow us to reconsider the status of this sense, considered inferior in the general economy of knowledge since the “olfactory revolution” identified in the 18th century (Corbin, 1982) to the most recent advances in neuroscience.

Non-exhaustive research topics could be explored:

- Language: Can we talk about a language specific to smells? Is the olfactory universe sufficiently systematic to define a possible form of olfactory communication? Does olfactory discourse demonstrate universalism or, on the contrary, linguistic variations reflecting different modes of perception? In what way is language the witness or vector of olfactory knowledge?

- Air: As the primary act of olfaction, how does breathing, i.e. the interaction of bodies with air, enable us to observe and understand airborne toxins (pathogens, pollution, etc.) in various environments (indoor/outdoor air, public space, workspaces, etc.)?

- Physiology: How has the understanding of the olfactory system through time influenced conceptions of its ability to provide reliable knowledge?

- Olfactometry: Whether measuring odors or olfactory sensitivity, how have these objectification approaches transformed our relationship with olfactory knowledge? What instruments and technical devices have been used for these operations? How has the measurement of olfactory sensitivity fueled racial stereotypes (Dias, 2004)?

- Teaching methods: How do we learn to smell? What teaching methods and tools have been developed to train olfactory experts?

- Expertise: How is olfactory expertise evaluated and recognized? Are certain professional areas of expertise linked to olfactory knowledge? What about expertise that proves to be erroneous or whose reliability is called into question by controversy?

- Sensory hierarchies: How is olfactory knowledge viewed in relation to other senses? How does it relate to other sensory knowledge? How does olfactory knowledge influence social judgments? What happens when the weakness of human olfaction leads to the use of other olfactory experts, e.g. animal expertise?

- Gender issues: Considered less reliable, but also intuitive, even emotional, olfactory knowledge has often been viewed through the lens of gender stereotypes. How does this relationship with femininity relate to the evaluation of olfactory knowledge? Is it viewed differently in the domestic sphere?

This international conference aims to stimulate collective interdisciplinary reflection and is open to all disciplines in the arts, humanities, and social sciences, as well as specialists in medicine, chemistry, architecture, etc. We welcome contributions from young researchers and established specialists in their fields. Proposals for papers in French or English, approximately 3,000 characters in length, accompanied by a short bio-bibliography, should be sent to Rémi Digonnet (remi.digonnet@univ-st-etienne.fr) and Érika Wicky (erika.wicky@univ-grenoble-alpes.fr) before April 15, 2026.

This international symposium is organized by the Junior Professorship Chair “Olfactions” (University of Grenoble-Alpes / LARHRA). It will be hosted by the Maison française d’Oxford (CNRS). It is supported by the Alexandre Koyré Center (CNRS/EHESS/MNHN, Paris), the ECLLA research laboratory (Jean Monnet University of Saint-Etienne), the Health-SHS Chair of Paris 1 Panthéon Sorbonne, and the Institut Universitaire de France. Contributors’s travel and accommodation expenses will be covered.

Selected bibliography :

Baicchi, Annalisa, Rémi Digonnet and Jodi L. Sandford (Eds.), Sensory Perceptions in Language, Embodiment and Epistemology, Cham: Springer, 2018.

Bensaude-Vincent, Bernadette. « Le corps refoulé des chimistes », Matière à penser: Essais d’histoire et de philosophie de la chimie, Paris: Presses universitaires de Nanterre, 2012, p. 65-76.

Boddice, Rob and Mark M. Smith. Emotion, Sense, Experience, Cambridge: Cambridge University Press, 2020.

Briot, Eugénie. La Fabrique des parfums: naissance d’une industrie de luxe. Paris: Vendemiaire, 2015.

Candau, Joël. Mémoire et expérience olfactives. Paris: PUF, 2000.

Chazot, Isabelle. « Jean Carles, le magicien de la parfumerie », Nouvelles de l’Osmothèque, n°52, 2010.

Chen, Anna. « Perfume and Vinegar: Olfactory Knowledge, Remembrance, and Record keeping », The American Archivist, vol. 79, n°1, 2016, pp. 103-120.

Condillac, Étienne Bonnot. Traité des sensations. London and Paris: de Bure, 1754.

Corbin, Alain. Le miasme et la jonquille: L’Odorat et l’imaginaire social XVIIIe-XIXe siècles. Paris: Aubier- Montaigne, 1982.

Dias, Nélia. La mesure des sens: les anthropologues et le corps humain au XIXe siècle. Paris: Aubier, 2004.

Digonnet, Rémi. Métaphore et olfaction: une approche cognitive. Paris: Honoré Champion, 2016.

Hsu, Hsuan L. The Smell of Risk: Environmental Disparities and Olfactory Aesthetics, New York University Press, 2020.

Jaquet, Chantal. Philosophie de l’odorat. Paris: PUF, 2010.

Jaquet, Chantal (ed). L’Art olfactif contemporain, Paris: Classiques Garnier, 2015.

Jaquet, Chantal. Philosophie du Kôdô. Paris: Vrin, 2018.

Kiechle, Melanie A. Smells Detectives: An Olfactory History of Nineteenth-Century Urban America, Seattle: University of Washington Press, 2017.

Noor, Rao. “Aromas of knowledge, networks of scent: tracing the olfactory imagination of a 17th-century Ottoman traveler”, Senses and Society, 2022.

Palmer, Richard. “In bad Odour: Smell and its Significance in Medicine from Antiquity to Seventeenth-Century”, Medicine and the Five Senses, W. F. Bynum and Roy Porter (eds). Cambridge U P, 1993, p. 61-68.

Press, Daniel and Minta, Steven C. “Biologie: The Smell of Nature: Olfaction, Knowledge and the Environment”, Ethics, Place and Environment, vol. 3, n°2, 2000, pp.173 – 186.

Rinck, Fanny. “La part langagière de l’expertise olfactive”, Pour une linguistique sensorielle, Digonnet (Ed.), Paris: Honoré Champion, 2018.

Roberts, Lissa. “The Death of the Sensuous Chemist: The ‘new’ Chemistry and the Transformation of Sensuous Technology”, Studies on History of Sciences, vol. 26, n°4, 1995, pp. 503-529.

Sibum, Otto H. “Science and the Knowing Body: Making Sense of Embodied Knowledge in Scientific Experiment » Reconstruction, Replication, Re-enactement in the humanities and social sciences, Amsterdam : Amsterdam University Press, 2020.

Thyssen, Geert. “Odorous childhoods and scented worlds of learning: a sensory history of health and outdoor education initiatives in Western Europe (1900s-1960s)”, The Senses and Society, vol. 14, n°2, 2019, pp. 173-193.

Wicky, Érika. “A good eye, taste and flair: the sensory skills of the fin-de-siècle collector”, Scents of Value. Smells and Social Life in English, French, and German Literature (1880-1939), Frank Krause and Katharina Harold (eds.), London, Judicium, 2021a.

Wilson, Donald A., Stevenson, Richard J. Learning to Smell: Olfactory Perception from Neurobiology to Behavior, Baltimore: The Johns Hopkins University Press, 2006.